I. — HiISTOGÉNÈSE DE L'ÉPIDERME
L’ectoblaste, chez l'embryon très jeune, est constitué par une assise de cellules cubiques en voie demultiplication active (fig. 262). Il conservé la même structure chez l'em-
bryon humain du premier mois et de la première moitié du
Lu 3 : deuxième mois. Ce-
Fic. 262. — Paroi thoracique d'un jeune embryon de Cobaye. pendant, par places,
E, épiderme réduit à une seule assise cellulaire.— D, derme.—P,en- Cet épithélium dedothélium de la séreuse pleuro-péritonéale, D'après BRANCA. vientbistratifié.Cette disposition est la rè-
gle au commencement du troisième mois. La surface du tégument externe
est alors recouverte par une couche de cellules plates, la « couche épitri-
chiale » ou « épitrichium » (BoweEN).
Le nombre des assises cellulaires augmente à la fin du troisième mois et pendant le quatrième mois par la multiplication des éléments de l’assise cylindrique (fig. 263). Les cellules-filles se disposent entre cette dernière couche et l’épitrichium, prennent une forme polygonale et se multiplient à leur tour. Les cellules épitrichiales deviennent alors globuleuses; elles s’aplatissent quelque temps après, perdent leur noyau et forment à Ja surface du feuillet externe une mince pellicule au-déssous de laquelle se développera la tige des premiers poils. C’est pour cette raison qu'on a donné à cette pellicule le nom d’épitrichum (1). L'épitrichium
(1) êxe, 0pE6, WELCKER.
disparaît chez l'Homme dans les régions pilifères du tégument externe.
L'épiderme atteint une épaisseur beaucoup plus considérable vers le cinquième ou sixième mois. Il comprend alors une dizaine de couches superposées. La couche profonde est formée de cellules cylindriques, la couche moyenne de cellules polyédriques, la couche superficielle de cellules aplaties. Le tégument externe conservera à peu près cette structure dans les régions où l’ectoderme embryonnaire donnera naissance à des muqueuses (lèvres, bouche, prépuce, gland, marge de l'anus, petites lettres de la vulve, etc.). Il se compliquera par l’adjonclion de nouvelles couches dans toute l’étendue de la peau proprement dite.
Ce sont les couches cornées. La transformation cornée de l'épiderme (kératinisation) commence à une période assez reculée du développement. La kératinisation apparaît dès le deuxième mois sur le tronc el sur la tête du fœtus. Elle se manifeste ensuite au niveau des extrémités et des ouvertures du corps (nez, bouche). Elle gagne toute l’étendue de l’épiderme pendant le troisième mois (CEDERKREUTZ).
Pendant cette diffémenciation, la face profonde de l’épiderme envoie dans le tissu sous-jacent des bourgeons qui formeront les crêtes papillaires et les ébauches des glandes sudoripares.
La multiplication des cellules profondes de l’épiderme détermine, pendant la deuxième moi- FiG. 263. — Épiderme et ébauches pileuses dans la pautié de la vie fœtale, une exfolia- pière d'un embryon humain du troisième mois.
: e, épiderme. — d, derme. — p,p,p, trois ébauches tion abondante des cellules les pileuses très jeunes à divers degrés de développlus superficielles. Ces cellules L + put NP SA nOCS
desquamées se mélangent avec
le produit des glandes cutanées qui sont développées à ce moment. C’est le «smegma embryonum » OU « vernix Caseosa » qui recouvre, sous la forme d'un enduit visqueux et blanchâtre, tout le tégument externe, surtout le cou, les flancs et la surface de flexion des membres.
IT. — HisTOGÉNÈSE DU DERME ETC DE L'HYPODERME.
Le feuillet profond, ou couche cutanée sous-épidermique, se différencie aux dépens du mésenchyme. Il est constitué, chez l'embryon très jeune,
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par des cellules étoilées ou fusiformes, très serrées les unes contre les autres (fig. 262). Les premières fibres conjonctives apparaissent vers le troisième mois. Elles se disposent différemment dans la zone juxta-épidermique et dans la zone plus profonde. La première renferme des fibres conjonctives nombreuses et serrées ; c’est le futur derme ou chorion. La seconde est constituée par des fibres conjonctives beaucoup moins abondantes : c'est l’hypoderme ou tissu cellulaire sous-dermique. Des amas de cellules arrondies apparaissent dans l'épaisseur de ce dernier, surtout dans sa région supérieure et se chargent de gouttelettes graisseuses. Ils deviennent bientôt très abondants, aussi la couche qui les renferme a-t-elle reçu le nom de pannicule adipeux. La partie profonde de l’hypoderme conserve une structure lâche.
Les crêtes dermiques et les papilles se différencient à ce moment. Les fibrilles conjonctives du derme sont tout d’abord disposées par plans ; elles sont parallèles dans chaque plan et perpendiculaires dans les plans successifs. RENAUT compare cette disposition élémentaire du derme des Mammifères avec la structure régulièrement fasciculée du derme des Cyclostomes. La disposition primitive des fibres dermiques est ensuite bouleversée par la croissance des vaisseaux sanguins qui viennent de la profondeur et se ramifient en tous sens dans le derme et ses papilles. Certaines de ces papilles sont exclusivement vasculaires et dans les autres se différencient des appareils nerveux terminaux (1).