IT.— NERFS DU TRACTUS INTESTINAL (OESOPHAGE, ESTOMAC, INTESTIN
1° DIiSPOSITION GÉNÉRALE. PLEXUS NERVEUX D’AUERBACH ET DE MEISSNER. — Les nerfs de l’œsophage, de l'estomac et de l'intestin proviennent des nerfs vagues ou pneumogastriques et du sympathique, ceux de l'estomac et de l'intestin par l’iutermédiaire du plexus solaire et du plexus cœliaque. Ils forment dans la paroi du tube digestif deux plexus très développés, pourvus de ganglions microscopiques..
L'un de ces plexus est situé dans l'épaisseur de la tunique musculaire
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entre les deux couches transversale et longitudinale de cette tunique, à laquelle il se distribue ; c'est le pleæus myentérique ou d'Auerbach. Les mailles de ce plexus sont quadrangulaires ; les ganglions, de forme polygo-
nale irrégulière, occupent les nœuds du plexus. Des travées principales se
détachent des filets plus fins qui forment dans les plus grosses mailles du plexus principal un plexus secondaire plus délicat. Chaque ganglion nerveux est entouré d’un réseau vasculaire, et les travées du plexus principal sont accompagnées chacune par un vaisseau satellite.
Le second plexus siège dans la tunique sous-muqueuse ou celluleuse ; ;il
te B
F1G, 407. — Plexus d'Auerbach et de Meissner dans l'intestin du Rat. A, plexus d'Auerbach. — B, plexus de Meissner. — g, renflements ganglionnaires. — #, travées
du plexus. Les éléments non nerveux qui forment le fond de la préparation ont été négligés ss le dessin. X 60.
donne des filets aux différentes parties de la muqueuse : à la musculaire
muqueuse, aux glandes de l'estomac et de l'intestin, aux villosités intestinales ; on lui donne le nom de pleæus de Meissner. Ses mailles sont de forme plus irrégulière que dans le plexus d’Auerbach ; les ganglions, situés aux nœuds du plexus, sont plus pelits que ceux du plexus myentérique et affectent volontiers une forme triangulaire.
Les deux plexus sont réunis par des nerfs qui du premier se rendent au second.
Les cellules ganglionnaires de ces plexus présentent sur les prépara-
tions ordinaires une forme polygonale analogue à celle des cellules nerveuses du grand sympathique. Longtemps, on s'est contenté de leur attribuer
comme forme réelle la forme multipolaire. Leurs multiples prolongements élaient considérés par Ram6x y Cazaz et KüLLiKER comme ayant tous le ca-
ractère d'axones. KôLLIKER pensait même pouvoir, avec une de ces cellules et deux de ses prolongements, l’un terminé dans la villosité et recevant des impressions sensibles, l’autre aboutissant aux fibres contractiles de la musculaire muqueuse ou de la villosité, constituer un arc réflexe complet. De l'étude que Dore a faite des cellules des deux plexus nerveux, il conclut qu'elles ne diffèrent pas des cellules des autres ganglions sympathiques et, comme elles, possèdent deux sortes de prolongements, plusieurs dendrites et un axone. Les dendrites forment par leurs ramifications un plexus entre les cellules ganglionnaires et à la périphérie du ganglion. RamN y CaJaL a vu ceux d’une cellule s'appliquer sur une autre cellule et l'entourer d'un « nid péricellulaire ». DoaieL croit que c’est là une disposition spéciale aux
Fic. 408. — Ganglion du plexus d'Auerbach du Cobaye.
Figure composée d’après plusieurs dessins. Coloration par le bleu de méthylène. — cs, cellules sympathiques. — d, dendrites dont quelques-uns vont entourer le corps de cellules sympathiques voisines c, qui n'ont pas été colorées et ne sont reconnaissables que par leur pigment grenu. — a, axone entrant dans la constitution des nerfs n, qui forment les travées du plexus et relient les ganglions entre eux. — fr, fibres de Remak formant les nerfs du plexus et traversant les ganglions.— fpc, fibres à lerminaison péricellulaire entourant des cellules du ganglion non colorées par le réactif. — ce, cellules étoilées de CayaL. D'après DocreL.
cellules de la périphérie du ganglion, et DE Wrrr la considère comme une illusion. Quant à l’axone, il se prolonge par une fibre de Remak amyélinique, qui entre dans la composition des travées du plexus. Doaiez, dans un travail plus récent, a distingué trois types différents de cellules ganglionnaires qui se caractérisent par la destinée de leurs prolongements dendritiques.
