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I. — Histogénèse

i° Premières ébauches. — On peut rassembler sous le nom d 'appareil thyroïdien un complexe d’organes qui ont entre eux d’étroites relations anatomiques et qui sont aussi associés physiologiquement. Dans le cas de

complexité maxima de cet ensemble, on trouve les organes suivants (fig. 458) :

La glande thyroïde ou corps thyroïde ( t.m.)> j fournie par un diverticule médian et impair de la paroi ventrale de l’intestin respiratoire ou branchial;

Le corps post -branchial, pair et symétrique, ou thyroïde latérale (/./.), produit de la transforma tion d’une paire de poches branchiales;

Les glandules parathyroïdes (gd*, y-t2), au

nombre de deux paires, qui se développent sur des évaginations latérales de la paroi de l’intestin branchial, c’est-à-dire en somme aux dépens de poches branchiales entodermiques.

La glande thyroïde ou corps thyroïde est un diverticule du plancher, de la paroi ventrale de l'intestin branchial du futur pharynx. On discute si cette « ébauche thyroïdienne médiane » est réellement impaire ou si elle est paire dès l’origine (Jacoby). Ce qui est certain, c’est que déjà chez un embryon humain de 4 millimètres par exemple, elle est légèrement bilobée (Tourneux et Verdun). Les deux lobes se prononceront d’ailleurs davantage à mesure

Fig. 458. — Schéma du développement de l’appareil branchial.

1, 2, 3, 4, paires de poches branchiales. — ph, pharynx. — tr , trachée. — tm , thyroïde médiane. — th, thymus. — II, thyroïdes latérales. — gr,gt-, glandules parathyroïdes.

GLANDES

des progrès du développement. Le bourgeon bilobé descendra de plus en plus bas, par un mouvement de translation purement passif d’ailleurs. En même temps, il se pédiculise et n’est plus bientôt rattaché au pharynx que par un pédicule ou tractus épithélial assez grêle (fig. ^58, t.m.). Dans la régler ce tractus disparaît, et désormais l’ébauche thyroïdienne se trouve isolée.

Pendant que s’accomplissait cette évolution de l’ébauche thyroïdienne médiane, il se formait aux dépens des poches branchiales entodermiques divers organes. La troisième et la quatrième poches fournissent de chaque côté chacune un diverticule. Celui qui naît de la troisième poche donnera le thymus (//*.), dont nous n’avons plus à nous occuper ici (v. p. 845) ; celui qui provient de la quatrième fournira le corps post-branchial , appelé aussi « ébauche thyroïdienne latérale » (/./.), à cause de la part plus ou moins importante qu’on lui reconnaît dans l’édification du corps thyroïde définitif.

En outre, l’épithélium de la partie initiale de chaque diverticule (du diverticule thymique ou de la 3e poche, et du diverticule thyroïdien latéral ou de la 4e poche) subira un épaississement localisé qui sera l’ébauche d’une glandale parathyroïde (g.t^g.t1).

Ces résultats généraux relatifs à l’évolution des dérivés branchiaux et à l’origine de l'appareil thyroïdien, dus aux recherches deBoRN, de Meuron, Prenant, Groschuff, Verdun, Tourneux,Herrmann, paraissent aujourd’hui définitivement acquis.

2° Développement ultérieur de l’appareil thyroïdien. — A la période secondaire de l'organisation des ébauches formées, voici ce qu’on constate pour chacune d’elles.

A. Thyroïde médiane. — La thyroïde médiane bilobée se développe de plus en plus ; chacun des lobes s’agrandit en bourgeonnant et émettant des prolongements épithéliaux sinueux (fig. 459, to.m.). Ceux-ci s’anastomosent partiellement entre eux, de façon à constituer un réseau de cordons épithéliaux, dans les mailles duquel s’interpose un réseau capillaire sanguin. Les cordons épithéliaux, d’abord pleins, se creusent ensuite d’une lumière. Çà et là la lumière se dilate; les cordons s’étranglent, et ainsi prennent naissance des vésicules thyroïdiennes, indépendantes les unes des autres et caractéristiques de la constitution de la glande thyroïde.

