‹ Traité d'histologie et d'histochemieChapitre 34 sur 56 · ÉMAIL · texte numérisé non relu

ÉMAIL

|)luj épais et il atteint sa plus grande puissance au milieu <lc la couronne (voyeiGg. !24(l|. £n soumettant l'émail à l'examen de la lumiùre polarisée, on voit qu'il présente une réfraction double Uaucuup plus considérable que celle de la dentiiic cl du cément. |lloppe (5), Valentin (4) .|

En examinant l'émail sur des coupes très-lines (Hi »ur des masses qu'on a d'abord fait macérer dans des solutions faiblement acidulées, on Irouvo que le tissu se compose de longues libres uu colonnes polyédriques {fig. . 250 , b) qui sont serrées étroitement les unes contre les mires et reliées ensemble par une substance Fiji. £iO. — Caupcicriiuieiis réunissante très-peu abondante. On les appelle du ii.!i d"oi«<r/iL"rh^ "'»/ msmes de l'émail. La plupart traversent toute „ cuncoicde r*maa; *, pntnieî I épaisseur de la couche adamantine, l'une de •''' '^i'^ c ini^riaiie> cniro leurs extrémités venant s'arrôter à la dentine, ave.- sdiMiimie»*™ laudis que l'autre sert à former la surface de

lémail. Cependant il est possible de rencontrer aussi dos prismes plus l'uurts, qui se terminent à l'intérieur à une dislance plus ou moins grande lie la dcnline. L'épaisseur des prismes est de 0"',OI>2û à 0"',004 , et leur liiijgueur »st approximativement ta même que IVpaisscur de l'émail.

Lorsqu'on coupe transversalement une couche 'idaïuantinc, la section des prismes se présente ^uus forme d'une élégante mosaïque composée il<' carrés et d'hexagones qui rappellent l'épilhaium(fig.251). ^ „,.„,„„i..„..,™,....

Kiifm, la surface de reniai! est encore recoù- prîsmnderpinïiicheii'boiDrac. viTlc et protégée par une membrane mince,

liuiuu«ène, evccssivement dure et résistante (fig. 250, a). C'est la cuticule lie l'émail (Kœlliker) ou la tnembi-ane préfonnative, qui existait déjà à l'époque de la vie embryonnaire (^ 152).

Remnoiies. — [1 ) Comparez !es ouvraj.'t's iniliqiiû» à propos de la dcnline, surloul celui i'. CuiHii. — (3) L'émail qui convient le mieux pour cet examen est l'émull mou des Hents qui n'ont pas encore percé. — {5j Vojet l'article de cet auteur dans les Archives de lirthow, ïol. XXIV, p. 29. — (4) Voieï son ouvrage : Uotcrsuchungen der Gemel» im |"ljriiirten Lichle, fi.tude des tissus à la lumière polarisée, p. 263.

En étudiant' l'émail de plus près, on y observe des détails de texture tuut particuliers.

(Quelques groupes des fibres de l'émail pénétrent plus profondément que d'autres dans la couche extérieure de In dcntinc; il en résulte que la surbce de celle-ci devient inégnleet raboteuse. Comme la surface interne

3S6 TRAITÉ D'HISTOLOGIE ET irUISTOCHME.

de l'émail est plus petite que sa surface e)[térieurc et libre, on s'est demandé si les prismes de l'émail s'élargissaient par leur extrémité périphérique, ou s'il n'y avait pas un certain nombre de prismes plus court" que les autres et se terminant déjà avant d'avoir atteint ta surface de U dentine. Beaucoup d'auteurs ont admis l'existence de ces petits prismes intermédiaires, quoiqu'il soit à peine possible de décider cette qaeslion à cause de la marciie ondulée des prismes. En outre, Czermak{ii a sutivent observé que les colonnes s'élargissaient ver* n rextrérieur,

5 i S * Ces colonnes elles-mêmes présentent ordiiuinv ment des raies transversales plus ou moins nettes et plus ou moins éloignées les unes des autres: elles sont dues, s.ins doute, soit à des nodo^itf's, soit à l'existence de eoucbes stratifiées.

Enfin, si nous considérons en détail le trajet di> colonnes, nous voyons qu'il est des plus variés; le< prismes sont en elTet onduleux ou diverseninil iimm"ci»iïïiiii"dêr'ii"niinp. contoumés ; et souvent des groupes tout enlieiv se croisent avec d'autres, de sorte qu'en fai^^iut des coupes longitudinales de l'émail, la surface ainsi obtenue présente une apparence rayée, parce que les prismes deviennent visibles, suivant des sections longitudinales pour les uns, transversales pour d'auln->, obliques pour d'autres encore.

L'émail manque de canaux nutritifs spéciaux; mais on y trouve un .■iv-^ lème de lacunes accidentelles (fig. 250, c); leur longueur et leur lar^rcur sont très-variables; elles sont tanttH simples, tantdt raniiliécs, et ellr-« s'étendent ordinairement dans le sens de la longueur des prismes, nMi-. quelquefois aussi dans une direction transversale; elles sont surluut nombreuses dans la partie de l'émail qui touche au cément. Les fralo i-l les crevasses qui se produisent quand on fait des coupes dans an rmail cassant peuvent donner lieu à des figures analogues. Enfin, que)qui-> fibres de Tomes et quelques canalicules de la dentine pénètrent isolénii-iil dans l'émail, comme nous l'avons déjà dit plus haut, et se prolongmt à une petite distance au milieu des colonnes, pour se terminer etkiuili dans les lacunes ou pour se perdre au milieu des prismes (2).

