CHAPITRE II
La glande germinative mâle ou testicule.
[. — La GLANDE GERMINATIVE MÂLE EMBRYONNAIRE ET JEUNE.
1° PREMIÈRE PÉRIODE. DIFFÉRENCIATION DU TUBE SÉMINIFÈRE. — Nous avons
vu que l'ébauche génitale indifférente comprend l’épithélium germinatif et les cordons sexuels, et que les tubes séminifères se différencient aux dépens de ces derniers. Cette différenciation se produit très tôt, vers la sixième semaine du développement chez l'Homme. Les anastomoses qui relient les cordons sexuels disparaissent, les cordons se régularisent et augmentent de volume, une lame mésenchymaleuse se condense à leur périphérie et les enveloppe de toutes parts. Le tissu mésenchymateux situé sous l'épithélium germinatif s'étale à la périphérie de la jeune ébauche génitale, s'organise peu à peu en tissu conjonctif et finit par édifier une membrane résistante qu’on désigne sous le nom d’albuginée (fig. 504).
Les cellules de l'épithélium germinalif persistent à la surface de l'albuginée, s'aplatissen! progressivement et prennent l’aspect de cellules endothéliformes. Le tissu conjonc-
Fi1G. 504. — Coupe de testicule d'embryon de Porc de 50 millimètres.
Cordons sexuels anastomosés les uns avec les autres, et formés par de grandes et petites cellules germinatives. Ces cordons sont séparés par des travées de tissu conjonctif embryonnaire dont les cellules se sont déjà transformées en grand nombre en cellules interstitielles. Une lame de tissu conjonctif sépare la masse des cordons sexuels de l'épithélium germinatif ; c'est l'ébauche de l’albuginée. L'épithélium germinatif qui persiste à la surface de l'albuginée est constitué par une seule assise de cellules cubiques. x 250.
tif jeune qui s’est condensé autour des cordons sexuels forme des enve-
loppes tubuleuses qui les délimite nettement. On les désigne alors sous le
nom de cordons séminauæ. Ceux-ci sont fermés au niveau de leur extrémité distale, tournée vers l’albuginée. Leur extrémité proximale se met en rapport avec des prolongements anastomosés, issus des corpuscules de Malpighi situés dans la région génitale du corps de Wolff. C’est aux dépens de ces prolongements que se différencient les voies efférentes du testicule, dont nous nous occuperons plus loin.
Les cordons séminaux augmentent ensuite de longueur et une lumière
apparaît en leur centre. Ils deviennent alors les {ubes séminaux embryon-
FiG. 505. — Coupe de testicule de fœtus humain de 8 mois.
Les tubes séminifères renferment de grandes et de petites cellules germinatives. Entre ces tubes on aperçoit quelques cellules interstitielles. x 250. à
naires (fig.505), dont les éléments se multiplient avec rapidité ; aussi s’allongent-ils beaucoup et présentent-ils bientôt des flexuosités de plus en plus
nombreuses et de plus en plus accentuées. Ils conserveront la même struc-
ture jusque vers la fin de la première période du développement testiculaire (30° ou 40° jour après la naissance chez les Rongeurs, 5° ou 6° année chez l'Homme). Ajoutons que les cellules mésenchymateuses situées entre les tubes séminaux prennent assez tôt les caractères d'éléments glandulairés. Elles apparaissent d’une façon très précoce chez certains animaux, même avant la constitution des cordons sexuels ; elles suffisent alors pour distinguer la future glande mâle de la future glande femelle (Bouix et AxceL). Ce sont les cellules inlerstitielles du testicule dont il sera question plus loin.
2° DEUXIÈME PÉRIODE. PRÉSPERMATOGÉNÈSE. — A la fin de la période pré-… cédente, le tube séminal présente brusquement des métamorphoses cylolo-
ER ie à: à