TISSUS DE SUBSTANCE CONJONCTIVE
conjonethre peuvent se substituer les uns aux autres, soit par métamorphose directe, soit par une néo-formation développée aux dépens du tissu primitif.
Nous venons de voir quelle est Tanalogie qui existe, au point de vue anatomique, entre les différents tissus de substance conjonctive ; ils se tieoDent encore par un autre lien : c'est la parenté physiologique. Bien que les tissus conjonctifs soient très-abondants, ils n'ont cependant qu'une importance secondaire dans l'organisme sain ; ils servent, en effet, de moyen d'union, d'enveloppe, de soutien aux différentes parties de l'organisme, et forment dans le corps une vaste charpente qui abrite les autres tissus, à savoir les muscles, les nerfs, les vaisseaux, les cellules glandulaires, etc. Le mot de mbstance conjonctive^ dérivé de celui de' tissu unqoncUft donné par J. MûUer, est donc très-bien approprié. L'expression de substances de soutien (StiUzsubstanz) , employée par Kœlliker, est paiement fort exacte.
Les tissus de substance conjonctive participent fort peu, chez l'adulte, au développement nutritif normal du reste de l'organisme ; le rôle se trouve complètement renversé à l'état pathologique ; alors, en effet, le tissu de substance conjonctive devient essentiellement actif. C'est à Yircbow que l'on doit d'avoir montré que presque toutes les néo-formations pathologiques se développent aux dépens des tissus de substance conjonctive. Ûe sorte que l'on peut considérer le tissu conjonctif et les tissus équivalents comme le germe conmiun du corps entier (3).
Remaique. — (1 ) Rbichert a décrit le premier le grand groupe des tissus de substance (onjonctÎTe. Voyez l'ouvrage de cet auteur intitulé : (Bemerkuagen zur vei^leichenden NatoHorscfauiig und Tergieichende Beobachtungen ùber das Bindegewebe und die Terwandten i>ebilde), Éludes sur ranatamie comparée du tisêu conjonctif et des tissus voisins. Dorpat, 1845. — ViRCHow (WUnburger Verhandlungen, vol. I et 11) et Donders, Zeitschrift for wissensch. Zoologie, vol. III, p. 348. — Hënle a vivement combattu, dès le début, àitts son journal, Topinion des auteurs précédents. — (2) Voyez Letdig, Traité d'histologie lon^ée, p. 28. — (3) Virchow, Pathologie cellulaire.
Division des tissus de substance conjonctive. — S'il est facile d'établir l'existence du groupe des tissus de substance conjonctive dans leur prc^ mière ébauche, il n'en est plus de même quand on étudie isolément toutes leurs variétés et leur développement ; les difficultés deviennent alors considérables, et nos connaissances actuelles à ce sujet sont encore bien incomplètes. Les lacunes sont nombreuses ; les travaux étendus de Virchow, de Donders et d'autres auteurs demanderaient à être revus au point de me de la théorie cellulaire actuelle, car bien des assertions anciennes ont été reconnues pour des erreurs. Les difficultés mêmes de l'observation, certaines discussions trop violentes, semblent avoir rebuté les observateurs, qui ont abandonné dans ces derniers temps l'étude des tissus de substance conjonctive.
i92 TRAITÉ DUISTOLUGIË ET D'UtSTOGUiMlË.
Voici comment on pourrait définir aujom*d'hui le type liistologique du groupe des tissus conjonctifs.
Tous ces tissus sont formés, à Tétat embryonnaire, par une aggloniération compacte de cellules formatrices sans enveloppe, arrondies, ù' noyaux vésiculeux. Entre ces éléments se développe ensuite une subsiano* intercellulairc molle, homogène, formée de matières albuminoîdes, et qui plus tard deviendra très-abondante. (Cette substance peut être considéréi* comme un produit de la cellule ou comme une partie transformée du corps cellulaire lui-même.) Les cellules et la substance intercellulairc subissent ensuite des modifications multiples. Dans quelques tissus, la substance fondamentale prend un aspect fibrillaire ou strié, se décompo:^e même en véritables fibrilles ; les cellules s^atrophient ou bien se développent sous forme d'éléments fusiformes et étoiles qui peuvent, par leur réunion, former un véritable réseau cellulaire. On observe également, dans certains cas, la transformation calcaire de la substance fondamentale.
Ces transformations anatomiques s^ accompagnent de métamorphoses chimiques. La substance fondamentale est formée au début par des suIh stances protéiques et leurs dérivés ; on y observe également, dans les premières périodes du développement, une substance analogue ou identique à la mucine. Plus tard, les substances protéiques sont remplacées par des» dérivés éloignés, les substances coUagènes, la glutine, plus rarement la chondrine; la substance fondamentale peut également se transformer eo matière élastique. Le protoplasraa des cellules peut aussi se charger de graisses, de pigments.
Il serait sans doute osé de vouloir donner une division des tissus do substance conjonctive. Nous étudierons successivement : 1^ le tuau cartilagvieux ; 2"* le tissa muqueux et le tissu conjonctif réticulé; o"" le tissu adipeux; ^ le tissu conjonctif ordinaire ; 5^ le tissu osseux; &" la detitine.