CHAPITRE II NÉ
Conduit bucco-pharyngo-æœsophagien et oreille moyenne.
ARTICLE PREMIER. — BOUCHE, PHARYNX, OESOPHAGE I. — Muqueuse.
1° ÉprrnéLium, — La muqueuse qui tapisse la bouche, le pharynx et l'œsophage est revètue par un épithélium pavimenteux stratifié, c’est-à-dire par un épithélium composé de plusieurs strates de cellules dont les plus superficielles sont aplaties et forment une sorte de pavage. Ces cellules superficielles subissent d’ailleurs souvent une métamorphose cornée plus ou moins complète, qui est préparée dans les couches plus profondes par diverses transformations, entre autres par le dépôt de kératohyaline ou éléidine dans le proltoplasma. L'épithélium pavimenteux stratifié, qui recouvre les muqueuses buccale, pharyngienne et œsophagienne, est ainsi très analogue à l’épiderme. Cette analogie struclurale en avait imposé à certains histologistes (RoBin, Capiar) pour une parenté embryonnaire avec l'épiderme ; ils avaient conclu à l’origine ectodermique de l’épithélium pour la partie antérieure du tube digestif, Nous avons vu (livre I) qu'il n'en est rien, et que seule est ectodermique la portion tout antérieure du tube intestinal, celle qui dérive de la fosseitte buccale et qui est située au-devant de la membrane buccale ou pharyngienne. A l’état adulte d’ailleurs, il est impossible de délimiter histologiquement les régions ectodermique et entodermique ; car leur épithélium est semblable.
L’épithélium de la bouche, du pharynx et de l’œsophage est formé, comme l’épiderme, de nombreuses assises cellulaires superposées (fig. 365). La plus profonde est composée de cellules prismatiques ; viennent ensuite plusieurs couches de cellules polyédriques ; les strates les plus superficielles sont formées de cellules aplaties. A la différence des cellules superficielles de l’épiderme, celles de l’épithélium buccal ne subissent habituellement - pas la kératinisation et conservent leur noyau, réduit, il est vrai, à une sorte de coque vide. Chez l'Homme, la transformation cornée ne s'observe que dans la muqueuse du bord des lèvres et dans celle de certaines parties de la langue. Cette transformation est beaucoup plus étendue chez certains Mammifères ; la muqueuse de la langue du Chat, du palais des Ruminants lui doit sa dureté bien connue ; l'épithélium œsophagien du Cobaye subit