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I. — CONSTITUTION GÉNÉRALE

Le rôle de l'estomac est double.

C’est d’une part dans cette partie du tube digestif que les aliments sont brassés el triturés le plus énergiquement ; l'estomac accomplit donc une fonction mécanique importante.

Il intervient d'autre part chimiquement dans la digestion des aliments en sécrétant un liquide, le suc gastrique, qui a pour action principale la transformation des albuminoïdes en peptones et celle des peptones à leur tour en acides aminés, et qui produit aussi la coagulation de la caséine du lait. La première action est due à un ferment soluble, la pepsine, et à un acide, l'acide chlorhydrique ; la caséification est l'effet d’un autre ferment soluble, la présure ou labferment. Le rôle digestif protéolytique de l’estomac, considéré comme de première importance à une époque où, d’après les données de Scrmirr, la digestion des albuminoïdes ne dépassait pas le stade de peptones, a diminué aujourd'hui au profit de la digestion pancréatico-intestinale. Les travaux de Pavcow et de ses successeurs ont en effet montré que le terme de la décomposition de l’albuminoïde n’est pas atteint dans l'estomac, que l'estomac n’est pas un « broyeur moléculaire » parfait et que la molécule albuminoïde n’est totalement décomposée que dans l'intestin.

Les deux fonctions, mécanique et chimique, sont séparément dévolues, chez certains Mammifères, à des compartiments stomacaux plus ou moins distincts, dont la structure est adéquate au rôle différent qu'ils accomplissent. On sait que chez les Ruminants l'estomac est divisé en quatre compartiments dont trois, la panse, le bonnet et le feuillet ont une structure en rapport avec leurs fonctions mécaniques, et dont un seulement la caillette remplit des fonctions digestives et possède des glandes appropriées. Chez certains autres Mammifères, le Porc, le Rat par exemple, les fonctions mécanique et digestive de l'estomac ne sont plus localisées dans des poches stomacales entièrement séparées ; mais l'estomac se divise en deux régions à peine distinctes de l'extérieur et par les moyens anatomiques, tandis que

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si l’on examine la face intérieure de l'organe et surtout si l’on en fait des coupes microscopiques, on constate l'existence de deux estomacs histologiquement et fonctionnellement différents, apparemment confondus en un organe unique : l’un, qui fait suite à l’œsophage, et que protège un revétement épithélial épais et dur, est l'estomac mécanique ; l’autre, qui précède l'intestin, est garni de glandes gastriques très développées et fonctionne comme appareil digestif. |

La texture de l'estomac est celle qui a été indiquée dans la description générale du tube digestif. Il comprend donc les tuniques suivantes :

1° Une muqueuse, tapissée intérieurement par un épithélium et formée d'un chorion conjonctif. À l’épithélium se rattachent des glandes très importantes et très développées, les glandes gastriques ;

2° Une sous-muqueuse ou celluleuse ;

3° Une musculeuse ;

4° Une séreuse.

IT. — MuQUEUSE STOMACALE.

1° CARACTÈRES MACROSCOPIQUES. — L'épaisseur de la muqueuse varie de » millimètres (grand cul-de-sac) à 1 millimètre (cardia) et 2 millimètres (pylore). D'un rose plus ou moins vif pendant la digestion, elle passe au blanc rosé dans l'état de repos ; mais toujours sa coloration tranche nettement au niveau du cardia sur la couleur blanche assez éclatante de la muqueuse œsophagienne. Sa surface libre est plus ou moins accidentée, et a été décrite par Sappey comme il suit. On observe de gros plis, surtout longitudinaux, anastomosés les uns avec les autres ; dus au soulèvement de la muqueuse produit par la contraction musculaire de l'estomac, ils disparaissent par le relâchement et la distension de la paroi stomacale et méritent ainsi le nom de plis transitoires. Les fossettes, de contour irrégulièrement polygonal, que les plis laissent entre eux sont divisées par des sillons superficiels mais persistants, qui limitent des mamelons de 3 à 4 millimètres de diamètre, de forme arrondie ou hexagonale. La surface libre des mamelons est percée de petits orifices ou follicules gastriques qui sont les embouchures d'autant de glandes gastriques. On a décrit aussi (HENLE, ULMANN), dans le voisinage du pylore et même en d’autres points de l'estomac, des saillies de forme variée, qu'on a comparées, en les nommant villosités, aux formations de ce nom que l’on connaît dans l'intestin.

