SET A
c) Le stralum granulosum comprend presque partout une seule couche de cellules, qui peut être discontinue ou faire complètement défaut. Ces cellules sont aplaties, losangiques, à grand axe parallèle à la surface cutanée avec un noyau clair et un protoplasme chargé de granulations nombreuses. Elles sont encore réunies par des filaments intercellulaires, moins visibles que dans les couches sous-jacentes (Ranvier, RaBz, WEIDENREICH, Uxna, Branca). Les fibres protoplasmiques n’ont pas disparu, mais elles
ont changé complètement de nature microchimique (Scarinpe). Les granulations qu'elles renferment sont formées par de l'éléidine (Ranvier) et de la kératohyaline (WarDeyer). L'éléidine est une substance semi-liquide, de consistance huileuse d’après RANvVIER, qui est répandue sous forme de goultelettes dans le corps cellulaire et qui noircit sous l'influence de l'acide osmique. La kératohyaline se présente sous la forme de corpuscules solides, qui ne noircissent pas après l’action de l’acide osmique et qui se colorent par l’hématoxyline. Il s’agit ici de deux substances différentes (RagL) qui représenteraient deux stades de l’évolution d'une même substance. Les grains solides de kératohyaline se différencient tout d'abord, puis se transforment en goutteleltes liquides d’éléidine. Les granulations de kératohyaline apparaissent d’ailleurs très tôt dans les couches profondes du corps muqueux de Malpighi et augmentent peu à peu de volume (Larronr). On n'est pas exactement renseigné sur les processus cytologiques qui président à sa formation, ni sur les parties du protoplasme qui lui donnent naissance. Les uns la font provenir des filaments intercellulaires (Rexaur, KRromAYER) ; les autres de la substance interfilaire (WEeïbENREICH, APOLANT) ; d’autres enfin la considèrent comme une élaboration nucléaire (1). |
e) Le stralum corneum présente une épaisseur relativement faible dans la plus grande étendue du tégument externe, une épaisseur beaucoup plus grande et une structure beaucoup plus complexe au niveau de la face interne des mains et des pieds. A la surface du tégument externe, il est constitué par des sortes d'écailles aplaties, réfringentes, très minces, qui ont subi la transformation cornée. Ces écailles sont disposées par couches horizontales et sont solidement réunies les unes avec les autres. Leur forme est polygonale sur une vue de face, après dissociation. Ce sont des éléments cellulaires venus des couches sous-jacentes el profondément modifiés à la suite d’un processus de « kératinisalion » que nous étudierons cidessous.
B. Structure de l'épiderme dans certaines régions du tégument externe. — Il s'agit ici de l'épiderme de la paume des mains,.de la plante des pieds, de la pulpe des doigts et des orteils. L’épiderme de ces régions possède une épaisseur très considérable. L'augmentation d'épaisseur porte sur toutes les couches; mais la couche cornée surtoutsubitdes transformations importantes et laisse distinguer dans son épaisseur une série de strates cellulaires superposées. Ces strates cellulaires se distinguent nettement l’une de l’autre sur des coupes examinées sans aucune coloration. Elles s’observent avec plus de netteté sur des coupes colorées. De telles coupes montrent tout d'abord que le stratum granulosum de ces régions cutanées renferme plusieurs couches de cellules (fig. 268), qui forment dans leur ensemble une assise épaisse très visible, légèrement festonnée et dont les festons saillants répondent aux papilles dermiques très développées. La couche cornée, d'épaisseur souvent très considérable, nous présente quatre strates successives : 1° une assise inférieure, le stratum lucidum; 2° une assise basale assez épaisse ;
(1) Poser et SELHORST, RABL, MERTSCHING, ERNST, D'URSO et TETTENHAMMER.
3° une couche principale, couche cornée proprement dite ; 4° une couche terminale. nf lolE*
a) Le stralum lucidum (couche cornée basale de Uxna) comprend plusieurs assises de cellules polyédriques aplaties dont les noyaux sont peu visibles. La partie profonde de cette couche a été distinguée par Ranvier sous le nom de séralum inlermedium. C'est une bande mince, formée par deux à trois assises de cellules dont les réactions colorantes sont un peu parliculières. Ces cellules ne sont plus réunies par dés ponts intercellulaires, leurs fibrilles intracytoplasmiques se sont tassées au niveau de l'exoplasme, leur corps cellulaire s'est revêtu d’une gaine kératinisée et renferme l'éléidine sous forme de grosses gouttes ou de flaques. C’est l’éléidine diffuse de Ranvier, l’éléidine de WaLbEYER, qui devient liquide parce qu'elle s'imbiberait des liquides sortis du noyau atrophié (WEIDENREICH). Beaucoup d'auteurs admettent que l’éléidine se transforme dans les couches plus superficielles de l'épiderme en graisse épidermique et en kéra- Une ; aussi WaLpeyer lui donne-t-il également le nom de prokéraline.
b) La couche suivante est le stralum corneum proprement dit. On y distingue une zone profonde, la couche basale(v. BRuNN) ou couche cornée(UNNa), et une zone superficielle, de beaucoup la plus importante et la plus épaisse, la couche principale. Les cellules de la première zone sont plus volumineuses et moins aplaties que celles de la zone suivante. Tous ces éléments sont constitués par un manteau de kératine et par une substance cellulaire centrale. Celle-ci renferme de minces et nombreuses fibrilles entre-croisées les unes avec les autres, non kératinisées et anastomosées en un réliculum compliqué (ZanDEr, ApoLanT). Les mailles de ce réseau sont remplies de protoplasma desséché et surtout de graisse (Ranvi£r), ou par une substance qui jouit de la propriété de réduire l'acide osmique (paraéléidine de Wet- DENREICR). Celui-ci n’admet pas qu’une substance graisseuse se différencie dans les cellules de la couche cornée. La réduction de l'acide osmique est due à l’imprégnalion des couches cornées par la sécrétion des glandes sébacées dans les régions garnies de poils. Dans les régions glabres, la réduction noire serait due à la paraéléidine. UNxa admet que la graisse provient de la sécrétion sudorale et imbibe ensuite les cellules cornées. L’histologie comparée plaide en faveur de l'origine épidermique de la graisse, suivant l'opinion défendue par Ranvier et LiesreicH. Le tégument externe des Oiseaux ne possède pas de glandes sébacées et sudoripares et leur épiderme corné est riche en graisse.
Les cellules cornées renferment encore des noyaux, mais ceux-ci sont en voie de dégénérescence (RETTERER, KôLLIKER, ZaNDer) et des fibrilles qui sont rejetées à la périphérie de la cellule (RagL) ; elles soni la seule partie de la cellule qui se soit kératinisée. Cette périphérie est encore hérissée de dentelures (WE1DENREICH) qui proviennent de la rupture des ponts d'union intercellulaires.
c) La couche superficielle (stralum desquamans, stralum foliaceum, RENAUT, s{ralum disjuncltum) est formée de cellules cornées, aplaties, et peu