B. Corps post-branchial. — Pendant ce temps, le corps post-branchial ou ébauche thyroïdienne latérale a contracté d’étroites relations avec la glande thyroïde, formée par l'ébauche thyroïdienne médiane. Ce corps post-branchial est d’une manière générale un diverticule sacciforme de la dernière poche branchiale représentée chez l’espèce considérée (soit la 4e chez les Mammifères). Les deux corps post-branchiaux sont bientôt entourés par les lobes de la thyroïde médiane et forment au centre de chacun des deux lobes thyroïdiens un canal central de la thyroïde (Prenant, Simon) (fig. 45q, to.l.). Une question très discutée a été celle de savoir si les corps post-branchiaux prennent part ou non à la formation de tissu thyroïdien, si par conséquent ils méritent le nom d’ébauches thyroïdiennes latérales, ou si au contraire ce sont des enclaves étrangères au corps thyroïde et inaptes

à l'augmenter. Born, en créant pour les corps post-branchiaux le nom d'ébauches thyroïdiennes latérales, et plusieurs auteurs qui ont accepté cette dénomination, entendaient implicitement par là la participation des corps post-branchiaux à la formation de la glande thyroïde définitive ; les ébauches thyroïdiennes latérales concouraient à l’accroissement des lobes latéraux du corps thyroïde. Groschuff, d’une façon analogue, admit que le corps thyroïde issu de l’ébauche médiane, s’assimilait en quelque sorte la thyroïde latérale et même aussi la glandule parathyroïdienne dérivée de

Fig. 459. — Coupe de la région cervicale d'un embryon de Mouton pour l’ensemble

de l'appareil thyroïdien.

oe, œsophage. — tr , trachée. — lom , thyroïde médiane. — loi, thyroïde latérale (corps posl-hranchial) avec son canal central. — glto, glandules parathyroïdes (glandules thyroïdiennes) — th, thymus, encore à l’état de tubes épithéliaux. — ca, carotides. — n, nerfs récurrents, x CO.

la quatrième poche, et les considéra comme capables l’une et l’autre de donner du tissu thyroïdien vrai. L'ébauche thyroïdienne latérale contracte, il est vrai, les relations les plus intimes avec le tissu de la glande thyroïde proprement dite; elle s’accole aux vésicules thyroïdiennes, elle envoie même des prolongements dans l’épaisseur du tissu thyroïdien; et les deux organes sont souvent enchevêtrés à tel point qu’il est difficile de savoir s’il y a continuité entre eux. Aussi plusieurs auteurs (Prenant, Herrmann et Verdun) ont-ils cru devoir rester sur la réserve à ce sujet. Il est préférable de s’en tenir provisoirement à la conclusion de Herrmann et Verdun, appuyée sur l’étude anatomo-comparative des corps post-branchiaux. On dira avec ces auteurs que ces corps sont, chez les Mammifères, des vestiges ancestraux d’organes ailleurs bien distincts de la thyroïde principale, chez les Reptiles et les Oiseaux par exemple. Leur polymorphisme, les variations individuelles qu’ils présentent, leur transformation cystoïde, leur

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atrophie précoce chez certaines espèces, témoignent qu’il s’agit d’organes en voie d’évolution et de disparition.

G. Glandules parathyroïdes. — Quant aux glandes parathyroïdes, elles naissent comme des épaississements de la paroi dorsale des poches branchiales III et IV. Celle de la troisième poche, qui donne naissance au thymus, peut, pour cette raison, être appelée « glandule thymique » ou « parathymus » ; celle qui provient de la quatrième poche portera le nom de « glandule thyroïdienne » ou « parathyroïde » proprement dite (fig. 4^9 ,gl. to.).

i° Glande thyroïde. — A. Structure. — La glande thyroïde offre une structure caractéristique, qui la distingue de celle de toutes les autres

Fig. 460. — Corps thyroïde de l’Homme.