2° STRUCTURE HISTOLOGIQUE. — À. L'épithélium stomacal. — La muqueuse de l'estomac est lapissée par un épithélium simple, de nature muqueuse. Les cellules épithéliales, de forme cylindro-conique, sont unies par des ponts intercellulaires (Ocnerr, Coun, CARLIER, DEKHUYZEN), niés par d'au- M tres auteurs. .

Cet épithélium, au niveau du cardia, est séparé de celui de l'œsophage par une ligne dentelée ; au microscope, le passage de l’un à l’autre consiste en ce que l'épithélium cylindrique simple s’épaissit par adjonction de cellules basales et intercalaires et devient ainsi un épithélium stratifié à cellules

superficielles cylindriques ; puis les cellules superficielles sont remplacées

par celles de l’épithélium œsophagien, cylindriques et ciliées chez le fœtus, aplaties chez l'adulte (fig. 383). Au pylore, l'épithélium stomacal se continue peu à peu avec celui de l'intestin grêle.

L'épithélium cylindrique simple de l'estomac offre ceci de particulier que toutes ses cellules sont sans exception des cellules muqueuses, tandis que dans les autres épithéliums les éléments muqueux ne sont que mélangés à d’autres pour former un épithélium mixte. De plus les cellules muqueuses de l'estomac sont d'espèce particulière, tant par l’aspect sous lequel elles se présentent habituellement que par la nature du mucus qu'elles produisent. Les cellules muqueuses se présentent ordinairement dans un épithélium à tous les stades de la transformation muqueuse ; celle-ci peut arriver même à y être complète, la cellule étant presque entièrement devenue un utricule muqueux ; on assiste à l'expulsion du bouchon muqueux

Fi. 383. — Coupe du cardia, chez un fœtus humain de 4 mois et demi.

0e, épithélium œsophagien, cylindrique, stratifié, à cils vibratiles. — e, épithélium stomacal, d'abord élevé, puis plus court vers la droite de la figure. — x, endroit où la coupe, par suite d’un repli de la muqueuse, est fortement oblique. — a, lieu où cesse l'épithélium œsophagien cilié. — ch, chorion de la muqueuse. x 250.

hors de la cellule. Il n’en est pas de même dans l’épithélium stomacal. Les cellules se montrent toutes ou à peu près toutes sous le même état et avec la même forme, si bien qu'on pourrait arriver à douter de leur activité sécrétrice,et qu'on les croirait volontiers figées dans une forme cellulaire inactive. D'anciens auteurs, tels que Egsrein, TRINKLER, avaient bien distingué des formes différentes, qui ne pouvaient être attribuées qu'à des stades parcou-

rus par la cellule dans son évolution muqueuse. Les unes étaient qualifiées

de « cellules ouvertes », les autres de « cellules fermées ». Les cellules ouvertes, qu'on observe le plus fréquemment et qui représentent le type de la cellule épithéliale stomacale, sont de forme générale cylindro-conique et répondent au schéma de le cellule muqueuse caliciforme. Elles se composent en effet d'une partie superficielle claire et homogène, transformée en mucus, : figurant une espèce de coupe ouverte du côté de l'intérieur, et d’une portion effilée, granuleuse, protoplasmique et logeant le noyau, qui forme le pied de la coupe et peut être appelée le corps de la cellule ; tandis que la cupule n'est limitée que par une simple membrane, la partie profonde ou corps de la cellule est bordée d’une paroi à double contour. C’est sous la forme de « cellules ouvertes » que se présentent habituellement les éléments épithé-

Pa DT QUE EE Ç RTL TA RS ARE 7 FPT Ê ES ) 6 AUTRE lee RES AN

liaux de l'estomac. Des « cellules fermées » s’en distinguent, parce que le bord libre de la cellule est limité par une membrane à double contour, si bien que la partie superficielle, au lieu d’être une coupe d’où le mucus peut s'épancher librement, est un sac clos qui le retient encore de toutes parts. Certains auteurs n'admeltaient que des cellules ouvertes, d'autres que des cellules fermées. EssreN, Trinkcer et d'autres histologistes ont cru à la coexistence de ces deux formes et ont fait des cellules fermées un stade plus jeune des cellules ouvertes ; cette interprétation n’est, bien entendu, admis-

sible que si l'existence naturelle de ces deux formes est prouvée. Or, d'après

K. W. Zimmermann et d’après Deknuyzex et VEermaar, les cellules caliciformes ouvertes résultent d’une fixation trop lente par les réactifs ; dans ces conditions, la partie superficielle cupuliforme des cellules, le bouchon de mucus disparaît et les parois de la coupe sont seules restées ; de meilleures fixations ont montré que la cellule est fermée superficiellement par une zone limitante, en forme de coupole.

