‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 116 sur 198 · F DR · texte numérisé non relu

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ag € / LS Fi. 495: — Coupe du pancréas de l'Homme.

iL, îlots de Langerhans (très peu nombreux et petits dans ce pancréas). — ag, acinus glandulaires. ; — ce, Canal excréteur. — cl, cloisons conjonctives partageant le pancréas en lobules. — vs, vaisë seaux sanguins. x 100.

pourquoi le pancréas est encore désigné en Allemagne sous le nom de « glande salivaire abdominale » (Bauchspeicheldrüse). Cette ressemblance de forme parut d’ailleurs se renforcer d’une analogie de la fonction, lorsqu'on sut que le pancréas avait, comme les glandes salivaires, la propriété de transformer l’amidon en sucre. En réalité. le pancréas, s’il a comme les glandes salivaires, l'habilus extérieur et la forme anatomo-microscopique d'une glande en grappe, présente du moins certaines particularités d'organisation qui le distinguent des glandes salivaires et qui sont connues depuis les travaux de LanGermans. Les acinus y sont de petit volume, creusés d'une

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très faible lumière; la présence des cellules centro-acineuses dans la cavité des acinus donne à ceux-ci un caractère très particulier: surtout l'existence des îlots endocrines ou de Langerhans assure au pancréas une place tout à fait distincte parmi les glandes annexes du tube digestif. Sur une coupe d'ensemble du pancréas (fig.-425), examinée à un faible grossissement, les îlots de Langerhans, formant dans la masse générale des amas arrondis plus clairs, caractérisent la glande pancréatique. Par la forme générale de sa ramification, le pancréas peut-être rangé dans la catégorie des glandes tubulo-alvéolaires composées (KürLiKer, Mazrarski); c'est plutôt une glande

tubuleuse {Peiser); car l’acinus n'est pas sphérique, il est de forme tubu-

laire, simple ou ramifiée.

2° STRUCTURE. — A. Culs-de-sac sécréteurs. — a) Caractères des cellules glandulaires.

x) Grains de sécrélion, ergastoplasme, corps paranucléaires. — Les culsde-sac glandulaires sont constitués essentiellement : de cellules sécrétrices

(cellules pancréatiques ou ceilules principales); de cellules centro-acineuses, .

situées en dedans des précédentes, à l’intérieur de la lumière alvéolaire ; d’une membrane propre.

De cette dernière, il n’y a plus rien à ajouter à ce que nous avons dit de général (p. 877); rappelons l'existence des « cellules en panier » ou « cellules de Boll ». Quant aux cellules centro-acineuses, il sera plus avantageux d'en remettre l'étude au paragraphe consacré aux canaux excréteuts de la glande pancréatique,

Les cellules pancréaliques sont des éléments cylindro-coniques, remarquables surtout par la présence presque constante de grains volumineux, qui représentent leur produit de sécrétion (fig. 426, b). Visibles même sur le vivant, ils avaient été déjà aperçus par CL. BErnar». Il y a deux zones (fig. 426, e,c.), l’une intérieure, l’autre extérieure, à considérer dans le cytoplasme.

La zone interne est remarquable par les grains de sécrétion qu’elle contient et dont elle est le plus souvent bourrée, même à l’élat de jeûne, dans le plus grand nombre des acinus du moins (fig. 426). Ces grains ont tous les caractères de grains de ferment ; ils sont solubles dans l’eau; ils sont électivement colorables par plusieurs réactifs. Il est probable que dans ces grains se trouvent à la fois contenus les trois ferments pancréatiques que CL. BernarD et Corvisarr ont distingués physiologiquement : la diastase qui saccharifie l’amidon ou amylase, le ferment qui émulsionne et saponifie les graisses ou lipase, celui qui digère les albuminoïdes et auquel on applique plus particulièrement les noms de pancréatine et de trypsine, par lesquels on désigne aussi parfois le ferment global. Les grains de sécrétion ne sont d’ailleurs pas les ferments parfaits, mais des zymogènes ou préferments, c'est-à-dire des ferments préparatoires, encore imparfaits (ici nommés « pancréalinogène », « trypsinogène »),qui, par oxydation (?) donneront lieu aux ferments définitifs. Ce qui le prouve histologiquement, c’est que la substance liquide excrétée par les cellules, qui s’accumule dans les conduits excréteurs, et qui est par conséquent le produit parfait d’ail= leurs encore inactif, celte substance a de tout autres caractères de colora-

