VI PRÉFACE
étudiants, qui doivent demeurer dans le terre à terre des réalités du tissu conjonctif et des lobules hépatiques. Nous avons pensé autrement. Nous croyons qu'il est grandement temps d'intéresser les élèves à toutes les questions et de leur demander plus d'intérêt pour les grandes que pour les petites, qu'il faut retenir leur attention dans la mesure exigée par l'étendue des horizons et la profondeur des vues, et que point n'est besoin de leur faire fixer longuement et sans aucun recul un fait de médiocre dimension. C est pourquoi nous nous sommes efforcés de donner dans ce livre une vue panoramique où se déroulent toutes les grandes questions, en même temps qu'une table d'orientation capable de guider les chercheurs qui débutent dans le choix des sujets dignes de les retenir. Les questions amples y sont traitées avec l'ampleur qui nous a paru leur convenir ; nombre de faits, au contraire, qu'on trouve cependant reproduits avec détails dans tous les ouvrages classiques d'histologie, sont ou simplement signalés ou même sacrifiés, comme plus ou moins dépourvus de valeur instructive. Il nous a paru insuffisant, pour justifier dans notre traité la présence d'un fait, la citation d'un document, que ce document soit certain, que ce fait existe ; il faut encore que la place qu'ils occupent dans l'exposition et dans la mémoire du lecteur soit méritée par leur importance. Pour prendre un exemple concret, emprunté aux tubes nerveux à myéline, la constitution fibrillaire du cylindre-axe, sur laquelle repose déjà toute une théorie explicative du fonctionnement du système nerveux, est de bien autre valeur que la production de la croix latine : fait plus facile à constater qu'à expliquer, qui demeure provisoirement une bizarrerie de la nature et une curiosité microscopique.
Tel est l'esprit général de cet ouvrage d'Histologie ; et voilà en quoi nous avons voulu qu'il différât de ceux qui l'ont précédé. Il nous faut répondre à présent au reproche spécial d'avoir introduit dans ce livre autre chose que de THistologie (au sens restreint qu'a celte science dans nos Facultés de Médecine), d'y avoir mis de l'Histologie comparée, de la Physiologie, de la Chimie, de la Physique.
Nous nous défendons d'avoir voulu faire un traité d'Histologie comparée ; et si telle avait été notre intention, elle eût été bien incomplètement remplie. Il existe d'ailleurs, à l'étranger du moins, de fort bons ouvrages d'Histologie comparée, tels que le petit livre de Bergh, Vorlesungen ûber die Zelle und die einfachen Gewebe, et que le gros volume si bien documenté et si personnel de C. Schneider, Lehrbuch der vergleichenden Histologie der Tiere ; en France même, on trouverait les renseignements désirables sur cette matière dans plusieurs ouvrages, par exemple dans les monographies qui forment \ Analomie comparée pratique àe Vogt et Yung, la Zoologie descriptive de Bou- TAN, etc. Mais si nous n'avons pu songer à juxtaposer dans un volume — qu'il aurait fallu faire énorme — tous les faits intéressants de THisto-