‹ Traité d'histologie :Chapitre 214 sur 267 · IV. — Bronches · texte numérisé non relu

IV. — Bronches

i° Anatomie microscopique de l'arbre bronchique. — L’arbre bronchique se compose de chaque côté :

D’une bronche-souche ou principale , qui comprend elle-même une portion extra-pulmonaire et libre, la bronche de l’anatomie descriptive, et une portion intra-pulmonaire ;

De bronches secondaires ramifiées à l’intérieur du poumon en tuyaux bronchiques de calibre de plus en plus faible qui finissent par ne plus être que des bronches de 2 millimètres de diamètre au plus cheminant entre les lobules pulmonaires et nommées pour cette raison bronches interlobulaires. De celles-ci naissent des minuscules bronchiques mesurant 1 millimètre de diamètre, qui pénètrent dans les lobules pulmonaires dont elles forment le canal collecteur et le pédicule; on les nomme bronches lobulaires, « sus-lobulaires, ou « sub-lobulaires ». Chacune d’elles se continue dans l’intérieur du lobule sous le nom de bronche intralobulaire et émet une dizaine de bronches dites bronchioles terminales. Jusqu’alors la forme et la structure des conduits bronchiques n’avaient pas subi de modifications importantes. Mais les bronchioles terminales en s’enfonçant plus avant dans le lobule pulmonaire se couvrent bientôt de dépressions ou fossettes, les alvéoles pulmonaires, en même temps que leur épithélium se modifie, devient plat et prend le type respiratoire dont il a été question plus haut. Puis ces bronchioles respiratoires , comme 011 peut les appeler, se continuent par les canaux alvéolaires. A partir du moment où elles ont présenté ces importantes modifications de forme et de structure, les bronches n’appartiennent plus au système excréteur de la glande pulmonaire, mais au parenchyme même du poumon et doivent être étudiées avec ce dernier.

20 Structure des bronches. — Si sur toute la longueur de ce trajet l’arbre bronchique offre un plan de structure à peu près uniforme, ce plan n'est pas sans éprouver des transformations locales notables en rapport avec le calibre des bronches. Ces transformations portent sur les divers élé-

ments qui entrent dans la constitution de la paroi bronchique, et elles sont quantitatives ou qualitatives, certains de ces éléments étant plus ou moins abondants suivant l’endroit, ou bien ayant une forme et une constitution variables. Les principaux éléments constitutifs des glandes qu’ilyaà considérera cet égard sont l'épithélium, les glandes, les cartilages et les muscles.

A. Épithélium. — L’épithélium est semblable, dans les bronches de gros et de moyen calibre, à celui de la trachée, c’est-à-dire que c’est un épithélium stratifié à cellules cylindriques vibratiles. 11 conserve ce caractère

HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE

jusque dans les bronches d’un calibre de a millimètres environ. Au-dessous de ce diamètre, l'épithélium devient simple, formé de cellules cylindriques, vibratiles, auxquelles sont mélangées des cellules caliciformes. Dans les bronchioles terminales qui résultent de la division de la bronche intralobulaire, l’épithélium cubique a perdu ses cils. Plus loin il prend, dans les bronchioles respiratoires, le caractère d’épithélium respiratoire qui sera décrit plus tard. L’endroit précis, où les cellules épithéliales cessent d’être ciliées et passent de la forme cylindrique à la forme cubique, a été diversement déterminé. Kôlliker dit que les cils existent toujours dans les bronches respiratoires de l’Homme, c’est-à dire inférieures à o mm. 5 et ayant un diamètre de o mm. 6 à o mm. 4 ; Egdaiil donne un chiffre un peu plus élevé (de o mm. 4 à o mm. 5 ou même o mm. 6). Quant aux cellules caliciformes, elles manquent, d’après Kôlliker, dans les bronches respiratoires de l’Homme et n’existent que dans les conduits supérieurs à o mm. 4 ; elles s’étendent donc un peu moins loin que les cellules ciliées ; d’après Egdaiil, elles disparaissent chez l’Homme et chez le Chat en même temps que les cellules vibratiles.

