CHAPITRE VII
Vaisseaux et nerfs du tractus intestinal (œsophage, estomac,
intestin).
I. — VAISSEAUX SANGUINS ET LYMPHATIQUES DE L'ESTOMAC ET DE L'INTESTIN. 1° VAISSEAUX DE L'ESTOMAC. — À. Vaisseaux sanguins. — Les artères de
F1G. 405. — Coupe schématique de la paroi stomacale, montrant la disposition générale des lymphatiques.
a.i., ampoules initiales situées dans les cloisons qui séparent les cryptes glandulaires. — r.p., réseaux périglandulaires. — r.s.m., réseau sSous-Muqueux, — r.i., réseau intermusculaire. — r.S.p., réseau sous-péritonéal.
D’après CUNÉo.
l'estomac, après avoir traversé la tunique musculaire et lui avoir donné des branches, parviennent dans la couche celluleuse ou sous-muqueuse. Là, elles émettent des branches ascendantes destinées à la muqueuse et à ses glandes et des rameaux récurrents ou descendants pour la tunique musculaire. Les artérioles ascendantes traversent la couche musculaire muqueuse et se résolvent en capillaires. Ceux-ci forment autour des tubes glandulaires un réseau à mailles verticales très étroites, qui monte jusqu'au-dessous de l’épithélium superficiel, entre les orifices glandulaires, et forme là une nappe vasculaire puissante. De cette nappe superficielle naissent des veinules qui, traversant le chorion, constituent dans la tunique ceilluleuse un plexus sous-muqueux dont les rameaux efférents suivent à peu près le trajet des artères.
B. Vaisseaux lymphatiques. — Les lymphatiques, étudiés par Cunéo, naissent à la surface interne de l’estomac, au-dessous de l’épithélium et entre les orifices glandulaires, par des ampoules initiales (fig. 405). Les lymphatiques qui contiennent ces ampoules descendent entre les glandes, échangeant entre eux de fréquentes anastomoses et formant ainsi autour des tubes
glandulaires des réseaux périglandulaires. Ils se rendent à un réseau lymphatique sous-glandulaire, d’où de courts canaux amènent la lymphe à
“tour des orifices des
un réseau sous-muqueux formé de gros troncs lymphatiques Des branches, qui traversent le musculeuse et reçoivent les affluents Iymphatiques venus d'un réseau intermusculaire, unissent ce réseau sous-muqueux à un autre réseau sous-séreux.
2° VAISSEAUX DE L'INTESTIN. — À. Vaisseaux sanguins. — Les artères de . l'intestin, après avoir fourni quelques branches à la séreuse, forment dans la tunique musculaire un réseau dont les mailles allongées sont parallèles à la direction des fibres musculaires. Arrivées dans la {unique sous-muqueuse, elles constituent un réseau dont les travées sont disposées en étoiles (« réseau de Heller »). Les.
artérioles issues de ce réseau montent dans la tunique muqueuse, etfournissent les capillaires des glandes et ceux des villosités. Les premiers se disposent autour des tubes glandulaires en réseaux périglandulaires et en anneaux au-
glandes.
Les vaisseaux des folicules clos et des plaques de Peyerproviennent d’artérioles qui entourent les fol-
F1G. 406. — Coupe de l'intestin grêle du Chat. Injection
licules isolés et qui, des vaisseaux sanguins. dans les plaques de mus, musculeuse. — smu, sous-muqueuse avec gros troncs vascu- Peyer, se distribuent . laires. — mu, muqueuse. — v, villosités. x 40,
dans les cloisons qui séparent les follicules les uns des autres. De ces artérioles partent des capil-
laires radiés qui pénètrent dans l’intérieur des follicules et convergent vers
le centre de ceux-ci, en contractant de nombreuses anastomoses entre eux, puis reviennent vers la périphérie du follicule, décrivant ainsi des anses à sommet central. La vascularisation des villosilés nous est déjà en partie connue. La villosité ne reçoit, en général, qu’une seule artériole, qui gagne l'extrémité libre de l'organe, en émettant un grand nombre de capillaires, et qui, parvenue au sommet de la villosité, se recourbe en anse en s'épanouissant en un riche réseau capillaire, à mailles allongées, situé juste audessous de la couche épithéliale. Les villosités lamelleuses sont alimen-
fées par plusieurs artérioles. Les réseaux capillaires des villosités et les
réseaux périglandulaires communiquent ensemble au niveau des orifices glandulaires, à la base des villosités.
Les veines ramènent le sang des réseaux capillaires intravilleux et péri-
glandulaires, de ceux des follisules clos et des plaques de Peyer, des tuniques sous-muqueuse, musculeuse et séreuse.: Chaque villosité loge une veinule qui naît au sommet même ou plus ou moins près de la base de la villosité, et qui, dans son trajet, reçoit les capillaires disposés en anneau autour des orifices glandulaires. Les villosités lamelleuses sont desservies par plusieurs veinules. Après avoir reçu les affluents veineux venus des follicules clos et des plaques de Peyer, les veines forment dans la sous-muqueuse un vaste réseau. De ce dernier naissent des troncs veineux qui traversent la musculeuse, se grossissent des canaux veineux formés par les réseaux capillaires intramusculaires et parviennent dans le tissu sous-séreux, d'où ils gagnent les gros troncs veineux du mésentère.
B. Vaisseaux lymphatiques.— Leslymphatiques de l'intestin, appelés chylifères dans l'intestin grêle, ont été décrits par His, Frey, AuEerBACA. Les radicules de ces lymphatiques sont les chylifères centraux qui occupent chacun l'axe d’une villosité et qui ont été décrits plus haut, Ces chylifères forment par leur réunion un réseau lymphatique situé au-dessous de la musculaire muqueuse, qui reçoit aussi des affluents lymphatiques venus de réseaux distribués à la base des villosités et autour des orifices des glandes de Licberkühn. Au niveau des follicules clos et des plaques de Peyer, les lymphatiques entourent la zone moyenne de chaque follicule d'un réseau circulaire qui communique largement avec les réseaux fournis par les chylifères des villosités et avec les réseaux périglandulaires ; le réseau périfolliculaire, développé souvent en véritables sinus lymphatiques, circonscrit les parties latérales et la base des folliculeset se déversé par des canaux efférents dans le réseau lymphatique plus profond (fig. 405). Celui-ci, qui reçoit tous les capillaires lymphatiques de la muqueuse, occupe la tunique sous-muqueuse ; il est formé de canaux plus ou moins larges, qui enveloppent souvent les vaisseaux sanguins à la manière de gaines lymphatiques périvasculaires. Il en part des troncs lymphatiques qui traversent la tunique musculaire, et débouchent dans un système de canaux lymphatiques sous-séreux. Dans leur parcours à travers la tunique musculaire, ils se sont grossis de vaisseaux fournis par deux ou plusieurs réseaux situés dans l'épaisseur de celte tunique, où ils accompagnent les travées du plexus nerveux intermusculaire qui sera décrit ci-dessous. La disposition des lymphatiques de l'intestin est. en somme, la même dans son ensemble, que celle des lymphatiques de la paroi stomacale.