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Fig. 537. — Schéma reprèsenîanl le corps de Wolff et l'ébauche sexuelle chez l’embryon de Chat.
1, embryon de 24 jours. — 2, embryon de 26 jours. — 3, embryon de 29 jours. — R. P, région présexuelle. — R. S, région sexuelle. — R. P. S, région postsexuelle. — Cps.M.dg , corpuscule de Malpighi en dégénérescence; E.S, ébauche sexuelle. D'après Sainmont.
Sainmont chez les Mammifères et la description qui va suivre s’inspirera surtout des résultats obtenus par cet auteur.
La région présexuelle du corps de Wolff offre la première un bourgeonnement de l’épithélium capsulaire externe des corpuscules de Malpighi. Les bourgeons ainsi constitués forment des cordons ou « tubes de Mihalkovics » (Sainmont), qui se détachent du côté interne du corpuscule et s’allongent rapidement (fig. 538). Le même processus se manifeste d’avant en arrière sur tous les corpuscules de Malpighi de la région sexuelle ; il se différencie de la sorte une série de cordons qui se dirigent obliquement ou transversalement vers l’ébauche génitale, décrivent des circonvolutions nombreuses, se creusent peu à peu d’une lumière, puis se mettent en rapport avec les extrémités distales des cordons sexuels. D’après Sainmont, neuf tubes se déve-
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loppent dans la région sexuelle et cinq dans la région présexuelle du corps de WollT. Aucun processus du même genre ne se manifeste dans la région postsexuelle. — Les corpuscules de Malpighi dégénèrent peu à peu pendant la croissance des tubes de Mihalkovics, dont l’ensemble occupe la face interne du corps de WolfT et a été désigné par Sainmont sous le nom d’« organe de Mihalkovics ». Ces tubes sont dès lors en continuité directe avec les canalicules urinaires : le glomérule vasculaire et l’épithélium capsulaire interne ont disparu progressivement ; l’épithélium capsulaire externe a persisté au contraire, est devenu cubique, en même temps que la cavité du corpuscule a pris petit à petit le calibre du tube urinaire. Sainmont n’a pu mettre aussi nettement en évidence la continuité des tubes de Mihalkovics avec les tubes séminaux ; mais il pense que les extrémités juxtasexuelles des tubes de Mihalkovics s’anastomosent en un système lacunaire, qui est plongé dans la zone
Fig. 538. — Corpuscule de Malpighi en régression dont l'épithélium externe de la capsule de Bowman a donné naissance à l'ébauche d'un tube de Mihalkovics (T.M). x 350. D’après Sainmont.
posléro-externe du testicule embryonnaire et qui représente l’ébauche du rete teslis ou réseau de Haller. Celui-ci se continue avec les tubes séminaux par l’intermédiaire de petits conduits rectilignes ou tubes droits. Le reste des canaux de Mihalkovics et les tubes urinaires correspondants forment des canaux très pelotonnés et disposés les uns au-dessus des autres. Ce sont les canaux efférents du testicule, qui s’allongent dans leur région externe vers le quatrième ou cinquième mois du développement et deviennent les cônes vasculaires. L’ensemble des canaux efférents et des cônes vasculaires forme la tête de l’épididyme. Le canal de Wolff, dans toute sa région juxtatesticulaire, forme le canal de l’épididyme ; il se pelotonne surtout dans la région inférieure à la tête et constitue le corps et la queue, de cet organe. Le reste du canal de WollT devient le canal déférent. Sa signification physiologique s’est dès lors complètement modifiée ; l’ancien conduit excréteur urinaire s'est transformé en conduit excréteur de la glande germinative mâle.
En même temps, la région postsexuelle du corps de Wolff s’atrophie
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peu à peu et se trouve réduite, vers la fin du développement, à quelques restes jaunâtres situés vers l’extrémité inférieure du testicule, entre ce dernier organe et le canal déférent. Ils sont encore plus rudimentaires chez l’adulte; ce sont le paradidyme ou organe de Giraldès et les canaux aberrants de Vépididyme . D’autres formations persistent au niveau de la tête de l’épididyme ; elles se présentent sous l’aspect d’entonnoirs ciliés qui conservent une communication avec la cavité vaginale du testicule et qui sont également un vestige de la région génitale du corps de Wolff. Ajoutons enfin que la portion tout antérieure du canal de Wolff n’est pas normalement utilisée pour la différenciation du canal épididymaire ; quand elle persiste, elle représente un petit appendice rattaché à l’extrémité supérieure de l’épidi dyme ou du testicule et désigné sous le nom d 'hydatide pédiculée de Morgagni.
