I. — Caractères généraux et histogénèse
Les ganglions cérébro-spinaux se trouvent sur le trajet Jd’un nerf sensible, soit d’un nerf spinal, soit d’un nerf crânien ou cérébral. D’après cela, ils forment deux groupes anatomiques : les ganglions spinaux, situés sur le trajet de la racine postérieure d’un nerf spinal; les ganglions cérébraux ou crâniens , placés sur un nerf sensible de la tête.
Au point de vue histologique* il n’y a pas de différence essentielle entre les deux groupes.
Les ganglions eérébro-spinaux sont caractérisés par l’existence d’une cellule nerveuse typiquement bipolaire , qui offre en effet cette forme dans les renflements ganglionnaires de tous les embryons de Vertébrés, dans ceux des Poissons, et chez les Vertébrés supérieurs dans les ganglions du nerf acoustique. Des deux pôles du corps cellulaire partent deux prolongements, franchement oppositipolaires : l’un va former une des fibres constitutives du nerf dont fait partie le ganglion ; l’autre centripète, qui
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constitue l’une des fibres de la racine du nerf, s’enfonce dans le névraxe où nous le retrouverons plus tard. La cellule nerveuse ganglionnaire est le point de départ de deux fibres nerveuses, qui n’en sont, suivant la doctrine du neurone, que les prolongements ; elle constitue avec ces deux fibres une unité nerveuse, un neurone ganglionnaire. C’est dans le ganglion que les fibres du nerf et de la racine nerveuse prennent naissance. Leur origine n’est donc pas dans le névraxe, comme on l'avait cru jusqu’au jour où la méthode de Golgi a permis à Leniiossèk, Cajal,
Retzius, Van ( jehuchten de déplacer l’origine réelle des nerfs sensibles, de la transférer du névraxe au ganglion, qui en est le véritable centre.
Dans la plupart des ganglions desVertébrés supérieurs , y compris l’Homme (excepté dans les ganglions acoustiques), il se produit au cours du développement embryonnaire un changement de forme de la cellule ganglionnaire, dû à un déplacement graduel des pôles d’où émergent les deux fibres qui prolongent la cellule (t. I, fîg. 317). Tandis qu’en effet chez fe très jeune embryon, les deux fibres naissaient
aux deux pôles du corps cellulaire en position oppositipolaire (îj, on voit leurs points d’insertion se rapprocher l’un de l’autre chez des embryons plus âgés, jusqu’à ce que les deux fibres deviennent gemmipolaires (2) ; puis les deux points d’origine se confondent en un seul (3). La cellule, de bipolaire qu’elle était, devient unipolaire et en T, lorsque le point commun d’origine s’allonge en un tronc commun (4 et 5). C’est là, chez les Vertébrés supérieurs, la forme définitive; elle est connue, depuis Ranvier,
Fig. 161.
Coupe longitudinale d'un ganglion spinal d'un jeune Chien.
La coupe ne passe par l’axe du ganglion que dans la moitié inférieure de la figure. — af, axe fibreux formé par les fibres nerveuses. — ec, écorce cellulaire. — ce, capsule conjonctive. — n , racine postérieure du nerf rachidien, x 100.
sous le nom de cellule en T. La branche verticale du T représente le tronc commun appendu au corps cellulaire, duquel partent à angle droit les deux fibres nerveuses centrifuge et centripète ; celles-ci sont les deux branches horizontales du T.
Un ganglion spinal, sectionné suivant son grand axe, et examiné à un faible grossissement après traitement par les méthodes ordinaires, offre la constitution suivante (fig. 161). 11 se compose d’un axe fibreux (a./1.), que forment les faisceaux nerveux entrants et sortants, constitués à leur tour par des fibres qui vont de la périphérie aux cellules ganglionnaires et par celles qui de ces cellules gagnent la moelle épinière (n.). Tout autour de cet axe fibreux règne annulairement une écorce cellulaire (e. c.) que forment principalement les cellules ganglionnaires. Une capsule conjonctive (c. c.) entoure Tensemble, envoyant des cloisons dans l’intérieur du ganglion.
