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V. — Nerfs de la conjonctive

La conjonctive est très riche en ramifications et arborisations nerveuses. Crevatin y a trouvé des réseaux et plexus nerveux, des arborisations libres, des corpuscules du tact et en particulier des corpuscules de Krause. Les corpuscules de Krause sont plus ou moins abondants suivant les endroits. Ils sont très nombreux autour de la cornée et deviennent plus rares au fur et à mesure qu’on s’en éloigne. Ils sont réunis en petits groupes autour de la cornée et sont toujours isolés dans les autres régions de la conjonctive. Les fibres afférentes se divisent souvent en plusieurs branches, quelquefois cinq à six, avant de pénétrer dans l’intérieur du corpuscule et de s’y ramifier en fibrilles variqueuses. Le long de ces fibres cheminent une ou plusieurs fibres amyéliniques qui se divisent en un très grand nombre de fins rameaux et qui forment un lacis autour du corpuscule. Des fibrilles très fines partent de ce plexus superficiel, pénètrent dans le corpuscule et s’enchevêtrent en un deuxième plexus interne. Outre les corpuscules de Krause, on trouve aussi des buissons ou pelotons libres (Ciaccio, Crevatin), formés par des pinceaux de minces fibres variqueuses et des plexus ou réseaux diffus amyéliniques, formés de cylindre-axes divisés en un grand nombre de branches qui se terminent par de petits épaississements sous-épithéliaux ou intraépithéliaux.

Article 2. - MEMBRANE DU TYMPAN

11 faut distinguer deux parties dans la membrane du tympan au point de vue de sa structure : la partie tendue (pars tensa), et la partie flaccide ou membrane de Schrapnell ( pars flaccida). La première est constituée par un stroma fibreux recouvert par une muqueuse du côté de la caisse et par l’épiderme du côté du conduit auditif externe. La seconde est formée par l’adossement des deux couches muqueuse et épidermique.

A. Partie tendue. — a) La couche fibreuse ou membrane propre est une nappe de fibres conjonctives réunies en faisceaux avec de rares fibres élastiques. Les faisceaux conjonctifs se disposent suivant deux lames, une lame externe dont les faisceaux ont une direction radiée, une lame interne dont les faisceaux ont une direction circulaire.

Les faisceaux de la lame externe partent du bourrelet annulaire qui est inséré dans le sillon tympanique. Cet anneau est un épaissement périostique dont les fibres conjonctives et élastiques sont disposées circulairement ; il ne renferme pas de cellules cartilagineuses. Il présente une forme triangulaire sur coupe transversale et sa pointe se continue avec la membrane propre du tympan. Des fibres tendineuses partent de cet anneau, se dirigent en sens radiaire vers le centre de la membrane tympanique et s’insèrent sur le manche du marteau. Les fibres delà moitié inférieure de la membrane convergent vers l’ombilic et s’attachent sur l’extrémité élargie du manche du marteau ( fibræ rectæ , Moldenliauer). Elles vont même jusqu’à l’enclume et

HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE

se continuent avec le périoste de cette dernière. Les fibres de la moitié supérieure convergent vers l’arête extérieure du manche du marteau. Les faisceaux tendineux sont séparés par des fentes ou espaces à peu près parallèles occupées par des fibres conjonctives qui s’échappent des faisceaux tendineux, rejoignent les faisceaux voisins et s’entrecroisent obliquement avec les fibres semblables qui en sont elles-mêmes issues.

La couche des fibres circulaires renforce en dedans la couche radiée. Elles croisent les premières à angle droit et dessinent des cercles concentriques au bourrelet marginal ( fibræ transversæ ou arcuatæ, Moldeniiauer). Elles possèdent leur épaisseur maxima dans le voisinage du bourrelet marginal et ne sont pour ainsi dire plus représentées au niveau de l’ombilic. La plus grandepartic de ces libres s’attachent sur le tiers supérieur du manche du marteau, sur sa face interne ou muqueuse, en s’unissant avec les fibres périosliques (Trôltsch, Kessel . Les fibres annulaires existent également,

en faible quantité, dans la membrane fiaccide, qui ne renferme pas de fibres radiai res.

