VT V
Fig. 515. — Testicule de Verrat. Larges traînées de cellules insterstitielles entre les canalicules
séminifères. X 200.
en bleu par la méthode de Weigert, des granulations acidophiles et basophiles, du pigment (surtout chez les sujets âgés) (Tourneux) et enfin des cristalloïdes, qui, jusqu'ici du moins, paraissent caractériser les cellules interstitielles de l’Homme (Reinke). Ces cristalloïdes se présentent sous la forme de bâtonnets droits ou légèrement incurvés, tantôt courts et trapus, tantôt allongés et grêles, et peuvent exister en nombre variable dans le corps cellulaire. Reinke a suivi le passage de la substance des cristalloïdes dans les capillaires lymphatiques du testicule. Il faut distinguer les cristalloïdes de Reinke de ceux de Lubarsch, que l’on rencontre quelquefois dans les canalicules séminaux, au niveau des spermatogonies. Les cellules interstitielles possèdent donc tous les caractères des éléments glandulaires, d'autant plus qu’une étude attentive des différents aspects offerts par ces éléments pendant leur activité démontre l’existence d’un cycle sécrétoire. Aussi constituent-elles dans leur ensemble un
LES GLANDES GERMINATIVES
complexus cellulaire qui mérite le nom de glande interstitielle ou de glande diasté maligne (Bouin et Ancel).
Les auteurs attribuent des origines différentes aux cellules interstitielles. Quelques biologistes considèrent qu elles proviennent des cordons sexuels, dont un certain nombre se seraient arrêtés dans leur développement et transformés en cellules interstitielles (Nussbaum, Mihalkovics, Messing, Ganfini, Lenhossèk). La plupart admettent qu’elles se différencient aux dépens des éléments mésenchymateux intertubulaires. A une période reculée du développement, qui, dans certains cas, coïnciderait avec l’époque du déterminisme sexuel de l’ébauche génitale (Porc, Ancel et Bouin), les éléments conjonctifs jeunes se transforment en cellules interstitielles. Celles-ci augmentent progressivement de nombre et de volume au cours de l’ontogénèse et atteignent leur développement maximum au moment de la puberté. Elles peuvent aussi se différencier aux dépens des globules blancs émigrés hors des vaisseaux (Regaud et Sénat). Le fait est particulièrement net chez le Cheval où les globules blancs sont amoncelés en véritables nodules lymphoïdes dans le testicule impubère, se répandent dans les espaces intertubulaires au moment de la préspermatogénèse, puis se transforment en cellules interstitielles (Bouin et Ancel,
Moreaux).
Ajoutons enfin que les cellules interstitielles subissent une involution sénile manifeste. Elles sont bourrées de pigment chez les sujets âgés, diminuent considérablement de volume, et dégénèrent en grande partie ou se transforment en cellules aplaties ayant perdu tous les caractères des cellules glandulaires.
B. Histophysiologie de la glande interstitielle. —
La signification fonctionnelle des cellules interstitielles a été l’objet de nombreuses recherches. La grande majorité des biologistes les considèrent comme dos éléments trophiques destinés à assurer la nutrition des tubes séminifères. Plato, Beissner, Friedmann, Lenhossèk ont défendu cette manière de voir, soupçonnée par les auteurs anciens et généralement admise aujourd’hui. La démonstration obtenue récemment par Regald, à 1 aide d’une technique spéciale, ne laisse pas de doutes sur le passage des substances élaborées par les cellules interstitielles dans le syncytium nourri-
Fig. 516. — Coupe de testicule de Verrat cryptrochide unilatéral.
Les tubes séminifères ne renferment plus de cellules séminale ; on constate seulement à leur intérieur le syncytium sertolien. Entre ces tubes, on observe une glande interstitielle très développée et qui a subi une hypertrophie compensatrice, x 80.
HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE
cier et dans les éléments séminaux. On doit donc considérer la glande interstitielle comme un organe qui participe à la nutrition des tubes séminifères et des éléments qu’elle renferme. L’examen des testicules anormaux et l’expérimentation ont permis de démontrer que la glande interstitielle, à côté de son rôle local, possède une action générale. D’après Bouin et Ancel, la glande interstitielle est une glande à sécrétion interne qui seule possède le rôle sur l’organisme attribué jusqu’ici au testicule tout entier. Elle préside au développement et assure le maintien des caractères sexuels mâles (1).
3° Histologie topographique et squelette fibreux du testicule. — Une coupe transversale du testicule, vue à un très faible grossissement, nous montre que cet organe est entouré par une capsule, Yalbuginée , qui est elle-même tapissée par le feuillet viscéral de la séreuse vaginale. Cette capsule s’épaissit considérablement en arrière et en dedans, chez l’Homme, et forme un noyau dense qui se prolonge en pointe vers le centre du
(1) Bouin et Ancel ont mis en évidence les principaux faits suivants :
1° Les cellules sexuelles n'onl aucune action sur l'organisme, a) les testicules de certains animaux cryptorchides ne renferment pas de cellules séminales dans leurs canalicules séminifères ; ils contiennent seulement dans ces tubes le syncytium nourricier, et entre les tubes, une glande interstitielle normalement développée. Ces animaux sont semblables aux entiers au point de vue des caractères sexuels et de l’instinct génital; 6) les animaux qui ont subi une sténose expérimentale ou pathologique des voies excrétrices du sperme conservent tous les attributs du sexe mâle. Cet état physiologique coexiste avec l’absence complète des cellules séminales qui ont dégénéré et disparu peu à peu, et avec l’intégrité du syncytium nourricier et de la glande interstitielle, qui possèdent toujours leur structure normale.
