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Fig. 454. — Coupe du poumon du Rat , pour l'ensemble de la constitution du lobule pulmonaire.
bl , bronche lobulaire ou sus-lobulaire. — bil, bronche intralobulaire. -- 6a, bronche acineuse ou terminale. — v, carrefour correspondant au vestibule. — ca, canaux alvéolaires — i, infundibulum. — a, alvéoles pulmonaires, que la coupe montre soit ouverts dans l infundibulum, soit clos de toutes parts. X 60.
HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE
cTHardiviller) du développement de l’arbre épithélial aérien a préparé un schéma très simple de la disposition des cavités respiratoires chez l’adulte. Les dernières divisions de la ramification épithéliale, en se couvrant de dépressions alvéolaires, donnent lieu à des canaux alvéolaires ou cavités respiratoires. Chaque bronchiole terminale se termine par un système compliqué de ces canaux alvéolaires, auquel convient le nom d 'acinus pulmonaire. Laguesse précise comme il suit ces dispositions.
Il a suivi une bronchiole acineuse et le bouquet de canaux alvéolaires qui lui fait suite, dessiné les coupes correspondantes, décalqué ces dessins sur des plaques de cire, superposé ces plaques et obtenu par leur superposition le modèle exact mais très grossi de tout ce petit système. On peut avoir, mais très difficilement, des moules du lobule pulmonaire, en poussant des injections fines dans les tuyaux bronchiques et en corrodant ensuite le tissu ambiant par un acide. Il se produit aussi parfois, dans les exsudats de la pneumonie fibrineuse, des fragments de moules naturels des cavités respiratoires.
La bronchiole acineuse porte, de place en place, quelques alvéoles disséminés ou en file, tout en conservant son caractère net de tuyau bronchique. Puis elle s’élargit, sa paroi s’amincit, les alvéoles se multiplient sur son pourtour, la bronche cesse d’ôtre reconnaissable et se change en un conduit d’aspect nouveau, le canal alvéolaire. D’ailleurs, l’arbre pulmonaire creux continue à se ramifier jusqu’à sept fois de suite ; mais les rameaux sont dès à présent courts et larges; l'arborisation, au lieu d’ôtre grêle comme précédemment, est serrée et ramassée et prend la forme d’un chou-fleur. Les alvéoles qui couvrent la paroi des canaux sont de dimensions variables, mesurant en moyenne de 0,1 à 0,25 millimètres de diamètre ; leur diamètre s’accroît beaucoup avec l’âge parce que l’élasticité de leur paroi diminue et que leur extensibilité augmente. L’ensemble des rameaux ultimes appcndus à une bronchiole terminale forme un acinus pulmonaire, assez comparable à un acinus glandulaire, et mesurant environ 2 millimètres de diamètre.
La description de Laguesse est sensiblement analogue à celles de Fr. E. Schulze et de Charcot. Mais elle modifie celles de plusieurs de ses devanciers, en les simplifiant, en en retranchant certains détails reconnus pour inexacts ou tout au moins pour accessoires. C’est ainsi que Charcot et plus tard Miller ont appelé « vestibule » l’endroit légèrement élargi où la bronchiole terminale se partage en plusieurs canaux alvéolaires (fig. 454, v.); cet élargissement est assez insignifiant pour pouvoir être négligé. Miller a nommé « atrium » une sorte de carrefour, qui, comparable à celui des habitations pompéiennes et romaines, donne accès dans plusieurs chambres respiratoires. Enfin et surtout, Rossignol a depuis longtemps introduit dans le plan d’architecture du lobule pulmonaire la notion de 1’ « infundibulum », qui a été admise classiquement et que Laguesse condamne expressément. D’après Rossignol et tous ceux (Kôlliker, Sappey, Miller) qui l’ont suivi, les canaux alvéolaires 1 fig. 454, c.a.) se terminent par des culs-de-sac renflés en entonnoir (« infundibulum » de Rossignol, «. lobule élémentaire » de Kôlliker, « lobule primitif » de Sappey, « sac aérien » de Miller) (fig. 454, *•) °h débouchent un certain nombre d’alvéoles ou vésicules pulmonaires. Exagérant encore les données de Rossignol, on fit de ces sacs terminaux les
GLANDES
unités élémentaires du poumon. Il ne s’agit au contraire, d’après Schultze et Laguesse, que de l’extrémité borgne des canaux alvéolaires ; cette extrémité, qui est souvent effilée, ne mérite même pas les noms d’infundibulum et de sac sous lesquels on a voulu l’individualiser.
