I. Division physiologique
Les cellules sensorielles ou œsl hé ligues soni les élémenls récepteurs, c'est-à-dire les premières cellules sensibles atteintes par l'excitation périphérique et chargées de la recueillir; pour cette raison, ce sont celles qui se présentent les premières à notre étude. Elles se classent, tout naturellement, au point de vue physiologique, selon les excitants divers
CELLULE SENSIBLE 329
qu'elles sont plus spécialement destinées à recevoir. Une telle classification, objective, fondée sur la nature intrinsèque de Fexcitant (celle par exemple de Béer, Betheet IIexhûll que nous suivrons), a beaucoup plus de valeur, parce qu'elle est beaucoup plus soiide qu'une classification subjective, que la division des cellules sensorielles selon les diverses sensations qu'elles procurent, selon les divers sens dont jouit l'organisme animal. Elle est la seule acceptable au point de vue de Thistophysiologie comparée et doit remplacer celle du langage courant.
Les cellules sensorielles, sesthétiques ou réceptrices, ou, ce qui revient au même, les organes des sens, organes récepteurs ou (esthètes pourront être divisés de la façon suivante :
Tantôt un même organe récepteur peut enregistrer des excitations qualitativement différentes, tantôt l'organe récepteur est adapté à un excitant déterminé et n'est sensible qu'à celui-là ; le premier est un organe récepteur anéleclif^ le second un organe récepteur électif. Voilà une première grande division.
Le plus habituellement les organes anélectifs sont diffus et répartis sur tout le corps (cellules sensorielles des Vers de terre).
Les organes électifs doivent leur spécificité à ce que parmi les excitants variés qui les rencontrent, un seul peut produire en eux des changements d'état capables de faire naître une excitation Leur électivité est assurée de deux façons différentes.
Dans le premier cas, l'organe de réception, grâce à sa situation toute particulière dans le corps, ne peut êtte intéressé physiologiquement que par une seule sorte d'excitant (organe récepteur topo-électif ou électif par situation). Ce sont ceux qu'on peut appeler tango-récepteurs, c'est-à-dire ceux dans lesquels les réactions succèdent à des contacts, à des excitations mécaniques. Ils doivent leur fonction spéciale, soit à leur situation profonde (organes du tact chez les Vertébrés), soit à des dispositions protectrices qui les défendent par exemple contre les irritants chimiques (poils chitineux des Arthropodes).
Dans le second cas, l'élément électif doit son électivité à ce que des excitations, telles que la lumière, des substances chimiques en solution faible, qui seraient sans efficacité sur les nerfs, sont capables de l'ébranler et de le transformer ; ce sont des éléments électifs par transformation. Selon les excitants, on en distinguera plusieurs variétés. Les organes phono-réçepteurs ne sont impressionnés que par les ondes sonores, grâce à leur situation profonde et à des dispositifs protecteurs ; ils correspondent au sens de l'audition. Les organes stato-récepteurs et rotato-récepteurs ne sont influencés, grâce à leur situation profonde et à certaines défenses, que par des mouvements ; ils représentent le sens de l'espace et de l'équilibre. Les organes chemo-récepteurs ne sont impressionnables que chimiquement, ne peuvent transformer en excitations nerveuses que des excitations chimiques. Les uns sont dits stibo-récepteurs, permettant des réactions vis-à-vis de substances chimiques éloignées (substances odorantes), réactions qui servent à la recherche de la nourriture ou à la recherche sexuelle ; ils donnent le sens de l'odorat. Les autres, dits gusto-récepteurs, assurent les réactions aux substances chimiques du voisinage immédiat; ils sont les
organes du goût. Viennent ensuite les organes photo-récepieurs, chez lesquels les ondes lumineuses sont seules Texcilant efficace, protégés par des enveloppes transparentes contre les excitants mécaniques et chimiques ; ils donnent le sens de la vue. Enfin les organes ihermo — ou caloro-récepteurs sont ceux dans lesquels Texcilant spécifique est le rayon calorifique (sens de la température).