Ce corps thyroïde est quelque peu hypertrophique (goitre). — ep, paroi épithéliale des vésicules thyroïdiennes. — sc, substance colloïde. — s, sphère claire à contenu liquide et en partie granuleux, incluse dans la substance colloïde (l'aspect de la vésicule thyroïdienne rappelle celui d’un jeune ovisac et la sphère claire simule la vésicule germinative de l’ovocyte). — a, boules claires (substance chromophobe) dans la matière colloïde chromophile. — vj, vésicules thyroïdiennes jeunes. — us, vaisseau sanguin. — te, tissu conjonctif intervésiculaire, x 125.

glandes ; elle se compose de vésicules épithéliales juxtaposées, qui résultent du tronçonnement des travées épithéliales primitives et de l’agrandissement de la lumière dans les îlots ainsi séparés (fig. 46o). Ces vésicules sont-elles absolument closes ou communiquent-elles ensemble? On admet que la plupart d’entre elles sont tout à fait isolées; mais Boechat, Streiff ont décrit

HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE

çà et là des communications intervésiculaires, qu’on peut se représenter comme résultant d’une segmentation incomplète des travées de la glande embryonnaire. La glande thyroïde ainsi constituée est une glande close, dépourvue de canal excréteur. En effet, le pédicule creux qui la rattachait au pharynx ayant perdu ses connexions avec le tube digestif, la glande thyroïde a été privée une première fois de ce qui aurait pu être son canal excréteur. On peul considérer comme un second canal excréteur, plus rudimentaire sinon plus éphémère que le premier, le canal central dont est creusé

chacun des lobes thyroïdiens, et qui à l’état de corps post-branchial s’ouvrait dans la cavité pharyngienne.

La glande thyroïde est devenue ainsi, par le fait même de son mode de développement, une glande close à sécrétion interne.

Les vésicules thyroïdiennes sont tapissées par un épithélium simple, à cellules cubiques. Ces sentent deux des attrit tinguent les éléments glandulaires.

Leur protoplasma est strié verticalement ; la partie apicale de la cellule renferme fréquemment des grains plusou moins abondants(BAber, Biondi, Langendorf, Andersson). Langendorff a distingué deux sortes de cellules. Les unes, ou « cellules principales », sont les plus nombreuses; elles ont un protoplasma clair, peu colorable. Les autres, dites « cellules colloïdes », renferment des grains spéciaux, colloïdaux, puis un contenu homogène très réfringent, qui est leur produit de sécrétion. Ce ne sont du reste là que les deux phases extrêmes de l’évolution d’un même élément, entre lesquelles par conséquent existent des intermédiaires. La cellule principale, qui est le point de départ, se remplit de grains, qui par leur confluence se fondent en une masse homogène ; elle devient alors la cellule colloïde.

B. Produit de sécrétion. — Le produit de sécrétion de la glande thyroïde est une matière colloïde caractéristique, c’est-à-dire une substance de consistance analogue à la colle-forte. Cette matière colloïde s’accumule dans les vésicules thyroïdiennes, qu’elle remplit presque complètement ou totalement (fîg. 46o, s.c.). Elle apparaît de très bonne heure chez l’embryon, montrant ainsi la précocité de l’activité glandulaire de la thyroïde, et son abondance augmente ensuite par les progrès de l’âge. La quantité de colloïde devient énorme dans le cas d’hypertrophie du corps thyroïde ou « goitre » . Le contenu colloïdal est tantôt homogène et fortement colorable, tantôt peu colorable et finement grenu. On peut y trouver des éléments cellulaires qui sont vraisemblablement des cellules épithéliales des-

dlules prêts qui dis-

Fig. 461. — Vésicule du corps thyroïde du Chien.

cg, cellules granuleuses.— ch, cellules homogènes. — me, matière colloïde, avec boules claires a de substance chromophobe, x 370.