B. Tissu conjonctif, vaisseaux et nerfs du lobule. — La distribution des vaisseaux est la suivante. Avec la bronche lobulaire pénètre une branche de l’artère pulmonaire, exclusivement destinée au lobule, dont les rameaux suivent exactement les ramifications bronchiques, sauf que la division de l’artère est un peu moins régulière que celle de la bronche et se fait aussi un peu auparavant. Quant aux veines, leur trajet est tout différent. Les veinules nées du réseau capillaire des acinus gagnent en effet non pas l’axe, mais au contraire la périphérie du lobule pulmonaire ; elles s’y réunissent en un réseau situé dans la cloison interlobulaire, duquel partent les troncules veineux qui vont rejoindre l’artère pulmonaire lobulaire et suivent désormais dans leur trajet les branches artérielles.
Les lymphatiques, d’après la plupart des auteurs, ne vont pas jusqu’à l’extrémité des conduits alvéolaires et ne dépassent pas les bronches proprement dites ; ils suivent le même chemin que les veines.
Quant aux nerfs, ils accompagnent surtout les divisions interlobulaires des bronches et de l’artère pulmonaire.
Chaque lobule est entouré par une gaine de tissu conjonctif confondue avec celle des lobules voisins. Charcot a proposé d’appeler « espaces interlobulaires » ces cloisons de tissu conjonctif qui séparent les lobules les uns des autres et les a comparés aux espaces portes ou interlobulaires du foie. Il en a distingué, sous le nom d’ « espace intralobulaire », le tissu conjonctif qui à l’intérieur du lobule entoure l’artère et la bronche lobulaire ainsi que leurs ramifications. Celle distinction a surtout une valeur anatomo-pathologique. 11 a observé en effet que dans certaines scléroses diffuses du poumon la lésion débute par la condensation du tissu interlobulaire. Au contraire, les tubercules miliaires se développent primitivement dans le tissu conjonctif intralobulaire, en nodules inflammatoires péribronchiques.
IL — Histologie du poumon.
i° Structure générale des parois des cavités respiratoires. — Les cavités respiratoires dont il s’agit sont les canaux alvéolaires et les alvéoles eux-mêmes qui s’y ouvrent.
Les canaux alvéolaires ont une structure très différente de celle des bronchioles acineuses qu’ils continuent. Les différences portent sur la tunique interne, fibreuse et musculeuse, et surtout sur la tunique muqueuse. L’élément musculaire, si développé dans les plus petits tuyaux bronchiques, se réduit de plus en plus, dans les canaux alvéolaires et dans leurs branches de division ; il n’est plus bientôt représenté (pic par des faisceaux espacés, surtout développés au niveau des éperons de bifurcation ; aux extrémités des canaux alvéolaires les muscles ont disparu. Ces fibres musculaires sont, d’après Kôlliker, d’origine entodermique, formées par l’épithélium avec
HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE
lequel, par suite de ramineissement de la muqueuse, elles arrivent à être presque en contact. Par contre, l’élément élastique devient plus important dans les dernières divisions des canaux alvéolaires.
La muqueuse, très mince, porte un épithélium caractéristique, bien différent de celui des bronchioles terminales ; c’est celui que nous avons déjà nommé épithélium respiratoire. Dans les bronchioles terminales ou
Fig. 455. — Coupe d’un poumon de Lapin , montrant le passage de l’épithélium bronchique
à V épithélium respiratoire.
Imprégnation au nitrate d'argent.