B. Glandes. — Les glandes bronchiques existent sur toute l’étendue de l’arbre bronchique, jusqu’aux bronchioles terminales. Leur nombre varie selon les espèces; rares chez les Rongeurs, elles sont très nombreuses chez les Ruminants (Bonne). Leur abondance et leur volume sont en rapport avec le calibre des bronches ; elles sont de plus en plus rares et de plus en plus petites, à mesure que ce calibre diminue. On admet que chez l’Homme elles cessent d’exister dans les petites bronches en même temps que les pièces cartilagineuses. En réalité, on n’est pas fixé sur le point exact où elles disparaissent; d’après Kôlliker, Schulze, Krause, Schaffer, on ne les trouve plus dans les bronches de î millimètre ; Frankenhauser les considère comme rares chez l’Homme dans des bronches de moins de omm. 4> et Stôiir de o mm. 5; d’après Egdaiil, elles s’étendent dans les plus fines bronches jusqu’aux bronchioles terminales et sont situées surtout aux points de bifurcation des tuyaux bronchiques.

Ces glandes sont du type alvéolaire composé ou même tubuleux ramifié. Elles contiennent, d’après Kôlliker, Renaut et Bonne, trois sortes de cellules sécrétantes : les unes mucipares, les autres aquipares ou séreuses, d’autres zymopoiétiques. Celles de la deuxième catégorie sont les plus répandues et elles forment la presque totalité des glandes tubuleuses ramifiées, tandis que les glandes du type alvéolaire composé sont constituées par des culs-de-sac mixtes, pourvus de croissants de Giannuzzi (niés à tort par Egdahl (fig. 4^2, s.). La masse glandulaire siège surtout entre la couche musculaire et les segments cartilagineux.

Le canal excréteur suit un trajet sinueux, en général oblique par rapport à la surface de la muqueuse ; après s’être dilaté en ampoule (Frankenhauser, Kôlliker), il s’ouvre par un orifice rétréci au fond d’un entonnoir de la muqueuse. L’épithélium est formé de deux couches de cellules, celles de la couche profonde cubiques, celles de l’assise superficielle cylindriques i Oberti ; l’orifice infundibuliforme est tapissé par un épithélium vibratile stratifié semblable à l’épithélium de la bronche.

GLANDES

Le chorion de la muqueuse bronchique a essentiellement les mêmes caractères que celui de la trachée. Les fibres élastiques sont développées surtout dans les plis longitudinaux de la muqueuse, qui ne s’effacent pas par la distension et qui donnent une forme étoilée à la lumière des bronches, surtout de celles du moindre calibre. Le chorion est infiltré de leucocytes qui peuvent émigrer dans la cavité des glandes (Bonne). Tandis que chez les Ruminants on n’observe guère qu’une infiltration lymphoïde diffuse, la muqueuse bronchique d’autres Mammifères et celle de l’Homme renferment,

es. c-

Fig. 452. — Glandes bronchiques de l'Homme.

Bronche de 1 centimètre de diamètre. — Ces glandes sont du type séro-muqueux. — m, parties muqueuses. — s, parties séreuses (croissants de Giannuzzi) souvent très importantes et presque distinctes de l'acinus muqueux. — ce, canaux excréteurs remplis par le produit de sécrétion (coloré en noir). — vs, vaisseau sanguin (veinule). — es, capillaires sanguins. — c, cellules spéciales du tissu conjonctif, accompagnant souvent les capillaires sanguins, x 250.

d’après Kôlliker, Frankenhauser, Stôhr, Bonne, Kulcicki, des nodules lymphoïdes ou tonsillae basilares , qu’on retrouve encore jusque dans les bronchioles terminales. Ces follicules débordent souvent la muqueuse profondément, pénétrant entre les cartilages et la couche musculeuse ; d’autre part, en traversant la couche conjonctivo-élastique superficielle du chorion, ils forment une tète qui soulève l’épithélium de la muqueuse, et par laquelle les leucocytes tombent dans le tube bronchique.

C. Couche musculaire. — La couche musculaire, au lieu d’être comme dans la trachée localisée à la face postérieure du conduit aérien, enveloppe celui-ci complètement. On nomme muscle de Beissessen l’ensemble des

HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE

fibres musculaires lisses qui constituent cette couche. Ces fibres, à direction circulaire, forment des faisceaux séparés par des intervalles conjonctifs et reliés les uns aux autres par des faisceaux anastomotiques ; il en résulte un réseau musculaire à travées surtout transversales. Le muscle de Reissessen est, d’après Guieysse, la continuation du muscle trachéal, bien que sa situation et ses rapports soient différents. Tandis que le muscle trachéal est relégué à l’intérieur de la tunique fibro-élastique de la trachée, le muscle de Reissessen beaucoup plus superficiel est immédiatement sous-jacent à la muqueuse et a pu pour cette raison être considéré comme représentant une couche musculaire muqueuse. De plus, le premier s’attache aux cartilages, au lieu que le second 11e prend aucune insertion sur les pièces cartilagineuses des bronches. L’épaisseur du muscle de Reissessen augmente, relativement à l’ensemble de la paroi bronchique, avec la diminution du calibre de la bronche. Aussi a-t-on pu dire que le type musculaire des bronches, comme celui des artères, était d’autant plus accusé que le calibre du conduit était plus faible.