GLANDES

quamées. Certains auteurs, comme Andersson, admettent que le proauit de sécrétion colloïde est formé du mélange de deux substances, Lune chromophile, l’autre chromophobe. La première, colorable par les réactifs, est de même nature que les grains intracellulaires et que la substance qui, due à la coalescence de ces grains, remplit le cytoplasme des cellules colloïdes. La seconde, peu ou point colorable, forme des gouttes claires, qui d’abord distinctes de la matière colloïde chromophile, finissent par se confondre avec elle (fig. 46o et 46i, a.).

La substance colloïde amassée dans les vésicules est le produit spécifique de la glande ^Oswald). Elle contient : de l’iode (Hutchinson, Oswald), du phosphore, de l'arsenic (Gautier) ; l’arsenic, que renferment tous les tissus du corps, est accumulé dans la glande thyroïde dans l’inlime proportion de un quatre-cent millionnième du poids total du corps (Gautier). La colloïde est le mélange de substances principales : l’une iodée, l’autre contenant le phosphore et l’arsenic.

La première est, d’après Oswald, une « thyréoglobuline ». Décomposée par les acides, elle fournit la « thyroïodine » ou « iodothyrine » de Roos et Baumann. Elle contient à l’état organique tout l’iode du corps thyroïde. L'abondance ainsi que la quantité d'iode qu’elle renferme sont en rapport avec la quantité de colloïde déposée dans les vésicules; les goitres sont donc riches en thyréoglobuline et en iode. Sa composition est la même chez l’Homme el les animaux, dans les glandes malades et dans les glandes saines ; sa teneur en iode varie seule, mais dans de larges limites, de o à i,66p. 1 oo ; aussi peut-on distinguer une thyréoglobuline iodée (« iodothyréoglobuline ») et une autre dépourvue d’iode, qui existe dans certains goitres et à la suile de l’inanition. L’action physiologique de la thyréoglobuline est la même que celle de l’extrait du corps thyroïde ; son intensité dépend uniquement de sa teneur en iode. La thyréoglobuline est donc le produit principal du corps thyroïde, et l'iode en est le principe spécifique (Oswald).

L’autre substance est une « nucléoprotéide » (Oswald) qui renferme tout le phosphore et l’arsenic. Elle correspond à la « thyroprotéide » de Notkine, albumine composée, qui se distingue de la mucine par sa solubilité dans les acides étendus, et dont Morkotonne a retiré un corps albumineux phosphoré représentant dans la classification de Hammarsten une « thyronucléoalbumine ».

C. Tissu conjonctif, vaisseaux et nerfs. — Les vésicules thyroïdiennes sont plongées dans un tissu conjonctif peu abondant, riche en vaisseaux sanguins et lymphatiques. Ce tissu conjonctif ne forme pas de cloisons interlobulaires; les vésicules thyroïdiennes ne sont pas groupées en lobules, comme les acinus des glandes ordinaires (Regaud et Petitjean).

Les vaisseaux lymphatiques méritent une mention spéciale. Les injections, pratiquées par Frey, Boeciiat et d’autres, de solutions argentiques de gélatine dans l’organe encore chaud ont mis en évidence un système de capillaires et de sinus tapissés par l’endothélium sinueux caractéristique, qui entourent immédiatement les vésicules glandulaires. Daprès les recherches plus précises de Renaud et Rivière, de Regaud et Petitjean, ce système

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lymphatique comprend : un réseau initial intervésiculaire, qui est en rapport direct avec les cavités glandulaires ; des confluents sacciformes formés par la rencontre de plusieurs lymphatiques initiaux et placés entre des groupes de vésicules ; des lymphatiques collecteurs, de calibre régulier, qui entourent souvent les vaisseaux sanguins de gaines périvasculaires ; un réseau sous-capsulaire enfin auquel aboutissent ces collecteurs et duquel partent les lymphatiques efférents. Les vaisseaux lymphatiques sont fréquemment remplis par un caillot d’une lymphe colloïde analogue au contenu des vésicules (Biondi, Langendorff, Regaud et Petitjean).