Br, bronche intralobulaire. — br. branches collatérales de cette bronche. — l, trous correspondant à la lumière des bronches collatérales. — p, passage de l’épithélium bronchique à l'épithélium respiratoire, au niveau des canaux alvéolaires; l’épithélium cubique et foncé de la bronche devient discontinu et forme des îlots entre lesquels s’intercalent des plages ou des chemins clairs à épithélium respiratoire.— a, alvéoles avec épithélium respiratoire. Celui-ci (er) se caractérise par de petites cellules foncées, pc, pcLpc2, desquelles partent des lignes noires, tracées par l'argent, correspondant aux limites de grandes plaques cellulaires pic.
Préparation de St. Maziarski. x 70.
acineuses, l’épithélium était formé de cellules cubiques, sans cils. Cet épithélium cubique persiste dans les premiers canaux alvéolaires, mais il est de plus en plus fortement mélangé de plaques d’épithélium respiratoire. I Dans les alvéoles, le type respiratoire existe seul (fig. 455).
2° Épithélium pulmonaire ou respiratoire. — A. Caractères généraux de b épithélium. — Cet épithélium respiratoire est si mince que pendant longtemps on a nié son existence. Les anciens auteurs admettaient que dans
GLANDES
les cavités respiratoires le tissu conjonctif est à nu, le revêtement épithélial entodermique du poumon ayant disparu secondairement. On voulait expliquer par là les différences de l’inflammation des bronches tapissées par un épithélium (bronchite) et de celle des alvéoles pulmonaires dépourvus de tout épithélium (pneumonie). L’emploi du procédé d’imprégnation au nitrate d’argent révéla à Eberth, Elenz, Ch. Schmidt l’existence de cet épithélium* C’est chez les Batraciens qu’il existe sous sa forme la plus simple, et c’est le poumon de ces animaux qui doit être pris comme point de départ pour l’étude de l’épithélium respiratoire. Pour en prendre une bonne idée, il faut examiner à plat la face interne d’un poumon de Triton ou de Grenouille, où les contours des cellules épithéliales ont été tracés par le nitrate d’argent, où les noyaux ont été colorés par un réactif quelconque, où enfin le réseau des capillaires sanguins est bien visible. On voit alors (t. I, fig. 433) un dessin polygonal noir, correspondant aux limites des cellules épithéliales. Les noyaux cellulaires entourés de protoplasma granuleux peuvent être situés au milieu du champ cellulaire. Mais ordinairement ils sont rejetés dans un coin du territoire cellulaire ; les noyaux des cellules contiguës forment ainsi des groupes de deux, trois ou davantage. Cette disposition s’explique par les rapports que l’épithélium pulmonaire offre avec les vaisseaux sous-jacents. Toute la surface interne du poumon est tapissée par l’épithélium. Mais celte surface est inégale; les vaisseaux capillaires, en effet, forment un réseau de bourrelets saillants dans la cavité du poumon. L’épithélium pulmonaire s’adapte à ces accidents de surface. Tandis que la partie de la cellule (pii est amincie en une lamelle recouvre les saillies des vaisseaux, la partie protoplasmique et nucléée beaucoup plus épaisse s’enfonce dans les mailles du réseau, tapissant ainsi concurremment avec les régions semblables des cellules voisines le fond de ces fossettes intercapillaires. Ainsi est réalisé le dispositif le plus parfait pour assurer l’hématose, celui qui réduit au minimum la barrière que l’oxygène de l’air et les gaz du sang oui à traverser. L’air et le sang ne demeurent plus séparés que par deux lamelles très minces adossées l’une à l’autre : celle de l’endothélium du vaisseau sanguin, et celle de la cellule épithéliale pulmonaire. On peut confirmer l’existence de celle disposition caractéristique sur des coupes verticales de la paroi pulmonaire. Elles montreraient que les capillaires sanguins font saillie dans la cavité pulmonaire, et que ces saillies paraissent être nues, tant est mince la lamelle d’épithélium pulmonaire qui les recouvre ; on trouverait dans les intervalles des capillaires, dans les fossettes intercapillaires, les nids des noyaux épithéliaux entourés de protoplasme granuleux.
