‹ Traité d'histologie (volume 4)Chapitre 145 sur 173 · DUVAL · texte numérisé non relu

DUVAL

CYTOLOGIE GÉNÉRALE ET SPÉCIALE

Une section longitudinale d'un os en voie d accroissement, chez un

jeune Rat par

— CCO'

CJ

* 10. 570. - loupe Ujwjihidinale d'un o.s- /o/i./ eu roic de dévehpncmml inti-ressunl la ligne dossiliratiun et le^ parliez nohines du carUlaye épiphyuture el de la diaphyse osseuse. Déueloppement enchondral de l'os.

Jeune Rat. — ce, cartilage épiphysaire. — es, cartilage sérié ce, cartilage calcifié. - 20/, zone ostéoTde. — zos. zone ossifiée" cca, cellules cartilagineuses. - te, travées cartilagineuses directrices

— M, vaisseaux sanguins. - /o«, lamelles osseuses en voie de dépôt*

— eos, cellules osseuses. — cm, cellules médullaires, x 135

exemple, intéressant Tépiphy se encore cartilagineuse, la ligne d'ossification et la diaphyse déjà osseuse, oflFre, vue à un faible grossissement, les couches s ui vantes (fig. 570). C'est d'abord le cartilage épiphysaire (ce), qui est formé d'un tissu cartilagineux hyalin ordinaire. Vient ensuite, en allant vers la diaphyse, une zone dite cartilage sérié {es) (Ranvier), parce que les cellules cartilagineuses s'y multipliant activement (Léser, Retzius) donnent naissance à des groupes isogéniques longitudinaux decellulesfilles, empilées à rintérieur de capsules-mères qui sont allongées parallèlement à l'axe de l'os. Plus loin, le cartilage sérié est remplacé par la zone dite cartilage calcifié (ce) (Ranvier) ; cette dénomination vient de ce que la substance fondamentale du carti-

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lage est à cet endroit déjà infîltrée de sels calcaires, qui s'y déposent sous la forme de petits grains ; d'où la substance hyaline du cartilage, observée à l'état frais et à l'œil nu, perd sa transparence et prend un aspect opaque et blanchâtre. Les grandes capsules cartilagineuses y prennent des contours irréguliers, festonnés, comme si elles étaient érodées.

Dans la couche suivante, nommée zone osiéoïde (z, ot) ou « ossi forme » (Rap^tvier), nous retrouvons ces grandes cavités capsulaires de la couche précédente ; mais à la place d'éléments cartilagineux, elles se montrent parcourues par des vaisseaux sanguins, accompagnés d'éléments jeunes offrant des caractères particuliers. La substance fondamentale du cartilage ne persiste plus que sous forme de travées longitudinales, irrégulièrement déchiquetées, qui séparent les cavités capsulaires les unes des autres. Quant à la substance osseuse, elle n'a encore pas fait son apparition à ce niveau. Elle se montre seulement dans la zone suivante, qui, par ce fait, mérite le nom de zone ossifiée (z, os). On sait alors que certains des éléments jeunes périvasculaires se disposent régulièrement, à la façon d'un épithélium, à la surface des travées cartilagineuses calcifiées, y déposent une lamelle de substance osseuse ou plutôt une matière fondamentale qui n'est pas encore la substance osseuse et peut être qualifiée de « substance préosseuse » ; ces cellules se comportent donc comme les ostéoblastes que nous avons vus fonctionner dans les cas précédents. Comme eux aussi, elles sont entourées par la substance fondamentale produite, et au sein de cette substance deviennent cellules osseuses. A la zone ossifiée fait suite Tos diaphysaire véritable, dont l'achèvement se poursuit insensiblement depuis la zone en question, par le dépôt de lamelles nouvelles qui épaississent la couche primitive déposée à la surface des travées cartilagineuses, par le changement de la matière préosseuse en substance osseuse définitive, par la transformation de nouveaux ostéoblastes en cellules osseuses parfaites.

Telle est la série des processus que Ton constate en étudiant le développement enchondral de la diaphyse dans un os en voie d'accroissement* longitudinal. Quelle interprétation convient-il d'en donner, et particulièrement quel est dans cette ossification le rôle du tissu cartilagineux ? Il est certain que le cartilage, qui figure le modèle primitif de l'os, sert de charpente provisoire à l'os encore jeune, et que les travées de substance fondamentale cartilagineuse sont, comme on les a dénommées, des « travées directrices de l'ossification », le long desquelles se rangent les ostéoblastes et s'adossent les premiers dépôts osseux.

Mais le cartilage n'a-t-il pas un rôle plus important ? Ses éléments cellulaires demeurent-ils inutilisés et disparaissent-ils, ou bien au contraire ont-ils une meilleure destinée, et comme les cellules conjonctives dans l'ossification fibreuse, celles du modèle cartilagineux fournissent-elles les ostéoblastes ? Autrement dit y a-l-il, comme dans l'ossification fibreuse, transformation osseuse des éléments du modèle préexistant (Virchow) ; ou bien les éléments disparaissent-ils devant l'os, qui, comme une sorte de tumeur, envahit le cartilage (H. MDller)? Le développement enchondral est-il une métaplasie ou une néoplasie? Deux camps opposés sont ici en présence. Le théâtre du débat, ce sont les zones calcifiée et ostéoïde ; le point litigieux, c'est l'origine de ces éléments jeunes qui, dans la couche ostéoïde, remplis- Cytologie. 43

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sent avec les vaisseaux les cavités capsulaires, c'est donc la provenance des ostéoblastes. Pour les uns (Virchow, Ranvier, Waldeyer, Retterer, Spu- LER, etc.), les cellules cartilagineuses continuent à se diviser au niveau des couches calcifiée et ostéoïde (que Retterer nomme d'ailleurs « couche à cellules hypertrophiées » et « couche à cellules hyperplasiées ») et ne perdent rien, bien au contraire, de leur vitalité ; de leur multiplication résultent des éléments embryonnaires qui se transformeront en ostéoblastes. Les autres

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