D. Membrane fibro-élastique et cartilages. — Comme dans la trachée, une tunique fibro-élastique entoure de toutes parts la bronche et contient dans son épaisseur des pièces cartilagineuses plus ou moins développées. Ces pièces ont dans la grosse bronche extrapulmonaire la même forme d’arcs et la même disposition régulière que dans la trachée. Dans les bronches intra-pulmonaires, les cartilages deviennent très irréguliers, et d’autant plus espacés que les bronches sont de plus petit calibre. O11 finit par 11e plus les trouver qu’au niveau des éperons qui séparent les deux rameaux de bifurcation d'une bronche. Ils disparaissent chez l’Homme et d’autres Mammifères dans les bronchioles de 1 millimètre de diamètre (Sciiulze, Spalteholz, Krause, Schafer, Stôhr), plus exactement de o mm. 4 d’après Franiÿenhaüser et seulement dans celles de o mm. 25 (Kôlliker, Egdahl). On admet généralement que ces cartilages sont du type hyalin ; mais de Kervily a montré qu’ils offrent déjà chez le fœtus des réseaux élastiques.

Y. — Vaisseaux et nerfs du larynx, de la trachée et des bronches.

i° Vaisseaux. — Les vaisseaux sanguins forment dans le larynx et dans la trachée plusieurs réseaux superposés étalés tangentiellement, dont le plus fin est un réseau capillaire immédiatement sous-jacent à l’épithélium.

Les lymphatiques constituent de même deux réseaux horizontaux; le plus superficiel est situé au voisinage du réseau capillaire sous-épithélial.

20 Nerfs. — Les nerfs forment deux plexus, l’un profond, l’autre superficiel, auxquels sont annexés des ganglions microscopiques. Les filets nerveux qui en partent sont destinés les uns aux muscles et aux vaisseaux, les autres aux glandes, d’autres enfin à la muqueuse dont 011 connaît la sensibilité extrême, dans le larynx surtout. Les ganglions, qui ont le caractère de ganglions sympathiques, sont les uns péri-bronchiques, les autres sous-

GLANDES

muqueux, ces derniers plus petits ; il n’y a pas de renflements ganglionnaires dans l’épaisseur de la muqueuse (Budde). Les ganglions péri-bronchiques, dont on peut constater encore l’existence sur des bronches de très faible calibre, sont, d’après le même auteur, situés de préférence aux points de bifurcation des bronches et aux points où les bronches sont en contact avec les vaisseaux pulmonaires.

Les terminaisons nerveuses de la muqueuse laryngée et trachéenne ont été étudiées par Fusari, Retzius, Plosciiko. Ces terminaisons se font soit dans le chorion de la muqueuse, soit dans l’épithélium ; ce sont de simples ramifications nerveuses, ou bien des organes spéciaux plus ou moins nettement corpusculaires décrits par Ploschko.

L'existence de bourgeons gustatifs dans la muqueuse laryngée est connue depuis fort longtemps. Découverts par Verson, ils ont été retrouvés par un grand nombre d’observateurs, Davis entre autres. D’après cet auteur, les bourgeons du goût existent chez l’Homme aussi bien que chez d’autres Mammifères, en plusieurs endroits du larynx. Chez l'Homme adulte, ils commencent à paraître à 3 mm. 5 au-dessous de la pointe de l’épiglotte et se trouvent sur tous les points de la muqueuse laryngienne, les cordes vocales exceptées, que tapisse un épithélium plat. On peut en trouver aussi dans les endroits revêtus d’un épithélium vibratile ; mais alors ils sont toujours recouverts par quelques assises de cellules aplaties. C’est sur la face postérieure de l’épiglotte, sur la face interne des replis ary-épiglottiques et des cartilages aryténoïdes qu’ils sont le plus abondants. La terminaison des nerfs, étudiée par Retzius, se fait de la même façon que dans les bourgeons gustatifs de la langue.

Article 3. — POUMON (1)

Page 1