On rencontre çà et là dans le poumon de la Grenouille une disposition qui établit un passage à celle, plus compliquée, qu’offrent les poumons des Mammifères. On voit en effet par places chez la Grenouille les fossettes intercapillaires occupées par de petites masses granuleuses et nucléées, qui ne sont plus seulement comme précédemment les portions des grandes cellules, mais (pii sont devenues des cellules indépendantes. L’épithélium tend ainsi à prendre le type polymorphe ; il est devenu polymorphe chez les Reptiles et plus encore chez les Mammifères. On y trouve en effet deux sortes de cellules épithéliales, que le nitrate d’argent suivi d’un colorant
Histologie II.
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nucléaire met en évidence. Ce sont d’une part de grandes plaques cellulaires, irrégulièrement polygonales sans noyau, pouvant mesurer jusqu’à 100 \j. de diamètre (flg . 455 et 45 7, pl.c.) ; elles recouvrent les capillaires sanguins ; les lignes d’imprégnation qui les limitent peuvent se prolonger et se perdre dans leur intérieur, ou aboutir à une petite cellule (p.c.*) qui se trouve ainsi comme enclavée dans la grande plaque cellulaire. Les petites cellules {p.c.), granuleuses, nucléées, de contour polygonal, trois ou quatre fois
plus petites que les éléments précédents, occupent les fossettes intercapillaires ; elles sont tantôt isolées (p.c., p.c J), tantôt réunies en groupes plus ou moins nombreux {p.c.2). L’examen de coupes verticales de la paroi pulmonaire complète les vues de face de poumon imprégné au nitrate d’argent (fig. 45b). Les capillaires (c.) y paraissent, à cause de l’extrême minceur des plaques cellulaires qui les recouvrent, dépourvus de tout revêtement épithélial, quand la coupe n’intéresse pas un noyau de l’endothélium du capillaire lui-même [n.e.). Les fossettes intercapillaires sont tapissées par les petites cellules (p.c.), qui ont la forme de lentilles biconvexes ou simplement plan-convexes à convexité tournée vers la cavité pulmonaire. L’étude de la structure fine des parois alvéolaires est rendue très difficile par leur grande minceur et par l’irrégularité de leur constitution.
L’épithélium respiratoire avec ses deux sortes d’éléments est une acquisition secondaire. Primitivement les cavités respiratoires étaient tapissées par un épithélium uniforme, d’abord cubique, puis plat. On admet généralement que la transformation de cette couche épithéliale en épithélium respiratoire n’est pas graduelle, mais soudaine, et qu’elle succède aux premières inspirations qui en sont de plus la cause déterminante. On a pu constater en effet que chez un nouveau-né venu au monde avant terme, mais ayant respiré même pendant un temps très court, l’épithélium était déjà en partie transformé, bien qu’il ne soit pas arrivé au terme normal de son développement. Les grandes plaques cellulaires y étaient visibles ; elles étaient dues à ce que sous la pression de l’air inspiré et par suite de la distension de la paroi pulmonaire, les petites cellules primitives avaient été subitement forcées de s’élargir considérablement. Beaucoup de ces plaques cellulaires étaient d’ailleurs en train de perdre leur noyau et leur protoplasma et de se réduire à l’état de lamelles amorphes qu’elles auront définitivement. On admet que les plaques définitives de l’épithélium pulmonaire
Fig. 456. — Coupe des parois alvéolaires chez l'Homme.
Chacun des dessins comprend les parois adossées de deux alvéoles contigus. — c, capillaires absolument superficiels, coupés transversalement ou longitudinalement. — ne, leurs noyaux endothéliaux. — g , globules rouges contenus dans ces capillaires — l. un leucocyte. — pc, petites cellules épithéliales isolées ou en groupes, l’une paraissant desquamer. -x- 250.
GLANDES
ne dérivent pas de l’agrandissement pur et simple des petites cellules, mais que pour former une plaque plusieurs de celles-ci peuvent se fusionner par leurs bords. On explique ainsi : l’existence de plaques très étendues qu’i} serait difficile de faire provenir d’une seule petite cellule ; la présence de lignes noircies par l’argent qui pénètrent plus ou moins profondément dans ces plaques et qui seraient les traces des contours de petites cellules incomplètement fusionnées ; l’existence de petites cellules granuleuses complètement enclavées dans les plaques cellulaires.