Si l’on compare le ganglion spinal au centre nerveux schématique que nous avons présenté plus haut, on voit qu’il s’écarte du type morphologique par plusieurs particularités. C’est d’abord le grand développement des conducteurs contenus dans le ganglion, qui n’est pour ainsi dire qu’un renflement du nerf. L’absence du réseau nerveux fondamental et extracellulaire, par lequel ailleurs les prolongements des diverses cellules se mettent en rapport les uns avec les autres, est aussi digne d’être notée ; au lieu de ce réseau fondamental, le dispositif d’application des cellules les unes sur les autres est formé de réseaux péricellulaires. Il faut enfin signaler l’absence de névroglie, c’est-à-dire d’un tissu épithélial de soutien, dans les ganglions cérébro-spinaux.
On sait, par les recherches de Hoche, Schaffer et Ivôlliker, qu’il existe, dans les racines antérieures, des cellules entièrement semblables à celles des ganglions cérébro-spinaux et par conséquent de nature sensible. On les trouve chez l’Homme au point d’émergence de la racine au-dessous de la pie-mère et chez le Chat au-dessous de la dure-mère au voisinage des ganglions spinaux. O11 ne connaît d’ailleurs pas exactement la destinée de leurs prolongements.
IL — Structure.
i° Cellules nerveuses. — A. Structure générale des cellules nerveuses ganglionnaires. — Une préparation telle que celle de la figure i6i est incapable de donner la silhouette exacte des cellules, que le procédé de Golgi ou un procédé analogue peut seul tracer ; on n’y voit que les corps cellulaires eux-mêmes, sans leurs prolongements. La cellule se montre sous la forme d’un corps ovalaire ou polyédrique, pourvu d’un noyau arrondi ; elle est entourée d’une capsule nucléée. Nous avons à présent à décrire avec plus de détails la structure de cette cellule, ainsi que les divers types de cellules ganglionnaires qu'on a distingués.
a) Structure cellulaire. — Le cytoplasme est agencé concentriquement autour d’une sorte de centre cellulaire, qui, pour certains auteurs, ne serait
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qu’une apparence. Ce centre cellulaire se présente sous la forme d’une sphère ou centrosphère claire, entourant un centrosome granuleux (Lenhossèk). Mais on a donné de cette image d’autres interprétations : Bühler l'a considérée comme la coupe transversale d’un faisceau de fibrilles venu de l’axone ; Levi l’a mise en relation avec l’origine du cylindre-axe ; ce ne serait pour Holmgren qu’un prolongement de la capsule qui enveloppe la cellule. Pour Kleist il n’existe ni sphère ni centrosome. Sjôvall, Cesa- Bianchi, N. Van der Stricht ont décrit tout récemment dans les cellules embryonnaires ou adultes un centre cellulaire formé soit d’un centrosome nu, soit d’une aire claire contenant un ou deux corpuscules centraux.
Le noyau, arrondi, est habituellement unique. Toutefois, on a signalé la présence de deux noyaux dans les ganglions spinaux de l’Homme (Cox, Sano, Marburg, Marinesco, Nelis, Valente).
b) Structure fibrillaire. — Les neurofibrilles offrent la disposition qui est actuellement reconnue générale ; c’est-à-dire qu’elles s’unissent en un réseau endocellulaire (Cajal, Michotte, Motta-Goco, N. Van der Stricht). Dans les cellules bipolaires des embryons et des ganglions acoustiques de l’adulte, les fibrilles des deux fibres nerveuses qui prolongent la cellule se jettent sur ce réseau, qu’elles abordent en des points opposés. A mesure que la cellule passe de la forme oppositipolaire à la forme unipolaire et qu’on voit les deux fibres rapprocher leurs points d’insertion sur la cellule, on voit aussi les deux faisceaux fibrillaires quelles contiennent se juxtaposer sans se confondre, sur une étendue de plus en plus grande. Dans la cellule en T, le tronc commun des deux fibres offre ces deux faisceaux accolés ; au niveau de la bifurcation, iis s’écartent, tandis qu’un mince fascicule tangentiel passe comme un pont de l’un à l’autre dans le fond de la bifurcation (Cajal, N. Van der Stricht et d’autres).
