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RAS MS

LA RULe

588 en HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE

solidement réunies les unes avec les autres. Elle se soulève en lamelles LE

furfuracées qui s’exfolient continuellement. Elle est chargée de graisse comme la couche sous-jacente.

C. Rénovation de l'épiderme. — L'’épiderme subit une rénovation continue pendant toute la durée de l'existence. Les nouvelles cellules prennent naissance dans la couche germinative, c'est-à-dire dans toute l'épaisseur des assises polyédriques (Braxca). Ces nouveaux éléments sont issus des élé-

FiG. 269. — Coupe totale de la peau de la*face palmaire de la main.

ép, épiderme. — de, derme papillaire. —pad, pannicule adipeux. — f subc, fascia sous-cutané. X 95.

ments préexislants par cylodiérèse, comme on peut le constater facilement surtout dans les processus de cicatrisation épithéliale (1). Il se fait donc une

poussée cellulaire incessante de dedans en dehors, les cellules germinatives

devenant successivement cellules granuleuses et cellules cornées. Cette évolution, considérée dans son ensemble, semble bien indiquer que la phase à éléidine est indispensable au processus de kératinisation, puisqu'elle le précède toujours, et que la phase éléidine est une forme de passage entre la cellule protoplasmique et la cellule cornée. Cette proposition ne pourrait pas faire de doute, si, dans certains cas pathologiques, la kératinisation des couches superficielles épidermiques ne se réalisait sans l'intermédiaire de la couche granuleuse.

(1) FLEMMING, Unwa et Osrry, Duvaz et RETTERER, BRANCA, etc.

Ajoutons enfin qu’on constate l'existence, au sein de l’épiderme, dans le stratum germinativum, de cellules ramifiées appelées quelquefois cellules de LanGERHANS et sur la signification desquelles les auteurs anciens avaient émis toutes sortes de suppositions. On sait actuellement que ce sont des globules blancs qui sont particulièrement nombreux dans les cas d’inflammation cutanée et qui infiltrent les espaces intercellulaires de la couche germinative. [ls proviennent du derme, d’après la majorité des auteurs, et transportent dans l’épiderme des matériaux nourriciers (RANVIER). RETTERER pense qu'ils se différencient aux dépens des cellules épidermiques.

2 DERME ET HYPODERME. — Nous avons vu qu'il se différencie au-dessous de l’'épiderme une couche conjonctive qui le sépare des plans osseux ou

F1G. 270. — Coupe de la peau du front.

ép, épiderme. — de, derme planiforme. — pa, pannicule adipeux. X 95.

aponévrolique sous-jacents. On peut distinguer le plus souvent trois assises dans cette nappe conjonclive, quand on examine des coupes de revêtement cutané à un faible grossissement. Ce sont en allant du plan profond vers le plan superficiel: 1° le fascia sous-cutané, relié avec le périoste ou les aponévroses par des tractus conjonctifs épais; 2° le {issu conjonctif sous-cutané, tela subcutanea ou pannicule adipeux, qui s’infiltre de graisse en quantité plus ou moins grande. Ces deux couches représentent l’hypoderme ; 3° la tunique propre (tunica propria), formée d’un tissu conjonctif dense et épais; 4° le corps papillaire formé d'un tissu conjonctif plus lâche que celui de la couche précédente et qui constitue le stroma des papilles. Ces deux dernières couches sont désignées sous le nom de derme ou chorion (fig. 269).

Le chorion existe dans toute l'étendue du tégument externe. Il n’en est pas de même des couches de l'hypoderme dont l’une ou l’autre peut manquer ou qui peuvent même faire complètement défaut.