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bilité que les grains sécrélés dans l’intérieur de la cellule. Dans certains cas seulement, on a vu que le produit éliminé dans les conduits excréteurs est figuré et grenu (Loumsxr). Les grains de sécrétion déposés dans la cellule sont-ils même les préferments ? C’est ce dont doutent LaGuesse et DEBEYRE, disposés à y voir plutôt des albuminoïdes préparant ce préferment lui-même, analogues par conséquent à ce que nous avons désigné (t. I, p. 69) sous le nom générique de plastes. Outre les grains de zymogène, la cellule pancréatique peut encore contenir des granulations graisseuses, d'autant plus nombreuses que la période de digestion est plus éloignée (LaGuesse). Après

— Fig. 426. — Acinus du pancréas, avec cellules offrant les divers détails de structure.

A, Homme. Coupe d’un cul-de-sac glandulaire trilobé, terminé par trois acinus ; la coupe passe par la lumière /, un peu au-dessous de la pièce intermédiaire. — cca, cellules centro-acineuses qui entourent la lumière et forment l'axe du cul-de-sac glandulaire. — cg, cellules glandulaires avec deux zones, l’une externe sombre e, l’autre interne i plus claire, alvéolaire. vide de grains.

B, Chien. Coupe d'un cul-de-sac glandulaire. — cea, cellules centro-acineuses. — cg, cellules glan-

dulaires. — e, zone externe creusée de canalicules du suc, de Holmgren. — ce, l'un de ces canalicules.— i, zone interne, bourrée de grains de sécrétion. €, Cobaye. Coupe d'un cul-de-sac glandulaire., — cca, cellules centro-acineuses. — cg, cellules

glandulaires. — e, zone externe avec ergastoplasme. — i, zone interne alvéolaire, vide de grains. X 500

le départ, ou par la dissolution artificielle de tous ces grains de sécrétion, la zone interne apparaît avec une structure alvéolaire, les cavités des alvéoles s'étant vidées de leur contenu (fig. 426, A, £.).

La zone externe de la cellule est caractérisée par la présence de formations ergasloplasmiques filamenteuses (fig. 426. C, e.) et de corps paranucléaires ou l/ebenkerne, qui y ont été décrits et étudiés par une foule d’auteurs (NussBaum, PLATNER, MourEerT, vER EECKe, EBERTH et MüLLER, SOLGER, GaRNIER, LAGUESSE, Lominski, ele.). Les corps paranucléaires ou Nebenkerne sont de forme très variable; souvent ils ont l'aspect d’un croissant appliqué contre le noyau (fig. 410), ou bien forment une masse irrégulière, spiralée ou pelotonnée qu'entourent des filaments ergastoplasmiques flexueux ; leur colorabilité est voisine de celle des grains, ce dont quelques auteurs se sont autorisés pour faire participer directement leur substance à la forma-

tion du produit de sécrétion. Dans d’autres circonstances, la zone externe sombre du cyloplasme est créusée de « canalicules du suc » offrant les caractères habituels ‘fig. 426, B, c.). A la limite des deux zones on a mis en évidence un « appareil réüculé » analogue à celui qu'on a décrit ailleurs (v. BERGEN).

Le noyau, arrondi, situé aussi à la limite des deux zones précédentes (fig. 426), possède un réseau chromatique, renforcé aux points nodaux en masses diles « caryosomes », el un nucléole plasmatique, présentant les : caractères de coloration du protoplasma, d'où le nom de « plasmosome » qu'on lui a donné {t. I, p. 138).

8) Ferments pancréaliques. — Les trois ferments, amylase, lipase, trypsine (pancréaline, ferment protéolytique) auxquels le suc pancréatique doit son triple effet sur les amylacés, les graisses et les albuminoïdes, ne sont pas encore localisés cylologiquement. On a seulement remarqué entre les grains qui constituent le produit de sécrétion de la cellule des différences qui pourraient correspondre à ces trois ordres de ferments ; il est possible aussi que les trois ferments soient supportés par une seule sorte de grains (TcHAssowNiIKoWw).

Les matières amylacées sont transformées par l’amylase et la maltase en dextrine et en mallose puis en sucre.Les substances albuminoïdes sont trarsformées en peptones puis en acides aminés par un ferment protéolytique, qui est la {rypsine ou pancréatine. Les graisses neutres sont émulsionnées, puis saponifiées, c'est-à-dire dédoublées en acides gras et glycérine par un ferment soluble, la lipase ou stéapsine ; il en est de même des lécithines dédoublées en acide phosphoglycérique, choline et acides gras.

