LES MACULES UTRICULAIRE ET SACCULAIRE ET LE VESTIBULE MEMBRANEUX
L'épithélium des macules comprend des cellules sensorielles et des cellules de soutien.
Les premières sont cylindriques. Leur surface présente une sorte de poil ou de soie allongée, le « poil auditif » (Rerzius, Ranvier, Marnras-DuvaL). Elles occupent environ la moitié de la hauteur totale de l’épithélium, la moitié superficielle, leurs noyaux formant une rangée située à égale distance de la surface et de la membrane basale,
Le poil auditif est constitué par une série de minces filaments parallèles disposés en un cône de fibrilles accolées, dont la base représente une sorte de croissant ou de plaque basale (N. Vax DER Srricat). Ces fibrilles se détachent d’une cuticule sécrétée par la cellule sur sa face apicale, au niveau de son diplosome. Certains auteurs admettent que le-pôle inférieur des cellules ciliées envoie dans la profondeur un ou plusieurs prolongements très minces qui descendraient jusqu'à la membrane basale et s'y inséreraient (SIEBENMANN, CANNIEU).
Les éléments de soutien sont très allongés (30-40 x), étroits et columnaires. Ils présentent un épaississement inférieur conique, coupé à angle droit, qui est appliqué sur la membrane basale; un renflement cytoplasmique qui renferme le noyau; un prolongement périphérique qui atteint la surface de l’épithélium et se termine par une culicule épaisse. Le corps protoplasmique, au niveau du point où se trouve le noyau, envoie latéralement des expansions ramifiées. Les cellules de soutien sont encore dites cellules fusiformes (M. ScuuLrze).
La surface libre de ce neuroépithélium montre, sur une vue de face, des champs polygonaux de dimensions variables. Les plus grands renferment des diplosomes excentriques ; ils répondent aux cellules auditives ; les plus petits conservent le diplosome à leur centre ; ils correspondent aux cellules de soutènement (N. Vax DER Srricur).
Les macules sont recouvertes par une couche muqueuse molle, épaisse, appelée membrane otolithique (Rerzivus). Elle n'est pas appliquée immédiatement sur l’épithélium sensoriel. Un espace large de 20 y environ l'en
sépare le plus souvent et cet espace est traversé radiairement par les poils auditifs ; ceux-ci s’enfoncent dans la zone inférieure de cette membrane, se coudent à angle droit, prennent une direction tangentielle et donnent à la zone qu'ils occupent un aspect strié dans le sens longitudinal (BreweERr). La substance de la membrane otolithique est remplie de concrétions calcaires. Ce sont les « otoconies » (Brescuer), les « otolithes », le « sable auditif». Elles sont composées par du carbonate de chaux qui imprègne une substance fondamentale organique. On n’en trouve pas dans la zone membraneuse tournée vers l’épithélium. L'existence de la membrane otolithique ne paraît pas constante. Denis ne l’a jamais vue sur les taches acoustiques du Murin.
L'épithélium qui tapisse le reste du vestibule membraneux conserve
Fi1G. 248. — Macula d’un embryon de Poulet du onzième jour de l'incubation avec les terminaisons nerveuses.
1, limite de l'épithélium. — cau, cellules auditives. — n, nerfs. Méthode de Golgi. D’après ReTzius.
les caractères qu'il possédait à l’état embryonnaire. C’est un épithélium bas, formé de cellules disposées sur une seule couche et polygonales quand on les voit de face. Il s'élève peu à peu sur les bords des taches acoustiques. Le chorion du vestibule est peu développé (26-35 & d'épaisseur en moyenne, d'après KôüLLiker). Il présente son épaisseur maxima au niveau des macules. Il est constitué par des fibres conjonctives et élastiques enlacées dans tous les sens. Il montre des papilles peu élevées en certains points, surtout dans la région périphérique des macules et au niveau de l’embouchure des canaux semi-circulaires. Ses faisceaux conjonctifs se continuent avec les mailles des espaces périlymphatiqueset des cellules pigmentaires se recontrent dans les tractus qui limitent ces espaces. Ceux-ci sont donc comparables, au point de vue morphologique et fonctionnel, à la « lamina fusca scleræ » et au tissu suprachoroïdien (HExLE, KôLLIKER, SCHWALBE). Les nerfs des taches acoustiques se ramifient dans le chorion et perdent leur myéline en traversant la membrane vitrée. Les cylindre-axes nus for-
STE SNA NT SN DE Or PE
nombreuses partent de ce plexus et se ramifient autour des cellules ciliées en un lacis de fibrilles terminées par des renflements en forme de bouton (Rerzius, RaMON y Cayar, LENHOSSÈk, Cannieu). Cette disposition permet d'attribuer aux cellules ciliées seules la propriété sensorielle (fig. 248).