c) Structure glandulaire. — Le cytoplasme est farci de corps chromatiques deNissl ou corps tigroïdes.Le plus souvent ils sont très petits et parsèment irrégulièrement le corps cellulaire d’une sorte de poussière chromatique ; ou bien ce sont des blocs granuleux ou homogènes. Les corps tigroïdes forment des cordons réguliers arrangés en un réseau (Kleist). Ces cordons dessinent, d’après Lenhossèk, Levi, Lugaro, des cercles concentriques, respectant la zone périphérique de la cellule ; il y a ordinairement deux anneaux semblables séparés par une zone sans tigroïde (Kleist). Flesch et ses élèves et Lugaro ont distingué deux sortes de cellules ganglionnaires, selon leur colorabilité plus ou moins grande, les « cellules chromophiles » ou cellules foncées et les « cellules chromophobes » ou cellules claires. Ces différences ne sont que l’expression de la plus ou moins grande abondance de la substance chromatique, variable suivant le degré de l’activité fonctionnelle (Nissl), et aussi de la densité du réseau fibrillaire et de la coloration de la substance fondamentale (Marinesco, Lugaro). En se fondant sur la colorabilité plus ou moins grande du corps cellulaire et sur d’autres caractères, Lenhossèk, Marinesco, Lugaro, Van Gehuciiten ont pu multiplier le nombre des types de cellules ganglionnaires spinales.
Les cellules ganglionnaires contiennent normalement une certaine quantité de pigment lipochrome qui augmente avec l’âge et dans nombre de
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conditions pathologiques. Il apparaît, d’après Pilcz, Valente, vers la cinquième ou sixième année, tandis que le pigment des cellules sympathiques existerait déjà dès la deuxième année, et que c’est seulement à l’âge de . huit ans qu’on le trouverait dans les cellules de la moelle. Mais Mühlmann et Zappert ont donné des dates beaucoup plus précoces.
Les canalicules du suc de Holmgren (Holmgren, Bethe, Studnigka, Henschen, Sjovall) se présentent sous deux formes ; l’une seule, d’après Bethe et Studnicka, représente un vrai système canaliculaire du suc, en relation avec les espaces plasmatiques environnants; l’autre est formée par la confluence de vacuoles intracellulaires dépourvues de communication avec l’extérieur.
B. Types divers de cellules nerveuses ganglionnaires. — Les cellules
unipolaires (« cellules en T » de Banvier, « cellules du type I » de Dogiel) sont la forme cellulaire typique et de beaucoup la plus fréquente (60 à 70 p. 100) des éléments des ganglions spinaux chez les Vertébrés supérieurs adultes. Elles offrent d’ailleurs plusieurs variétés.
Les unes, les plus communes (fig. 162, 1), sont de grande taille. Le tronc commun de leurs deux branches naît par un cône d’origine sur le corps cellulaire, puis décrit un trajet sinueux, ou forme même un glomérule ou un réseau intracapsulaire parfois très compliqué; de là le nom de « cellules glomérulaires » qui a été donné aussi à ces éléments. Il acquiert en dehors de la capsule une gaine de myéline, présente un premier étranglement annulaire, s’entoure ensuite d’une gaine de Schwann, et après avoir émis quelques collatérales se divise en T ou en V en deux ou exceptionnellement trois libres nerveuses, en offrant à cet endroit un double étranglement annulaire, l’un à l’extrémité de la branche verticale du T, l’autre à l’union des deux branches horizontales. Des deux fibres, l’une, plus grosse, se dirige vers la périphérie et devient l’axone d’une fibre sensitive du nerf correspondant. L’autre fibre suit un trajet inverse, forme l’une des fibres constitutives de la racine dorsale du nerf rachidien, et s’enfonce dans le névraxe où nous la retrouverons. Le trajet des neurofibrilles a été suivi depuis ce corps cellulaire jusque dans les fibres de bifurcation. Les neurofibrilles de la cellule se rassemblent en un faisceau qui parcourt le tronc commun, et parvenues à la bifurcation ces fibrilles s’écartent à angle aigu pour s’engager dans les deux prolongements centrifuge et centripète (Lugaro, Michotte) ; dans tout ce trajet elles sont unies par des anastomoses en un réseau (Betzius, Marinesco, Cajal).
Il existe quelques variétés de ce type. Ce sont d’abord de grandes cellules sans glomérule, assez rares et de petites cellules non glomérulées. 11 faut signaler encore des cellules en T plus petites que les éléments ordinaires, dont les prolongements et les fibres, qui leur font suite sont réduits au cylindre-axe, et qui peuvent aussi émettre des dendrites.