Le canaux de Muller, dans le sexe masculin, disparaissent presque complètement, sauf au niveau de leurs extrémités distale et proximale, qui subsistent chez l’adulte et forment d’autres organes vestigiaires annexés aux conduits excréteurs de la glande germinative mâle. L’extrémité supérieure persiste sous la forme d’une petite vésicule qui est accolée contre la tête de l’épididyme et qui montre souvent, en un point de son trajet, un orifice infundibuliforme comparé par Waldeyer à un minuscule pavillon de trompe utérine. C’est Y hydatide non pédiculée ou sessile de l’épididyme. Les régions inférieures des canaux de Millier sont tout d’abord appliqués l’une contre l’autre ; puis leur cloison de séparation se résorbe et il en résulte un canal unique compris entre les canaux déférents, dont on retrouve encore les vestiges chez l’adulte; c’est Yutricule prostatique ou utérus mâle, peu développé chez l’Homme, beaucoup plus important chez les Mammifères (Carnassiers et Ruminants), où on peut lu; reconnaître une portion vaginale et une portion utérine (Weber). L’utrici le prostatique, comme les canaux déférents, débouchent dans le sinus urogénital qui se transformera en la région prostatique de l’urètre.
Les glandes annexées au conduit excréteur des glandes mâles se développent au cours de ces transformations. Le canal déférent émet en dehors et en arrière, au voisinage de son point d’abouchement dans le sinus urogénital, un diverticule sacciforme qui s’accroît en se pelotonnant un grand nombre de fois. C’est la vésicule séminale. En même temps, les parois du sinus urogénital, tout autour du point où viennent s’ouvrir les canaux de Wolff et l’utricule prostatique, émettent en arrière et latéralement des bourgeons courts, d’abord pleins, puis creux, qui se ramifient dans le tissu mésenchymateux ambiant et se couvrent ensuite de dilatations ampullaires (Toldt). C’est l’ébauche de la glande prostatique. Enfin le sinus uro-génital, au-dessous de l’ébauche prostatique, émet en arrière deux diverticules dont les extrémités se divisent abondamment en culs-de-sac ou acinus dont l’ensemble édifie deux glandes peu volumineuses, dites glandes bulbo-urélrales ou de Cooper.
Il résulte donc de cette étude rapide que le canal excréteur du testicule se différencie aux dépens de l’extrémité supérieure du corps de Wolff et du canal de Wolff, que les nombreux organes vestigiaires que l’on rencontre le long du tractus génital proviennent de la partie non utilisée du corps de
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Wolff et du canal de Millier et que les glandes annexées à ces conduits excréteurs se développent aux dépens de bourgeons issus des parois du canal wolffien ou du sinus uro-génital. Des phénomènes analogues se réalisent dans le sexe femelle, mais ici le canal de Wolff et le corps de Wolff s’atrophient, et c’est le canal de Müller qui devient le conduit excréteur de la glande germinative femelle et l’organe de la conception.
2° Transformation chez la femelle. — Chacun des canaux de Müller peut être distingué en deux parties : une partie supérieure, située dans la cavité abdominale, et une partie inférieure située dans le petit bassin où elle prend part, avec les canaux de Wolff, à la constitution du cordon génital. La région abdominale des canaux de Müller forme Yoviducte ou trompe utérine avec son pavillon. Le pavillon ne se développe pas au niveau de l’extrémité du canal de Müller; il paraît être une formation entièrement nouvelle, qui se différencie au-dessous et à une certaine distance de cette extrémité ; la région proximale du canal de Müller s’atrophie et donne sans doute naissance à une petite vésicule insérée sur une frange du pavillon et désignée sous le nom d’hydatide de Morgagni. D’autre part, les canaux de Müller se fusionnent l’un avec l’autre dans toute l’étendue du cordon génital. Le canal unique qui résulte de la résorption des parois en contact est désigné sous le nom de « sinus génital », « canal utéro-vaginal » ou « canal de Leuckart « ; il se différencie dans la suite en utérus et en vagin (Thierscii et Kolliker, Waldeyer, Dohrn, Tourneux et Legay, Nagel, douzième semaine). La région utérine se distingue par le développement de deux couches musculaires épaisses formées autour du conduit épithélial. La région vaginale se différencie aux dépens de la partie inférieure du sinus génital.