L'action protéolytique est particulièrement intéressante et a été comprise dans ces dernières années d'une façon toute nouvelle. On admettait classiquement jusqu'alors que la digestion protéolylique du pancréas est simplement due à l’action d'un corps préformé, la trypsine, sur l’albumine alimentaire, c'est-à-dire qu'elle est une action à deux. Pavrow et DELEZENNE ont montré que la trypsine active, capable de digérer l’albumine, est la combinaison d’un proferment, le zymogène pancréatique, avec la kinase produite par l'intestin ou entérokinase ; l’action de la kinase et de la trypsine est conjuguée (DELEZENXE). D'après Dasrre, la digeslion trypsique est une aclion chimique à trois participants (kinase, trypsine inactive, albumine) ; il faut pour obtenir un effet que ces trois corps soient en présence.

b) Variations fonctionnelles. — Les acinus glandulaires présentent de grandes différences suivant leur élat fonctionnel. Déjà autrefois Kuane et Lea avaient distingué des culs-de-sac lisses et des culs-de-sac dentelés ; lisses, les acinus l’étaient en effet quand ils étaient rebondis de produits de sécrélion ; ils devenaient dentelés au contraire quand les cellules, après avoir expulsé ces produits, étaient revenues sur elles-mêmes (fig. 427). Ces différences n'étaient que l'expression de transformations cellulaires liées à l'état fonctionnel, dont R. HEIDENHAIN révéla l’exislence, Il vit que les grains sont très abondants dans les cellules quelque temps après l'ingeslion des aliments et qu'ils disparaissent ensuite. Il distingua deux périodes fonction-

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nelles dans la vie des cellules du pancréas : l’une pendant laquelle les produits de sécrétion sont éliminés, où le zymogène se détruit ; l’autre où ces produits se régénèrent dans la partie basale de la cellule, puis s'accumulent dans sa portion interne. La première période, qui a loutes les apparences de l’activité, puisque c'est alors que la cellule excrète et qu’elle est utile à l'organisme, n’est en réalité qu'une période de repos; dans la seconde au contraire, où la cellule paraît être en repos parce qu'elle est vide de grains ou commence seulement à s'en remplir, le travail glandulaire est à son maximum. Ces changements paraissent affecter simultanément toutes les cellules d’un même acinus, qui sont toutes à peu près au même stade fonctionnel. On observe au contraire de grandes différences, sur un même organe, selon qu'on examine des acinus voisins, ou surtout de grands territoires de l'organe, des lobes glandulaires entiers.

De même que les glandes salivaires, le pancréas paraît fonctionner par régions :

les unes se trouvant à un certain moment déjà au stade de l'excrétion glandulaire, tandis que dans les autres le travail sé-

créteur débute seule- Fi. 427. — Portion de lobule d'un pancréas de Lapin, montrant les

différences d'aspect des culs-de-sac glandulaires suivant l'état foncment. :

tionnel.

a, groupe de culs-de-sac lisses. — b, groupe de culs-de-sac dentelès, B.Conduits excré- épuisés. D'après Künne et LEA, emprunté à LAGUESSE.

teurs et cellules centro-acineuses. — a) Conduils excréteurs. — La descriplion des voies excré-

trices du pancréas rentre, sauf quelques particularités, dans le schéma général qui a été donné pour les canaux excréteurs en général (p. 873).

Le canal principal ou canal de Wirsung et les gros canaux excréteurs sont lapissés par un épithélium simple à cellules cylindriques (fig. 425). Le tissu conjonctif qui entoure cet épithélium forme un chorion, dans lequel courent des tractus de fibres musculaires lisses, surtout circulaires. Il exisle dans le canal de Wirsung de nombreuses glandules de l'espèce muqueuse.