Puisque les cellules sexuelles n’ont aucun rôle général, l’action du testicule sur l’organisme ne peut donc être rapportée qu’au syncytium nourricier, ou à la glande interstitielle.
2° Le syncytium nourricier n'a aucune action sur l'organisme. En effet : a) la glande interstitielle seule subit une hypertrophie compensatrice soit dans les testicules des cryptorchides unilatéraux, soit chez les sujets chez lesquels on a enlevé un testicule et ligaturé le canal déférent du côté opposé de manière à faire disparaître l’épithélium séminal. Le syncytium sertolien ne participe pas à cette hypertrophie compensatrice. Dans ces conditions, la glande interstitielle peut doubler de volume (fig. 516). — Le syncytium nourricier fait quelquefois défaut dans les testicules de certains cryptorchides, où il se trouve remplacé par une glande séminale embryonnaire. La glande interstitielle est normalement développée chez ces animaux qui sont semblables aux entiers. Le syncytium sertolien, pas plus que les cellules sexuelles, ne possède donc d’action générale.
La glande interstitielle seule possède une action générale. En effet, l’intégrité des caractères sexuels est toujours liée à l’intégrité de la glande interstitielle ; son abbation ou son atrophie détermine une disparition plus ou moins rapides de ces mêmes caractères.
De plus, l’insuffisance de cette glande, qui se traduit par un développement incomplet de ses cellules constitutives, tant au point de vue de leur nombre qu'au point de vue de leur activité, s’accompagne chez les animaux jeunes d’une insuffisance dans le développement des caractères sexuels, et chez les animaux âgés et chez les vieillards, d’une atténuation de ces caractères sexuels.
Les recherches de Villemin, basées sur l’action spéciale des rayons X sur le testicule, l’ont amené à la même conclusion. Les rayons X détruisent l'épithélium séminal et laissent intactes les cellules interstitielles (fig. 517). Le tractus génital des animaux ainsi traités conserve toute son intégrité ; ces animaux deviennent inféconds, mais ils ne deviennent pas impuissants grâce à la persistance de la glande interstitielle. Woinov admet en outre que la glande interstitielle possède un rôle de défense génitale. Elle absorbe ies toxines du sang, les empêche de traverser la membrane des tubes séminifères et de léser les spermatozoïdes, éléments extrêmement délicats qui sont impressionnés par les moindres altérations du milieu nutritif.
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testicule, sans toutefois l’atteindre. C'est le corps d'Highmore ou mediastinum testis. Chez la plupart des Mammifères, le corps d’Highmore s’enfonce dans le testicule à partir du point de contact de ce dernier avec la tête de l’épididyme, et gagne une situation centrale ou paracentrale. Des travées conjonctives parlent du sommet du corps d’Highmore, irradient de dedans en dehors, atteignent la face interne de l’albuginée, s’anastomosent latéralement les unes avec les autres et cloisonnent l’organe en logettes ou lobules cunéiformes. Les canalicules séminifères se pelotonnent à l’intérieur de ces logettes et se trouvent en général au nombre de trois ou quatre dans chacune d'elles.
Si on dissocie un lobule, on isole les tubes séminifères les uns des autres ; ils figurent des canaux très allongés, qui mesurent environ 5 à 7 centimètres de longueur, et qui présentent souvent des diverticules sacciformes ou même des anastomoses transversales chez l’Homme. Les tubes séminifères d'un même lobule aboutissent à un canal excréteur commun et très court, le tube dr)it. Les tubes droits se jettent dans un réseau de canalicules creusés dans le stroma du corps d’Highmore, le réseau de Haller , ou rele leslis ; 10 à i5 tubes efférents se détachent de ce réseau, sortent du testicule et vont individuellement s’aboucher dans le canal de i épi didyme (fig. 5i8). Tubes droits, rele testis, vaisseaux efférents, canal de l’épididyme appartiennent aux voies excrétrices du sperme et se sont constitués aux dépens de la zone génitale du corps de Wolff. Nous en ferons l’étude ultérieurement.