Le canal et le corps de Wolff s’atrophient, disparaissent peu à peu et laissent simplement subsister quelques organes vestigiaires le long du tractus génital femelle. Les régions sexuelles et présexuelles du corps de Wolff subissent des processus analogues à ceux qui se passent dans le sexe masculin ; ils se transforment en un organe sans fonction situé à côté de l’ovaire, au niveau de son hile, et appelé paraovarium ou époophoron (Ivobelt, Waldeyer). Celui-ci comprend un canal longitudinal issu de l’extrémité supérieure du canal de Wolff et dix à quinze canalicules transversaux, différenciés aux dépens des canalicules segmentaires et des tubes de Mihalkovics de cetle région wolffienne. Les canaux transversaux sont primitivement à peu près rectilignes, puis se pelotonnent comme le font les cônes efférents dans le sexe masculin; nous savons en outre que ces canaux ont envoyé dans le hile de l’ovaire des prolongements qui s’unissent avec les cordons médullaires, anciens cordons sexuels de l’ébauche génitale indifférente, et qui s'anastomosent en un réseau plus ou moins étendu. C’est le rete ovarii, homologue du rete testis ou réseau de Haller du testicule. — La région poslsexuelle du corps de Wolff s’atrophie dans le sexe féminin comme dans le sexe masculin. Elle se transforme en un petit organe blanc jaunâtre, constitué chez l’embryon par de petits canaux enchevêtrés et par des glomérules vasculaires situés dans le ligament large en dedans de l’ovaire. C’est le paraophoron , qui est figuré chez l’adulte par quelques
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canalicules et petits kystes appliqués contre la trompe ou contre l’extrémité supérieure de l’utérus.
Le canal de Wolff, chez l’embryon femelle, est un mince conduit qui se prolonge le long de la trompe et de l’utérus, à l’intérieur du ligament large. 11 disparaît peu à peu et il n’en subsiste aucune trace chez l’adulte, sauf au niveau de son extrémité inférieure, où il se montre sous l’aspect d’un canalicule trèsétroit, situé dans l’épaisseur des parois du col utérin (Beigel, Doiirn). Il persiste cependant dans toute son étendue chez certains Mammifères, comme les Ruminants et les Suidés et porte alors le nom de canal de Gartner. — Les glandes de Bartholin se développent ensuite aux dépens des parois du vagin, au niveau du vestibule. Leur évolution est semblable à celles de toutes les glandes : elles prennent naissance aux dépens de bourgeons qui sont issus de l’épithélium de revêtement, qui se ramifient dans la profondeur et qui donnent naissance aux culs-de-sac glandulaires.
Cette étude nous montre donc que les conduits excréteursdes glandes germinatives femelles se développent aux dépens des canaux de Millier, que les oviductes dérivent des régions proximales de ces canaux, que l’utérus et une partie du vagin proviennent de leur région distale, que les organes vestigiaires annexés à ce conduit excréteur sont issus du corps etdu canal de Wolff, qui ont ébauché les mêmes transformations caractéristiques que dans le sexe
masculin : rete ovarii, époophoron, canauxde Gartner sont donc les homologues du rete testis, de la tête épididymaire et du canal déférent ; de même, le paradidyme et le paraophoron ont une signification identique, et représentent l’un et l’autre les restes de la région postsexuelle du corps de Wolff.
Article 2. — LES CON- DUITS EXCRÉTEURS DU TESTICULE
On peut distinguer aux voies excrétrices du testicule : i° une partie intratesticulaire qui comprend les canaux droits et le réseau de Haller: elle s’est différenciée aux dépens de canalicules qui sont issus des corpuscules de Malpighi, qui se sont anastomosés les uns avec les autres dans le corps d’Highmore et qui se sont réunis aux extrémités distales des tubes séminaux ; 2e l’épididyme, avec sa tête édifiée aux dépens des tubes de
Fig. 539. — Schéma des voies efférentes du testicule.
lob, lobes testiculaires limités par des septa conjonctifs qui partent de l’albuginée et se rejoignent au niveau du mediastinum testis (Med). Celui-ci renferme les canaux droits ( cdr ) et le rete testis. (R.t). — cef, canaux efférents. — cv, cônes vasculaires. — cép, canal épididymaire. — cd, canal déférent. — Par , paradidyme. — cai , canal aberrant inférieur. D’après Eberth.
LES GLANDES GERMINATIVES
Mihalkovics et des canaux segmentaires, son corps et sa queue fournis par le pelotonnement du canal épididymaire ; 3° le canal déférent avec ses ampoules et les canaux éjaculateurs développés aux dépens du canal de WollY (fig. 539).
I- Canaux excréteurs intratesticulaires : canaux droits et réseau