Les « conduits sécréteurs » font défaut, de telle sorte que les « conduits excréteurs » se relient directement aux « pièces intermédiaires ». Celles-ci sont, comme dans les autres glandes, de fins canaux, tapissés par des cellules cubiques ou aplaties. Leur lumière conduit dans celle de l'alvéole glandulaire et se prolonge entre les cellules glandulaires par les « canalicules intercellulaires » ou « capillaires de sécrétion », connus ici sousle nom de « canalicules radiés » de LanxGErHANS. Ces canalicules s'enfoncent vers la membrane propre jusqu'à la moitié environ de l'espace intercellulaire, mais n’atteignent pas, comme Saviorri l'avait prétendu, la membrane

HiSTOLOGIE II. 57

propre de l’acinus. Ils émettent de petits diverticules courts qui pénètrent dans les cellules glandulaires (« canalicules intracellulaires »),etse terminent par des « ampoules » ou « vacuoles de sécrétion ». D'après OPrez, le système des canalicules intercellulaires ne doit pas être distingué de la lumière même de l’acinus glandulaire, dont il est le prolongement; il forme avec cette lumière le « conduit terminal » ramifié de la glande, autour duquel sont groupés les éléments sécréteurs.

b) Cellules centro-acineuses. — Des cellules spéciales, les cellules centroacineuses de LANGERHANS (fig. 428, c. ca.), obturent plus ou moins complètement la lumière de l’acinus. Ce sont, d'après Saviorri, des cellules rameuses; … elles doublent la lumière glandulaire d’un filet protoplasmique dans les mailles duquel passent les extrémités internes ou apicales des cellules sécrétrices. Les cellules centro-acineuses d’un même cul-de-sac forment dans leur ensemble une tige axiale à peu près continue, creusée d’une fine lumière, qui çà et là se transforme en simple gouttière. La face interne de ces cellules est recouverte d’un plateau cuticulaire qui limite directement la cavité glandulaire (Renaur). On a beaucoup discuté sur la signification morphologique de ces éléments. Plusieurs auteurs les ont considérés comme des cellules fixes du tissu conjonctif, qui auraient pénétré à l'intérieur de l’acinus. LANGERHANS, qui les a découverts, les regardait comme une continuation directe de l’épithélium des conduits excréteurs avec lequel il leur trouvait une certaine analogie. La plupart des auteurs (SAVIOTTT, SOKOLOFF, LAGUESSE, TeHassownikow) ont accepté cette manière de voir, en faveur de laquelle LaGuesse a fourni une preuve embryologique, en montrant que le tube pancréatique primitif est composé d’une double assise cellulaire ; les cellules internes, qui continuent dans les cavités sécrétantes l’assise épithétiale des canaux excréteurs, deviennent les cellules centro-acineuses, tandis que les cellules externes, propres aux cavités sécrétantes et en quelque sorte surajoutées à la paroi épithéliale proprement dite, se différencient en cellules glandulaires ; elles sont, de même que les cellules de la paroi des canaux excréteurs, des « cellules çanalisantes » (LaGuEssEe). Quant au rôle physiologique des cellules centro-acineuses, l'étude du développement du pancréas a suggéré aussi à LaGuesse l’idée que ces éléments ont une part active dans la lobation et la division des cavités sécrétantes; les centro-acineuses pénètrent dans les cavité sécrétantes, donnant naissance à de nou- : veaux canaux ; elles représentent l'extrémité des canaux excréteurs pénétrant dans l’acinus, mais une extrémité mobile active et même amoæboïde, qui s'étend en tous sens et se dissocie au-devant de la sécrétion pour aller la recueillir jusqu’à ses sources multiples et lui livrer passage. D’après la conception de LaGuesse, les culs-de-sac sécréteurs auraient ainsi pour paroi une double assise épithéliale, formée en dehors par les cellules glandulaires, en dedans par les cellules centro-acineuses. L'interprétation d'OrPrez, plus conforme à celle de LaNGERHANS, est passablement différente ; pour cet auteur, en effet, les cellules centro-acineuses font encore partie du système des » conduits excréteurs; les culs-de-sac tout à fait terminaux des alvéoles sécré- « teurs, dépourvus de cellules acineuses et n’ayant pour paroi que la couche … des éléments glandulaires, représenteraient seuls la partie sécrétrice.

