I. — GLANDES CUTANÉES DU TYPE SÉBACÉ
1° GLANDES SÉBACÉES PROPREMENT DITES OU GLANDES DE LA GAINE DU POIL. — Nous avons vu que le premier rudiment de ces glandes est un bourgeon du germe pileux primitif qui se détache latéralement du germe à une faible distance de la couche profonde de l’épiderme, à l'endroit où l'extrémité du germe se renfle en un bulbe pileux. Il s'accroît ensuite et prend
F1G. 299. — Un lobe de glande sébacée, fort grossissement-
B, couche basilaire des cellules glandulaires; elles se transformeront en cellules sébacées
S, dont le protoplasme réticulé renferme des goutteletles graisseuses, en clair. — S', cellules sébacées au terme de leur évolution, remarquables par leur taille volumineuse, leur aspect clair, leur noyau étoilé. — ÆFC, formation cloisonnante. — TC, tissu conjonctif. D'après BRANCA. ;
la forme d'une poire, dont la grosse extrémité se soulève en excroissances secondaires. Un seul bourgeon glandulaire se détache de la gaine du poil dans un grand nombre de cas ; mais le plus souvent on en compte plusieurs qui s’abouchent sur la gaine du poil au même niveau. Ces bourgeons sont tout d’abord constitués par des cellules semblables les unes aux autres et identiques à celles des assises polyédriques de la peau ; elles ne subiront qu'ultérieurement les transformations qui donneront à la glande sa structure définitive (7° mois) (fig. 299).
La glande complètement développée présente des dimensions très variables. Sa taille n'est nullement en proportion avec celle du poil auquel elle est annexée, mais lui est au contraire inversement proportionnelle. Les plus petites sont annexées aux racines des cheveux, elles mesurent environ o mm. 2 à o mm. 4; des glandes de dimensions moyennes,de o mm. 4 à o mm.6, sont implantées contre les poils de la barbe ; les plus volumineuses
se rencontrent au niveau de la racine des poils follets des ailes du nez, du pavillon de l'oreille, sur le revers des grandes lèvres, sur le pubis, sur la peau de la verge et du scrotum, sur le mamelon (tubercules de Morgagni). Elles peuvent alors atteindre 1 à 2 millimètres de diamètre ou plus encore.
Les glandes sébacées sont enveloppées par une sorte de gaine conjonctivo-élastique dont les fibres sont enlacées en tous sens. Le réseau élastique est surtout abondant autour du canal excréteur.
La glande sébacée est limitée par une membrane propre qui est une expansion de la vitrée ectodermique. La face interne de cette propria est tapissée par une assise de cellules plates et granuleuses, qui présentent souvent des phénomènes de division indirecte et qui régénèrent sans cesse de nouvelles cellules glandulaires. Leurs bords sont réunis par des ponts protoplasmiques (Korossow). Les éléments situés en dedans de celte couche basilaire sont plus volumineux, avec noyau central et cytoplasme chargé de granulations acidophiles ou basophiles. Ces graaulations ne tardent pas à présenter les caractères histochimiques de la graisse. Elles augmentent de nombre et de dimensions dans les cellules voisines du centre de l’acinus. Les cellules centrales sont complètement bourrées de grosses granulations graisseuses. Il en est de même pour les cellules situées dans l'axe du canal excréteur. On y observe une augmentation de la masse graisseuse, une désagrégation du cytoplasme, une atrophie et une disparition rapides du noyau cellulaire. Tous ces débris cellulaires et graisseux se déversent dans l'espace virtuel compris entre le poil et sa gaine, et conslituent un détritus graisseux, le «smegma cutané » ou « sébum », qui lubréfie le poil et quise répand à la surface du tégument externe dans le voisinage de l'embouchure da poil. Le produit élaboré par la glande sébacée est donc formé par les cellules glandulaires elles-mêmes qui ont subi peu à peu une transformation adipeuse; la sécrétion sébacée est un type de sécrétion holocrine. Il faut ajouter que certains éléments de l’assise basilaire ne subissent pas la métamorphose graisseuse ; elles présentent au contraire une véritable kéralinisation au fur et à mesure qu’elles sont repoussées vers l'axe de l’acinus, puis s’exfolient à la manière ‘des cellules cornées du tégument externe. Elles édifient ainsi des sortes de travées qui cloisonnent irrégulièrement la cavité glandulaire et qui sont désignées pour cette raison sous le nom de « formation cloisonnante ».
A côté des glandes sébacées proprement dites nous pouvons placer les glandes sébacées ciliaires. Elles sont annexées par paires à chaque cil des paupières. Ellés sont peu volumineuses et chacune d'elles est quelquefois réduite à un seul acinus. Leur produit se déverse sur le bord libre des paupières, au niveau de la racine des cils.
29 GLANDES SÉBACÉES NON ANNEXÉES A LA GAINE DU POIL. — Un certain nombre de glandes sébacées s'ouvrent directement à la surface du tégument externe. Telles sont les glandes de Meibomius, les glandes de Tyson, les glandes de la commissure de la bouche et celles des petites lèvres.
Les glandes de Meibomius se développent aux dépens de bourgeons ssus de la couche germinative du bord libre des paupières. Ce sont des
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glandes sébacées volumineuses, à direction verticale, dirigées parallèlement les unes aux autres et plongées dans l'épaisseur du tarse palpébral. Elles présentent un long canal excréteur dont le trajet, à peu près rectiligne, est orienté perpendiculairement sur le bord libre de la paupière et qui mesure environ 100 à 110 w de diamètre. Des appendices courts, renflés en massue, dont le plus grand nombre se ramifient une ou deux fois, se jettent latéralement dans le conduit excréteur. Celui-ci est limité par un épithélium pavimenteux stratifié du type épidermique. La structure des acinus ne présente rien de particulier. Certains auteurs ont décrit autour de ces culs-de-sac une corbeille de fibres musculaires lisses (CoLAsaNTI).
Les glandes de Tyson sont des glandes sébacées qui occupent le sillon balano-préputial, la couronne du gland et la face interne du prépuce. Elles sécrètent le « smegma préputial ». KÔLLIKER, SAALFELD, TANDLER et DüMENY ont démontré leur existence sur le gland et sur le frein du prépuce ; mais elles sont très inégalement développées suivant les sujets et quelquefois même n'existent pas. Aussi certains auteurs admettent-ils, à cause de l'inconstance et du petit nombre des glandes de Tyson, que le smegma préputial provient de l’exfoliation de l’épithélium du prépuce et de la couronne du gland (V. Esner). Leur structure ne présente rien de particulier.
Les glandes des peliles lèvres sont surtout abondantes sur leur face interne. Elles se développent seulement après la naissance et acquièrent leurs dimensions maxima pendant la grossesse (WERTHEIMER). Ce sont des glandes ramifiées, de taille considérable (o mm. 5 à 2 millimètres) qui se rencontrent également autour de l’orifice de l’urètre el par places sur les parois du vagin.