PRÉFACE VII
logie animale et même végétale, si nous n'avons même pas eu le souci de la comparaison des principaux d'entre ces faits intéressants, nous avons eu du moins trois préoccupations.
Nous avons voulu tout d'abord que les formations structurales, les espèces cellulaires les plus caractéristiques d'un groupe de la série animale soient indiquées et mises à la place qui leur convient: les éléments de la radula des Mollusques parmi les phanères dentaires, les cellules chloragogènes des Vers parmi les cellules spécialisées du mésoderme. Nous avons voulu ensuite que ces matériaux prennent place dans Tensemble autant que possible avec leur valeur propre et leur importance relative, de façon à éviter dans notre traité Terreur anthropomorphique dont toutes les sciences sont coutumières, et même Terreur — que la crainte d'un barbarisme nous empêche d'appeler vertébro-morphique — si fréquente dans les sciences d'observation, telles que l'Histologie. Celte erreur est due à ce que Texamen histologique des animaux invertébrés, malgré des monographies nombreuses et excellentes, et malgré des ouvrages généraux de la valeur documentaire de celui de Schneider, n'a pas été poussé assez loin, tandis que les moindres particularités de structure et de texture des Vertébrés ont été minutieusement étudiées et décrites. Cela tient à ce que, comme on Ta fait observer, le plus grand nombre des histologistes de profession sont sortis et sortent encore des Facultés de Médecine et que l'Histologie des Vertébrés est pour eux le champ d'investigation le plus proche et le plus directement abordable. Nous avons voulu réagir contre une tendance naturelle, véritablement déformatrice du tableau d'ensemble de l'Histologie générale ; elle consiste à aller au plus près, à mieux connaître ce qui nous entoure immédiatement que ce qui est plus éloigné de nous, ou à le connaître seul, et par conséquent à accorder aux choses voisines de nous une importance exagérée. Si nous avons décrit successivement les cellules visuelles à corps interne des Vers, les cellules visuelles à rhabdome des Arthropodes, les cellules visuelles à bâtonnet des Vertébrés, ce n'est pas seulement avec la préoccupation purement descriptive d'un zoologiste; que nous l'avons fait. C'est pour que le lecteur sache bien que la cellule à bâtonnet de la Grenouille ou de l'Homme n'est qu'un des types principaux que peut revêtir Télément de la vision, et pour qu'il mette celte cellule à sa vraie place parmi les autres.
Nous avons obéi enfin, très souvent, dans nos incursions sur le territoire de l'Histologie zoologique ou même botanique, à une autre préoccupation, qui paraîtra sans doute plus légitime encore. C'est celle d'aller chercher la description d'un phénomène général là où celte description a été le mieux faite, parce que Tespèce qui en est l'objet offre sous ce rapport la disposition la plus typique, la mieux propre à faire connaître les états plus compliqués réalisés chez des espèces