CHAPITRE IV
Les conduits excréteurs des glandes germinatives.
Article premier. — CARACTÈRES GÉNÉRAUX ET PREMIER DÉVELOPPEMENT
Les produits élaborés par les glandes germinatives sont éliminés par des conduits excréteurs auxquels sont annexées un certain nombre de glandes accessoires. Ce sont chez le mâle: les canaux droits, le réseau de Haller, le canal de l’épididyme, le canal déférent, les canaux éjaculateurs et le canal de l’urètre, qui sert tout à la fois au passage du sperme et à celui de l’urine ; chez la femelle: les trompes ou ovicluctes, l’utérus et le vagin. Les vésicules séminales, la prostate et les glandes de Cooper représentent les appareils glandulaires annexés aux voies excrétrices du sperme ; les glandes de Bartholin sont les seuls organes glandulaires différenciés le long des voies excrétrices de l’ovaire.
Les conduits des glandes germinatives ont la structure générale de tous les conduits excréteurs. Ils sont formés par un épithélium qui limite la lumière, un chorion et une enveloppe musculo-conjonctive. L’épithélium est typiquement cylindrique. La musculeuse se compose essentiellement d’une couche de fibres lisses circulaires à laquelle se surajoute presque partout une couche externe longitudinale. L'étude du développement montre en effet que l’épithélium est tout d’abord enveloppé par ces deux assises fondamentales. Mais les parois de ces conduits ne tardent pas à subir par places des modifications considérables provoquées par des adaptations fonctionnelles différentes. L’épithélium conserve presque partout sa structure cylindrique ; il devient cilié et sécrétoire dans certaines régions. C’est le cas, par exemple, au niveau de l’épididyme et de l’oviducte, où les cellules cylindriques sécrètent abondamment pendant le passage des gamètes. Les régions proximales des conduits excréteurs des glandes germinatives mâle et femelle sont donc comparables à ce point de vue, et les gamètes des deux sexes trouvent au sortir de leurs organes élaborateurs une région glandulaire et nourricière. Les cellules cylindriques subissent aussi par places une transformation mucipare, surtout dans les régions distales des conduits,, en particulier au niveau du col utérin où cette transformation atteint la presque totalité des cellules épithéliales. — Les enveloppes musculo-conjonctives offrent peu de modifications tout le long des conduits excréteurs
LES GLANDES GERMINATIVES
des glandes germinatives mâles. La couche conjonctive sous épithéliale possède partout la structure caractéristique des chorions, et la couche musculaire, très peu développée autour du canal épididymaire, augmente seulement d’importance au niveau du canal déférent. Il n’en est pas de même chez la femelle. Le chorion possède une épaisseur et une importance exceptionnelles au niveau du corps de l’utérus et ses nombreuses cellules conservent les caractères des éléments conjonctifs jeunes ; elles sont adaptées aux transformations importantes qu’elles subissent pendant la différenciation du placenta maternel. La musculeuse s’est également modifiée au point de vue de la disposition et de l’importance de ses couches constitutives : une assise moyenne, plexiforme, très épaisse, s’est surajoutée aux deux couches fondamentales et compose à elle seule presque toute la paroi musculaire utérine. Cette paroi s’hypertrophiera encore dans d’énormes proportions au cours de la grossesse et ses faisceaux musculaires, grâce à leur disposition plexiforme, exerceront une pression concentrique sur le fruit et détermineront son expulsion au moment de la délivrance.
Toutes ces modifications adaptatives se réalisent peu à peu au cours du développement, et les conduits excréteurs des glandes germinatives ne parviennent à leur état définitif qu’au moment de la puberté. Ils se différencient chez l’embryon aux dépens du corps et du canal de Wolff chez le mâle, aux dépens du canal de Müller chez la femelle. Nous allons suivre les grandes lignes de leurs transformations progressives ; elles nous renseigneront sur les modifications qui accompagnent leurs nouvelles adaptations et sur la signification morphologique des organes vestigiaires qu’on rencontre en si grand nombre le long des conduits génitaux.
Nous savons que les corps de Wolff ou mésonéphros sont deux organes rénaux, qui sont situés dans la cavité abdominale et qui portent sur la zone moyenne de leur bord interne deux petites saillies, les ébauches sexuelles ( fig. 537 E). Leurs canaux excréteurs ou canaux de Wolff se jettent dans le sinus urogénital. Les canaux de Müller sont placés à côté et en arrière des canaux de Wolff et leur sont tout d’abord parallèles ; puis ils se placent en dedans de ces derniers et se rapprochent l’un de l’autre vers la ligne médiane ; les quatre canaux forment derrière la vessie un faisceau désigné sous le nom de « cordon génital ». Les conduits excréteurs des glandes germinatives se différencient aux dépens de ces canaux quand le développement du métanéphros s’est réalisé et quand, par conséquent, l’existence du mésonéphros comme organe dépurateur n’est plus indispensable pour l’embryon Nous examinerons ces transformations successivement chez le mâle et chez la femelle.
i° Transformation chez le male. — On peut, au point de vue qui nous occupe, diviser le corps de Wolff en trois régions : i° une région présexuelle, comprise entre son extrémité antérieure et l’extrémité antérieure de l'ébauche sexuelle ; 20 une région sexuelle située au niveau de la glande génitale ; 3° une région post sexuelle qui répond à la portion caudale du corps de Wolff (fig. 537). Les transformations présentées par ces différentes régions du corps de Wolff pendant la différenciation des voies excré-
HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE
trices du testicule ont été l’objet de nombreuses recherches et ont donné lieu à bien des controverses. Les observations de Mihalkovics chez les Mammifères, confirmées par celles de Braun et Semon chez les Amphibiens, Reptiles et Oiseaux, sont d’accord pour admettre que l’ensemble de ces voies est d’origine wolffienne ; elles contredisent la manière de voir de certains auteurs, comme Waldeyer, Skrobansky, Goert, qui pensent que le corps de WolfT n'intervient pas dans la genèse de leur partie juxtatesticulaire (tubes droits et rete). La première conception a été vérifiée récemment par
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