HuAHODEs. — {i]lûc. cit., p. 299. — (2) D'iiprt-3 Gehlacb (Gewebclrtire, p. 1f'<'. .« trouverai! mdme dans l' lima il dc« anneaux foniiés par dei raniliruln dmlaires. l<-i-'.encore l'ouirragi! de Tomes (PhJI. Ti^nsact., p. !>22).

Composition chimique de rémail. — L'émail étant une masse très-tlun et très-compacte constitue une excellente couche prolectrice pour la ilrntine qu'il recouvre, et, sous ce rapport, la cuticule de rémail |>rés«'ii(>encore plus d'avantage que les prismes.

ËHAIL. 3S1

Si nous passons maintenant à la constitution ehimique <te ce tissu ( j |, nous trouvons que c'est de tout l'organisme celui qui contient le moins d'tauet leplusdcsubslances inorganiques. La masse organique est de 2, 4 DU 6 pour lUO ; on aperçoit la forme des prismes, quand on traite l'émail par le» acides; on n'obtient point de gélatine par l'ébullition dans l'eau ; (I va de plus 81 à 90 parties pour 100 de phosphate de chaux, 4 à 9 de i^rtwnatc de chaux, plus 3 pour 100 de fluorure de calcium (d'après BeT:xlitts) et 1, 5 â 'i, 5 de phosphate de magnésie {•2), Comme exemples, nous citerons deux analyses de Bibra qui ont été faites sur l'émail (le deux molaires prises, la première chez un adulte, la seconde chei une tvmnic de vingt-cinq ans.

Substiince oiganiqHc 5,39 (?) 5,97

Corps gris 0,20 trac«s.

Phosphale de chaux et Quoriiro de calriiiin. . 89,83 81,65

Carbônale de chaiii 4,57 8,88

IHioiipbale de magnûsii' 1,34 2,55

Autres sels 0.88 0,97

L'émail en voie de dévelup|)cinent est naturellement beaucoup plus riche en substances organiques.

La matière organique de la cuticule de l'émail se distingue par la jrrande résistance qu'elle offre à l'action des acides et des alcalis; elle ne X' transforme pas en gélatine (Kielliker).

Dérehppement de t'émml. — On sait depuis longtemps que l'émail se iléTfloppe (5) aux dépens des cellules qui recouvrent la face concave de lurj.'aue de l'êiriail (lig. 2i7, c); ou sait également que chaque prisme de

t ^mail correspond à une de ces cellules, mais on n'a encore aucune nolion sur la nature de ce mode de développement. Ainsi que nous l'avons déjà vu, ces cellules apparaissent sous forme

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d'éléments cylindriques pourvus de noyaux vésiculeux et d'un contenu très-finement granuleux, et ayant à peu près la même largeur que les prismes de Témail. Plus tard, quand commence la calcification do la dentinc, on remarque que la surface de celle-ci se recouvre de prismes de rémail déjà durcis, mais encore très-courts (fig. 253, d). On admet que la membrane préformative (e)^ qui doit plus tard devenir la cuticule de rémail, vient se placer encore par-dessus ces rudiments de prismes, de sorte que ceux-ci se trouvent séparés de leurs cellules cylindriques. Ce n*est que par des hypothèses que Ton peut expliquer ce fait qui a été indiqué par Huxley et vérifié par Lent (4).

Remarques. — (i) Voyez Touvrage de Bibra, les travaux que nous avons cités ï propos du tissu de la dcntine» ainsi que l'article de Hoppe (loc. cit.). — (2) Hoppe a fait une stTÎo d'analyses des éléments minéraux de Tcmail ; d*après lui, sur 3 atomes de phosphate de chaux, il y aurait en moyenne i atome de chaux en combinaison avec Tacide carbonique, 1p fluor et le chlore. — (3) Voyez à c« sujet les ouvrages que nous avons mentionnés h propos du développement de la dentine. — (4) D*après des indications plus anciennes, fournies par Sciiwann(1oc. cit., p. 118), les prismes de Témail ne seraient que les c<'llul('< cylindriques, qui recouvraient d'abord la face inférieure de Torgane de l'émail et qui auraient été calcifiées. Une autre opinion, qui est certainement erronée, fait naître les prismes de Témail au>dessous^ do la menibrane préformative, et indépendarouient des cellules cylindriques. (Hdxlev, Robin et Magitot.) Kœlliker a pro|iosé encore une autre théorie (liandbuch der Gev^ebelehre, 4* édition, p. 416). D'après lui, les prismes de IV^ mail seraient des sections de ces cellules cylindriques, sections qui seraient toute fo^alée^ et qui éprouveraient plus tard la calcification ; leur développement serait donc analogue aux formations épidcrmiques chez les animaux inférieurs (voyez Wilrzburger Verhandlun^en. vol. Vlll, p. 57). Ce n'est qu'après le développement complut des prismes que ces cellules se détruiraient, après avoir produit, comme dernier travail, Forganisation de la cuticule do lémail. Waldeyer, qui a observé ces phénomènes en dernier lieu, se T»n»c de nouveau de l'avis de Sciiwann. Les cellules cylindriques, tubulaires et ouvertes, se calcifient en s'iinprégnant de sels de chaux, d'abord sur leurs parois, puis dans leur substance même. Quand on aura déterminé le siège et l'époque d'apparition de la membrane préformative on sera près de trouver la solution de cette question. Pour nous, les prismes de l'émail sont des parties calcifiées et allongées du corps des cellules de lemail ; d'aprt's les observations qui ont été faites jusqu'à présent, et qui malheureusement sont encore insuffisantes, nous sommes très-disposés à nous ranger de l'avis de WALnavER, et à cousidérer ]n membrane préfoiuiative comme la couche la plus récente et la moins calcifiée de l'émail.

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