La transformation des cellules épithéliales primitives en larges plaques anucléées est due à une adaptation fonctionnelle remarquable de l’épithélium pulmonaire. Les cellules seront en effet physiologiquement d’autant plus parfaites qu’elles seront plus minces, et se laisseront plus facilement traverser par l’air et par les gaz du sang. Ce perfectionnement physiologique sera atteint ici au prix d'une dégradation morphologique, puisque les cellules les mieux adaptées auront perdu tout caractère cellulaire en perdant leur protoplasma et leur noyau. Les fibres du cristallin, les hématies sont de même (voir t. I, p. 5 1 7 et 573) des éléments très adaptés à leur fonction, mais auxquels celte adaptation a coûté leur caractère cellulaire.
Le| petites cellules granuleuses peuvent être considérées comme la reproduction chez l’adulte des cellules épithéliales cubiques de la paroi pulmonaire du fœtus ; ce sont des éléments jeunes, capables de proliférer et de fournir des cellules nouvelles qui se transformeront à leur tour en plaques épithéliales.
B. Réparation de l’épithélium. — Les anatomo-pathologistes attribuent classiquement à l’épithélium pulmonaire, si dégradé morphologiquement, la faculté de récupérer sa vitalité, de proliférer et de régénérer un épithélium nouveau. Voici par exemple ce qui se passe, d’après Cornil et Ranvier, au cours des inflammations soit expérimentales, soit naturelles du parenchyme pulmonaire. Les cellules épithéliales se tuméfient, deviennent très granuleuses ; leurs noyaux prolifèrent. L’épithélium ainsi transformé se desquame et tombe dans la cavité alvéolaire, ainsi que beaucoup de cellules lymphatiques qui passent par diapédèse de l’intérieur des vaisseaux dans la lumière de l’alvéole. Dans la période aiguë de l’inflammation, ces éléments cellulaires se trouvent en grande abondance au milieu du liquide exsudé et parmi les filaments fibrineux qui remplissent la cavité alvéolaire. Quand l'inflammation est sur son déclin, on trouve à la périphérie de l’alvéole une couche de cellules tuméfiées et granuleuses, adhérant les unes aux autres en une membrane épithéliale, qui bientôt s’appliquera à nouveau à la surface interne de la paroi pulmonaire et en reconstituera l’épithélium.
Ces faits d’observation, constatés par tous les anatomo-pathologistes (Cornil et Ranvier, Ciiarcot, Küttner et d’autres), sont indéniables. La régénération de l’épithélium pulmonaire peut être mise sur le compte des petites cellules granuleuses qui 11'ont pas perdu leur qualité cellulaire. Il est plus difficile au contraire de comprendre comment des éléments tels que les plaques épithéliales, déchus de leur dignité cellulaire, seraient capables de proliférer, de multiplier le noyau qu’ils ont perdu, et de régénérer l’épithélium pulmonaire.
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A la question du sort des éléments épithéliaux dans l’inflammation du parenchyme pulmonaire se rattache celle des cellules à poussière ( Staubzellen ) ou « cellules à charbon ». On sait qu’avec l’air inspiré pénètrent dans le poumon des poussières de toute nature, notamment des poussières de charbon provenant des fumées des grandes villes ; ces poussières donnent lieu à des dépôts normaux de charbon qui se font dans l’épaisseur du poumon et qui constituent Yanthracose pulmonaire. Avant de pénétrer dans l’intérieur de la paroi pulmonaire, les particules de charbon sont passées par les voies respiratoires et par les alvéoles pulmonaires. On trouve dans la cavité de ces alvéoles les cellules à poussière ou cellules à charbon, éléments chargés de particules charbonneuses qu’ils ont phagocytées. O11 a beaucoup discuté sur l’origine et la signification de ces cellules à poussière. Les uns les ont considérées comme des leucocytes sortis des vaisseaux, ayant émigré dans la cavité alvéolaire. Les autres en ont fait des cellules épithéliales qui, à la suite de l’irritation déterminée par ces poussières, sont tombées dans la cavité pulmonaire, où elles ont phagocyté les parcelles charbonneuses. On trouve en effet tous les intermédiaires entre les cellules à charbon et les petites cellules granuleuses de l’épithélium pulmonaire. Quelle que soit la nature des cellules poussiéreuses, le processus anthracosique a deuxjssues possibles : ou bien les cellules cèdent leur charbon à des leucocytes migrateurs qui le transportent dans les lymphatiques et de là dans l’épaisseur de la paroi pulmonaire ; ou bien les cellules sont entraînées vers les bronches et chassées au dehors par l’expiration et par le mouvement des cils de l’épithélium bronchique.
