‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 121 sur 198 · I SE TO · texte numérisé non relu

I SE TO

produit la stase de la bile. Les matières biliaires passent alors dans les espaces lymphatiques périvasculaires et de là dans les vaisseaux sanguins et dans le sang ; telle est la pathogénie de l'ictère.

Le pathologiste qui étudie les lésions du lobule hépatique et de son parenchyme doit y faire soigneusement la distinction de deux zones qui se comportent différemment dans les divers processus pathologiques : là zone périphérique ou portale, la zone sus-hépalique ou centrale ; tous ses efforts doivent tendre à celte distinction topographique, qui n'est pas toujours facile à faire sur des organes profondément altérés. Les lésions portent sur les cellules hépatiques et sur les capillaires intralobulaires. Les capillaires sont dilatés dans la congestion cardiaque, rétrécis dans d’autres cas. Les cellules hépatiques peuvent être hypertrophiées et hyperplasiées ou tout au moins devenir multinucléées ; cette irritation cellulaire caractérise les hépatites parenchymateuses ; elle s'accompagne de stase biliaire, par conséquent de la coloration jaune de tout un territoire hépatique, produisant l’aspect du foie interverti (fig. 432). Les cellules sont fréquemment le siège de surcharges variées ou même subissent des dégénérescences diverses. Dans la surcharge pigmentaire la cellule hépatique s’infiltre de pigment d'origine biliaire, riche en fer, ainsi qu'il arrive lors des ictères par rétention. La surcharge hématique, qui s’observe dans la mélanémie des paludéens, alors que la destruction des globules rouges est intense, consiste dans le dépôt intracellulaire d’un pigment non ferrugineux (QuincKE). La surcharge graisseuse, qui survient physiologiquement pendant la digestion, au cours de la grossesse, est très marquée dans beaucoup d'affections fébriles et d’intoxications. Elle s’exagère en une dégénérescence profonde, qui peut transformer les cellules hépatiques en gouttes graisseuses, dans la tuberculose, dans l'empoisonnement phosphoré et dans d’autres. La répartition de ces diverses lésions cellulaires entre les deux zones du lobule varie suivant les cas, comme quelques exemples suffisent à le montrer. Quand il y a stase sanguine (foie cardiaque), il y a des lésions systématisées aux deux zones ; la zone portale est peu touchée ; dans la zone sus-hépatique, les travées cellulaires se disloquent, les cellules s’altèrent, les capillaires se dilatent jusqu'à éclater. Quand il y a stase de la bile (foie biliaire), les travées glandulaires sont altérées, leurs lumières distendues par la bile, leurs cellules infiltrées de pigment biliaire dans toute la zone sus-hépatique ; le territoire juxtaportal résiste. Aussi peut-on conclure, avec GÉRAU- DEL, que de façon générale la zone portale est résistante, la zone sus-hépatique fragile au contraire. Dans une foule d’autres lésions lobulaires du foie on peut aussi opposer les deux zones portale et sus-hépatique.

Page 1