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I. — Disposition anatomo-microscopique

i° Nerfs du coeur. — Les nerfs du cœur sont surtout formés de fibres sans myéline ou de Remak. Ils sont disposés autour des deux artères coronaires du cœur, des plexus desquels naissent les nerfs de l’épicarde et du myocarde. Ces filets cheminent dans la couche sous-péricardique, où ils forment un vaste « plexus sous-péricardique ». Les branches qui se détachent de ces plexus sont, les unes, destinées au péricarde viscéral ou épicarde, les autres au myocarde. Ces dernières constituent d’après Kôlliker, L. Gerlach, Heymans et Demoor et d’autres, dans l’épaisseur du muscle cardiaque, le « plexus fondamental intramusculaire » de Gerlach et aussi le « plexus sous-endocardique ». Le premier fournit les nerfs terminaux de la plus grande partie du myocarde ; le second émet des branches terminales pour l’endocarde et pour la couche profonde du myocarde.

Aux travées du plexus sous-péricardique sont annexés des ganglions nerveux. Chez les Batraciens, les cellules ganglionnaires se concentrent en trois ganglions seulement, relativement gros et depuis longtemps connus sous les noms de « ganglions de Remak », « de Ludwig » et « de Bidder ». Chez les Mammifères, les ganglions, que Remak et Kôlliker ont les premiers décrits, sont extrêmement nombreux et presque tous microscopiques ; ils appartiennent au plexus superficiel sous-péricardique. Leur présence dans la paroi auriculaire est certaine ; beaucoup d’auteurs (J. Dogiel, Kasem-

HISTOLOGIE ET ANATOMIE MICROSCOPIQUE

Beck, Openchowsky, Berkley, Vignal, Jacques, ont admis leur existence dans le plexus superficiel des ventricules et meme dans l’épaisseur du myocarde. Cependant la présence de ganglions situés en plein myocarde demeure encore problématique. Cette question a une importance physiologique considérable. Il s’agit en effet de savoir si les mouvements rythmiques et normaux du cœur sont sous la dépendance de ganglions nerveux représentant des centres automatiques; ou bien si, comme Engelmann et d’autres physiologistes le prétendent, la contraction du myocarde est indépendante de l’excitation nerveuse et peut se produire par excitation directe de la substance musculaire.

Les ganglions nerveux intracardiaques sont de grosseur variable et renferment de 1 à 100 cellules; c’est dire qu’il existe des cellules ganglionnaires isolées. Il faut éliminer, de la liste des cellules nerveuses constitutives des ganglions, des cellules décrites par Berkley et d’autres, qui sont de simples cellules conjonctives. Mais Schwartz était allé trop loin, en soupçonnant les cellules ganglionnaires décrites par les auteurs dans la paroi ventriculaire de n’être toutes que des éléments conjonctifs.

Les ganglions nerveux du cœur des Batraciens sont formés surtout de cellules à fibre spirale (t. I, p. 372), telles que celles qu’on trouve dans d’autres nerfs appartenant aussi au sympathique.

Ceux des Mammifères et particulièrement de l’Homme ont été considérés par les uns (Aronson, His jun., Arnstein, Smirnow, London) comme de nature sympathique. Les autres (Vignal, Jacques, Dogiel) les regardent comme de nature mixte, à la fois sympathique et cérébro-spinale, pour y avoir trouvé des cellules du caractère sympathique et d’autres du type cérébro-spinal. Les connexions des prolongements émanés de ces cellules 11’ont pu être établies avec certitude. On ne peut que préjuger par le caractère de ces cellules que les unes (cellules du premier type, type sympathique) sont motrices ; on a d’ailleurs (Arnstein, Lavdowsky, Dogiel) pu suivre leurs axones jusque dans le plexus nerveuxylu myocarde et même jusqu’au niveau des fibres musculaires. D’autres cellules, du type ganglionnaire spinal, seraient sensitives.

Comme tous les ganglions sympathiques, ceux du cœur ne renferment pas que des cellules nerveuses et leurs prolongements. Ils sont traversés aussi par des fibres nerveuses exogènes : les unes myéliniques, d’origine cérébro-spinale; les autres amyéliniques, d’origine sympathique, qui viennent s’y terminer. Les premières, d’après Dogiel, après avoir perdu leur myéline et s’être maintes fois divisées, donnent des branches qui perforent la capsule des cellules du premier type et forment autour de leur corps cellulaire une corbeille péricellulaire. Les autres entrent en contact indirect par des réseaux terminaux avec les cellules, dont elles ne franchissent pas la capsule, ou avec les dendrites de ces cellules.

20 Nerfs des vaisseaux (artères, veines, troncs lymphatiques). — Les nerfs des artères, des veines et des troncs lymphatiques sont: les uns moteurs, ou nerfs vaso-moteurs , destinés à la tunique musculaire du vaisseau; les autres sensitifs ; quelques-uns même seraient peut-être « sécréteurs » (vaisseaux lymphatiques, d’après Kytmanow). De ces nerfs, les

VAISSEAUX ET ORGANES VASCULAIRES

uns sont amyéliniques, ce sont les nerfs moteurs; les nerfs sensibles sont au contraire myéliniques. Les nerfs moteurs ou amyéliniques forment dans la paroi des artères trois plexus superposés, comme Font établi les descriptions classiques d’ Arnold, Kôlliker, Ranvier, Agababow et ensuite les recherches de Cajal et Sala, Dogiel, Botezat, Michailow, etc. Il existe un premier plexus dans l’adventice (« plexus nerveux adventitiel ») ; un second à la limite de l’adventice et de la tunique moyenne (« plexus nerveux limite ») ; un troisième (« plexus musculaire ») occupe la tunique musculaire et spécialement le tissu conjonctif intermusculaire. 11 est probable que l’intima ellemême n’est pas privée de nerfs.

Dans les troncs lymphatiques, Dogiel, Timoeeew, Kytmanow décrivent les trois plexus d’ARNOLD : « un plexus adventitiel » ; un « plexus supramusculaire », situés respectivement dans les couches superficielle et profonde de l’adventice; un « plexus intermusculaire »; et même un « plexus sous-endothélial ».

L’existence de cellules ganglionnaires nerveuses dans les parois vasculaires est contestée ; Beale, Robin, Lehmann, Dogiel et d’autres ont observé des cellules et même des ganglions nerveux au moins contre la paroi du vaisseau, sinon dans son épaisseur ; les cellules ganglionnaires y sont tout au moins rares, selon Dogiel, et, d’après Lapinski, Michailow, elles font même complètement défaut.

3° Nerfs des capillaires. — La paroi des capillaires reçoit des nerfs (niés par Rothstein), qu’on peut comparer aux nerfs musculaires des artères et des veines. Il résulte des observations de Beale, Bremer, Grünhagen, STiLLiNGet Macdonald, Michailow et d’autres, que le capillaire est accompagné par deux fibres nerveuses qui le côtoient longitudinalement, unies çà et là par des anastomoses transversales, le tout représentant un plexus rudimentaire (Tomsa, Botezat); mais Dogiel prétend que ce prétendu réseau n’est autre que le périthélium.

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