Parmi les fibres qui forment les travées des plexus et qui traversent les ganglions, les unes sont des fibres de Remak et leurs collatérales (Docrez, Huser). Les autres sont des fibres variqueuses qui forment autour des cellules ganglionnaires des plexus serrés, terminés à la surface de ces cellules par de petits boutons ; une seule fibre peut entourer successivement ainsi plusieurs cellules. Quant à l'origine de ces fibres à terminaison péricellulaire, on ne sait si elles sont les axones de cellules d'autres ganglions, si elles proviennent du sympathique (Casaz) ou du système cérébro-spinal (DE Wirr).
Les ganglions de l’estomac et de l'intestin reçoivent deux sortes de fibres nerveuses : des fibres sympathiques sans myéline, et des fibres qui sont pourvues de myéline mais qui se sont dépouillées de leur gaine myélinique avant de pénétrer dans le renflement ganglionnaire (Docrer, Huger), Dans ceux de l'œsophage, les cellules sont reliées, d’après DE Wrrr, au système cérébro-spinal par des fibres myéliniques qui se terminent par des corbeilles terminales autour du corps cellulaire.
DE Wrrr a établi que les cellules ganglionnaires des plexus de l’œsophage sont des éléments multipolaires, dont le cylindre-axe parvient dans d’autres ganglions sympathiques ou dans les ganglions spinaux, tandis que la terminaison des dendrites n’a pu être déterminée.
2° NERFS DE LA TUNIQUE MUSCULAIRE. — Les nerfs moteurs qui animent les muscles striés proviennent des cylindres d’axe de cellules radiculaires situées dans la moelle épinière (De Wrrr).
Les nerfs de la tunique musculeuse de l'estomac et de l'intestin se déta-
FiG. 409. — Terminaisons nerveuses sensibles dans les glandes gastriques du Chien.
De gauche à droite : Coupe transversale d'un tube glandulaire. — Cellule bordante. — Cellule principale. D'après KyTMANow. x 500.
chent, à angle droit, du plexus d'Auerbach et s’enfoncent dans cette tunique. Ils donnent, d’après E. MüzLer, deux sortes de filets : les uns vont se joindre aux travées du plexus de Meissner ; les autres se distribuent à la tunique musculaire, y forment un plexus, qui émet des fibrilles terminales pour ies fibres musculaires ; ces fibrilles se terminent contre les éléments musculaires par de petits boutons.
3° NERFS DE LA TUNIQUE MUQUEUSE. — Dans l'estomac et l'intestin, les nerfs de la muqueuse ont été étudiés-par E. Mücrer, Kyrmanow pour l’estomac, par E. MüLcer, BERKLEY, RAM6N y CasaL pour l'intestin.
Ceux de l'estomac forment des plexus nerveux, situés au-dessous des glandes, dans la zone sous-glandulaire du chorion, et entre les glandes, dans les prolongements interglandulaires du chorion ; ces plexus renfermeraient, selon Kyrmaxow, de petites cellules multipolaires. Les filets nerveux terminaux abordent l’épithélium superficiel et celui des glandes ; ils se terminent entre les cellules glandulaires (cellules principales et bordantes)
et à leur surface par des extrémités libres en bouton (E. Müzrer, Kyrma- NOW, MaALIScHEW), mais ils ne pénètrent pas dans l’intérieur de ces cellules (fig. 409).
Les nerfs de la muqueuse intestinale, partis du plexus de Meissner, aboutissent, d’après E. MüLcer et BEerkLEY, à deux sortes de plexus, reliés d’aiileurs entre eux : les plexus des glandes de Lieberkühn et les plexus des villosilés. Chemin faisant, ces nerfs abandonnent des rameaux aux fibres musculaires de la paroiï des vaisseaux et à celles de la couche musculaire muqueuse. Les plexus glandulaires entourent les glandes et émettent des filets qui s'appliquent contre les cellules glandulaires sans pénétrer dans l'intérieur de la glande. La villosité est riche en nerfs qui la parcourent de la base au sommet et qui y forment des réseaux. Les fibres nerveuses sont plus serrées dans l’axe de la villosité autour des vaisseaux sanguins et du chylifère, d'une part, au-dessous de l’épithélium, d'autre part. Les fibres sous-épithéliales se terminent, d’après BERKLEY, par des nodosités autour de l'épithélium, mais non entre et moins encore dans les cellules épithéliales. RamôN y Casa et E. MüLLer, après Drascx, Fusari et Panasci, ont décrit dans les villosités des cellules nerveuses étoilées que Casaz a trouvées aussi dans les ganglions des plexus (fig. 408, c.e.); mais BerkLey les considère comme des terminaisons nerveuses spéciales, et DocreL leur refuse la nature nerveuse.