II. — RÉGION DU LIMBE SCLÉRO-CORNÉEN
La sclérotique se continue avec la cornée suivant une ligne oblique orientée de telle sorte que son extrémité antérieure se rapproche plus de l'axe de l'œil que son extrémité postérieure. Les fibres conjonctives de la cornée perdent leur transparence à ce niveau sans changer de structure fondamentale. Un canal ou sinus, le canal de Schlemm ou sinus scléral, se trouve dans la région postérieure de la ligne d'union scléro- Se.
‘cornéenne; un système réticulé de forme triangulaire s'observe en arrière du canal ; c'est le système trabéculaire scléro-cornéen ou ligamentpec- tiné de l'iris. Cette région
spéciale mérite que l'on s’y pe
ÉPSIR,
arrêteuninstant,étantdon- /%. , AS Pc née son importance phy- FE a A siologique (fig. 344). PET if ANAL -Ze
1° LE CANAL DE ScHLEMM, sinus sclé- ral, sinus venosus, se présente sur une cou- pe méridienne du limbe scléro-cornéen sous l'aspect d’on orifice aplati qui fait le tour de la cornée. Il est de forme irrégulière dans la plus grande F1G. 344. — Coupe méridienne de l'œil au niveau de la région ciliaire.
; partie de son éten- Co, cornée. — CS, canal de Schlemm. — Lp, ligament pectiné de l'iris. d — Sc, sclérotique. — mel, muscle ciliaire longitudinal. — mec, musue et peut se cle ciliaire circulaire. — Pre, procès ciliaire. — zc, zonule ciliaire.
diviser par places — 5 iris. — es chambre postérieure. — Cha, chambre antérieure.
ds — Cris, cristallin. >» 25.
- en deux ou trois
. canaux secondai-
— res. 11 ne possède pas de paroi propre. Aussi Rocnon-DuviGNEAUD en …—. fait-il un véritable sinus semblable à ceux de la dure-mère. Il est tapissé — en dedans par ün endothélium (Heïsraru) qui n'offre pas de solutions de - continuité, comme l’admettait Scawazse. Il ne renferme pas de globules - sanguins dans les yeux normaux. Aussi les anciens auteurs le considéraient-
ils comme un espace agrandi du réticulum scléro-cornéen, c’est-à-dire comme un espace lymphatique destiné à charrier l'humeur aqueuse. Il est au contraire gorgé d'hématies dans les cas de congestion intense du système veineux oculaire (pendus, glaucome, etc.). On admet actuellement qu'il contient du sang dilué par l'humeur aqueuse. Il communique avec le réseau veineux épiscléral.
20 En arrière du canal de Schlemm, nous trouvons un tissu spécial appelé ligament pecliné de l'iris ou système trabéculaire scléro-cornéen.
FiG. 345. — Coupe de la région ciliaire de l'œil humain.
Scl, sclérotique. — cSch, canal de Schlemm. — Lp, ligament pectiné de l'iris. — co, cornée. — ca, chambre antérieure. — chp, chambre postérieure. — ir, iris. — pre, procès ciliaires. — mcl, muscle ciliaire longitudinal. — mec, muscle ciliaire circulaire. — rc, rétine ciliaire. — ri, rétine
irienne. — 20, fibres de la zonule. x 100.
C'est une région triangulaire sur coupe méridienne de la région du limbe ; elle se trouve à la périphérie de la chambre antérieure, entre la sclérotique et la pointe du muscle ciliaire d'un côté et la membrane de Descemet de l'autre; elle sépare le canal de Schlemm de la chambre antérieure (fig. 345). A un faible grossissement, on aperçoit un système de trabécules disposées en éventail, divergentes en arrière, convergentes en avant du côté de la membrane basale postérieure. Pour pe Liéro-VoLLaro, c'est à tort que l'on a considéré les lamelles du réticulum scléro-cornéen comme résultant de. la dissociation de la membrane de Descemet. Le contour périphérique de cette membrane se termine en bec de flûte d'une manière tout à fait nette. Les fibres du réticulum se continuent en dedans avec les fibres postérieures du tissu cornéen et en dehors avec celles de la
sclérotique. DE Liéro-Vorraro explique de la manière suivante la structure du lissu trabéculaire. Les faisceaux scléraux circulaires disparaissent peu à peu au niveau du point de passage de la sclérotique au tissu trabéculaire ; les fibres longitudinales persistent et forment des lamelles allongées, étroites et serrées. Ces lamelles s’anastomosent et délimitent des mailles longitudinales qui diminuent de volume en dedans et forment en se resserrant la parlie antérieure du système trabéculaire. La région postérieure de ce système est de même formée par un épanouissement des fibres tendineuses du muscle ciliaire. Asayama est arrivé à une inlerprétation analogue. D'après lui, les lamelles trabéculaires s'épaississent en arrière et s’attachent sur un anneau conjonctif mal délimité, l’« anneau limitant postérieur » de SCHWALBE, qui sert d'insertion au tendon du muscle ciliaire. De même, en avant, dans la région de l'angle antérieur, les trabécules deviennent des lames qui se continuent avec les couches internes de la cornée, Cette zone est désignée quelquefois sous le nom d’ « anneau limitant antérieur » de Scuwazse. Envisagée au point de vue de sa structure, chaque trabécule comprend un endothélium et un stroma conjonctif; l'endothélium est formé de larges cellules avec noyaux situés le plus souvent au niveau des angles de bifurcation des trabécules ; il prolonge l’endothélium de Descemet ; le stroma conjonctif est légèrement strié et constitue presque toute l'épaisseur des trabécules. C’est un tissu homogène, de nature tendineuse, qui renferme dans son intérieur plusieurs fibres élastiques qui représentent pour ainsi dire le squelette des trabécules (de Liéro-VoLraro).
Il est facile de se rendre compte de l’action des fibres ciliaires méridionales sur les mailles du ligament pectiné (AsayamaA). Leur contraction élargit les mailles dans le sens équatorial ainsi que le sinus scléral ; la « porosité », du ligament pectiné est ainsi accrue et la pénétration de l'humeur aqueuse à l'intérieur du sinus veineux est rendue plus facile. HEINE a montré que, chez le Singe, l’atropine resserre les mailles du réticulum scléro-cornéen et que l’ésérine exerce une influence inverse.