A. Hypoderme. — L’hypoderme est constitué par de volumineux tractus conjonctifs dont la direction générale est parallèle à la surface épidermique. Des faisceaux s’en détachent obliquement et vont se continuer avec l’aponévrose sous-jacente ou avec le périoste. Ces dernières

formations sont quelquefois réunies avec le fascia sous-cutané par de larges nappes conjonctives. Dans d’autres cas, le fascia sous-cutané et l’aponévrose sont fusionnés en une lame continue. De volumineux tractus se détachent de la face superficielle du fascia sous-cutané et se dirigent en dehors. Ces « cônes fibreux » s’anastomosent les uns avec les autres et forment un réseau désigné sous le nom de « retinacula cutis » dont les mailles sont occupées par des amas de cellules adipeuses. Cette graisse sous-culanée devient quelquefois très abondante, surtout dans la peau du ventre, où le pannicule adipeux peut atteindre une épaisseur de 30 millimètres el plus. Les tractus fibreux du « retinacula cutis » se rassemblent au niveau de la zone externe du pannicule adipeux et se continuent avec la tunique propre du derme.

Les mailles du retinacula cutis peuvent renfermer des bourses muqueuses sous-culanées qui se développent dans les endroits du tégument externe soumis à des irritations el à des compressions constantes. Les espaces conjonctifs augmentent de dimensions, se fusionnent en vastes cavilés closes, tapissées par un endothélium et remplies d’un liquide filant et muqueux. Les plus fréquentes de ces bourses se rencontrent sur la face inférieure de l’olécrane, à la surface de la rotule, sous le calcanéum, sur l'articulation métatarso-phalangienne du gros et du petit orteil, etc.

B. Derme ou chorion. — a) Morphologie générale. — Le derme ou chorion est un lissu fibreux plus ou moins épais suivant les régions; son épaisseur varie en effet entre 300 w et 3 millimètres. Sa face profonde est limitée du tissu conjonclif sous-cutané par une surface plane et abordée perpendiculairement ou obliquement par les expansions du retinacula cutis. Il s'insère directement sur le périoste et sur les fascias musculaires dans les régions du tégument externe où l’hypoderme n'est pas représenté. Sa face superficielle est délimitée de l’épiderme par la membrane basale.

Le derme et l’épiderme affectent entre eux des rapports qui sont variables suivant les régions et qui ont été ramenés à quatre types par Brascako. Dans un premier type, ils sont en rapport suivant une surface plane. Ce cas est relativement rare (fig. 270). Un tel chorion plat se rencontre sur le front, le raphé périnéal, certaines régions du scrotum, certaines régions du creux axillaire, la conque de l'oreille. Dans un deuxième type, la derme présente des crêtes très basses, souvent réunies par des bandes obliques. L'ensemble de ces crêtes figure ainsi un réseau souvent cloisonné par un réseau interne moins élevé. L'épiderme présente de son côté des saillies basses qui s'engagent dans les dépressions de la surface dermique. Cette disposition se rencontre dans la peau du visage. Les crêtes dermiques sont beaucoup plus allongées sur les côtés du cou, le mont de Vénus et le dos du pénis. Dans un 3° type, on observe une disposition inverse. C’est l’épiderme qui se soulève en bandes longitudinales réunies incomplètement par des anastomoses transversales et le derme envoie dans les mailles de ce réseau épidermique des saillies ou expansions isolées. Ce sont les vues à plat de ce réseau épidermique

dermiques se prolongent dans

qui ont fait donner à la couche profonde de l’épiderme le nom de réseau de Malpighi. On trouve celte disposition dans la peau du ventre; on la rencontre également sur le dos, les fesses et la face d'extension des membres. Le quatrième type s’observe sur la face de flexion des membres et sur le cuir chevelu. Les bandes épidermiques longitudinales sont reliées par des bandes anastomotiques droites, obliques ou incurvées. Un réseau complètement fermé est ainsi constitué par les soulèvements de la face inférieure de l’'épiderme. Des bourgeons

les mailles de ce réseau et forment des saillies disposées en longues files entre les crêtes épidermiques parallèles. Ce sont les papilles dermiques (fig. 271).

Toutes ces papilles dermiques ont une direction oblique chez le fœtus. Elles conservent celte direction dans certaines régions du tégument exlerne, comme la face antérieure du bras, de l’avant-bras, dans le derme périunguéal.Elles se redressent au contraire dans les autres régions cutanées qui sont munies de papilles. Leurs dimensions sont très variables.