Ainsi, d'après la plupart des auteurs (OPPEL, ZIMMERMANN, Hart, DE- KHUYZEN, VERMaAT), la cellule stomacale est une cellule fermée, composée d'une partie basale renfermant le noyau et d’une extrémité supérieure mucigène.

La cellule fermée n'est d’ailleurs pas le premier stade de l’évolution d'une cellule épithéliale stomacale. HEIDENHANN a trouvé des cellules épithéliales qui n'étaient pas muqueuses et dont la surface était garnie d’une sorte de plateau strié ou de bordure en brosse, et il a assisté aux premières phases de la transformation muqueuse de ces éléments. Le mucus s’insinue d’abord entre les bâtonnets de la brosse, qu'il soulève, et qu’il sépare les uns des autres; puis la transformation muqueuse envahit le protoplasme granuleux, à son tour, dont les trabécules traversent la masse de mucus en tous sens ; finalement les bâtonnets et les trabécules ayant disparu, la cellule est transformée presque totalement en une masse muqueuse à peu près homogène. La bordure en brosse ou plateau strié, que HerpEexxaiN et DexnuyzeN ont décrite à la surface libre des cellules, peut être regardée comme le reste d’une bordure ciliée, dont les cellules épithéliales de l’estomac auraient été typiquement garnies et que plusieurs auteurs ont vue çà et là chez la Grenouille, la Couleuvre (Receczy, BRAUN, TRiINKLER) ; le milieu acide de l'estomac, peu favorable à la conservation des cils, en a entraîné la disparition. |

On sait que le mucus n'est pas un produit de caractères fixes, qu'il n’existe pas une seule mais de nombreuses sortes de mucine. Le mucus stomacal a des caractères très spéciaux. Les réactifs colorants qui servent à caractériser le mucus ne réussissent ordinairement pas à colorer électivement celui de l'estomac ; toutefois, d'après Hari, la partie superficielle de la cellule épithéliale renferme toujours du mucus colorable par la thionine.

Il résulte de ces faits que, comme Kôzuiker, J. Scnarrer, OPPe, K. W. Zimmermanx l’ont soutenu, la cellule épithéliale muqueuse de l'estomac est d'une nature toute spéciale, attestée par sa forme el sa structure particulières, son mode de sécrétion et la qualité du mucus qu’elle fournit. Sa forme et sa structure sont le résultat de son mode de fonctionnement; elles sont fixes, et les mêmes dans toutes les cellules de l’épithélium, parce que

le fonctionnement de celui-ci est continu, et ne présente pas ces alternatives de sécrélion et d’excrétion, de vacuité et de réplétion, qu’on observe dans les autres cellules muqueuses. La sécrétion et l’élimination du produit, incessantes et régulières, n’amènent pas de changements morphologiques d’un moment à l’autre de la vie cellulaire, et ne déterminent pas l'apparition de formes différentes d’un point à un autre du revêtement stomacal. Le mucus produit par la cellule, lentement déversé au lieu d'être expulsé en bloc sous forme d’un bouchon muqueux, est de nature spéciale. Si l’on voulait employer les termes de sécrétion mérocrine et holocrine (voir t. I, p- 490) pour des cellules muqueuses, on dirait que celles de l’estomac sont plus parfaitement mérocrines que les cellules à mucus ordinaires.

L'activité des cellules épithéliales de l'estomac ne se borne pas à la production de mucus. L’estomac est le siège d’une absorption de matériaux alimentaires, de graisses notamment chez le nourrisson, qui pour n'être pas aussi abondante que celle qui se passe dans l'intestin, n’est cependant pas négligeable. Cette absorption a élé constatée par divers auteurs, VER- MAAT entre autres.

