I. — Développement ontogénique des glandes surrénales
Les glandes ou capsules surrénales , celles des Mammifères particulièrement, doivent (d'après la plupart des auteurs) leur origine à deux ébauches de provenance et de nature bien différentes. L’une dérive de Y épithélium mésodermique du cœlome ; l’autre est apparentée aux ganglions nerveux du sympathique. La première est un organe épithélial surrénal ; la seconde est un organe paraganglionnaire surrénal.
L’ébauche épithéliale se forme chez les Vertébrés supérieurs aux dépens de l’épithélium du cœlome dans une Région spéciale, dite « région» ou « zone surrénale », et voisine de la zone génitale. Cette région est comprise, sur une coupe transversale, entre la racine du mésentère et l’éminence génitale; dans le sens longitudinal, elle s’étend en avant jusqu’à l’extrémité crânienne de la glande génitale qu’elle dépasse. L’ébauche épithéliale surrénale apparaît peu de temps après le corps de Wolff et quelque peu avant l’époque où la glande génitale proémine dans le cœlome (1).
L’ébauche épithéliale provient de la prolifération des éléments de la zone surrénale. Cette prolifération se fait tantôt de façon diffuse, tantôt sous la forme de bourgeons épithéliaux distincts, qui offrent typiquement une disposition segmentaire, bien évidente chez les Vertébrés inférieurs. Les éléments issus ainsi de la zone surrénale se groupent en nodules épithéliaux au sein du mésenchyme, dans le voisinage immédiat de la veine interne du corps de Wolff et à proximité de la glande génitale et du rein primitif ; les ébauches épithéliales n’ont d’ailleurs avec ces organes que des relations de contiguïté, et, contrairement à certains auteurs, n’en reçoivent aucun contingent cellulaire. Les nodules se fusionnent plus tard en un amas épithélial compact, lequel se transforme à son tour, grâce à la présence de nombreux vaisseaux, en une formation réticulée composée de
(1) Ces résultats généraux ont été obtenus par les recherches de Janosik, Mihalkowics, Valenti, Fusari, Inara, H. Radl, Aiciiel, Srindko, Brauer, Soulié, etc., chez, les Amphibiens et les Vertébrés supérieurs.
HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE
cordons pleins anastomosés entre eux. L’ébauche épithéliale surrénale acquiert ainsi finalement une texture réticulée comparable à celle que nous connaissons à la glande thyroïde embryonnaire, aux glandules parathyroïdes, à l’hypophyse et en général aux glandes closes à sécrétion interne.
II. — Développement ontogénique des organes paraganglionnaires.
Il se forme le long des nerfs et au voisinage des ganglions du système sympathique de petits organes, bien dislincts de ces ganglions par leur structure et par leurs apliludes fonctionnelles ; ce sont les organes paraganglionnaires ou paraganglions, dont Kohn a montré la distribution très étendue. On admet, à la suite de cet auteur, que les cellules de l’ébauche encore indifférente du ganglion sympathique sont capables d'évoluer dans deux directions différentes. Les unes se différencient en cellules ganglionnaires nerveuses et forment un ganglion sympathique. Les autres, ou « cellules parasympathiques », évolueront en cellules glandulaires spéciales et constitueront un organe glandulaire du sympathique, un organe paraganglionnaire ou paraganglion. Ces cellules prendront, entre autres marques distinctives, la propriété de se colorer électivement par les réactifs chromiques: réaction qui leur a valu le no^n de cellules chromaf fines (Kohn), et aux organes paraganglionnaires celui d'organes chromaffines (ou encore ceux de cellules et de corps « phéochrornes ») (Poll).
Des ébauches d’organes paraganglionnaires peuvent se produire en divers endroits et donner lieu à des organes distincts nommés par l’anatomie descriptive : tels sont le paraganglion carolidien ( glande carotidienne ), le paraganglion coccygien (glande coccygienne), le paraganglion lympanique et d’autres encore, disséminés le long du sympathique et de ses branches. Mais la plus importante formation paraganglionnaire de toutes est celle que l’on peut appeler paraganglion surrénal , parce qu’elle entre, chez les Vertébrés supérieurs, concurremment avec l'organe épithélial surrénal, dont nous venons de voir le développement, dans la constitution de l’organe surrénal définitif. On sait en effet depuis longtemps que la capsule surrénale des Vertébrés supérieurs est un organe complexe, formé de deux ébauches distinctes, dont l’une provient du sympathique (1). Cette dualité organique de la capsule surrénale chez les Vertébrés supérieurs, notamment chez les Mammifères, est généralement admise. Toutefois, Gottsciiau autrefois et récemment Roud ont soutenu que les deux ébauches de la surrénale sont toutes deux d’origine épithéliale.