Les recherches récentes de KozLmer ont montré qu'il existe deux sortes de fibres nerveuses se rendant à l’épithélium sensoriel ; elles ont été vues par Casaz dans les crista. Ce sont les fibres épaisses et les fibres grêles. Les premières renferment des neurofibrilles qui seraient en connexion directe avec les neurofibrilles des cellules sensorielles. Les secondes, au contraire, s'épanouissent à la périphérie des éléments sensoriels, se terminent par de petits renflements aplatis et répondent aux terminaisons libres dé-
crites dans les épithéliums en général. KoLMER assure en outre que les fibrilles
intracellulaires d'une cellule sensible peuvent être en connexion. avec les fibrilles d’axones différents. Cette union entreles fibrilles des cellules et des
mentun plexus au niveau de la base des cellules de soutien ; des branches
nerfs paraît se réaliser chez l'embryon; leur différenciation se ferait indé- k
pendamment dans l’axone et dans la cellule et la continuité substantielle s élablirait ensuite (fig. 249).
me brisé |:
20 LES CRÊTES ACOUSTIQUES ET LES CANAUX SEMI-CIRCULAIRES. — Les …
canaux semi-circulaires présentent une structure semblable à celle du
F1G. 249. — Coupe de crêle acoustique de Chat.
Méthode de Cajal. Fibrilles des cellules auditives en continuité directe avec celles des cylindreaxes épais. Plusieurs cellules peuvent être en connexion avec un seul cylindre-axe. D'après W. KoLMER.
vestibule membraneux. Ils sont constitués par une membrane conjonctive, tapissée par un épithélium aplali unistratifié. Nous savons déjà par le développement que le plancher des ampoules est soulevé par un repli con-
ORGANES DES SENS 559 jonctif transversal, la crête ampullaire, crista acuslica (ScnuLTze) qui se termine latéralement par deux surfaces demi-circulaires, les Planum semilunalum (STREIFENSAN D). Crista et Planum sont recouverts par l’épithélium sensoriel qui offre la même structure que celui des macules (voir fig. 239 et 240). Il y a lieu cependant de remarquer que les cils des cellules auditives y sont particulièrement longs. Ils présentent une direction rectiligne dans le milieu de la crête acoustique et s’inclinent vers l'axe médian sur les parties latérales. Ils sont plongés dans une masse triangulaire sur coupe transversale, la cupule terminale. Celle-ci ne s’observe bien que sur les préparations fixées ; aussi certains auteurs doutent-ils de son existence (HExsEN). D’après Kaiser, les soies auditives sont plongées dans une substance homogène et gélalineuse qui se coagule sous l'influence des réactifs fixaleurs. Denis l’a également retrouvée dans les objets fixés et il remarque que son développement marche parallèlement avec celui de l’épithélium sensoriel de la crèle. La cupule ne renferme pas d’otoconies.
3° LA PAPILLE SPIRALE ET LE LIMAÇON MEMBRANEUX. — Le limaçon membraneux est représenté par un long tube enroulé en spirale, le canal cochléaire. Il prend naissance dans le vestibule par une extrémité aveugle, le cæcum cochléaire, s'engage dans le limaçon osseux avec deux autres conduits qui se développent au-dessus et au-dessous de lui (rampes vestibulaire et tympanique), et se termine au niveau de l’infundibulum de la coupole par une extrémité en cul-de-sac, le cæcum terminal.
A. Topographie du limaçon. — Pour nous rendre compte des rapports de ce canal avec les deux rampes qui l’accompagnent, examinons une coupe longitudinale passant par le grand axe du limaçon(fig.250).Nous supposerons, pour simplifier les descriptions qui vont suivre, que la pointe de cet organe est tournée vers le haut et sa base vers le bas. Une telle coupe nous montre que l'axe du limaçon est constitué par une masse osseuse triangulaire ; c'est la columelle ou modiolus qui se continue latéralement avec la {ame des contours. Celle-ci forme une masse osseuse qui est appliquée sur les bords de la columelle et qui limite une série de cavités arrondies. Ces cavités représentent les sections du canal limacéen qui s’enroule autour de la columelle et décrit trois tours de spire. Chacune de ces cavités est cloisonnée par une lame qui part de son bord interne et qui s'avance à son intérieur jusqu'au liers environ de son diamètre transversal. C’est la lame spirale osseuse. Le canal limacéen est tapissé en dedans par le périoste. Celui-ci s'épaissit considérablement sur la face externe du canal et sur la lame spirale, surtout au niveau de son extrémité. Le premier de ces épaississements est désigné sous le nom de Zigament spiral ou stralum semilunaire (KüzuKer) ; le second sous celui de /imbe de la lame spirale ou créle spirale (HenLe, WaLpeyer). Une sorte de membrane part de l’extrémité externe de la crête spirale, se dirige en dehors suivant la direction de la lame spirale osseuse et s’insère sur le ligament spiral. C’est la membrane basilaire ou lame basilaire (CLaunivs). Une autre cloison se détache également de la face supérieure de la crête spirale, se dirige en haut et en dehors et s’insère sur le ligament spiral au niveau de son extrémité supé-
rieure. C’est la membrane vestibulaire ou de Reissner. Ces cloisons déli- Mitent dans le canal limacéen trois canaux ou rampes :
‘à La rampe ou canal cochléaire, compris entre le ligament spiral, la membrane de Reissner, la membrane basilaire et la crête spirale. Il dérive
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