Les cellules bipolaires (fig. 162, 4 et t. I, fig. 320) sont connues depuis longtemps dans les ganglions spinaux des Poissons (Bobin, Wagner, Bid- j der), dans les ganglions acoustiques des Vertébrés supérieurs, dans le ganglion noueux du pneumogastrique de l’Homme adulte (Cajal). Nous avons vu que les cellules unipolaires en T débutent chez l’embryon par la
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forme bipolaire. Ces cellules sont situées sur le trajet d’une fibre nerveuse, à peu près au milieu cfun segment interannulaire, et elles paraissent en être une sorte de renflement. Cette apparence est vérifiée par l’étude de la disposition des neurofibrilles : les faisceaux fibrillaires des fibres afférente et efférente se dissocient en entrant dans la cellule ». c.
et s’élargissent en un réticulum fibrillaire endocellulaire. Les enveloppes des fibres nerveuses (névrilemme, gaine de Henle) se pro-
Fig. 162. — Schéma de la constitution d’un ganglion spinal , montrant les principaux éléments nerveux qui le composent.
rac.dors, racine dorsale ou sensitive. — rac.ven , racine ventrale ou motrice. — gang , ganglion spinal. — nerf spin, nerf spinal.
— r.dors, r.ven, rameaux dorsal et ventral du nerf spinal. — r.visc, rameau viscéral. — cm, cellule motrice des cornes antérieures de la moelle. — csij, cellule sympathique. — vs, vaisseau sanguin. — nsg, fibre nerveuse sympathique se lerminant par un panier péricellulaire. — ncs, fibre nerveuse d’origine cérébro-spinale (?) terminée par une arborisation péricellulaire.
— 1, cellules unipolaires en T ordinaires (glomérulaires, type I de Dogiel). — 2, cellules unipolaires en T, de petite taille. — 3, cellules unipolaires (type II de Dogiel) formant autour des cellules en T des plexus péricellulaires. — 4, cellule bipolaire.—5, cellule multipolaire, à dendrites courts et épais, terminés dans la capsule par des boules. — 6, cellule de type régénératif. — 7, cellule fenêtrée.
— Les fibres sensibles sont représentées par des traits continus ; les fibres sympathiques par des lignes pointillées ; les fibres motrices ou d’origine inconnue par des traits interrompus. Les gaines de myéline sont figurées partout, sauf sur les fibres motrices. D’après Stôhr, modifié.
longent sur la cellule ganglionnaire. La gaine de myéline s’arrête d’ordinaire brusquement au niveau de l’insertion des fibres nerveuses sur le corps cellulaire (fîg. 162); mais dans les ganglions acoustiques des Poissons, elle se continue autour de la cellule et lui forme une seconde enveloppe au dessous du névrilemme (t. I, fîg. 320).
De nombreux autres types cellulaires, très différents des cellules unipolaires en T et des cellules bipolaires, ont été décrits par plusieurs
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auteurs (Disse, Spirlas, Lenhossèk, Cajal, Oloriz, Dogiel, Retzius, Huber, Marinesco), etc.
C’est d’abord une cellule unipolaire, mais non en T (« cellule du type II » de Dogiel), dont l’unique prolongement, après s’être entouré de gaines myélinique et névrilemmatique, se divise en plusieurs branches (fig. 162, 3). Les • ramifications de ces branches, ayant abandonné leurs gaines, se jetteraient sur une cellule en T, formant autour de la capsule de celle-ci un panier péricapsulaire, puis perforant la capsule se termineraient en un plexus péricel-
Fig. 163. — Formés variées des cellules des ganglions spinaux.
A. Type de cellule en T, dont l’axone a forme avant de se bifurquer un peloton compliqué à l’intérieur de la capsule conjonctive ca (d’après Dogiel). — B. Cellule à dendrites courts et épais terminés par des boules. — a, axone. — d , dendrites. — m, massues ou boules qui les terminent. — es, cellules satellites intracapsulaires. — ca, capsule (d’après Marinesco). — C. Cellule fenêtrée (chez un individu mort de polynévrite alcoolique). — anf, anses formées par les dendrites donnant lieu à l’état l’enêtré. — es, cellules satellites plus nombreuses et plus grosses qu’à l’état normal. — ca, capsule (d’après Marinesco).
lulaire. Ces cellules du type II de Dogiel n’ont pas été retrouvées; les nids péricapsulaires attribués à ces cellules sont probablement la terminaison de fibres nerveuses exogènes du sympathique (Cajal) (voir p. 38o).
Les formes qui suivent sont sans doute apparentées les unes avec les autres : on peut en distinguer trois sortes principales.