Elles mesurent par exemple 4o à 50 u de longueur sur le F16. 21. — Coupe horizontale de la peau de la paume cuir chevelu, les paupières, en DA

É n voit la section transversale des papilles dermiques quelques régions de la face et entre lesquelles le corps de Malpighi forme un rédu nez et 200 à 300 w sur le RER NAME O0 mamelon (grandes papilles).

Une même région peut présenter des papilles de tailles très différentes (mamelon).

On les distingue en deux groupes d’après leur forme. Les premières sont dites papilles simples ou adélomorphes. Leur saillie n’est jamais apparente à la surface cutanée et leur extrémité ne se divise pas en plusieurs digitations. Elles ont la forme d’une corne, d’un hémisphère ou d’une massue. Les secondes sont dites papilles composées ou délomorphes. Ce sont des crêtes allongées, « crêtes dermiques », disposées parallèlement les ‘unes à côté des autres. L'épiderme se soulève au-dessus de ces replis du derme en « crêtes épidermiques », bien visibles sur la paume des mains, la plante des pieds, la pulpe des doigts et des orteils. Les crêtes dermiques sont hérissées de mamelons papillaires qui sont d'ordinaire disposés en deux séries parallèles séparées par un bourgeon épidermique. Le canal excréteur des glandes sudoripares aborde l’épiderme au niveau de l'extrémité

profonde de ce bourgeon et s'ouvre au sommet de la crête épidermique.

On distingue encore les papilles en deux catégories d’après leur signification fonctionnelle. Les unes renferment des terminaisons nerveuses tango-réceptrices. Ce sont les « papilles nerveuses »; elles sont situées dans les territoires tégumentaires qui recouvrent les extrémités. Les autres sont occupées seulement par des arborisations vasculaires et sont désignées pour celte raison sous le nom de « papilles vasculaires ». Ajoutons toutefois que les papilles nerveuses renferment également des vaisseaux sanguins.

b) Structure du derme. — Le derme et les papilles dermiques sont constitués par du lissu conjonctif dont les fibres sont orientées dans toutes les directions. Cette disposition n’est cependant pas primitive. Nous avons vu que le derme fœtal des Mammifères est formé par des lits de cellules et de fibres conjonctives dirigées parallèlement les unes aux autres dans chaque assise; elles croisent les faisceaux conjonctifs des assises précédente et suivante à angle droit ou à angle très obtus (RENAUT). Cette structure régulière, et dont il ne reste aucune trace dans la suite, se retrouve avec une netteté remarquable chez certains représentants des Vertébrés inférieurs, les Cyclostomes par exemple. C’est à l'absence de végétation vasculaire intradermique qu'est due cette conservation de l'architecture fondamentale du derme.

Une disposition aussi simple et aussi typique se rencontre dans le tissu propre de la cornée, qui représente l'équivalent morphologique du derme. Mais le bouleversement et l’enchevêtrement des faisceaux connectifs est la règle dans toute l'étendue du tégument externe chez la plupart des Vertébrés et des Mammifères en particulier. Cet enchevêtrement est dû à la végétation de fusées vasculaires qui viennent de l’hypoderme,pénètrent dans le chorion, s'y ramifient en tous sens, et entraînent avec eux des éléments conjonctifs qui s'ajoutent aux faisceaux connectifs du derme et en compliquent la disposilion (Rexaur). La prolifération des bourgeons épidermiques, des ébauches pileuses et des glandes cutanées, contribue aussi à bouleverser cette structure. Les remaniements successifs du tissu dermique ont donc pour résultat d’en faire un tissu conjonctif lâche, abondamment vascularisé, et dont les faisceaux sont intriqués en tous sens.

Le tissu conjonctif du derme se partage toutefois en deux couches, comme nous l'avons vu plus haut : une couche inférieure, qui se continue avec la couche sous-jacente; c'est la {unique propre; une couche supérieure invaginée dans les papilles, c'est le corps papillaire. Ces deux couches ne sont pas séparées par une limite nette.