L 'albuginée du testicule est formée par des lames conjonctives superposées, dont les fibres sont perpendiculaires les unes aux autres dans les lames successives. Cette structure rappelle celle des aponévroses. Des cellules fixes à crêtes d’empreinte sont disséminées entre ces lames conjonctives. Les coupes transversales montrent que les veines et les lymphatiques qui se ramifient dans l’albuginée ne possèdent d’autre paroi que l’endothélium vasculaire. Le tissu conjonctif de l'albuginée, chez certains grands Mammifères, comme le Cheval et l’Ane, renferme d’assez nombreuses fibres musculaires lisses qui sont isolées ou groupées en petits faisceaux (Tourneux et Herrmann). Sa surface est tapissée par un endothélium à vastes cellules plates polygonales. Les cloisons interlobulaires et le corps d’Highmore sont également constituées par des fibres conjonctives enlacées les unes avec les autres, par des fibres élastiques peu abondantes et par des cellules fixes. Les plus gros troncs vasculaires se ramifient dans ces cloisons avant de se rendre dans les lobules et de s’y capillariser. Elles renferment aussi dans certains
Fig. 517. — Testicule de Cobaye exposé à l’action dés rayons Rœntgen.
La glande séminale est complètement disparue ; les tubes séminifères renferment seulement leur syncytium sertolien. Lesespaces intertubulaires sont remplis de cellules insterstitielles qui n ont pas subi l’action destructive des rayons X. Leur nombre paraît augmenté à cause de la diminution considérable du volume de la glandeséminale. X300.
D'après une préparation de M.Villemin.
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cas des cellules musculaires lisses. Des fibres conjonctives et élastiques, isolées ou disposées en faisceaux de faibles dimensions, se détachent des cloisons et s’enlacent en tous sens à l’interieur des lobules testiculaires. Elles forment entre les tubes séminaux une trame conjonctive délicate, dont les mailles sont remplies par les cellules interstitielles du testicule.
4° Vaisseaux et nerfs du testicule. — A. Vaisseaux sanguins. — Le testicule reçoit ses ramifications artérielles de l’artère testiculaire, branche de la spermatique. Cette artère pénètre dans le corps d’Highmore, se divise
Fig. 518. — Coupe transversale de testicule d'enfant de 3 ans passant au niveau de la têce
de l'épididyme.
Il, lobes testiculaires. — rl , rete testis. — ép, épididyme. — cd, canal déférent sectionné en quatre points de son trajet à cause de ses nombreux replis, x 15.
en ramuscules de plus en plus ténus qui se ramifient dans les cloisons interlobaires, puis dans le tissu interstitiel et s’y capillarisent. Les capillaires ne viennent pas en contact avec la paroi propre des canalicules séminaux; ils en sont toujours séparés par du tissu conjonctif et par des cellules interstitielles. Les veinules formées par la réunion de ces capillaires suivent en sens inverse les septa conjonctifs intertubulaires et sortent du testicule au niveau du corps d’Highmore, ou s’engagent dans l’albuginéeet la traversent obliquement. Elles se jettent dans les veines funiculaires.
B. Vaisseaux lymphatiques. — Ils sont bien connus depuis les recherches de Regaud. D’après ce dernier auteur, les systèmes de sacs lymphatiques admis par les premiers chercheurs n’existent pas (Ludwig et Tomsa, His, Tommasi, Frey, Mihàlkovics). Les lymphatiques testiculaires sont représentés par des capillaires dont le mode de distribution varie suivant les espèces (1).
(1) On peut distinguer à cet égard trois types principaux : « Le premier type est représenté par le testicule du Lapin, dans lequel il n’existe qu’un réseau lymphatique périt esticulaire prenant naissance à la face profonde de l’albuginée. Le testicule
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C. Terminaison des nerfs dans le testicule. — Elles sont encore peu connues. On a mis en évidence des terminaisons vasomotrices qui forment autour des vaisseaux sanguins des plexus serrés (Retzius). De ces plexus partiraient des fibrilles qui traverseraient la membrane propre et se termineraient entre les cellules séminales par des ramifications fibrillaires (Sclavunos). Timofeev n'a pas retrouvé ces terminaisons intratubulaires.
du Chien peut être pris comme exemple du deuxième type : entre deux réseaux lymphatiques situés le premier dans l’albuginée, le second dans le corps d’Highmore, s'étend un troisième réseau parcourant les cloisons conjonctives du testicule, réseau périlobulaire ou interlobulaire. Enfin, le testicule du Bélier appartient au troisième type. En plus des réseaux existant dans le testicule du Chien, on y rencontre un riche réseau intralobulaire ou périlubulaire. Ces trois types sont reliés par des types intermédiaires. Le testicule du Rat, possédant seulement quelques lymphatiques péritesticulaires, est un exemple du premier type réduit au minimum. Le testicule du Cobaye est pourvu d’un réseau peu développé occupant le corps d’Highmore et les cloisons conjonctives : il est donc intermédiaire entre celui du Lapin et celui du Chien. Le testicule du Chat montre un certain nombre de capillaires lymphatiques parcourant l’intérieur des lobules; il est donc un terme de passage entre celui du Chien et celui du Bélier. Ces variations tiennent aux différences de texture du tissu conjonctif lâche des divers Mammifères: les lacunes développables de ce tissu pouvant dans certains cas devenir de véritables voies lymphatiques plus ou moins endothéliformes, auxquelles il ne manque que le vernis endothélial, et qui peuvent suppléer les canaux lymphatiques vrais dans leur fonction de canalisation. La disposition exacte des vaisseaux lymphatiques du testicule est mal connue chez l’Homme. » (Cl. Regaud.)