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I. — Histogénèse nu pancréas

Le pancréas est formé par deux ébauches ventrales et une ébauche dorsale, qui procèdent de la paroi entodermique de l’intestin au niveau de la « zone annulaire hépato-pancréalique » (p. 26). Au premier stade du développement du pancréas succède une période histogénique que Laguesse a étudiée, et que Ton peut répartir en plusieurs stades successifs.

Dans un premier stade, il se produit, par bourgeonnement des ébauches primitives de l’organe, un système de cordons pleins, variqueux, présentant çà et là des anastomoses.

Ces cordons pleins se creusent dans un deuxième stade, et deviennent des tubes pancréatiques primitifs, bosselés, ne présentant encore aucune distinction en canaux excréteurs et cavités sécrétantes. Par contre, il se produit, à ce moment déjà, une différenciation des cellules épithéliales, et il apparaît çà et là quelques cellules troubles, qui, en proliférant peuvent donner lieu à des amas cellulaires que Laguesse nomme « îlots primaires » (fig. 4 22, /./>.); il les considère comme étant une première fournée de ces formations que renferme le pancréas de l’adulte et qui seront décrites plus loin sous le nom d’îlols endocrines ou de Langerhans. Ces îlots primaires sont capables de se souder entre eux, pour former des îlots composés souvent visibles à l’œil nu. Parmi les îlots primaires, il en est de très particuliers, caractérisés par une vascularisation très abondante; ils se présentent sous la forme de sacs arrondis, limités par une paroi épithéliale, et bourrés d’hématies; on les appelle pour cette raison des « îlots à hématies» (fig. 42-3, i.h.): on ne connaît d’ailleurs exactement ni leur mode de formation, ni leur signification. Claude assigne aux cellules troubles et aux îlots primaires une tout autre origine; au lieu de les faire provenir de l’épithélium des tubes pancréatiques, il les voit se différencier aux dépens de cellules mésenchymateuses et s'accoler secondairement aux tubes épithéliaux pour en former les cellules troubles.

Le troisième stade est marqué par la formation des cavités sécrétantes

GLANDES

ou acinus, qui bourgeonnent sur la paroi des tubes pancréatiques primitifs

Fig. 422. — Coupe du pancréas chez un embryon de Mouton de 7 centimètres de long, tp, tubes pancréatiques primitifs. — ap, acinus primaires. — ce, cellules épithéliales ordinaires. et, cellules troubles. — ip, îlots primaires. X 250.

Ges cavités s’agrandissent et subissent une lobulation qui les décompose en acinus plus petits (fig. 424). Les cellules, qui forment la paroi même de l’acinus, et qu’on peut appeler cellules principales, se remplissent de grains de zymogène, en telle abondance qu’ils n’occupent pas seulement la région apicale, mais envahissent encore toute l’étendue de la cellule. La précoce apparition et la quantité de cette sécrétion sont tout à fait remarquables ; elles assurent au pancréas une place à part dans l’ensemble du système glandulaire de l’embryon et donnent à penser qu’il remplit dans l’organisme embryon-

Fig. 423. — Pancréas d’un embryon de Mouton de 15 centimètres. Ilot à hématies.

ih, îlot à hématies. — p , sa paroi épithéliale. — h, hématies qui en forment le contenu. — a, acinus glandulaires. — le, tissu conjonctif, x 250.

HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE

naire une fonction importante. D’autres cellules, situées en dedans des précédentes, occupant même Ja lumière de la cavité acineuse, sont les éléments que nous retrouverons dans le pancréas adulte et qu'on y connaît sous le nom de cellules contro-acineuses. Ce qui reste des tubes primitifs du pancréas se régularise pour devenir les canaux excréteurs.

Dans un quatrième stade se forment de nouveaux îlots de cellules particulières, de nouveaux îlots endocrines ou de Langerhans, qu’on peut distinguer des îlots primaires par l’épithète de secondaires ; ils paraissent

Fie. 421. — Coupe du pancréas chez unembryon de Mouton de 12 cm. 5.

es. grandes cavités sécrétantes résultant de l’extrémité agrandie des tubes pancréatiques primitifs, en voie de décomposition acineuse. — a,a, ncinus qui résultent de cette décomposition. — cp. cellules principales contenant dans leur zone interne ou apicale des grains de zymogène. — cca, cellules eentro-acineuses. — le, tissu conjonctif, x 250.

provenir do la transformation de cavités sécrétantes. D’autre part des îlots secondaires disparaissent en devenant acinus glandulaires. Les îlots, d'après Claude, dégénèrent en massifs conjonctifs, si bien que nés du mésenchyme ils retournent au mésenchyme. Il y a donc, d’après Laguesse, pendant cette phase de développement, néoformation et disparition d' îlots endociines. Ce double phénomène continuerait, d’après Laguesse, pendant toute la vie. Pondant ce temps, les cavités sécrétantes bourgeonnent et se ramifient, en formant de nouveaux alvéoles glandulaires, d'où résulte l’accroissement de la glande. L'origine des îlots de Langerhans, aux dépens des mêmes ébauches épithéliales qui fournissent le parenchyme sécrétant, a été confirmée, pour l'Homme, par Pearce et Kuster.

GLANDES

Ainsi il se produit, dans le développement du pancréas, deux formations différentes : des acinus glandulaires creux et des îlots endocrines pleins. Ces deux organites de la glande naissent l’un de l’autre et peuvent, d’après Laguesse, se transformer l’un dans l’autre. Nous retrouverons chez l’adulte ces deux organites constitutifs. Leur juxtaposition dans un même organe anatomique, dans le pancréas, assigne à cet organe une place à part parmi les glandes annexes du tube digestif.

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