‹ Traité d'histologie et d'histochemieChapitre 22 sur 56 · TiiHia ear«ilagla«ax · texte numérisé non relu

TiiHia ear«ilagla«ax

§ iU3.

* Le cartilage (1) est un tissu compacte, formé de cellules plon<;écsà Ion-

^inc dans une substance fondamentale homo<;èno ; ce tissu est très-répandu dans Torganisme et apparaît de très-bonne heure. Le poids spécifique du rartilage est assez considérable ; il est en rapport avec la résistance de n* tissu, D'après les recherches de Schiibler et de Kflp//(2), il varierait vnïrv 1 150 et 1 160. Le cartilage est Hexible et élastique quand il se trouve schi> forme de couches minces; mais, en couches épaisses, il devient cassant. Les anatomistes distinguent deux sortes de cartilages : l"" les rarfi///<;< j» articulaires j qui recouvrent les extrémités articulaires des os ; 2*" les cartilages membrani formes, qui protègent les cavités, dont ils consolident lt> parois.

TISSU CABTlLAGlNfiUX. 195

On peut également diviser le carlilage d'après la durée de son existence. Chez l'embryon, on observe un squelette cartilagineux étendu, destiné à disparaître et à faire place au tissu osseux ; une petite portion de ce squelette cartilagineux persiste seule durant toute la vie. De là une division du cartilage en cartilage transitoire et permanent (3).

On peut enfin diviser le cartilage en se fondant sur sa structure histologique, et surtout sur la texture de la substance fondamentale. Au début, cette substance est homogène, vitreuse, quelquefois légèrement trouble, dans tous les cartilages. Cette consistance vitreuse peut persister pentUat toute la vie. Les cartilages ainsi formés sont appelés hyulins ; ils forment le cartilage l)-pe. On les reconnaît facilement, même à l'œil nu; en couches minces, ils sont clairs, tnosparents ; sous formes de couches épaisses, ils offrent une coloration d'un blanc bleuâtre, quelquefois laiteuse.

le tissu cartilagineux subit des transformations anatomïques nombreu- .«es; ces transformations, qui portent surtout sur la substance fondamentale, peuvent se produire plus ou moins tardivement ; quelquefois elles sont Ûinitées à quelques points seulement des cartilages ; dans d'autres cas, elles s'étendent au cartilage tout entier.

La substance intercellulaire peut prendre un aspect granuleux ; elle peut devenir striée, se séparer en fibres de difîérente forme. Dana certains cas, la masse fondamentale semble formée en quelques points de fibres

FIg. liU. — Cartilage hjalia.

puallèles, résistantes, qui ne pâlissent point dans l'acide acétique; tantôt c'est un système de trabécules, ou un feutrage composé de fibres élastiques foncées ; enfin la substance fondamentale peut être fonnée par des fibrilles de tissu conjonctif très-fines, pâlissant dans l'acide acétique. De là trois variétéa de cartilages : le cartilage à Hubstance fondamentale élas-

tique, le cartilage à substance fondamentale fibrillaire ou réiicuice (lig. 155), puis le cartilage à substance fondamentale fibreuse (Pig. 156). Dans les points où 1c cartilage a subi ces métamorphoses, la colorràon bleuâtre disparaît; il devient opaque, jaunâtre ou blanc.

Rehihoiiu. — (1) Vojei, outre les traitéictaBBiques,6RDCH(8eitriige turEatwickluDgigo- Kkkhle desinocheas^sWua], Contributions à Véludedudévelopptment du liuuofieui, (lani le H' Tolume des Hémoires de la Société des nsturaljstee suisses, cl H. NetEB daiu les Arcbircs do MUller, 1S49, p. 293. — (S) Khiese donne comme poids spécifique du cartilage hvdin le chiffre 1086 (Traité d'à natomie, vol. I, p. 81. Ilannover, 1841). — (})Au fond, cette division est maUTsise; on oc peut, en cfTcl, établir de limite entre le cirtil>{!'' (■eraianent el le cartilage transitoire; il n'j j là que des différences dans la période du di<vcloppement. L'anatomie comparéit nous apprend quu It^ cartilugu Iransiloin; de certaim aiiiraaux devient (cartilage permanent chez d'autres et inversemeat. Enfin, chct le vieil- Ijrd, on observe souTcnl des oéoformations osseuses qui se forment aux dépens de cartilages dits permanents.

Cellules de cartilage. — Les cellules des cartilages présentent également des variétés nombreuses. Dans les cartilages jeunes, elles n'ofireiil aucun caractère spécial, mais elles subissent peu à peu des transformations tout à fait caractéristiques.

