LIVRE Vil
La réponse à rexcitation parlie du milieu extérieur et transmise à l'organisme par les cellules sensibles n*est pas toujours un mouvement ou un dégagement d'électricité. La réaction peut consister en une production de lumière, en une élaboration de matériaux variés. La cellule musculaire et Télément électrique ne sont donc pas les seules cellules réactionnelles ; mais on doit ajouter à la liste des éléments réagissants toutes les autres cellules de Torganisme.
En considérant objectivement le produit de leur activité et la nature objective de la réaction, on pourrait diviser ces cellules en catégories telles que celles-ci : cellules lumineuses, productrices de lumière ; cellules formatrices, subdivisibles à leur tour suivant la nature du produit formé en cellules amylogènes, calcigènes, hémoglobigènes, etc. Il sera préférable de s'en référer, comme principe de classification, au rôle joué par ces cellules dans l'organisme, et à cet égard on divisera les cellules qui ne sont ni sensibles et spécialement irritables, ni motrices ou électriques, en deux grands groupes. Les unes servent à assurer la nutrition des autres cellules, sont nourricières de l'ensemble de l'organisme ; ce sont les cellules nutritives. Les autres constituent, en s'unissant entre elles, une charpente, qui sert de point d'insertion aux cellules motrices ou qui offre aux autres éléments, aux cellules nerveuses et nutritives par exemple, des abris protecteurs ; ce sont des cellules de soutien. C'est là une distinction physiologique facile à vérifier et très tranchée dans certains cas. Mais il est tout aussi facile de constater que dans d'autres cas elle s'efface, que les deux fonctions de nutrition et de soutien sont alors cumulées en même temps par un seul élément ou sont exercées tour à tour au prix d'une mutation de fonctions dans deux phases successives de la vie de l'élément cellulaire.
474 CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE
En nous plaçant au point de vue physiologique, nous avons donc, à côté des cellules préposées aux fonctions d'irritabilité et de motilité, deux grands groupes noal limités en plus d'un endroit à examiner successivement. On pourrait, en analysant les propriétés physiologiques des cellules de Tune et de lautre catégorie, introduire dans celles-ci des subdivisions, qui sont rendues nécessaires de par le grand nombre d'espèces cellulaires qu'elles contiennent. Mais, si l'on se place non plus au point de vue physiologique, mais sur le terrain morphologique, on possède un élément de classification bien autrement important et précis. Parmi les cellules qui nous occupent, les unes sont en effet épithéliales, les autres mésenchymateuses, pour parler histologiquement ; ou bien, pour s'exprimer embryologiquement, les premières font partie de membranes épithéliales dérivant directement des feuillets embryonnaires ; les autres appartiennent au germe mésenchymateux, produit indirect et irrégulier de ces feuillets. Nous aurons ainsi, combinant les deux points de vue physiologique et morphologique, à examiner successivement les cellules nutritives, épithéliales et mésenchymateuses, les cellules de soutien, épithéliales et mésenchymateuses. Dans chacun des sous-groupes ainsi établis, il existe des espèces cellulaires très nombreuses et bien distinctes, que nous ne pouvons songer à passer en revue, et dont plus que jamais il nous faut choisir les plus importantes et les plus caractéristiques.