Entre ces deux systèmes de fibres il existe des cellules tendineuses (pii montrent des crêtes d’empreinte à direction perpendiculaire.

Une formation spéciale, désignée par (jRüber sous le nom de « formation dendritique », existe sur la face profonde de la couche radiée, dans le quadrant postéro-supérieur. On la rencontre dans le plus grand nombre de cas. Ce sont des tractus filamenteux, ramifiés dans toutes les directions. On pense généralement qu’il s’agit de résidus de la couche mésenchymateuse qui remplit la moitié postérieure de la caisse pendant la vie fœtale; de petits replis revêtus de muqueuse en partent souvent et traversent la caisse dans toutes les directions.

b) La couche cutanée (couche dermoïde, Politzer, Toynbee) est un reflet de la peau du conduit auditif externe qui revêt la face extérieure de la membrane tympanique. Elle est très mince, sauf au niveau de la région qui recouvre le manche du marteau; elle mesure en moyenne 5o à fio ;j. d'épaisseur ; elle atteint 4oo u au-devant du manche du marteau.

Elle est formée par un derme ou chorion très mince, aplati, dont les fibres se continuent avec celles de la couche radiée. L’existence de ce chorion est niée par Gerlach et Siebenmann. Il ne présente pas de papilles, sauf au niveau de sa région épaissie où il se soulève quelquefois en excroissances basses et à peine accentuées (Popper). Il existe en outre, dans cette région, et au-dessous du derme, une couche de tissu cellulaire sous-cutané avec des petits vaisseaux sanguins et lymphatiques et des ramifications nerveuses venues le long du manche du marteau.

L'épiderme comprend deux couches de cellules qui reposent sur une membrane basale anhyste : une couche profonde de cellules cubiques,

Fig. 311. — Coupe de la membrane du tympan D’uprès Siebenmann.

ORGANES DES SENS

basses, une couche superficielle de cellules aplaties à limites indistinctes. Les plus superficielles sont horizontales, aplaties, transparentes, annuclées et cornées. Elles peuvent souvent faire défaut (fig. 3 1 1 ) .

c) La couche interne ou muqueuse est formée par la muqueuse de la caisse appliquée sur la face interne de la membrane tympanique. Elle comprend un chorion très mince et une couche aplatie de cellules épithéliales, larges, à bords souvent irréguliers et sinueux (v. Ebner). Ces cellules augmentent de hauteur vers l'extrémité supérieure de la membrane, deviennent cubiques au niveau du bourrelet marginal, puis cylindriques et ciliées, du moins chez l’enfant, au niveau de la paroi osseuse supérieure (v. Ebner). Gerlach a signalé dans la même région de petites papilles vasculaires.

B. Partie flaccide. — La membrane de Schrapnell ou partie flaccide est constituée par l’adossement de la couche cutanée et de la couche muqueuse. On admet en général que la membrane propre manque à ce niveau. Zuckerkandl pense toutefois que celle-ci envoie entre les deux couches précédentes une expansion très mince qui serait formée par les fibres circulaires de la membrane propre.

Les vaisseaux sanguins se développent en deux réseaux, l’un cutané, l’autre muqueux. Ces deux réseaux ne communiqueraient qu’au moyen de veinules perforantes (Moos), sauf dans la région du manche du marteau où des artérioles, venues des deux systèmes, se rendent dans le périoste et s’y anastomosent.

On trouve des capillaires lymphatiques dans la propria de la membrane tympanique, bien développés surtout au niveau de la formation dendritique de Gruber. Les vaisseaux de ce réseau sont particulièrement abondants le long du manche du marteau et sont en rapport par de petits troncs anastomotiques avec ceux du conduit auditif externe (Alagna). Les nerfs se ramifient dans les trois couches. Leurs terminaisons sont mal connues. On peut distinguer deux plexus nerveux : un plexus fondamental, fibres myéliniques qui se ramifient dans la membrane propre et un plexus sous-épithélial de fibres sans myéline. Des minces fibrilles partent de ce dernier, se dirigent vers la couche cutanée et se terminent entre les cellules épithéliales.

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