Les unes sont unipolaires, mais munies de dendrites et par conséquent multipolaires (Dogiel). Les dendrites très fins s’épaississent graduellement et se terminent par d’énormes sphères entourées d’un système d’enveloppes nucléées et concentriques ; ces sphères terminales sont situées sous la capsule de la cellule et s’y mettent en rapport avec les nids péricellulaires, ou bien se logent dans des espaces intercellulaires parfois très loin
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de leur cellule d’origine. Dans une autre forme, voisine de la précédente, les dendrites sont courts et épais, reliés à leur extrémité en une grosse boule, et se terminent dans la capsule péricellulaire (fîg. 162, 5 et fîg. i63,B). Les boules sont, dans une autre sorte cellulaire, la terminaison non plus de dendrites, mais de collatérales de l’axone (Dogiel). Ces boules terminales de nature cylindre-axile ont été considérées par Marinesco, Nageotte, Cajal, comme des extrémités d’axones en voie de régénération; aussi Cajal les désigne-t-il comme « type régénératif » (fig. 162, 6, et fîg. i63, B). Elles ont été en effet trouvées dans des cas de régénération nerveuse, soit expérimentale, soit pathologique (tabès) et cependant existent à l’état normal, très fréquemment par exemple dans le ganglion noueux du pneumogastrique de l’Homme. 11 en existe deux variétés. Dans l’ime il s’agit de cellules en T ordinaires, dont les prolongements partis du corps cellulaire, de l’axone ou de son glomérule se terminent par des sphères endocapsulaires. Dans l’autre les prolongements s’étendent au loin et aboutissent à des sphères entourées d’enveloppes.
Un dernier type bien net est représenté par les « cellules fenêtrées » (Daae, Cajal, Garcia, Lenhossèk, Levi, Marinesco, Nageotte) (fig. 162, 7, et fig. i63, C). Les dendrites sont ici unis en un réseau, limitant des fenêtres ou mailles qui contiennent des cellules satellites. Ce réseau dendritique est le point de départ de l’axone. Les fenêtres sont d’aspect variable; elles peuvent être assez larges et les travées du réseau assez grêles et assez régulièrement contournées pour que la cellule ressemble à une cellule glomérulaire. La présence de nombreuses cellules satellites dans les fenêtres, la fréquence des cellules fenêtrées chez le vieillard et à l’état pathologique ont donné à penser à Mariinesco et à d’autres que ces cellules sont pathologiquement altérées et que la fenestration est due à la prolifération des cellules satellites.
Dogiel a considéré comme des cellules d’association entre les cellules ganglionnaires principales, c’est-à-dire les unipolaires en T et les bipolaires, tous les types cellulaires dont les prolongements ne dépassent pas les limites des ganglions. On avait remarqué depuis longtemps que le nombre des fibres nerveuses contenues dans la racine postérieure est bien inférieur à celui des cellules renfermées dans le ganglion. On avait été amené ainsi à supposer l’existence de cellules, telles que celles du type multipolaire, qui demeurent tout entières comprises avec leurs prolongements dans les limites du territoire ganglionnaire, et dont Dogiel a fait ses cellules du type II. Mais Cajal a nié l’existence de cellules d’association dans le ganglion cérébro-spinal.
20 Fibres nerveuses. — On admet que les fibres composant la partie axile du ganglion sont de diverse provenance (fig. 162). La majorité est formée parles fibres sensibles d’origine endogène, ganglionnaire, branches des cellules unipolaires en T et des cellules bipolaires : les unes centripètes, entrant dans la racine postérieure; les autres centrifuges se rendant au nerf périphérique. Il faut y ajouter des collatérales de ces fibres (Cajal). Quant aux fibres exogènes ou afférentes, on croit qu’elles sont de diverse origine. Il est possible en effet qu’un certain nombre de fibres contenues
clans la racine postérieure ne fassent que traverser le ganglion sans s’y arrêter et qu’elles aient leur origine clans des cellules de la moelle épinière ou de l’encéphale. Mais ce sont surtout des fibres sympathiques (fîg. 162, n. si/.) et des fibres nées dans l’axe cérébro-spinal (fig, 162, n. c. s.) qui pénètrent et se terminent dans le ganglion. Pour Cajal rien n’est certain quant à l’origine de ces fibres ; comme elles ont plutôt les caractères de fibres de Remak, on peut leur supposer une provenance sympathique. Quelle que soit leur source, ces fibres exogènes se terminent par des nids ou plexus péricellulaires (fig. 162), dont on peut distinguer plusieurs j variétés (Ehrlich, Cajal, Dogiel, Retzius, etc.). De même les collatérales des fibres sensibles aboutissent à des plexus et glomérules interstitiels ou se terminent librement par des cônes d’accroissement (Cajal); on peut assimiler ces collatérales et leurs terminaisons libres aux fibres régénératrices observées par Nageotte dans le tabès.
