‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 140 sur 198 · II. — DESCRIPTION DES DIVERS PARAGANGLIONS · texte numérisé non relu

II. — DESCRIPTION DES DIVERS PARAGANGLIONS

1° PARAGANGLION CAROTIDIEN (GLANDE CAROTIDIENNE). — Cel organe apparaît chez l'embryon, d'après KASTSCHENKO, JacoBy, ScHAPER, PALTAUF, comme un épaississement de l’adventice de l'artère carotide primitive à l'endroit de sa bifurcation. Il est constitué par un réseau de travées cellulaires chromaffines et par un riche lacis de vaisseaux capillaires sanguins. Selon l'importance que prennent l’un ou l’autre des deux éléments constituants de ce petit organe, on a des images différentes ; elles expliquent les divergences d'opinion qui se sont produites sur sa signification. D'anciens auteurs, ArNoLD, MarcHanD, surtout frappés par le développement extrême des vaisseaux sanguins, par leur disposition souvent glomérulaire, et négligeant les éléments cellulaires interposés à ces vaisseaux, ont fait de cet organe un glomérule vasculaire, le « glomérule », « glome » ou « nodule carotidien ». D'autres au contraire, tels que LuscukA, considérant comme secondaire la disposition vasculaire spéciale de cet organe, et mettant au premier rang les éléments glandulaires, le nommèrent « glande carotidienne ». Ce fut STILLING qui montra le premier les analogies de la glande carotidienne avec la capsule surrénale et qui en fit une glande vasculaire sanguine, ouvrant ainsi la voie à ceux qui plus tard, comme Koun, Kose et d’autres, devaient la ranger dans la catégorie des organes chromaffines paraganglionnaires.

En fait, la glande carotidienne est constituée essentiellement par des vaisseaux et par des travées cellulaires épithélioïdes. D'après ScnaPper, les vaisseaux ne forment pas, comme on l'avait dit, de réseaux admirables. Ces vaisseaux, et le tissu conjonctif qui les entoure, se développent chez l'Homme par les progrès de l’âge et arrivent à étouffer les éléments épithéliaux. Les cellules épithéliales entourent plus ou moins complètement les capillaires et forment autour d'eux des groupements caractéristiques. Ces

capillaires appartiennent, d'après Minor et Lewis, à la variété sinusoïdale ; mais ils sont pourvus d’une couche endothéliale continue, et la voie san-: guine est partout fermée (Scuarer). Les cellules épithéliales remplissent exactement les mailles d’un réseau vasculaire et conjonctif. Ce sont des éléments volumineux, de forme ronde ou polyédrique, souvent mal délimités, d'aspect épithélioïde, formés d’un protoplasma séreux, riche en hyaloplasme et par conséquent très délicat, donnant la réaction chromaffine ; ce sont donc des cellules chromaffines (ScHAPER).

La glande carotidienne contient beaucoup de nerfs à myéline et sans myéline, qu'on peut poursuivre jusque dans les travées cellulaires. Il y a aussi quelques cellules ganglionnaires multipolaires.

2° PARAGANGLION COCCYGIEN (GLANDE COCCYGIENNE). — Ce petit organe, nommé aussi « glande de Luscaka », est en rapport avec les filets du nerf coccygien et avec les branches terminales de l'artère sacrée moyenne. Les mêmes divergences d'opinions se sont produites au sujet de sa signification et de sa structure que pour la glande carotidienne, avec laquelle il présente de grandes analogies.

Certains auteurs (ARNOLD, SERTOLI, EBERTH, WALDEYER) ont fait ressortir l'importance des vaisseaux ; ils ont considéré la glande coccygienne comme un complexe de dilatations vasculaires de l'artère sacrée moyenne, et ont proposé pour elle la dénomination de « glomérule artérioso-coccygien » ou « glome coccygien ». LuscukAa plaçait au contraire au premier rang les éléments épithéliaux glandulaires. Les recherches de ScHaper, PALTAUF, Koux, Jacogssox, WaLker ont établi l'identité de développement et de structure de la glande carotidienne et de la glande coccygienne. Ce sont les mêmes cellules spécifiques, épithélioïdes mais non d'origine épithéliale, de nature chromaffine, les mêmes rapports de ces cellules avec le tissu conjonctif et les vaisseaux, la même dégénérescence sénile. Les vaisseaux ont dans les deux organes le caractère sinusoïdal ; ils forment dans la glande coccygienne de larges espaces sanguins tapissés par un endothélium continu (Wazker). Enfin, les deux glandes sont innervées abondamment par le sympathique, et, comme Koux l’a montré, leurs cellules chromaffines spécifiques proviennent de cellules sympathiques détournées de leur évolution ordinaire.

L’assimilation de la glande coccygienne avec un paraganglion a toutefois été combattue par Srork et v. SCHUMACHER, qui n'ont pu constater mi la réaction chromaffine, ni l’origine sympathique des cellules coccygiennes.

3° PARAGANGLION TYMPANIQUE (GLANDE TYMPANIQUE). — Il entoure le nerf de Jacobson dans son passage à travers le canal tympanique, et s'étend à peu près sur une longueur de 4 millimètres.

4° PARAGANGLION ABDOMINAL OU ORGANE DE ZUCKERKANDL. — Découvert par ZuckErkANDL dans le tissu rétropéritonéal d'un enfant au niveau de la bifur= cation de l'aorte abdominale, il a, comme Konn/l'a montré, une structure paraganglionnaire typique.

5° PARAGANGLIONS Divers. — Il existe (SriLiNG, Koux) de nombreux paraganglions, encore innommés, sur le trajet du cordon du sympathique «

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