Les cellules muqueuses de l’épithélium stomacal sont donc, d'après ce qui précède, de véritables éléments glandulaires et ne doivent pas être regardées comme des formes régressives d’un épithélium ordinaire. Ce qui plaide, en outre des faits précédents, en faveur de leur vitalité et de leur autonomie, c'est que ces cellules sont capables de se diviser par mitose, bien que plus ou moins remplies de mucus, ainsi que BizzozERO, SACERDOTTI et Ascori l'ont observé. Ces divisions suffisent-elles à réparer les pertes cellulaires que fait certainement l’épithélium et que prouve l'existence de cadavres cellulaires semés dans le mucus de l’estomac? Avant qu’on en connût l'existence, on avait considéré comme éléments servant à régénérer l'épithélium, comme « cellules de remplacement » (Essren), de petites cellules enclavées entre les pieds des cellules épithéliales ; d'autres auteurs ont fait de ces prétendues cellules de remplacement des leucocytes immigrés dans la couche épithéliale. On verra plus loin que ce n’est pas dans l'épithélium superficiel de l'estomac lui-même que sont situées les cellules capables de lui fournir des éléments nouveaux, mais que ces cellules régénératrices se trouvent dans les glandes de l'estomac.

On a signalé en certains points de la surface de l'estomac des plages épithéliales ou des fossettes du type intestinal, formées de cellules cylindriques à plateau strié et de cellules muqueuses caliciformes (WareurG, SCHMIDT, DEKHUYZEN et VERMAAT, Hari). Cet épithélium intestinal se trouve surtout au voisinage de la valvule pylorique et semble être là le prolongement irrégulier de celui de l'intestin. Chez divers Mammifères, DEKHUYZEN et VERMAAT ont vu cel épithélium tapisser des sortes de villosités se dressant entre les glandes et lui ont attribué la fonction résorbante que l’expérimentation a fait reconnaître à l'estomac. Ce sont là diverses formations hétérotopiques de la ruqueuse stomacale, mais non des productions pathologiques (Hari).

B. Glandes de l'estomac. — a) Caractères généraux des glandes de l'estomac. — Le chapitre des glandes est de beaucoup le plus important dans

FRPNORS IE TR

l'étude de l'estomac. Le suc gastrique qu'elles sécrètent, auquel s'ajoute le mucus fourni par l’épithélium superficiel, contient environ 10 p. 1.000 de principes organiques et minéraux : savoir un ferment, la pepsine, qui transforme les matières albuminoïdes en composés solubles, les propeptones et les peptones, et décompose celles-ci à leur tour en acides aminés; un autre ferment, le labferment ou présure, qui coagule la caséine du lait ; un acide libre (HCI) et des sels.

Les glandes occupent presque toute l'épaisseur de la muqueuse et forment depuis le cardia jusqu’au pylore une couche glandulaire dense et continue. Ce sont des glandes ou tube simples ou peu ramifiées, de forme variable selon les espèces animales. La glande s'ouvre à la surface des mamelons de la muqueuse stomacale par les orifices signalés plus haut. Elle peut être divisée en trois régions distinctes (R. HerpeNxaiN et Roz- LETT) (fig. 384).

Elle débute par une portion infundibuliforme, dite entonnoir ou fossette glandulaire (e,e.), qui mesure le quart ou le tiers dela longueur totale de la glande. Cet entonnoir, qui représente le canal excréteur de la glande, est tapissé par un épithélium semblable à celui de la surface de l'estomac, dont il n’est que le prolongement ; comme cet épithélium, il est formé presque exclusivement de cellules à müucus, qui sont inclinées à angle aigu sur l’axe du canal glandulaire. Les deux autres régions constituent le tube glandulaire proprement dit. Tantôt au fond de l’entonnoir débouche un seul tube glandulaire : d’autres fois, par exemple chez le Chien, les tubes glandulaires se réunissent deux à deux pour s'ouvrir dans l’entonnoir par un court canal commun que B1zz0ZER0d a appelé « conduit collecteur ». Comme maintenant au ford de chaque entonnoir on trouve chez le Chien les orifices de trois ou quatre conduits collecteurs, et que chaque collecteur est l'aboutissant de deux tubes glandulaires, la totalité des glandes desservies par un seul entonnoir s'élève chez cet animal à six ou huit. Chez l'Homme, les tubes glandulaires se réunissent en général par deux ou trois pour s'ouvrir dans l'entonnoir stomacal: c’est en tout cas à partir du fond de cet entonnoir que commence la véritable glande. Si donc on ne tient compte que de cette dernière, on peut dire que les glandes stomacales de l'Homme sont des cæcums simples ; si,au contraire, l’entonnoir stomacal est considéré comme

appartenant à la glande et en formant le canal excréteur, la glande de.

l'estomac de l'Homme pourra être regardée comme bifurquée ou trifurquée.