Les nerfs du corps thyroïde sont les uns vasculaires, les autres glandulaires (Crisafulli, Trautmann). Ces derniers se terminent par un bouton piriforme au niveau de la base des cellules épithéliales, mais ne pénètrent ni entre elles ni dans leur intérieur (Crisafulli, Andersson, Jacques). Crisafulli, Sagerdotti, Berkley ont signalé des cellules ganglionnaires, que Andersson et Bonne n’ont pas retrouvées.

D. Mode de sécrétion. — Les « cellules principales » sont des éléments au repos apparent ; dans une seconde phase ( « cellules chromophobes » ), elles produisent des boules de substance claire, non colorable ; devenues dans une troisième phase « cellules chromophiles », elles sécrètent des grains formés de matière colloïde ou d'une substance analogue ; elles deviennent enfin, par la coalescence de ces grains, des « cellules colloïdes », qui déversent leur produit de sécrétion dans la cavité de la vésicule. D’après cela, la matière colloïde est due à l’activité propre des cellules épithéliales, contrairement à Langendorff, Defaucamberge, Guiart pour qui la sécrétion était holocrine et la matière colloïde le résultat d’une fonte cellulaire. D’après Oswald, la molécule albuminoïde de la thyréoglobuline s’élabore dans les cellules épithéliales et ne devient thyroïodine, c’est-à-dire ne s’iodifie qu’après avoir été sécrétée, pour s’amasser ensuite dans les vésicules sous forme de colloïde ; fiodifîcation se fait donc dans un temps très court, de même que la lactose ne peut être décelée dans les cellules épithéliales de la mamelle et existe cependant dans le lait.

Le contenu colloïdal intravésiculaire, formé du mélange des deux substances chromophobe et chromophile et d’un plus grand nombre de substances diverses peut-être, doit être ensuite repris par les lymphatiques, pour passer enfin dans les vaisseaux sanguins (Langendorff, Biondi, Schmidt, Andersson, Oswald i. On admet que la paroi épithéliale, distendue par l’accumulation de la matière colloïde dans l’intérieur de la vésicule, finit par s’ouvrir, et qu’elle évacue son contenu, soit dans une vésicule voisine, soit dans les vaisseaux lymphatiques. L’ouverture de la paroi est attribuée par les auteurs, soit à l’atrophie d’une ou de plusieurs cellules épithéliales, soit à la transformation colloïdale et à la fonte cellulaire d’éléments épithéliaux dont la destruction donnerait lieu au produit de sécrétion. Parvenue dans les lymphatiques, la matière colloïde se dissout dans la lymphe, et par l’intermédiaire de ces vaisseaux passe dans la circulation générale.

2° Corps postbranchiaux. — Les corps postbranchiaux sont des organes en voie de régression, et, pour cette raison, offrent des caractères variables selon les espèces animales et même d’individu à individu.

En prenant pour exemple les Sauriens, chez lesquels le corps postbranchial demeure isolé et séparé de la thyroïde principale, on voit que l’organe est formé de vésicules cystiformes et de bourgeons et amas épithéliaux arrondis et pleins; on observe fréquemment dans les cellules épithéliales une quantité considérable de pigment, signe manifeste de leur dégénérescence.

Chez les Mammifères le corps postbranchial, inclus dans le lobe thyroïdien, se compose habituellement du canal central, autourduquel se trouvent des vésicules ciliées et des cordons pleins ramifiés, en apparence continus avec le tissu thyroïdien ambiant. Il présente d’ailleurs trop de variations spécifiques et même individuelles pour qu'on en puisse donner une description générale. Chez l'Homme il est très rudimentaire.

