LE CF OR EN
F1G.331. — Coupe verticale de la rétine d'un Mammifère; les éléments d'association. Méthode de Golgi.
bb, fibres de bâtonnets. — c, les fibres de cônes. — ck, une cellule horizontale petite ou externe, associant plusieurs pieds de cônes. — chi, une cellule horizontale interne ou grande, associant des bâtonnets en groupes nombreux situés à de grandes distances. -— chd, une cellule horizontale à appendices protoplasmiques descendants dans la couche plexiforme interne.— a,al,a2?,a3,at, spongioblastes ou cellules amacrines, stratifiées chacune dans l'un des étages de la couche plexiforme interne. — ad,ad\, amacrines diffuses de deux formes différentes. — cm, cellule multipolaire bistratifiée. D'après CasaL.
des divisions répétées des grosses branches protoplasmiques semblent toutefois s’accumuler de préférence dans le cinquième étage, au-dessus des cellules ganglionnaires. Ces amacrines diffuses sont de taille différente ; aussi CayaL distingue-t-il les petites amacrines diffuses et les grandes amacrines diffuses.
b) Les cellules amacrines stralifiées envoient dans la couche plexiforme sous-jacente des expansions qui se ramifient en direclion horizontale dans l'un des cinq étages de cetle couche. Aussi y a-t-il lieu de considérer des amacrines stralifiées du premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième élage.De plus, Casaz a également trouvé dans la rétine des Mammifères des amacrines éparses dans la zone plexiforme interne. Ce sontles «amacrines déplacées », dont les dendrites s’épanouissent en plexus horizontaux.
Ten TOR a TETE
L'existence d'éléments cellulaires dans l’épaisseur de la zone plexiforme interne avait été signalée antérieurement par NaGez, H. Mürrer et Bory- SIEKIEWICZ. CAJAL a montré qu'elles siègent de préférence au niveau du deuxième étage de la zone plexiforme.
C. Spongioblastes d'association. — Outre les amacrines qui jouent un rôle d'association entre les panaches terminaux des bipolaires et les prolongements protoplasmiques des cellules ganglionnaires, on trouve aussi dans l'étage imférieur de la couche granuleuse interne d’autres cellules unipolaires désignées par Ramon y CayaL sous le nom de spongioblastes d’association. Ces cellules sont très abondantes chez les Oiseaux; elles existent aussi chez les Reptiles et les Mammifères. Leurs corps cellulaires sont situés généralement un peu au-dessus des cellules amacrines ; ils envoient en dedans un prolongement protoplasmique qui se ramifie dans l'étage supérieur de la couche plexiforme, et un prolongement cylindreaxile extrêmement long, dirigé horizontalement, et terminé par une arborisation serrée qui siège au-dessus du second étage de la couche plexiforme. Les fibres centrifuges de la rétine se terminent sans aucun doute autour du corps cellulaire de ces spongioblastes. MARENGHI a vu également des cellules, offrant les caractères des spongioblastes, fournir un long cylindreaxe qui se dirige vers les couches les plus externes de la rétine; ces spongioblastes ne sont pas en relation directe avec les cellules visuelles, mais se mettent exclusivement en rapport avec les panaches des bipolaires, avec les prolongements protoplasmiques des cellules ganglionnaires et des cellules amacrines et avec les extrémités des fibres centrifuges.
3° FIBRES CENTRIFUGES. — Les fibres centrifuges sont les cylindre-axes de cellules nerveuses comprises dans les corps genouillés externes. Ramon Y CazaL a réussi à les mettre en évidence chez certains Mammifères, où elles sont plus difficiles à imprégner que chez les Oiseaux par exemple (DoGieL). Chez Je Chien, elles se détachent de la couche des fibres optiques, montent jusqu’à la couche des cellules amacrines, et se terminent par une arborisation qui enveloppe le corps et la tige descendante des spongioblastes. CayaL a également constaté dans les mêmes rétines d’autres fibres qui proviennent de la couche des fibres optiques, remontent dans la zone plexiforme et deviennent horizontales aux différents étages de cette zone sans qu'on puisse se rendre compte de leur mode de terminaison. Une troisième catégorie de fibres s'observent dans la couche plexiforme interne ; elles suivent un trajet horizontal, s'infléchissent à angle droit et se résolvent en branches variqueuses dans la couche plexiforme externe.
4° NÉVROGLIE RÉTINIENNE. — Les imprégnations par la méthode au chromate d'argent complètent les notions fournies par les dissocialions et mettent en évidence non seulement les cellules de Müller, mais aussi une deuxième sorte d'éléments de soutien, les cellules en araignée ou névrogliques.
Les images des cellules de Müller imprégnées par le chromate d'argent montrent nettement : 1° que les corps des cellules visuelles sont entourés
par les expansions lamelleuses issues de la région supérieure des cellules de Müller (1); 2° que ces expansions manquent ou sont à peine indiquées au niveau de la couche plexiforme externe; aussi les rapports par conliguïté entre les fibres de cette couche peuvent-ils s'élablir facilement; 3° que les lames cytoplasmiques sont courtes au niveau de la couche des grains internes et n’isolent qu'imparfaitement les cellules bipolaires et les amacrines ; 4° qu'au niveau de la couche plexiforme interne les cellules de Müller envoient latéralement des épines très délicates, finement ramifiées et terminées librement ; elles ménagent des fentes horizontales qui logent les fibres de cette couche. Le pied des cellules de Müller est souvent bifurqué au niveau de la zone des fibres optiques et livre passage à un faisceau nerveux; cette division en deux et même en trois pieds est d’autant plus marquée qu'on se rapproche plus de la papille et que la couche des fibres optiques devient plus épaisse. Chez les Reptiles et les Oiseaux, les cellules de Müller se divisent au niveau de la couche plexiforme interne en un nombre considérable de filaments descendants qui se terminent chacun par un épaississement situé dans la limitante interne (Ramon y CaJAL) (fig. 332).
Les cellules en araignée ou cellules névrogliques sont localisées dans la couche des fibres optiques. On peut les distinguer en deux sortes d’après leur situation. Les premières occupent la couche des cellules ganglionnaires; leur corps cytoplasmique émet des filaments fins qui se distribuent dans le tiers inférieur de la couche plexiforme interne, et des faisceaux de ramilles qui suivent la direction des fibres optiques et se
: se FiG. 332. — Cellules de Müller dans la terminent entre ces dernières. Les secondes rétine des Oiseaux (Poulet). D'après
sont situées au milieu des fibres optiques. Ror cu
Leur corps cellulaire envoie des faisceaux de
fibrilles dont la plupart sont parallèles aux fibres optiques et dont les autres se dirigent en dehors et peuvent se ramifier dans l'étage inférieur de la couche plexiforme interne. Les cellules névrogliques de la papille sont petites et munies de ramuscules fins et serrés, dont la plupart sont orientés en dedans. D’après KrückmanW, les cellules névrogliques constituent des gaines périvasculaires qui sont en connexion les unes avec les autres, avec les cellules en araignée de la couche des fibres optiques, avec les cellules de Müller et avec les limitantes. Tous ces éléments de soutien de la rétine forment donc un réseau continu. Cette disposition rappelle celle que Her a décrite dans l'écorce cérébrale.
(1) Ces expansions représentent sans doute les excroissances périphériques développées aux dépens de la membrane réticulée superficielle (LEBoucQ).