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IV. — Vaisseaux et neufs du poumon

i° Vaisseaux sanguins. — Les vaisseaux sanguins qui irriguent le poumon sont de deux catégories différentes. Les uns sont des vaisseaux nour-

HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE

riciers ; ce sont les artères et les veines bronchiques. Les autres ou vaisseaux pulmonaires sont des vaisseaux fonctionnels ; les artères pulmonaires apportent au poumon le sang- veineux, chargé d’acide carbonique, qui doit s’y oxygéner ; les veines pulmonaires emmènent le sang oxygéné dans le poumon. A ces deux systèmes de gros vaisseaux correspondent deux réseaux capillaires: l’un destiné aux échanges nutritifs ordinaires, l’autre fonctionnel où se passent les échanges gazeux desquels résulte l’hématose.

Les artères bronchiques se distribuent à la paroi des bronches, dans la paroi des vaisseaux pulmonaires dont elles fournissent les vasa vasorum, dans le tissu conjonctif interlobulaire, et à la plèvre viscérale ou pulmonaire. Le territoire bronchique de distribution de ces artères ne dépasse pas la bronche sus-lobulaire ; ces vaisseaux ne fournissent pas de sang au système bronchique intralobulaire (Le Fort, Zuckerkandl).

Les veines bronchiques naissent des endroits en général qui sont alimentés par les artères bronchiques ; cependant le territoire d’origine des veines bronchiques est moins étendu que le territoire de distribution des artères bronchiques. En effet, les veines nées de la plupart des bronches petites et moyennes (« veines broncho-pulmonaires » de Le Fort) et celles qui proviennent de la plèvre (« veines pleuro-pulmonaires » de Le Fort) se jettent dans les veines pulmonaires, réunies d’ailleurs aux veines bronchiques par des anastomoses, ou « bronches de dérivation » de Le Fort.

Les vaisseaux artériels pulmonaires suivent à peu près exactement les branches de division de l’arbre bronchique, jusqu’aux canaux alvéolaires où ils se résolvent en ce riche réseau capillaire qui a été décrit plus haut. On a beaucoup discuté sur la question de savoir si les rameaux artériels pulmonaires sont réellement terminaux, c’est-à-dire s’ils sont exclusivement destinés chacun à un lobule pulmonaire et s’ils sont sans anastomose avec les artérioles du lobule voisin. Plusieurs anatomo-pathologistes admettent la terminalité et l'indépendance complète de l'artère pulmonaire lobulaire (Rindfleisch, Cohnheim et Litten, Frank et Lalesque) ; ils se fondent sur l’existence de petites embolies partielles, très bien circonscrites, qu’on peut produire en introduisant dans la circulation du Chien de petites boules de paraffine. D’autres auteurs au contraire, tels que Küttner, Grancher, Joffroy, ont obtenu des résultats opposés et croient que la circulation peut s’établir entre acinus et même entre lobules voisins par l’intermédiaire des anastomoses capillaires situées dans les cloisons conjonctives interacineuses et interlobulaires.

Les veines pulmonaires proviennent de plusieurs sources : des acinus pulmonaires, des bronchioles de petit et de moyen calibre, de la plèvre. Les veinules des acinus se dirigent vers la périphérie du lobule, sans suivre les rameaux bronchiques, comme le faisaient les artérioles pulmonaires ; elles se réunissent ensuite en troncs plus gros qui côtoient désormais les troncs artériels et qui finalement aboutissent aux quatre veines pulmonaires.

D’après Miller, les veinules qui partent des conduits alvéolaires ont un trajet intralobulaire. Il a déjà été question plus haut des veines d’origine pleurale (« veines pleuro-pulmonaires » de Le Fort) et des veines venues des petites bronches (« veines broncho-pulmonaires » de Le Fort).

GLANDES

2° Vaisseaux lymphatiques. — On peut prendre une idée d’ensemble des lymphatiques pulmonaires, en examinant un poumon de Grenouille dont les voies lymphatiques ont été injectées. On voit alors que le réseau d'origine des lymphatiques du poumon est situé au bord libre des cloisons qui aréolent la face interne du poumon et séparent les alvéoles pulmonaires les uns des autres; les branches de ce premier réseau suivent les cloisons avant de s’ouvrir dans le réseau lymphatique périalvéolaire (Suchard).

Chez les Mammifères, les vaisseaux lymphatiques du poumon sont divisés en superficiels et profonds.

Les vaisseaux superficiels forment un réseau sous-pleural abondant, d’où les troncs lymphatiques emportent la lymphe vers le hile du poumon ; ils communiquent selon certains auteurs avec les vaisseaux profonds dans toute l’étendue de la périphérie du poumon.

Les lymphatiques profonds, étudiés par Grancher, Renaut et Pierret, appartiennent les uns à l’arbre aérien, les autres au système vasculaire du poumon. Ceux qui proviennent de l’arbre aérien naissent les uns des bronches, les autres d’un réseau périlobulaire. Le lobule pulmonaire du Bœuf, qui a été particulièrement étudié par Pierret et Renaut, et par Sussdorff, est entouré par des espaces lymphatiques cloisonnés tapissés par un endothélium sinueux.

Les afférents de ces espaces périlobulaires lymphatiques seraient, d’après Grancher, Wywodzoff, des fentes lymphatiques périalvéolaires. Pour d'autres auteurs au contraire (Renaut. Teichmann, Miller), il n’y a d’autres lymphatiques intralobulaires que ceux qui y naissent des parois bronchiques.

3° Nerfs. — Les nerfs accompagnent les branches de l’artère pulmonaire ; sur leur trajet se trouvent de petits ganglions microscopiques ou des cellules nerveuses isolées Remak, F. E. Schultze). Ils se distribuent : à la muqueuse respiratoire, aux muscles bronchiques, à la paroi des vaisseaux sanguins et même des capillaires. Plusieurs auteurs ont suivi jusque dans l’épithélium pulmonaire la terminaison des nerfs destinés à la muqueuse respiratoire. Ils décrivent d’ailleurs cette terminaison de façon differente. Cuccati, Mondio, M. Wolff, chez des Batraciens, ont vu les nerfs pénétrer dans l’épithélium et même entourer chaque cellule épithéliale d’un réticulum nerveux, que Wolff compare aux calices péricellulaires par lesquels les prolongements des cellules nerveuses se terminent sur d’autres cellules. Chez les Mammifères, Retzius n’a pas vu les filets nerveux dépasser le col des alvéoles et innerver l’alvéole même; mais Berkley et Ponzio décrivent un lacis sous-épithélial, dont les fibres terminales s’arborisent dans l’épithélium et, d’après Ponzio, entourent de leurs réseaux les cellules épithéliales des plus fines bronches et des alvéoles pulmonaires.

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