Au début, le cartilage est formé de cellules embryonnaires h nopi>, serrées et aplaties les unes contre les autres ; entre ces cellules on aperçoit, en regardant attentivement, de petites bandes

. -f^ ^ fort minces d'une substance homogène britlsnte. (l-c

.'.9V'^;3}.: cartilage persiste à cet état chez quelques animaux iu-

,Aâ (''C' .}i férieurs.) Les bandes de substance fondamentale s"c-

■ *:"" Vi ' larsissent bientôt et forment une masse abondante

'* ■'*'- (llg. 157).

— Les cellules de cartilage semblent alors arrondies,

'^^'■"'i'k' "''il""'*"'"" ''™l8'''*^s, ou même elles présentent la forme de cônes iiin^iioirL' de cochon. OU de croissauts. EUcs paraissent quelquefois IK'*aplaties. Elles mesurent en moyenne 0'",018 à O'iOSS. Le corps de la cellule est formé par un protoplasma tantôt homogène, tantAt linement granuleux; il n'y a pas de membrane. Le noyau est unique, vésîculeux, et mesure de 0'",006 à U"',011 .

(Juand on se sei-t de réactifs et même de l'eau, les cellules de cartilage prennent souvent un aspect crénelé, étoile (1). Ces cliangemenls de forme sont dus, dans certains cas, à des phénomènes de contraction vitale- jVirchow (2).| On ne sait pas, jusqu'à ce jour, si ces pbcnomènes sont trî'sfréquents (5).

Les transformations ultérieures de la cellule portent moins sur la forme, qui reste généralement la même, que sur son volume qui devient quelquefois fort considérable (lig. 158).

Les noyaux perdent souvent leur forme vésiculeuse et devienaeot tantôt

Fig. 158. - Scbéma d'un .

TISSU aRTlLAClNElIX. 1

solides, tout en restant unis, ou bien iU prennent un aspect granulei De même, on remarque de très-bonne heure des granulations graisseuses dans les cellules de carlitage.

On obserTe également un phénomène fort turieui sur certains cartilages adultes ; c'est la formation d'une zone ou anneau de sub- «lance lantdt bomo(;ènc, tantôt stratifiée, d'épaisseur variable, qui environne un ou plusieurs groupes de cellules. Celte substance est quelquefois très-nettement limitée; d'autres toii elle se confond à la périphérie avec la

abstance liomogènc fondamentale (tig. 158). __^___ ^ ^^^^ „,„„„,

Ces anneaux ont été désignés sous le nom de irè^-itirrèrunitt. tapsulcs de cartilage (4).

On se demande immédiatement quelle est l'origine de ces capsules, et dans quels rapports elles se trouvent avec les cellules et avec la substance fondamentale? Les opinions des auteurs à ce sujet sont fort divergentes. Les anriens, admettant lagénération spontanée descellules aux dépens d'unblas* lènie, faisaient pénétrer ce dcrnicrentrclcsélémcntscellulaires; pour eux, lacapsule de cartilage, était la substance fondamentale modifiée à la limite de la cellule ; en un mot, la capsule de cartilage n'était pour eux qu'une niasse surajoutée au corps cellulaire (5). D'autres, tout en admettant la 'héorie du blastème, considéraient la capsule de cartilage comme un produit de sécrétion de la cellule qui s'était confondu, à la phéripliéric, avec la ^bstance fondamentale (6). D'autres observateurs (7), enlin, considèrent il capsule, ainsi que la substance fondamentale, comme un simple produit its cellules de cartilage : c'est ce qui constitue la troisième opinion. Reste toujours à se demander s il faut regarder les capsules et la masse fondamentale comme des pruduits de sécrétion devenus solides ou comme une transformation du corpti cellulaire Danb 1 état icluel de la science, on ne peut plus admettre que la dernière de ces trois opinions En traitant la •uUtance intercellulaire de certains cartilages par dw réactifs, on arrive ;i démontrer que cette sub ïlance, qui parait homufiene, présente en rtalik «ne structure déterminée. Il est facile de démontrer ce fait sur les cartilages de la grenouille {iig. 159) ; ■tn y arrive plus dilTicilemeiit chez les mamnii- ^"."uuirîîoraÛB^në'aù 3^^ I^Tts (8). La masse fondamentale n'est fonnéc, en hm. » 'i* ■i^mp^é unréalité, que par une série de capsules successives, sJs^mZdBMplIuioiTaWM'! qui se sont multipliées et soudées entre elles.

Chaque cellule de cartilage prend donc part à la formation de la substance Eondaïuentale. Sur une coupe, les dlfEéreiites couches strutiliées de cap-

1 grcnouillu. La miIf-

t»6 TRAITÉ D'UliiTULOGU: Eï DUlSTOCUIltlË.

iiAes ofTrtmt luuli» le même indice de réfraction ; aussi dîsait-on, (bo» CCH cas, que la substance élail homogùnc, sans structure aucune. Mai» seulement lorsque les couches les plus récentes avaient conscnc un indice de réfraction difTcrcnt, les auteurs parlaient de capsules de i<irtilage.