La glande stomacale proprement dite commence au fond de l’entonnoir par uné partie rétrécie, dite collet(c,c.), au niveau de laquelle l'épithélium a pris des caractères nettement glandulaires, d’ailleurs variables suivant les régions de la muqueuse stomacale. Au collet fait suite le cul-de-sac glandulaire, qui lui est relié par une partie dite « pièce intermédiaire ». Dans ce cul-de-sac glandulaire on a distingué deux segments, le « corps » et le « fond » ou « pièce terminale» (f, f.), qui présententtous deux de grandes différences régionales.

b) Histologie des glandes de l'estomac.

a) Distribution régionale et histologique des diverses glandes de l'esto-

mac. — La forme et la structure des glandes stomacales ne sont pas les.

mêmes dans toute l’étendue de la muqueuse de l'estomac. En se fondant uniquement sur des différences de forme, Biscnorr. fut conduit à les répartir en deux grands groupes régionaux: 1° les glandes fundiques ou « du fond », dont les tubes sont simples, occupent la plus grande partie de l'estomac, notamment les régions du cardia et du grand cul-de-sac (fig. 384, A) ; 2° les glandes pyloriques, formées de tubes ramifiés, qui sont limitées au voisinage de l’orifice pylorique (fig. 384, B) entourent le py-

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F1G. 384. — Muqueuse stomacale (régions fundique et pylorique).

A. Région fundique de l'Homme. — B. Région pylorique d'un Singe Macaque. — cep, cellules de

l'épithélium superficiel. — e,e, entonnoirs ou cryptes glandulaires.— c,c, collet. — f,f, fond. — cp, cellules principales. — cb, cellules bordantes. — /, lumière glandulaire large et arrondie en l B, étroite et irrégulière en A. — ch, chorion. — ch!, prolongements du chorion entre les glandes É et jusqu’au-dessous de l'épithélium superficiel, x< 80.

lore, garnissent le canal et l’antre pyloriques et s'étendent sur une longueur | de 4-5 centimètres au delà de ce dernier. En étudiant la structure de ces - deux sortes de glandes, KôLuIKER établit aussi l'existence de deux caté- - gories, qui coïncidaient topographiquement avec celles que leur forme \ extérieure différente avait déjà permis de distinguer : les glandes du fond . se caractérisaient par là présence de « cellules à pepsine », les glandes - pyloriques par l'existence de « cellules à mucus ». La division structurale venant ainsi renforcer la division morphologique et se confondre topographiquement avec elle; on obtenait d'une part des glandes à pepsine ou à suc gastrique et d’autre part des glandes pyloriques ou à mucus.

Cette distinction, cette opposition même ne s'est pas trouvéé vérifiée par les recherches ultérieures, sous la forme simpliste que lui avaient donnée les premiers histologistes. |

D'une part, en effet R. Hernenuaix et RozLerr montrèrent que les glandes du fond à suc gastrique ne renferment pas que des cellules à pepsine, mais qu'elles contiennent deux sortes d'éléments, qui reçurent d'eux, les uns les noms de cellules principales ou « adélomorphes », les autres ceux decellules bordantes ou « délomorphes » (fig.384,c.p., c.b.). D'autre part, EBsteIN, étudiant les glandes à mucus du pylore, y trouva non pas des cellules muqueuses mais des éléments semblables aux cellules principales des glandes du fond; de leur côté, NussBauM, Srôur, TRINKLER affirmèrent l'existence dans ces mêmes glandes pyloriques de cellules bordantes ou d'éléments analogues. La distinction des deux ca-

laires s’effaçait ainsi fortement par ces conslatations; ellesamenèrent certains auteurs à admettre l'existence de glandes à caractères histologiques

intermédiaires, FiG. 385. — Schéma indiquant la répartition des diverses catégories réparties suivant de glandes dans l'estomac de l'Homme. | : une zone de tranvvvvy Glandes cardiaques.— ..... Glandes fundiques. — ++++ Glan-

des pyloriques. — 00000 Glandes intestinales de Lieberkühn.— c, car- sition de 1 centidia. — p, pylore. — D'après JouvENEL. mètre de large environ, comprise .

