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Fonctionnement de la glande hypophysaire

Il y aurait d’abord une question préjudicielle à résoudre : savoir si l’hypophyse donne naissance à un seul ou à plusieurs produits, deux au moins, une substance liquide et la matière colloïde; si les grains et la colloïde sont ou non les deux états successifs d’un même produit. Mais cette question n’est pas résolue.

Tiiom a proposé de se représenter le mode de sécrétion (ou plutôt d’excrétion) de la même façon (pie pour le corps thyroïde. Les cellules chromophiles élaboreraient un produit granuleux, chromophile; les grains sortiraient de la cellule sous forme dissoute et se mélangeraient à la substance non colorable produite par les cellules chromophobes. Ce mélange diffuse ensuite à travers la membrane propre des cordons épithéliaux ou des vésicules dans lesquelles il s’est provisoirement accumulé et il se répand dans les

HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE

espaces péritrabéculaires et périvésiculaires; ou bien il gagne directement ces espaces, grâce à la dégénération et à la disparition d’une cellule de la paro épithéliale (« cellule de couloir » de Soyer) (fig. 468, A, B, c.c., c.c.d.) et de la membrane propre, établissant ainsi une libre communication entre la cavité folliculaire et l’espace lymphatique environnant. De là cette substance passe dans les vaisseaux sanguins. D’après Thaon, cependant, le produit est directement évacué dans ces vaisseaux, car les lymphatiques n’existent pas.

La matière colloïde, si elle n’est pas le seul produit de la glande hypophysaire, est du moins le plus caractéristique. Sa présence en divers endroits peut servir à jalonner l’activité de la glande, et peut-être même à indiquer le sens de cette activité. On trouve : une colloïde intrafolliculaire, le plus souvent très concentrée ; une colloïde intravésiculaire moins dense, amassée dans les. grandes vésicules ; une colloïde très fluide, inter- ou périfolliculaire (Thom) ; il faut y ajouter une substance très analogue, sinon identique à la colloïde, répandue dans certains vaisseaux sanguins. Plusieurs auteurs (Rogowitsch, Pisenti et Viola, Caselli) ont du reste remarqué que la colloïde et le sang hypophysaires donnent les mêmes réactions ; ce qui fait supposer: ou bien que la colloïde a passé dans le sang, ou bien que les matériaux du sang hypophysaire ont servi directement à former la colloïde. De plus la présence de la substance colloïde dans les vaisseaux sanguins, la présence de sang à l’intérieur de vésicules épithéliales (fig. 468, v 2.) sont significatives des mêmes phénomènes. Il faut enfin ajouter qu’une substance histologiquement semblable à la colloïde peut apparaître dans le lobe nerveux et se déverser dans sa cavité centrale et de là dans les ventricules cérébraux; ce lobe nerveux fonctionnerait donc comme une glande infundibulaire (Herring, Joris).

Le rôle physiologique de l’hypophyse est certainement important, mais encore indéterminé. Supposer à cet organe une fonction banale serait ne pas tenir compte d’un fait morphologique capital et constant dans toute la série des Vertébrés : la conjonction, pour former l’hypophyse, de deux ébauches, dont l’une cérébrale, et les connexions étroites chez l’adulte de la glande hypophysaire avec le cerveau. On est ainsi amené à penser que la glande ou bien déverse dans la cavité ventriculaire des substances utiles au cerveau (Herring) ou bien extrait de l’encéphale des déchets nuisibles (Soyer), ou que peut-être l'hypophyse fonctionne dans les deux sens. Quoi qu’il en soit, l’hypophyse est au plus haut degré line glande vasculaire sanguine ; car on voit le plus caractéristique de ses produits, la colloïde, se mélanger au sang, et ses vésicules colloïdes s’ouvrir dans le système des vaisseaux sanguins. L'hypophyse paraît être une glande vasculaire sanguine holocrine, dont l’incessante destruction introduit dans la circulation des matières spéciales, et qui doit se reconstruire à mesure qu’elle se détruit ainsi (Soyer).

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