En outre des cellules à charbon, il y a des cellules dont la poussière est de nature graisseuse (Gilbert et Jomier). La graisse qu’elles contiennent circule dans les capillaires, apportée par l’artère pulmonaire ; une partie est entraînée par la veine pulmonaire ; une autre est consommée sur place; une autre est reprise par les leucocytes et déposée ensuite dans les parois alvéolaires et bronchiques, dont elle infiltre les cellules épithéliales.
3° Paroi propre des cavités respiratoires. — En dehors de l’épithélium, la paroi des cavités respiratoires (canaux alvéolaires et alvéoles) est formée par une membrane très mince, vaguement fibrillée dans les canaux alvéolaires, amorphe dans les alvéoles terminaux; certains auteurs (Fr. E. Schulze) y ont signalé quelques noyaux. Cette membrane est renforcée par des fibres élastiques et par des fibres musculaires lisses. C’est entre elle et l’épithélium respiratoire que se trouve le réseau capillaire sanguin.
Avant d’aborder l’étude de ces différentes parties constituantes, une question se pose au sujet de la paroi des cavités respiratoires. C’est de savoir si cette paroi est continue, ou si elle est percée de trous, à travers lesquels les alvéoles peuvent communiquer directement entre eux. L’existence de ces trous ne peut guère être mise en doute. Mais les uns nient leur existence à l’état normal et croient que les communications interalvéolaires ne s’établissent que par les progrès de l’âge et à la suite de processus pathologiques ( Schultz, Kôlliker, Fr. E. Schultze, v. Ebner, Aigner, Miller, Eppinger). Les autres admettent leur présence dans des poumons parfaitement sains et les attribuent à un processus normal analogue à celui qui amène la fenes-
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tration des séreuses (Hansemann, Sudsuki, Nicolas (fig. 457, t,V). Par ces pores ou même ces « canalicules poreux » (Kohn) on peut injecter tout un groupe d'alvéoles en même temps. D’après Hansemann, les cellules épithéliales se continuent les unes avec les autres à travers ces pores, sur le bord desquels leur noyau peut être situé. Ces trous sont souvent de la grandeur d'une cellule ou plus petits ; ils sont plus grands sur des poumons emphysémateux. Ni les fibres élastiques ni les vaisseaux n’ont avec ces pores de relations définies ; mais les lignes d’imprégnation des plaques cellulaires épithéliales qui y aboutissent se continuent autour des trous.
A. Réseau élastique. — Les fibres élastiques forment un réseau extrêmement développé (fig. 457), auquel les cavités respiratoires doivent l’élasticité
Fig. 457. — Structure de la paroi des alvéoles pulmonaires chez l'Homme.
Nitratation (incomplète) de l'épithélium pulmonaire. Coloration des fibres élastiques. A, alvéole montrant de face le fond de la paroi du sac alvéolaire. — B, alvéole dont on voit surtout la cavité et un peu la paroi a. — /o, fibres élastiques plus fortes entourant les bords de l’alvéole (fibres d’orifice). — f , fibres formant la paroi du fond de l’alvéole (fibres du sac). — pic , grande plaque cellulaire. — pc, petites cellules. — c, capillaires sanguins dont on ne voit presque que les globules. — g, globules sanguins. — t,t >, trous de la paroi, H, trous entourés par une ligne noire à laquelle aboutissent les lignes de contours des plaques cellulaires. — cd, cellules épithéliales desquamées et tombées dans la cavité. — cp, cellules à poussière, dont une cellule géante. En A x 250. En B x 180.
qui leur permet de se distendre lors de l’inspiration en revenant ensuite sur elles-mêmes pour chasser l’air expiré. Le tissu élastique du parenchyme pulmonaire ne se développe qu’après la naissance sous la forme de substance élastique parfaite; celui que contient déjà la paroi alvéolaire pendant la vie fœtale n’est, d’après Linser, qu’un tissu élastique jeune et imparfait.