La tunique propre est formée de faisceaux conjonctifs dont les uns sont parallèles et les autres perpendiculaires à la surface de l'épiderme. Ceux-ci partent du retinacula cutis, traversent radiairement le chorion, se subdivisent en faisceaux secondaires dont les uns s’infléchissent latéralement et se continuent avec les faisceaux horizontaux, et dont les autres se perdent dans l’élage inférieur du corps papillaire. Les grosses travées conneclives sont accompagnées par des vaisseaux sanguins venus de lhypoderme.

Les faisceaux conjonctifs longitudinaux proviennent en partie du retinacula cutis. Toutefois, la plupart d’entre eux appartiennent au chorion, où ils se sont différenciés pendant le développement. Ces faisceaux horizontaux ou obliques s'enlacent dans le sens tangentiel et limitent des mailles de dimensions différentes. Les coupes horizontales du derme faites par LANGER lui ont démontré que ces mailles ont une direction allongée ou rhomboïdale. |

Le corps papillaire forme le stroma des crêtes choriales et des papilles. Il est constitué par des faisceaux conjonctifs grêles qui s'enchevètrent dans toules les directions. Les extrémités périphériques des fibres papillaires se terminent contre la membrane basale en se décomposant, dans certains cas, en nombreuses et courtes fibrilles qui s'engréneraient avec les dentelures présentées par la vitrée sur sa face profonde. De nombreuses cellules fixes sont disséminées parmi les faisceaux et les fibres conjonctives de la tunique propre et du corps papillaire, qui présente en outre de nombreux vaisseaux qui donnent à cette couche une teinte gris rougeâtre sur les coupes examinées à frais.

Le Llissu élastique du derme cutané est très abondant au niveau de la tunique propre. Des fibres volumineuses montent du retinacula cutis et se réunissent dans l'étage inférieur de la tunique propre en faisceaux puissants qui se décomposent bientôt en fascicules de volume variable et forment un réseau à mailles serrées. Les fibres de ces mailles deviennent brusquement très délicates dans la zone inférieure du corps papillaire et s'infléchissent en direction perpendiculaire à la surface de l’épiderme. Arrivées au voisinage de la membrane vitrée, elles se recourbent à nouveau et se divisent en un grand nombre de fibrilles très ténues qui s’anastomosent en un réseau sous-épidermique très serré. Un grand nombre de fibrilles partent de ce réseau et se dirigent vers la vitrée contre laquelle elles se terminent. Certains auteurs admettent qu’elles pénètrent dans l'épiderme et s'insinuent entre les cellules génératrices (Bozzer). Les fibres élastiques du chorion forment des gaines épaisses autour des glandes sudorit pares, des glandes sébacées et des racines des poils, mais demeurentoujours à une certaine distance des vaisseaux, des nerfs et des muscles cutanés.

Outre le stroma conjonctif dont il vient d’être question, le derme renferme encore, dans certaines régions du tégument externe, des fibres musculaires lisses et striées qui sont situées le plus souvent dans l'hypoderme, comme le dartos ou le muscle sous-aréolaire. Certains muscles striés pénètrent dans le chorion et.se terminent dans le voisinage de l'épiderme ou dans l’épiderme lui-même, d'après certains auteurs. Ces faisceaux musculaires se divisent en fascicules de plus en plus petits au fur et à mesure qu'ils s'élèvent dans le chorion et aboutissent à de petits tendons dont les fibres constitutives se dissocientet s'éparpillent dans le derme (Rosix). D’autres auteurs ont décrit des fibres musculaires dont les extrémités s'inséreraient sur la membrane basale ou même pénétreraient dans les espaces intercellulaires de la couche épidermique profonde (Ponwyssozki).

Le derme renferme encore des cellules migratrices et du pigment. Les premières sont surtout abondantes dans les cas d’inflammation du tégu-

HisTOLOGIE II. 38

ment externe. Le pigment existe dans les couches superficielles du chorion (corps papillaire). On le rencontre dans des cellules fusiformes ou étoilées, isolées les unes des autres. Elles fabriquent elles-mêmes leurs granulations pigmentaires ; mais le pigment dermique peut aussi parvenir de l’épiderme par la transformation en éléments fixes intradermiques de cellules mobiles qui se sont chargées de pigment au sein de l’épiderme es Car- NOT).

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