Éléments du Rang de la Grenouille (Rana esculenta L
Après flxation et coloration, ec, érythrocytes ou globules rouges. — le, leucocytes. — /r, trombocytes (hématoblastes ou plaquettes), x 5oo.
verrons tout à l'heure, sont des lieux de production de globules rouges nouveaux.
Mais si nous examinons le sang circulant dans les vaisseaux, chez un Mammifère adulte, ce ne sont plus ces cellules rouges, ces érythrocytes que nous trouvons.
A leur place nous verrons un nombre immense de corps en forme de disques biconcaves, appelés aussi globules rouges
du sang, ou mieux hématies^ « disques sanguins » (fig, 49^, h)- Comme les précédents, ils sont colorés par l'hémoglobine en jaune. Mais ils se distinguent des érythrocytes parce qu'ils n'ont pas la nature cellulaire et paraissent privés de noyau. Revenons, après les avoir caractérisés brièvement, sur leurs principaux caractères, en prenant comme exemple les hématies de l'Homme, qui sont le mieux connues.
Fig. 494- — Éléments du sany {érythrocytes) d'un embryon de Lapin du g* jour.
Pris dans l'aorte, d. (/, érythrocytes en division, x loo.
Le nombre des hématies est immense ; mais si grand qu'il soit, il n'est pas difficile cependant de procéder à leur numération. Le dénombrement de ces globules dans le sang serait impossible, sans un artifice qui le facilite singulièrement. Il consistée diluer le sang avec un liquide appe!é sérum artificiel, qui, étant
une solution saline ^ A tf ^Êf^ i
à peu près isotonique 9^^SwÉÊfwpi^
au plasma sanguin où les globules sont suspendus, ne peut altérer ces derniers.
Dans ce sang dilué, les globules sont devenus naturellement plus rares, et il devient possible de es compter à Taide d'un quadrillage (fig. 496).
On n'a plus alors qu'à multiplier le nombre trouvé par le dénominateur Cu litre de la solution pour avoir le nombre réel de globules sanguins existant dans un volume de sang donné. Tel est le principe de toutes les méthodes de numération des globules rouges du sang. Les numérations de Hayem, Vierordt ont évalué, chez l'Homme, le nombre
normal des globules de 4
Fio. 495. — Éléments du sang de tHomme. Après fixation et coloration, /i, hématies ou globules rouges. — p, leucocyte polynucléaire. — / lymphocyte, x 870.
leucocyte mononucléaire. —
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à 5.000.000 par millimètre cube. Ce nombre énorme est susceptible de varier beaucoup et notamment de s'abaisser dans des étals pathologiques ; certfitînes anémies graves le font tomber jusqu'à S.ooo. ooo, chif.
fre au-dessous duquel la vie n'est plus possible. Au contraire de cette « hypoglobulie », il peut y avoir « hyperglobulie », sous l'influence du séjour dans les pays chauds ou à des altitudes considérables. Il est intéressant de noter que si l'on compare entre eux les globules sanguins de diverses espèces animales, et surtout si l'on fait entrer dans la comparaison non seulement les hématies, mais encore les érythrocytes, on s'aperçoit que le nombre des globules rouges du sang est d'autant plus considérable que ces globules sont plus petits, chez la Grenouille, dont les érythrocytes sont CYTOT.0GIE. 86
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Fio. 4g6 — Numérafion des globules rouges du sang.
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bien plus gros, mais aussi bien moins nombreux que ne le sonl les hématies chez l'Homme ou la Chèvre. Il en résulte que la surface totale des globules sanguins, qui est en somme la surface oxydable, est bien plus considérable dans les espèces animales dont les globules sont de taille minime. On comprend rinfluence que retendue de la surface des échanges chimiques a sur Ténergie produite et sur la chaleur animale.
La taille des globules rouges (en comprenant dans cette dénomination les érythrocytes et les hématies) varie beaucoup, les érythrocytes étant plus volumineux que les hématies. Tandis que les érythrocytes géants du Protée atteignent 125 {x de diamètre, les hématies de l'Homme ne mesurent que de 7 a 9fjL, et chez d'autres Mammifères elles sont encore plus petites. Il y a du reste, selon l'état de maladie ou de santé et selon Tâge, des variations importantes qu'HAYEM et ses élèves ont surtout étudiées. On peut dire que le sang des nouveau-nés et des animaux jeunes est caractérisé par la taille très inégale de ses globules, les uns nains (« microcytes ») ; les autres géants ((' macrocytes ») ; il y a de même un nanisme et un gigantisme globulaire (u microcythémie » et « macrOcythémie ») dans certains états pathologiques, comme les anémies. Le sang de l'adulte bien portant se caractérise au contraire par la taille très régulièrement égale de ses globules: régularité qui est tout à fait remarquable et est à son tour un caractère des éléments du sang, comparé à d'autres tissus.