Toujours est-il que nous ne savons pas si ces capsules sont de sinipU'? produits de sécrétion durcis (9), ou bien s'ils doivent être considéré» comme une transformation de la portion périphérique du corps de la cellule. Nous serions tentés d'admettre cette dernière opinion avec quelqut» auteurs (10)*.

HuuHiKiu. — (1) ViBciiaw, in Wanburger Verliandlungi-D, toI. I,p.19&: Lacbiim. iii Hulkr's Archiv, 1857, p. 15. — (3) Vmcaov, dans ses Archives, val. XXIX, f. 357. - (3) HiiMNiAiM (Studien du» phjsiol. InslilulE zu Brcslau. 3' nhier, p. 1 7), a oh»>n(' <l<chiiii|;cmunls de torme anilc^iies en se servant de la décharge éleclrique. — (4) On a ii-ulu nier, a tort, l'ciislcncc des capsules de cai-tilugos et les attribuer à une illusion d'opli'|ut:.

' Jusqu'à pr^MDt If« lilstolugislos n'iKit pas aulTiumment ilislingué ilani leurs dL-vri|<ll-iic 'i.-> capsults. les caifis cellulaires H les Doyiui ; ce qu'il fiul surtout attribuer ■ l'iniperieriniii <> loun mjlhodo. Les ligures qu'ils donneol du ti-su cirtiJigineui, si elles >ont lûrll». ne -al pas en rapport ivec leurs descriptions aouient obscures, et qui, ai cIIm sont scbémaliqur». <■(.; toujours entachée» d'erreur. Eu etSel, tous les rûactifs que l'on a Ginp]o]i;s jusqu'à ce ji-ur ]-i^i vtudier les carli liftes déterminent la rjlradiun delà cellule, de tellf sorte que l'on n'y diilii>."iplus aucun détail de structure. Dana (et éM r£li:ii)enl cellulaire est sonveot pris pour un ■»>.. ., d'autant plus facilenu'nl que l'espic* camprû eiiu.' 1 cellule ratatinée et le Inril itilerne de la c^huIp. i-tn: rempli de liquide additioiuicl, parait trés-clair et •ru.: i GOiisliluer le contenu d'une cellule. (Voyrs lig. 1M. I> ^a et 161.) Il est IrOs-racile dVïiter une pareille 'ro ur .1 I se sériant d'une solution d'iode qui a la propmii' '^

colorer en bnin foncé le proloplasmi des ocUul». 'i l' ne donner qu'une teinte faible à bi subttance (uiHlm-i >laie ei aui capsali's*. Ce moyen d'aQ>1y9<> e.4 (r>— ' ' pour faire dislin):uer les œllnles cartilipnesan de h i<

-"^ riié i faire nu scbéroa semblable à cdui de la lii:iiie 1'*'.

tflhiln ciriiliiianiKi «1 wt df nrolifin- oiide»ca|isulpi secondaires, qui manirtstemetil mii.r :■:!

Uoni (. |irr>iDpiaiin;, ir 1i «Jlula. >. nii- des cellules, sont considérées elles-m^mes cuaiiiK <U

ciMi: t. uiita- t. iiipuilt cirii lie meut ïcrilalilei cellutes. Ilaisdepuis uoelqun lum'-e* j'iriT'*.'.-

pn«i>iiK-*lciptiil>KraKbjic.i-,<ubt»ur, ., , , , ; .r ■ j ' iju A,. A\, .

noiia puu^e dm MTiui. nel sur une coope obtenue d'un eartilaiie frii» «i>.ir

d'un rasoir non mouillé, ne détermine pa« U ri-lin:- i du pro(0|dBiini rclluUin'; ce réactif tst une solution concentrée d'acidr |>iitique*.

k l'aide de l'acide picriqup employé de celle fa^n, on reconnait que la cellule de ti<i -"'' remplit eiactenieni la cavité de la capsule, qu'elle est roiittiluée |>ar un prolupbunu i[niii::''<t renfernianl presque toujours, chei l'adulte, des iiranubilions ou des Eouttelelles (traiM^'Urr- !< • l'intérieur de la cellule, il y a un noyau véMculcui muni de iiuclvoles; ce twyau ne ui , .( jamais ; il n'est jainiii enloui dans une gnuttelrltc (iniisscuM'.

Daiu les cariila^es en voie de dé>elnppi>ment très-actif, ie proloplastna des cellules nei<''. :■ pu de granulations |[rj>ii>eu9es, mais il renferme une Hiletaoeu qui »' colore en r^iitr > '-'• tréa-intcnsc lous l'iiitlmiicc de.i Kilutions iud.'es Us plus faillie*, fj^ltc t>i par VirchoH comme étant aiiitlolde. II.

>'• di-s cellule» de cartilaET.

Page 1