IT. — ANATOMIE MICROSCOPIQUE DU REIN
Une coupe de rein humain, parallèle à son grand axe, montre que le parenchyme rénal, dans son ensemble, possède la forme d'un croissant qui enveloppe une large dépression, le « sinus du rein ». Il comprend deux substances d'aspect différent : l’une centrale ou médullaire, l’autre périphérique ou corticale (fig. 480).
À. Substance médullaire. — Elle montre un certain nombre de surfaces triangulaires dont le sommet plonge dans le sinus rénal et dont la base
est tournée en dehors; elles ont un aspect rouge foncé, sont striées longi- Le
1018 HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE tudinalement et sont la coupe de formations côniques désignées sous le nom de pyramides de Malpighi (Pyramides rénales). Leur base envoie dans
Poe
F1G. 480. — Rein normal de l'Homme.
La surface de la coupe montre nettement la capsule fibreuse du rein, la substance corticale et les pyramides de Malpighi; le hile est rempli de tissu graisseux, dans lequel sont plongés les calices et le bassinet. La congeslion très légère de ce rein rend plus évidentes les pyramides de Ferrein, que l'on voit sous l'aspect de bandes grisâtres, séparées par des traînées noires correspondant aux vaisseaux interlobulaires. D’après Hocne.
la substance corticale des prolongements qui se perdent dans cette substance et que l'on nomme pyramides de Ferrein (ArNoiv et WEBER),
prolongements de Ferrein, prolongements pyramidaux (HENLE), rayons médullaires (LuowiG). Les pyramides de Malpighi sont au nombre de 10 à 12 en moyenne, ont un sommet en forme de cône arrondi qui plonge dans la cavité du sinus rénal sur une étendue de 6 à 8 millimètres environ. On donne à ces extrémités centrales et libres des pyramides de Malpighi le nom de « papilles rénales » ou de « mamelons rénaux ». Leur pourtour donne insertion aux calices et leur extrémité saillante est perforée d'une
série de petits orifices, les « pores urinaires » (foramina papillaria) dont
l'ensemble constitue l’ «area cribrosa ». Ils sont au nombre de 10 à 24 pour certaines papilles, de 30 à 80 pour certaines autres qui sont très volumineuses (Mürrer). À chaque papille ne correspond pas une seule pyramide, mais plusieurs pyramides secondaires dont le nombre oscille entre 2 et 9 (Marescu, v. LENHossÈx), le plus souvent entre 2 et 4.
B. Substance corticale. — Elle est limitée en dehors par une capsule d'enveloppe (tunica fibrosa) qui se poursuit sur les calices et les vaisseaux sanguins. Elle remplit l’espace compris entre la substance médullaire et la capsule fibreuse et s’insinue entre les pyramides secondaires et entre les faces latérales des pyramides de Malpighi. Elle forme ainsi des prolongements qui descendent jusqu’au sinus rénal et y font des saillies qui alternent sur la coupe avec les saillies papillaires; on désigne ces prolongements corlicaux sous le nom de « colonnes de Bertin » ou de « colonnes rénales ». Le reste de la substance corticale porte le nom de « labyrinthe » (LupwiG).
Chez certains Mammifères et chez l'embryon humain la substance corticale sé décompose en lobes, dont chacun comprend une pyramide de Malpighi et la substance corticale qui l'enveloppe. Le plus grand nombre des Mammifères possèdent des reins avec une seule pyramide dont la base est coiffée par la substance corticale. Ces reins sont donc unilobés (Hyrrz, Cnikvirz). On rencontre une telle disposition chez les Monotrèmes, Marsupiaux, Insectivores, Chéiroptères, Édentés, Prosimiens. Certains autres Mammifères ont des reins multilobés, et ces lobes peuvent être indépendants les uns des autres, comme chez les Cétacés, l'Ours, la Loutre, ou soudés sur une partie de leur étendue, comme chez le Phoque, le Bœuf, l'Éléphant. L'Homme et certains Singes (Orang, Gibbon, Hyrrz) ont un rein lobé pendant la vie fœtale, mais la trace extérieure de cette disposition finit par disparaître sauf dans certains cas très rares (Hocne). Toutefois, les lobes en question n'en persistent pas moins au point de vue morphologique et fonctionnel. Chacun d’eux est formé par une pyramide de Malpighi et la substance corticale qui lui correspond. Leurs limites respectives sont assez bien indiquées par des lignes menées par le milieu des colonnes rénales jusqu’à la capsule fibreuse. Ces lobes ou « renculi » sont eux-mêmes décomposables en « lobules ». Chacun de ces lobules est constitué par un rayon médullaire et toute la portion de substance corticale qui l'entoure. Sur une coupe longitudinale de la substance corticale, ils seraient limités par des lignes en rayon passant à égale distance des pyramides de Ferrein voisines. La zone limite entre les lobules adjacents est occupée par du tissu conjonctif et des vaisseaux à direction
radiaire, ou « vaisseaux interlobulaires », comme nous le verrons ultérieurement. Le lobule rénal est donc l'unité anatomique du rein; il se suffit à lui-même et se trouve relativement indépendant des lobules voisins. Il est à son tour formé par un certain nombre de tubes urinaires qui représentent chacun l'unité irréductible de la substance rénale.