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C. Ilots de Langerhans. — a) Caractères histologiques.— Les îlots de Langerhans paraissent sur la coupe du pancréas humain comme des taches jaunâtres mesurant 0,1-0,2 millimètres de diamètre (fig. 425, :L). Les dénombrements de LANGENBECK, OPiE, LAGUESSE en ont fixé le nombre à 1 environ par millimètre carré ; les îlots représentent ainsi à peu près la centième partie du pancréas (LaquessE); ils sont le plus abondants dans la queue de

. l'organe (OP1E et d’autres). Les îlots de Langerhans sont situés entre les tubes

glandulaires (d’où le nom d’ « amas intertubulaires » qui leur a été donné) ; ils n'en sont séparés par aucune formation capsulaire et peuvent même être en continuité de substance avec eux (DIAMARE, LAGUESsE, G. BünM, LANGENBECK, etc.), (fig. 428, a.). Chez l'Homme, ce sont des amas le plus souvent ronds et irréguliers (EBNER, SSOBO- LEW, HEIBERG), ou bien des cordons anastomosés ou non (LAGUESSE, SAUER- BECK). Ils sont abondamment vascularisés et figurent surdespiècesinjectées des sortes de glomérules, suivant la comparaison de Künaxeet Lea. Ils sont composés de cellules polyédriques, volumineuses, en général claires, entre les-

quelles se trouvent du tissu Fi. 498. — Ilot de Langerhans du Cobaye. conjonctif et desvaisseaux. c, cordons cellulaires. — vs, vaisseaux sanguins. — ag, aci- C [ul diffé 4 nus glandulaires voisins de l'ilot. — ct, cellules troubles es cellules diliérent par avec protoplasma homologue et très colorable (cellules leur structure de celles des analogues à celles des îlots primaires). Les travées cel- 4 lulaires de l'ilot de Langerhans se continuent manifestetubes glandulaires. La plu- ment en plusieurs points a avec les acinus glandulaires.

part d’entre elles sont claires; les autres, foncées, ne sont sans doute que des états fonctionnels des premières (Diamare). Le protoplasme est tantôt alvéolaire, tantôt bourré de grains qui sont plus petits, autrement solubles et colorables que les grains de zymogène (LAGuEsse, G. Levi); ces grains, d'après les observations de LaGuesse et de TRIBONDEAU, sont de préférence situés dans la partie de la cellule qui est tournée vers le vaisseau sanguin voisin ; le protoplasma réduit énergiquement le nitrate d'argent (Mankowski). Outre les îlots (« tissu leptochrome »), il existe aussi, disséminés dans la paroi des alvéoles sécréteurs, des éléments particuliers, très fortement colorables (« tissu bathychrome ») (Sw. Vixcenr et THompsow).

b) Signification morphologique. — Les îlots de Langerhans ont essentiellement les mêmes caractères que les îlots endocrines (primaires et secondaires),que nous avons vus se développer chez l'embryon, et on peut les con-

Me MORE.

sidérer comme les derniers formés de ces organites spéciaux.Ils n’ont rien de commun avec des organes lymphoïdes, et on ne peut plus soutenir aujourd'hui qu'ils sont la partie lymphoïde du pancréas. Leur nature épithéliale est indiscutable, et ils méritent le nom de « corps épithéliaux » que leur a donné DiamarE, par leur ressemblance, au moins superficielle, avec des organes épithéliaux tels que l'hypophyse, les corpuscules parathyroïdiens, et d’autres glandes à sécrélion interne.

En s’en tenant à la nature épithéliale des îlots de Langerhans, leur signification est encore susceptible de recevoir diverses interprétations. . Lewascuerr faisait de ces îlots des centres de régénération capables de former de nouveaux acinus. DoGier, au contraire, les considérait comme des parties en voie de régression, parce qu'elles manquaient de canaux excréteurs assurant leurs relations avec de nouveaux acinus glandulaires; d'une manière un peu différente, Tscaassowxirow, Lominskt veulent ÿ voir des acinus pancréatiques transformés, épuisés par une sécrétion énergique el inaptes à reproduire des tubes glandulaires nouveaux. Ces opinions ont ceci de commun qu'elles supposent une relation génétique entre les acinus el les îlots : les acinus sont régénérés par les îlots, ou bien les acinus dégénèrent en îlots.

Or celte relation a été établie d'autre façon par les recherches embryologiques de LaGuesse. Elles ont montré chez l'embryon une véritable alternance de génération entre les acinus et les ilots. Cette alternance se poursuivrait chez l'adulte; il y aurait (d’après les travaux de Lacuesse et ceux de Mawrowski et contrairement à DraMarE, OPPEL, OPie) mutation incessante entreles deux formations. Elle est morphologiquement prouvée chez l'Homme et d'autres Vertébrés par l'existence de formes de transition entre les acinus et les îlots (Lacuesse). Les expériences de Mankowskt, DALE, Sw. VinceNT et Taompsox, l'ont établie physiologiquement ; le nombre des îlots varie selon l'état d'activité de la glande, augmente après un travail sécrétoire intense, diminue par le repos el le jeûne. Aussi Maxxowski a-t-il conclu que l'ilot de Langerhans représente chez l'adulte le terme de l'évolution d’un lobule glandulaire et aussi le point de départ d'un nouveau cycle glandulaire.

