‹ Traité d'histologie (volume 3)Chapitre 64 sur 198 · ARTICLE PREMIER, — LA CORNÉE I. — DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER, — LA CORNÉE I. — DÉVELOPPEMENT

La cornée est une partie différenciée du tégument externe, comme le montrent sa structure et son développement. Elle provient en effet de l’épiderme situé au-devant de la vésicule oculaire et de la mince couche mésenchymateuse sous-jacente. Celle-ci est interposée entre l'ectoderme et l’ébauche cristallinienne (fig. 312). Une fissure verticale et étroite la partage bientôt en deux lames, une postérieure qui constitue la membrane pupillaire, une antérieure qui reste appliquée contre la face profonde de l’épiderme. Cette fissure est l’ébauche de la chambre antérieure de l'œil. La lame mésenchymateuse sous-épithéliale est semblable à celle qui existe partout au-dessous de l’ectoderme et qui contribuera à édifier le derme cutané. Elle représente le derme cornéen, dont l'épithélium antérieur forme la partie épidermique. Plus tard, l’ectoderme de la région cornéenne prend les caractères des épithéliums pavimenteux stratifiés. Une couche cornée ne se différencie pas à sa surface, les paupières jouant le rôle protecteur que la peau doit à ses couches superficielles. Le derme est formé de fibres conjonctives modifiées ; elles s’agencent en strates successives où elles montrent une disposition régulière que nous étudierons ultérieurement, et qui caractérise la structure normale du derme embryonnaire dans toute l'étendue du tégument externe, à une certaine période du développément. Il conserve pendant toute l'existence cette structure fondamentale chez certains Vertébrés inférieurs.

D'après Worrraum, les cellules mésenchymateuses différencient les fibres connectives de la cornée par un processus semblable à celui qui a été décrit à propos de la formation des fibrilles du tissu conjonctif (FLEmmiG). La fibrillation débute à la périphérie des cellules mésenchymateuses, puis les fibrilles s'isolent des cellules qui leur ont donné naissance. Wocrraum admet qu’il se forme de nouvelles fibrilles jusqu'aux stades les : plus avancés du développement embryonnaire, et il pense même qu'un tel processus se rencontre encore chez l'adulte dans certaines conditions pathologiques.

Une couche dense, d'aspect homogène, apparaît bientôt entre l’épithélium:antérieur et l’'ébauche dermique sous-jacente, Elle est constituée par de minces fibrilles qui s'amoncellent au-dessous des cellules épithéliales profondes et qui proviennent des fibrilles les plus superficielles du lissu conjonctif cornéen. Elles représentent le premier rudiment de la membrane basale antérieure. Le tissu conjonctif de la cornée embryonnaire est tapissé en dedans par une assise de cellules mésenchymateuses que l'on peut déjà distinguer alors que la chambre antérieure de l'œil n’est pas encore ébauchée. Cette couche s'organise en un endothélium qui sera l’épithélium postérieur ou de Descemet.

On voit donc que la cornée et la peau ont la même origine et la même évolution histogénétique. L'étude histologique à l’état adulte va nous permettre de rendre ce rapprochement encore plus étroit, tout en insistant sur les particularités de structure qui font de la cornée un ans spécial et sans autre représentant dans l’économie.

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