‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 192 sur 198 · I. — CARACTÈRES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

I. — CARACTÈRES GÉNÉRAUX

Les glandes annexées aux conduits génitaux sont, chez l'Homme, les vésicules séminales, la prostate et les glandes de Cooper; chez la Femme, les glandes de Bartholin. Ces organes présentent des variations morphologiques nombreuses chez les Vertébrés et l’on ne peut en prendre une idée d'ensemble si on les compare au point de vue de leur forme, de leur structure, de leur nombre et de leur développement. Des familles voisines offrent, à ce point de vue, des dispositifs tout à fait dissemblables. Il existe même des lacunes, des différences considérables à l'intérieur de la seule classe des Mammifères: certaines glandes peuvent manquer et d'autres atteindre un très grand développement. Ce fait a conduit à admettre que labsence d'une glande peut être compensée par le développement prépondérant d’une autre glande. Cette suppléance s'explique par le rôle qu'il convient d’attribuer à ces annexes, c'est-à-dire la production de substances susceptibles d'accroître l'énergie vitale des spermatozoïdes. Les corrélations physiologiques des organes annexes de la génération n’est pas sans troubler profondément toute classification purement morphologique qu’on voudrait en donner. Nous ne possédons aucun critérium anatomique convenable pour nommer les glandes en question. Par des recherches histologiques comparatives, on peut reconnaître que les glandes sexuelles accessoires, différentes par leur situation et par conséquent différemment nommées, ont néanmoins une structure semblable, et inversement que des organes de même situation et de même nom sont histologiquement des formations tout à fait différentes (Ounewans, DisseLHorsr). Ainsi, par exemple, les vésicules séminales manquent chez un grand nombre de Mammifères : Monotrèmes, Marsupiaux, Carnivores, Cétacés ; chez les Insectivores, elles font défaut dans un genre (Talpa), et se trouvent représentées dans un autre (Erinaceus). Elles n'ont pas partout les mêmes rapports avec les conduits génitaux. Elles s'ouvrent dans le canal déférent chez les Proboscidiens, Périssodactyles, Ongulés, Primates, et dans le sinus urogé-

nital chez quelques Édentés et quelques familles de Prosimiens. De plus, elles montrent des différences de structure et par conséquent des différences fonctionnelles dans les divers groupes de Mammifères. Les vésicules séminales de l'Homme, par exemple, sont des espaces larges avec un contenu liquide; celles de certains Rongeurs sont des organes compacts remplis par un produit de sécrétion dense et homogène. Il en est de même pour la prostate. Elle n'existe pas chez les Monotrèmes et les Marsupiaux, où elle semble remplacée par de volumineuses glandes urétrales. Elle fait aussi défaut chez les Cétacés et les Édentés. Elle est figurée par un grand nombre de boyaux glandulaires chez cerlains Insectivores, Hérisson et Taupe. Elle existe chez les Chéiroptères, Ongulés, Proboscidiens, Carnivores, Suidés, Ruminants, Équidés, Singes et Homme. Elle est le seul représentant des glandes sexuelles accessoires dans beaucoup d'espèces ; elle possède donc une importance particulière et peut résumer, dans une cerlaine mesure, les particularités de toutes les autres. Son développement plus ou moins considérable indique qu’elle compense les autres glandes accessoires quand celles-ci sont peu développées ou font complètement défaut (Disseznorsr, SreiNaca). Les mêmes remarques peuvent être failes au sujet de glandes de Cooper qui, cependant, se rencontrent chez presque tous les Mammifères (Leynic). |

Il est donc impossible de donner ici la physionomie histologique générale de toutes ces glandes accessoires. Nous nous bornerons à les étudier dans l’espèce humaine et chez les animaux où on les retrouve avec la même disposition et la même structure essentielles. Les nombreuses flexions morphologiques offertes par ces organes sont évidemment en rapport avec les phénomènes de la copulation et la vie génitale des différents groupes de Mammifères. Si les grandes fonctions organiques s’y produisent d’une manière univoque et ont à leur service des organes homologues, il n’en n’est pas de même pour les phénomènes extérieurs de la reproduction. Il existe ici des différences considérables entre les espèces et l’on conçoit qu'à ces variations fonctionnelles s'adaptent des organes morphologiquement variables.

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