Les recherches que LaGue3sse a inslituées sur le pancréas des Reptiles prouvent mieux que les constatations failes chez les Mammifères (fig. 428) les relations étroites qui unissent les acinus et les îlots. Ceux-ci sont représentés chez les Ophidiens par un lacis de cordons anastomosés, séparés -par des capillaires el à peine creusés d'une lumière filiforme (« cordons à lumière effacée »). Les éléments de ces cordons renferment des grains de sécrétion semblables à ceux que logent les cellules des îlots de Langerhans chez les Mammifères et différents des grains de zymogène contenus dans les cellules des acinu<, Ces grains occupent ici la zone de la cellule tournée vers le capillaire, tandis qne celle qui regarde la lumière effacée du cordon en est dépourvuc. Le cordon constitutif de l'ilot endocrine des Ophidiens est done, selon l'expression de LAGuESSE, un « acinus interverti », dans lequel la polarilé des cellules est devenue le contraire de ce qu’elle est dans un acinus normal.

Vis-à-vis les auteurs qui admettent un rapport génétique entre les acinus et les îlots, OPpeLz, WALTER SCHuLZzE et SSOBOLEW, s'appuyant surtout sur des faits expérimentaux qu'on {rouvera plus loin, pensent que les îlots de

Langerhans sont des organites complètement indépendants du reste de la glande pancréatique.

c) Signification physiologique. — Toutes les données morphologiques s'accordent avec l'explication physiologique qu'on donne aujourd’hui communément pour le rôle des îlots de Langerhans. Selon l'opinion classique actuelle, ce sont des îlots endocrines, c'est-à-dire préposés à la sécrétion interne du pancréas. Celte sécrétion interne du pancréas était soupçonnée depuis longtemps par les physiologistes et par les pathologistes, et Lan- CEREAUX avait élabli un rapport causal entre l’existence d’un diabèle maigre ou pancréatique et les lésions du pancréas. Les recherches de v. M£rinG et Mixkowski, complétées par celles de Caauveau et KauFmanN montrèrent la réalité et fixèrent la nature de cette sécrélion interne du pancréas. On

connut par ces recherches el par bien d'autres qui suivirent, que l’aklation

totale du pancréas détermine l'apparition d'un diabète pancréatique mortel, accompagné de glycosurie, d’azolurie et de polyphagie ; les cas où la glycosurie a fait défaut s’expliquert par ce que l’ablalion a été incomplète (P. Scaurrz el SULzER). Il résulte de ces faits que le pancréas joue un rôle important dans la régulation de la production du sucre de l'organisme, dans l'équilibration de la glycémie normale. Ce rôle est bien dû à une sécrétion interne ; car l'exlirpation inccmplète de la glande et les greffes sous-cutanées du pancréas empêchent la glicosurie pancréatique de se produire (Minkowski, HEDON, THiROLOIX, GLEY, LANCEREAUXx).

Comme l'ont indiqué LaGuesse d’une part, E. A. Scnärer d'autre part, c'est aux cellules des îlots de Langerhans que revient la fonction de sécréler la substance de cette sécrétion interne.

De nombreuses recherches histologiques et expérimentales ont établi le rôle de sécrétion interne des ilots de Langerbans et l'indépendance des deux portions de la glande, de la partie chargée de la fonction externe et de celle qui a pour fonction la sécrétion interne. Si par exemple on obture :es canaux excréteurs de la glande, ou si l’on isole l’un des lobes glandulaires, supprimant ainsi la sécrélion externe, on amène en huit jours la dégénérescence et la sclérose atrophiante du tissu glandulaire qui assume ce rôle, ou bien son retour à l'élat embryonnaire. Au contraire, les îlots ne disparaissent pas et demeurent indemnes pendant plusieurs mois, subissant tout au plus un certain degré de sclérose (SsoBoLew, W. ScnuLze, LAGUESSE, GONTIER DE La Rocue et d’autres, contrairement à Maxkowski). D'ailleurs, d'après Lom- BROSO, la dégénérescence du parenchyme exocrine ne serait pas irrémédiable etle parenchyme serait relativementbien conservé aprèslaligature descanaux excréleurs. Cette opération n’est pas suivie de diabète, que l’extirpation totale du pancréas, ainsi qu’on l’a vu plus haut, détermine immanquablement.

