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Histogénèse du cristallin

Nous avons vu que l’ébauche cristallinienne se forme au-devant de la vésicule optique ; elle est représentée successivement par une cupule et une vésicule cristalliniennes dérivées de l’ectoderme tégumentaire dont elles deviennent peu à peu indépendantes.

i° Histogénèse des Cellules cristalliniennes. — La vésicule cristallinienne est formée par une seule couche de cellules cubiques. Puis les cellules de la paroi interne s’accroissent de dedans en dehors et font dans leur ensemble une saillie prononcée. C’est le « coussinet cristallinien » qui finit par remplir complètement la cavité centrale (fig. 3i2 et 3i3). Les cellules épithéliales allongées sont les jeunes fibres cristalliniennes. Les éléments de la région équatoriale se multiplient abondamment et les cellules-filles viennent se surajouter aux fibres du coussinet. Cellesci prennent enfin contact avec la paroi externe de la vésicule cristallinienne (épithélium antérieur) qui est dès lors transformée en un organe plein, le « cristallin embryonnaire ».

L’ébauche cristallinienne, à partir de ce moment, s’accroîtpar la multiplication des cellules de la région équatoriale (zone de transition). Elles s’al-

HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE

longent considérablement, prennent une direction curviligne, et recouvrent de leurs stratifications régulières et successives le coussinet cristallinien. Les cellules de ce dernier sont enveloppées par les nouvelles générations de fibres et forment une sorte de noyau plus dense, le noyau cristallinien. Les fibres de ce noyau cessent de s’accroître alors que les fibres périphériques s’allongent de plus en plus, s’avancent concentriquement sur ses faces antérieure et postérieure, et finissent par limiter au niveau des pôles deux dépressions arrondies. Celles-ci demeurent telles quelles chez certaines espèces animales; elles prennent au contraire une forme linéaire chez d’autres espèces et en particulier chez les Mammifères (Embryons de Lapin et de Porc, Rabl). La direction rectiligne de ces sillons est un fait important au point de vue morphologique; il montre qu’elle est primordiale et que les autres formes sont secondaires. Le sillon postérieur apparaît avant lejsillon antérieur chez les embryons de Mammifères, en particulier chez le Porc; il montre une direction horizontale et l’antérieur une direction verticale. Ces sillons se transforment ensuite l’un et l’autre en étoiles à trois branches. Le sillon postérieur, par exemple, se coude tout d’abord et dessine un angle obtus ; une troisième branche verticale s’accroît à partir du sommet de cet angle et représente l’ébauche d’un rayon vertical. L'étoile antérieure se différencie d’une manière analogue. Des coupes en série de dehors en dedans montrent que chaque étoile à trois branches se transforme en une suture linéaire au fur et à mesure qu’on se rapproche du centre du cristallin. Les étoiles du cristallin qui possèdent tout d’abord trois branches chez l’embryon humain, en possèdent six après la naissance ; Rabl a vu des étoiles à neuf branches, dont les rayons sont assez courts, irréguliers et en forme de zig-zag.

La multiplication des cellules équatoriales et l’adjonction de nouvelles fibres à celles qui existaient déjà se réalise pendant un temps relativement très court de la vie intra-utérine. Le cristallin acquiert en effet de très bonne heure son architecture et son volume presque définitifs. Pendant sa croissance rapide, le cristallin est nourri par un réseau vasculaire qui l’entoure complètement. C’est la tunique vasculaire du cristallin formée par les vaisseaux issus de l’artère hyaloïdienne, par les artères propres du corps vitré et du grand cercle artériel de l’iris. Ces vaisseaux sont plongés dans une lame de cellules mésenchymateuses qui ferme en avant l’ouverture pupillaire (membrane pupillaire de Wachendorff). La tunique vasculaire du cristallin atteint son plus grand développement vers le septième mois de la vie intra-utérine, s’atrophie ensuite peu à peu et dispa i ai t quelque temps avant la naissance.

2° Histogénèse de la capsule cristallinienne ou cristalloïde. — On admet généralement qu’elle est une différenciation de raluie cuticulaire élaborée par les cellules cristalliniennes. Beaucoup de biologistes cependant attribuent à la cristalloïde une double provenance, provenance mésodermique pour ses couches externes, ectodermique pour ses couches internes (Kôlliker, Manz, Schwalbe). Suivant Damianoff, le cristallin au début de sa formation est entouré par une mince capsule anhysle sécrétée par les cellules cristalliniennes. Cette capsule se développe très vite après l’ap-

ORGANES DES SENS

parition de la membrane vasculaire, puis s’épaissit encore de toute l’épaisseur de cette membrane, qui devient homogène et transparente. Cette fusion paraît démontrée par ce fait que les fibres de la zonule s’insèrent sur la membrane vasculaire et non sur la cristalloïde.

La cristalloïde comprend donc trois parties au point de vue ontogénétique : i° une couche interne, cuticulaire, très mince, sécrétée par les cellules cristalliniennes; 2° une couche moyenne produite sous l’influence trophique de la membrane vasculaire; 3° une couche externe, constituée parla membrane vasculaire transformée. Van Pée admet lui aussi que des éléments mésodermiques participent à l’édification de la cristalloïde.

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