3° Tissu conjonctif. Capsule péricellulaire. — Les ganglions cérébrospinaux sont entourés par une enveloppe conjonctive qui prolonge celle des nerfs et des racines qui en partent. Cette enveloppe envoie dans Tinté- i rieur du ganglion des cloisons qui partagent celui-ci en fibres ou colonnes j de cellules et qui portent les vaisseaux sanguins.
Une capsule nucléée entoure la cellule ; elle est formée par des cellules I endothéliales assez épaisses, en forme de disques, dont on ne voit que les 1 noyaux sur les préparations ordinaires, mais dont on peut délimiter les contours par les imprégnations argentiques(Scn\VALBE, Frenzel, Lenhossèk). Cette capsule peut être considérée comme le prolongement, autour de la cellule, de la gaine névrilemmatique qui tapisse les fibres nerveuses émanées de la cellule ganglionnaire.
A l’intérieur de la capsule (fig. i63, ca .) se trouvent des « cellules intracapsulaires » ou « cellules satellites » (c.s.), ramifiées et anastomosées; elles forment des réseaux nucléés entre la capsule et le corps cellulaire, et envoient dans ce dernier des prolongements intercellulaires. Ce système de cellules intracapsulaires serait compris, d'après certains auteurs (Tschassownikow), dans un espace lymphatique péricellulaire et sous-capsu- I laire dont Lenhossèk, Retzius n’ont pas admis l’existence.
Il existe donc, autour de la cellule nerveuse ganglionnaire et des cellules ; nerveuses en général, deux sortes d’éléments cellulaires (Cajal;. Les uns sont des éléments endothéliaux ; les autres sont des cellules intracapsulaires ou satellites, appliquées contre les cellules nerveuses ; ils sont identiques aux « cellules trophospongiales » de Holmgren.
Article 2. — GANGLIONS SYMPATHIQUES I. — Caractères généraux.
Dans ce groupe ne rentrent pas seulement les ganglions échelonnés le long du cordon même du sympathique ( ganglions de la chaîne). Il faut y
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ajouter les nombreux amas ganglionnaires souvent microscopiques, et même les éléments cellulaires isolés qui sont disséminés dans beaucoup d'organes, le cœur, le tube digestif ( ganglions viscéraux ou périphériques) (fig. 164, c.g.), etc. On doit enfin, au point de vue histologique tout au moins, ranger dans le groupe sympathique des ganglions annexés aux branches du nerf trijumeau, tels que les « ganglions ciliaire » ou « ophtalmique», « sphéno-palatin », « otique, » « sous-maxillaire » (Leniiossèk, Retzius). Le ganglion ciliaire a été considéré par Schwalbe, Yan Gehuchten comme du type cérébro-spinal, par Retzius et Michel comme ayant le caractère d’un ganglion sympathique. Quant au ganglion géniculé accolé au nerf facial, il appartient en réalité au nerf intermédiaire de Wrisberg, qu’on a considéré soit comme un nerf distinct, soit comme le rameau sensitif du facial ; il est par conséquent l’homologue d’un ganglion cérébrospinal et il en a la constitution, puisque His, Martin,
Retzius, Lenhossèk l’ont trouvé formé de cellules bipolaires et unipolaires en T.
I a pminp d’pn n’ ^a‘sceaux nerveux. — cg, cellules ganglionnaires appendues à ces fais-
a coupe J en- ceaux. — fm, faisceaux de fibres musculaires lisses. — es, capillaire semble d’un gan- sanguin, x .125.
glion sympathique
diffère de celle d’un ganglion spinal par l’absence d’un axe fibreux distinct d’une écorce cellulaire; à part cette particularité, elle offre le même aspect général. On y voit, en effet, à l’intérieur d’une enveloppe générale fibreuse et au sein d’un tissu conjonctif plus ou moins abondant, de nombreuses cellules nerveuses de forme générale ovalaire ou polyédrique.
Fig. 164. — Groupe de cellules ganglionnaires formant un ganglion sympathique microscopique, dans la vessie de la Grenouille.