Des recherches anatomo-palhologiques et cliniques ont montré à Orie, Diamare, HERTER, SsOBOLEW, Dieckhorr, GENTES, LaGuessEe, Curris et GELLé, etc.) que dans le diabète sucré le nombre des ilots était diminué, ou que ces flots élaient atrophiés; leur lésion serait un des facteurs les plus importants du diabèle maigre. Une des plus curieuses modifications du pancréas pathologiquement atteint est la présence de formes de transilion acinoinsulaires et insulo-acineuses. La théorie de la variabilité des îlots, sou-

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tenue par LaGurssr, les explique aisément (Curris et GezLé). Ces formes :

de transition sont la preuve d’un ralentissement morbide du cycle évolutif normal, dans lequel les deux formations se transforment l’une dans l’autre.

Il y a cependant des faits (rassemblés par CaARNOT et AmEr) contraires .

à cette théorie de l'éliologie du diabète. Ce sont d’abord des cas de diabète sans lésions langerhansiennes (Gurrmann). C’est ensuite chez les diabétiques la coexistence de ces lésions avec des altérations banales et généralisées, la présence simultanée d’altérations des îlots et des acinus glandulaires ; c'est par suite la non-spécificité des lésions insulaires (SAUERBECK, LouBroso, J. Lépine). Enfin les ilots peuvent être altérés sans que le diabète s'en suive (Connie, Carnor et Auer).

Ces réserves faites, on peut dire que les îlots de Langerhans sont vraisemblablement, de par l'observation histologique et de par les résultats expérimentaux et cliniques, les organites de la sécrétion interne du pancréas.

D. Tissu conjonctif, vaisseaux et nerfs. — a) Tissu conjonctif. — Le üissu conjonctif forme entre les lobes et les lobules pancréatiques les cloisons ordinaires qu’on trouve dans les glandes; il découpe des lobules cunéiformes assez caractéristiques du pancréas. RENAUT a insistésur le caractère réticulé du tissu conjonctif pancréatique, qui entoure les ramifications épithéliales. Ce tissu conjonctif est normalement chez l'Homme chargé de graisse.

b) Vaisseaux. — Les vaisseaux sanguins sont assez peu développés autour de la ramification glandulaire du pancréas; d'où Kuuxe et Lea ont conclu que le matérial de sécrélion n'arrive aux acinus que par l’intermédiaire des lymphatiques. Giaxnuzzi, KLEIN se sont représenté les radicules lymphatiques comme formés par des espaces sans paroi propre compris entre la paroi de l’alvéole sécréteur d’une part, les vaisseaux sanguins et le tissu conjonctif d'autre part. Mais les véritables lymphatiques à paroi endothéliale propre ne s’étendraient pas au delà des lobules et ne pénétreraient pas entre les alvéoles (G. et Er. HoGGan). Rappelons la vascularisation abondante que présentent les îlots de Langerhans, comparés pour cette raison par KüuxE et Lea à des glomérules. Les vaisseaux sanguins, d’après ces auteurs ainsi que pour Renaur et Manxowski, forment autour de l'ilot une couronne, de laquelle partent des anses capillaires très serrées, hélicines, convergeant vers le centre de l’ilot comme dans un follicule clos ; les cellules giandulaires sont ordonnées par rapport à ces vaisseaux, entre lesquels elles forment d’un bout à l'autre de l'ilot des cordons. Pour plusieurs auteurs, le système circulatoire de l’ilot de Langerhans est plus ou moins indépendant de celui du reste du pancréas.

c) Nerfs. — Les. nerfs se terminent dans les alvéoles glandulaires à la façon habituelle (Ramon y Casa et Saza, E. Mure); les fibrilles nerveuses formant des plexus périacineux qui partent de cellules nerveuses triangulaires situées entre les alvéoles de la glande ; elles émettent d'autre part de très fins ramuscules inlra-épithéliaux qui se terminent entre les cellules glandulaires. Les nerfs des îlots de Langerhans, décrits par GENrEs et P£nsa, naissent de réseaux péri-insulaires et se terminent entre les cellules glandulaires par des boutons.

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