II. — Trompe d’Eustache
i° Muqueuse. — La muqueuse de la trompe se continue avec celle du naso-pharynx et avec celle de la caisse dont elle gagne peu à peu tous les caractères. Elle diffère légèrement dans la portion cartilagineuse et dans la portion osseuse de la trompe : elle est beaucoup plus épaisse dans la première région que dans la seconde, présentant son épaisseur maxima dans la région juxta-pharyngienne. L’épithélium répond au type cylindrique cilié. Dans la première région, les cellules cylindriques sont très hautes, très étroites, munies de longs cils vibratiles. Des cellules basales ou de remplacement existent entre les pieds de ces éléments. On y rencontre aussi des cellules à mucus. Dans la seconde région, les cellules cylindriques ciliées sont plus basses ; les cils sont moins longs et ne sont pas constants.
Le chorion de la muqueuse est constitué essentiellement par du tissu adénoïde dans la portion cartilagineuse de la trompe. Il est d’autant plus abondant qu’on considère des régions plus rapprochées de l’orifice pharyngien de la trompe. 11 occupe toute l’épaisseur du chorion à ce niveau et se continue, sans ligne de démarcation nette, avec la tonsille pharyngienne. Son abondance est si grande chez les enfants et au niveau de l’orifice pharyngien de la trompe qu’on lui a donné le nom de lonsille tubaire (Gerlach, Teutleben). Une autre amygdale tubaire a été décrite par Anton au pourtour de l’orifice tympanal. W. Anton a montré que ce tissu adénoïde présente son développement maximum chez l’enfant de un an et demi à deux ans. Son inflammation détermine souvent le catarrhe de la trompe dans le premier âge de la vie. Ce tissu adénoïde manque tout à fait dans la région osseuse de la trompe; le chorion est là de nature exclusivement connective, sauf au niveau du toit où il est infiltré de globules blancs en petite quantité (Rüdinger).
2° Glandes. — La muqueuse de la portion osseuse de la trompe ne renferme pas de glandes. On y trouve cependant des espaces lacunaires ou « cellules tubaires », qui représentent des invaginations de la muqueuse dans les anfractuosités osseuses sous-jacentes. Ces invaginations seraient des glandes muqueuses très simples (Bezold, Siebenmann).
La région cartilagineuse, au contraire, est riche en glandes. Celles-ci deviennent de plus en plus volumineuses et de plus en plus nombreuses vers l’orifice pharyngien. Leurs culs-de-sac se ramifient abondamment dans toute l’épaisseur du chorion et même presque dans le périchondre. Les canaux excréteurs et les culs-de-sac sont revêtus d’un épithélium d’une hauteur exceptionnelle ; ceux-ci sont du type des glandes muqueuses mixtes.
3° Squelette de la trompe. — La muqueuse repose directement sur l’os ou le cartilage sous-jacent. Le périoste et le périchondre se continuent directement avec le tissu conjonctif du chorion. La zone centrale du cartilage est constituée par du cartilage hyalin dont la substance fondamentale
TUBE DIGESTIF
est parcourue çà et là par quelques fibres conjonctives. Des nids de cartilage élastique sont inclus dans ce cartilage hyalin ; leurs chondroplastes très serrés sont plongés dans une substance fondamentale réduite et parcourue par un riche réseau de fibres élastiques. La zone périphérique du cartilage, du côté convexe, est un véritable fibro-cartilage, grâce à la pénétration dans sa substance de nombreuses fibres venues du périchondre.
Les caractères sus-indiqués apparaissent seulement avec l’âge ; le cartilage de la trompe est tout entier hyalin chez le nouveau-né (Urbantschitsch).