entre le grand cul-de-sac et la région pylorique. La distinction mérite cependant d'être maintenue ; car bien certainement, les glandes fundiques et les glandes pyloriques représentent deux types extrêmes bien caractérisés, quelles que soient les formes intermédiaires qui les relient. Il existe encore, outre les glandes du fond et les glandes pyloriques, des « glandes cardiaques » (ELLENBERGER) offrant des caractères différents, et limitées au pourtour du cardia sur une hauteur de 1-6 millimètres. Enfin on a signalé, en plusieurs points de la muqueuse stomacale, des glandes à type intestinal.

La répartition sur la surface de l'estomac de ces diverses catégories de glandes est indiquée par le schéma ci-contre (fig. 385), fait d’après l'étude de l'estomac d’un supplicié (JouvENEL).

8) Glandes cardiaques. — Ce sont des glandes tubuleuses et ramifiées (ELLENBERGER, SCHAFFER, JOUVENEL) ; leur conduit excréteur présente un

tégories glandu- …

renflement fusiforme. Elles débouchent soit au niveau d’un épithélium

simple du type stomacal, soit au niveau d’un épithélium pavimenteux du type œsophagien; elles appartiennent en effet aussi bien à l'æsophage qu'à l'estomac, et ce sont elles que plus haut (p.765) nous avons déjà signalées sous le nom de glandes cardiales inférieures de l'œsophage. Les cellules glandulaires sont claires, analogues à celles des glandes pyloriques (SCHAFFER, JoUVENEL). Il s’y mêle quelques cellules bordantes, dont le nombre augmente vers l'estomac, les amenant peu à peu à ressembler aux glandes fundiques. Aussi Orpec et BEnsLey les ont-ils considérées comme des glandes fundiques en régression, ayant perdu leurs cellules bordantes.

y) Glandes fundiques.— Les glandes fundiques ou du fond, dites aussi glandes gas-

triques, glandes à pepsine, se composent

de l’entonnoir, du collet, de la pièce intermédiaire, du corps et de la pièce terminale ou fond. Ce sont des glandes en tube plus ou moins ramifiées ; le tube est renflé à son extrémilé profonde, fortement rétréci au niveau du collet. Par la forme de leur ramification elles appartiennent au type tubulaire (Peiser).

L'épithélium glandulaire repose sur une

paroi propre qui n’est que le prolongement

de la membrane basale générale, séparatrice de l’épithélium et du tissu conjonctif. Il est formé de deux sortes de cellules. Ce sont : d’une part les cellules principales (Hauptzellen) (R. HEIDENHAIN) ou cellules adélomorphes (RozLerr) ; d'autre part, les cellules bordantes ou de bordure (Belegzellen) (R. HeIDENHAIN) ou cellules délomorphes (RoLLETT).

Les cellules principales (fig. 386, cp. et c.p.[.), qui avaient échappé aux premiers observateurs, à cause de leur aspect homogène et de leurs contours indécis (d'où leur nom d’adélomorphes), sont les plus nombreuses et constituent la majeure partie de la paroi du tube glandulaire. Ce sont des

FiG. 386. — Glande gastrique du Chien, vue en totalité.

Cette glande est notablement plus courte

que ce n'est le cas habituellement.

—e,région de l'entonnoir glandulaire ou canal excréteur de la glande. — ce, région du collet. — f, segment sécréteur (corps et fond de la glande).

— cep, cellules muqueuses de l'épithélium stomacal superficiel. — ce, cellules de l’entonnoir glandulaire ayant le même caractère mais plus basses que les précédentes. — cpf, cellules principales du corps et du fond de la glande, à protoplasma granuleuxréticulé, quelques-unes offrant à leur périphérie la zone basale ergastoplasmique plus sombre. — cb, cb1, cb?, cellules bordantes; en cb’, prolongement glandulaire (canal excréteur) allant jusqu à la lumière du tube glandulaire ; en cb?, cellule binucléée. — cpc, cellules principales du collet, différant à la fois des cellules de l'entonnoir et des cellules principales du fond. x 250.

éléments de forme pyramidale ou cylindrique, d'apparence claire ou finement

HisTOLOGIE II.

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