Les globules rouges du sang ont en général chez les Mammifères la forme de disques biconcaves, comme on peut s'en rendre compte en les examinant successivement de face et de profd (fîg. 495). On a même vu, chez les Cyclostomes et même chez les Mammifères, des globules caliciformes, offrant une fossette en forme de cratère (Gage, Dekhuyzen). La forme des hématies est quelque peu variable; Tétai, qualifié de « pœcilocytose », 0(1 les hématies sont de forme irrégulière et variée, s'observe chez les animaux jeunes, et dans les anémies graves. Elle change aussi, parce que le globule rouge est formé d'une substance très ductile en même temps que visqueuse Sa ductilité permet au globule de s'étirer et de se déformer, pour passer dans des vaisseaux très resserrés d'un calibre moindre que son diamètre. Leur viscosité permet aux globules de s'agglutiner et par suite de se déformer ; de là ces amas de globules sanguins en forme de piles de monnaie, sur la production desquels on ne s'est pas encore bien expliqué. Comme la taille des globules, leur forme, malgré ces causes de déformation, est encore remarquable par sa constance dans une espèce animale donnée et chez un certain individu : constance sur laquelle il convient de rappeler l'attention, car elle est peu habituelle dans les éléments cellulaires, si même on la retrouve ailleurs que dans les globules du sang. Cette forme fixe, la même pour tous les globules, est, de plus, régulièrement géométrique, d'une régularité sans exemple non plus parmi les autres cellules de l'organisme animal.
La raison de celte intéressante particularité est sans doute l'état do libre suspension des globules rouges, qui, n'ayant pas comme les autres cellules de l'organisme, de liaisons mécaniques avec leurs voisins, peuvent obéir en toute liberté aux conditions d'équilibre déterminées par l'ensemble des forces auxquelles ils sont soumis : tension superficielle, pressions osmo-
tiques, variations de ces forces elles-mêmes au cours des échanges chimiques, etc. Ce qui est tout à fait remarquable, c'est que, non seulement Téquilibre est assez stable pour ne pas laisser au globule un amsebisme sensible, mais surtout c'est la forme caractéristique de la surface qui répond à réquilibre de toutes ces forces, surface d'un ordre plus élevé que la sphère qu'une prévision trop simpliste aurait pu s'attendre à rencontrer. Les documents nous manquent aujourd'hui pour expliquer cette surface : bornonsnous à signaler l'intérêt qui s'attache à cette constatation.
La coloration jaune pâle des globules rouges du sang varie aussi, et avec elle la teinte générale du sang, puisque celle-ci n'est due qu'à la couleur des globules. Ces variations de coloration, qui sont surtout pathologiques, ont fixé l'attention des médecins.
Nous arrivons enfin à l'intéressante question de la valeur cytologique du globule rouge des ^ , ^
Mammifères ou hé- •/•* * * •*.♦**
malie.
Nous avons vu que les globules rouges des Amphibiens, des Pois- ^ ^ c d
sons, etc., ceux des embryons des Mammifères Fio. 497. — Transformation des globules rouges embryonnaires en
u j j ' hématies.
et nombre de ceux des ^^^^^ ^^ souris, a. globule rouge géant (gigantoblaste), avec organes hématopoiéti- noyau et corps colorables dans le cytoplasme. — 6, globule
nnoc nhc^-w l^cMamm; rouge géant (giganloblaste) ne renfermant pIus qu'une trace du
ques cnez les jyiamrai- noyau. — c, globule rouge sans noyau. — d, hématie de la
fères adultes étaient Souris adulte. X 5oo. D'après Israël et Pappenheim
des érythrocytes, c'est-
à dire de véritables cellules. 11 n'en est plus de même pour les Tiématies, qu'on avait jusqu'en ces derniers temps séparées nettement des globules rouges à noyau, des érythrocytes, jusqu'à n'en plus faire qu'un simple composé organique (Beale). Quelques auteurs cependant, tels BcE TTCHER, S.\PPEY, Petro.ne prétendaient avoir décelé par certains procédés la présence d'un noyau dans l'hématie du Mammifère; mais on ne crut guère à celte trouvaille, et des objections de toute sorte leur furent faites. Ce n'est que récemment que plusieurs histologistes remirent en honneur la constitution nucléaire de l'hématie. Ils rajeunirent une ancienne distinction que Brùcke avait jadis faite dans le corps globulaire entre le « zooïde » ou masse centrale et 1' « oiko'Me » ou couche corticale, et admirent aussi la diiïérencialion dans le globule de deux parties, dont l'une, « corps central » (Innenkôrper), « nucléoïde » de Lavdowsky, est plus ou moins distincte, d'une structure plus ou moins évidente, pouvant être vaguement réticulée et même colorable, et, dans le cas où elle est le plus différenciée, rappelant tout à fait un noyau. De plus, par l'emploi des teintures, on réussit à mettre en évidence, dans le corps globulaire, des débris granuleux spécifiquement colorables (Israël et Pappenheim) (fig. 497)- Tout cela semble indiquer que l'hématie des Mammifères n'est pas un simple disque sanguin, une sorte de concrétion hémoglobique, comme on Ta longtemps admis, mais qu'elle offre des vestiges de constitution cellulaire et a la valeur d'une cellule profondément transformée. L'élude de la genèse de ces hématies nous con-
CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE
firmera dans cette opinion. Les hématies, ou globules rouges dépourvus de noyau directement apparent, ne se rencontrent pas chez les Vertébrés seuls. Beaucoup d'Invertébrés offrent aussi des hématies à hémoglobine et sans
-^>^ noyau ; tels sont les
Fio. 498. — Éléments du sang de tHomme^ plaquettes ou trombocytes.
h, hématies (globules rouges) (h*, hématie vue de face, objectif relevé; /i^ hématie vue de face, objectif abaissé ; /i*, hématie vue de profil). — /, leucocytes. — /r, trombocyies ou plaquettes. X 370.
Echinodermes (Fcettin- GER, Cuénot), les Echiuriens (RietsciO, certaines Annélides comme les Capitellidés (Claparède).