3° Glandules parathyroïdes. — A. Situation. — Les glandules parathyroïdes sont typiquement, chez les Mammifères, au nombre de deux paires. Elles ont été découvertes par Saxdstrôm chez l'Homme et plusieurs Mammifères, retrouvées plus tard par Gley et Cristiani chez les Rongeurs, étudiées depuis par un grand nombre d’auteurs. Nous savons que l’origine de ces deux paires de glandules est différente ; celles de la première paire naissent de la 3e poche entodermique branchiale, qui donne naissance au thymus, et ont été pour celte raison nommées glandules thymiques ou « parathymus » (Prenant, Simon, Tourneux, Herrmann et Verdun) ; celles de l’autre paire, qui proviennent de la 4e poche branchiale, ont reçu des mêmes auteurs les noms de « glandules thyroïdiennes » ou « parathyroïdes ». Les glandules parathyroïdiennes ont avec le lobe correspondant du corps thyroïde des rapports différents, que plusieurs observateurs (Kohn, Nicolas et d’autres) ont précisés et qui ont une grande importance au point de vue des résultats des interventions expérimentales. Les glandules thyroïdiennes sont habituellement internes, plus ou moins profondément enfouies dans le hile du lobe thyroïdien, avoisinant le corps postbranchial ; aussi les a-t-on appelées «glandules internes ». Les glandules thymiques ont des rapports différents; entraînées avec le thymus, dans son mouvement de descente, elles occupent finalement un niveau inférieur à celui où se trouvent les glandules thyroïdiennes, bien que parties d’un point plus élevé, de la 3e poche branchiale au lieu de la 4e ; le plus souvent elles demeurent à la face postérieure du corps thyroïde, ou même peuvent en rester plus ou moins éloignées ; pour cette raison on les a désignées sous le nom de « glandules externes ». En réalité la distinction des glandules externes et des glandules internes est purement anatomique ; histologiquement elles sont l'une et l’autre extérieures au tissu thyroïdien, plus ou moins profondément situées dans le tissu conjonctif qui entoure le lobe de la thyroïde ou qui en remplit le hile.

B. Structure. — La structure des glandules parathyroïdes est essentiellement la même dans les diverses espèces animales où on l’a étudiée. Elles sont formées par une masse de cellules épithéliales disposées en un réseau trabéculaire, dans les mailles duquel s’interpose un réseau conjonctivovasculaire fig. 4^2). Aussi Kohn a-t-il désigné les glandules parathyroïdiennes du nom assez peu explicite de « corpuscules épithéliaux », distinguant des « corpuscules épithéliaux externes» et « internes », qui corres-

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pondent respectivement aux deux ordres de glandules. Les auteurs qui, comme Kohn et Schaper, ont le plus soigneusement étudié la structure de ces glandules, ont constaté que leur aspect différait notablement selon l’état deréplétion plus ou moins grand des vaisseaux sanguins et le développement plus ou moins abondant des travées conjonctives. Ainsi Kohn distingue: une forme compacte, où l’épithélium constitue une masse continue, interrompue seulement de distance en distance par de minces cloisons conjonctivo- vasculaires ; une forme réticulée, où les cellules épithéliales forment des travées anastomosées en réseau, séparées par des vaisseaux dilatés et par

Fig. 462. — Glandule parathyroïde du Cheval.

A gauche, aspect ordinaire — cg , cordons glandulaires. — vc , espaces vasculo-conjonctifs qui les séparent. — c, capillaires sanguins. — co, cellules éosinophiles (provenant du tissu conjonctif (?) et s’insinuant entre les cellules épithéliales des cordons.

A droite, partie de la glande ayant subi la transformation vésiculaire et sécrétant de la substance colloïde. — e, épithélium des vésicules. — co, substance colloïde. x 250.

d’épais tractus conjonctifs ; une forme lobulée, où le réseau épithélial est subdivisé en lobules par des cloisons conjonctives importantes. La seconde forme peut être considérée comme la plus typique. Les vaisseaux sanguins, d’après S. Minot et Lewis, ont le caractère de sinusoïdes.