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Il n'atteint tout son développement que dans les premiers mois qui suivent la naissance (Linser), ou seulement même à partir de la septième année (Gedhoft) ; ce qui expliquerait l’atélectasie pulmonaire (l’affaissement et la compacité du parenchyme pulmonaire) si fréquente dans les premiers temps de la vie extra-utérine. La puissance du tissu élastique est sujette à de grandes variations individuelles ; elle est en rapport avec le degré d’activité physique de l’individu.
Le réseau élastique des parois alvéolaires varie d’aspect, bien entendu, suivant que l’alvéole est distendu ou revenu sur lui-même; dans le premier cas, les mailles du réseau sont larges et les travées rectilignes ou curvilignes; dans le second cas le réseau est plus serré et les travées élastiques qui le forment ont un trajet irrégulier et onduleux. Chaque alvéole n’a pas son réseau élastique propre ; car les fibres élastiques, on le sait, forment un tout continu à l’intérieur d’un organe. Les fibres élastiques du réseau pulmonaire général passent donc d’un alvéole à l’autre : disposition qui a pour conséquence physiologiquement utile de rendre les alvéoles solidaires les uns des autres dans leurs alternatives de dilatation et de rapetissement. La disposition des fibres varie dans chaque alvéole selon les endroits. Autour de l’orifice alvéolaire, les fibres sont disposées en anneaux épais, formant en quelque sorte le cordon d’une bourse qui se resserre (fig. 457, f.o.) (« fibres d’orifice » de Grancher. Des faisceaux encore plus développés entourent les orifices d’un groupe d’alvéoles [alrici ) ou les canaux alvéolaires (« fibres communes » de Grancher). Sur les parois latérales et sur le fond du sac alvéolaire, les fibres élastiques (« fibres du sac » de Grancher) (/*.) forment une sorte de filet élastique à mailles diversement conformées selon que l’alvéole est distendu ou revenu sur lui-même, à travées généralement très fines, cependant de grosseur inégale, surtout dirigées vers l’orifice alvéolaire.
B. Muscles. — La répartition des fibres musculaires lisses dans la paroi des cavités respiratoires n’est pas exactement connue. Au niveau des conduits alvéolaires on sait que ces fibres forment de petits faisceaux musculaires orientés transversalement. Au delà de ces conduits l’existence de fibres musculaires est problématique, affirmée par les uns, niée par les autres. Quelques auteurs (Moleschott, Gerlacii, Colberg, Hirschmann, Piso-Borme) décrivent des fibres musculaires dans la paroi même des poches alvéolaires; Fr. E. Sciiultze, Frey, Henle, Kôlliker, Toldt, Stohr, Miller les nient. Certains auteurs admettent leur existence dans les cloisons alvéolaires qui séparent deux alvéoles voisins. O11 a décrit aussi des sortes de sphincters musculaires à l’orifice des divers compartiments respiratoires : des infundibula (Bindfleisch), des atria (Miller), des alvéoles eux-mêmes (Miller).
4° Béseau capillaire sanguin des cavités respiratoires. — Le réseau capillaire est situé à la face interne de la membrane propre, en dehors de laquelle les vaisseaux proéminent fortement dans la cavité pulmonaire. Ce réseau capillaire est, chez l’Homme et chez les Vertébrés en général, le plus développé de l’organisme ; il est si serré que la largeur de ses mailles n’at-
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teint pas ou égale à peine la largeur du vaisseau lui-même, soit environ 6 à 8 jj. chez l’Homme (F. E. Scuultze). Il en résulte que la surface de l'alvéole est parcourue par une nappe de sang circulant presque continue. On a vu plus haut que les capillaires sanguins du réseau alvéolaire ne sont séparés de la cavité aérienne que par les plaques épithéliales extrêmement minces : condition qui, jointe au développement extrême du réseau circulatoire, favorise au plus haut point l’hématose.