C. Signification morphologique et physiologique. — Une question importante a été soulevée à propos des glandules parathyroïdes et reste encore indécise actuellement. Il s’agit de savoir si les glandules sont des organes sui generis, tout différents de la glande thyroïde (Gley et Nicolas, Kohn, Blumenreich et Jacoby), ou bien s’ils représentent en quelque sorte des rudiments thyroïdiens, aptes dans certaines circonstances à se transformer en tissu thyroïdien véritable, capables de sécrétion colloïde (Sandstrôm, Baber, Horsley, Schaper, Kishi, Sw. Vincent et Jolly). Cette question s’était posée surtout à l’occasion des expériences de Gley et de leur interprétation. Ayant observé que les Lapins survivaient fréquemment à l’opération de la

GLANDES

thyroïdectomie, Gley avait été amené à croire que la survie était due à la conservation des parathyroïdes, qui, s’hypertrophiant alors et prenant la structure et les fonctions du tissu thyroïdien, deviendraient capables de suppléer la thyroïde absente. Les observations que firent Gley et Nicolas sur des glandules restées en place après l’extirpation du corps thyroïde ne furent pas favorables à cette interprétation. De nombreuses recherches confirmèrent plus tard l’incapacité où sont les glandules de former du tissu thyroïdien et de sécréter de la substance colloïde, de suppléer physiologiquement la glande thyroïde. Mais les travaux récents de Kishi, Sw. Vincent et JoLLYont abouti à des résultats contraires. Ces auteurs considèrent de nouveau les parathyroïdes comme formées d’un tissu thyroïdien embryonnaire ; ces glandules peuvent donc, après thyroïdectomie, évoluer en se transformant en un tissu thyroïdien parfait, avec vésicules remplies de colloïde. On peut dire, pour clore ce débat, que l’embryologie, en montrant l’origine si différente de la thyroïde et des parathyroïdes, que l’histologie, en établissant une distinction si tranchée entre le tissu thyroïdien et le tissu parathyroïdien, sont favorables à l’idée de l’indépendance des deux organes, mais que les résultats de la physiologie expérimentale obligent actuellement à réserver la question.

D. Lobules thymiques lymphoïdes et vésicules kystiques. — En outre des glandules parathyroïdiennes, on a décrit comme annexes du corps thyroïde principal des lobules thymiques de structure lymphoïde. Lupô avait signalé chez l’Homme l’existence d’amas lymphoïdes dans l’épaisseur du corps thyroïde, avant qu’on sût (pie les lobules lymphoïdes thymiques y étaient une formation constante et régulière. Kohn les a même répartis en deux catégories, correspondant aux deux catégories de glandules externe et interne, et a distingué des « lobules thymiques externes » et des « lobules thymiques internes ». Ces lobules thymiques ont avec le corps thyroïde, ainsi qu’avec les glandules qu’ils avoisinent, d’étroites connexions, et peuvent se continuer tant avec le parenchyme thyroïdien qu’avec les glandules parathyroïdiennes correspondantes (Kohn, Verdun).

Enfin des vésicules kystiques existent, soit dans l’épaisseur des glandules parathyroïdiennes, soit au milieu ou au voisinage des lobules thymiques, soit indépendantes et éloignées de ces formations. Les glandules présentent assez souvent des vésicules, formées par l’accumulation d’un liquide séro-muqueux dans un point du parenchyme glandulaire. Celles des lobules thymiques se forment, selon Koiin et Verdun, aux dépens des corpuscules concentriques de llassal (v. p. 8^7), dont les cellules centrales se détruisent, donnant lieu à une cavité, tandis que les cellules périphériques persistent et constituent la paroi de la vésicule. On peut enfin rencontrer soit dans l’intérieur de la glande thyroïde, soit en dehors d’elle et au voisinage des glandules parathyroïdes, des vésicules dont la paroi épithéliale est inégalement haute et porte fréquemment des cils. Bien qu'on ait été généralement porté à voir dans ces vésicules des vestiges embryonnaires, il est plus probable que ce sont là des formations secondaires dénuées de toute signification embryologique, dont la cavité et la paroi ciliée sont contingentes et accidentelles.

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