TISSU GLANDULAIRE
Les quelques organes qui rentrent dans la variété de glandes dont nous parlons sont toujours composés d'un grand nombre de capsules, plongées dans une masse fondamentale de tissu conjonctif.
Remarqoes. (1) — Yoy. Manz, dans Henle's et Pfeufer*s Zeitschrifl, 3* série, yoI. Y, p. 122.elMEiss!iBR, id., p. 429. — (3) On désigne également les culs-de-sac glandulaires sous le nom d^acinus; aussi, pour éviter toute équivoque, vaudrait-il mieux rejeter conb plétement cette expression.
Le second élément constituant des organes qui nous occupent, et le plus important, est la cellule glandulaire ; ces cellules se développent aux dépens des feuillets corné et muqueux du blastoderme, et conservent toujours le caractère épithélial dû à leur origine.
Chez certains animaux inférieurs, les cellules glandulaires offrent une importance tout à fait spéciale. On a découvert, en effet, chez ces animaux, des organes glanduleux composés d'une seule cellule.
Les cellules glandulaires sont situées dans les espaces vides des glandes; tantôt elles les remplissent sans ordre et sous forme de masses serrées, tantôt elles en recouvrent la face intérieure, comme un épithélium, et elles prennent, dans ce dernier cas, une forme polyédrique. Elles sont disposées en couches simples ou stratiQées.
Dans les parties de la glande qui remplissent le rôle d'organes excréteurs, les cellules glandulaires se transforment en cellules épithélialcs, sans qu'il existe souvent de ligne de démarcation bien tranchée entre ces deux variétés d'éléments. Les cellules glandulaires pourraient donc être considérées comme des cellules épithéliales modifiées. Il existe en effet plusieurs organes glanduleux dont les cellules diffèrent à peine de Tépithélium, au moins au point de vue anatomique.
Les trois formes de cellules épithéliales que nous avons décrites paragraphe 86, se retrouvent encore dans les cellules glandulaires. Cependant la cellule glandulaire est plus volumineuse, à cause de ses fonctions physiologiques. Aussi ces cellules ne se présentent-elles jamais sous forme d'écaillés aplaties comme l'épithélium pavimenteux; elles ont au contraire une forme cubique plus ou moins modifiée. Les cellules glandulaires à cils vibratiles n'existent pas chez Thomme, et sont du reste fort rares; jamais ces cellules ne renferment de granulations de mélanine ; on y observe par contre, assez souvent, des granulations de matières colorantes jaunes ou brunes.
Lescellules glandulaires peuventétre petites, sphériques, ou tout au moins arrondies ; tels sont les éléments qui tapissent les capsules de l'ovaire ; d autres sont plus volumineuses, comme, par exemple, celles qu'on rencontre dans les glandes sébacées de la peau et dans les glandes de Meibomias des paupières. Très-souvent le corps de la cellule s*élargit, de sorte qu en examinant une seule face on croirait avoir sous les yeux de Tépi-
4U TRAITf^ D'HISTCSM^ ET D-HKTOCHHIE.
tbélium pavimcnteux. Les éléments cellulaires des glandes à sue gutriqur
de l'estomac (fig. 514), ainsi que les cellules du foie (fig. 315) se pre-
Fig. 315. - CtOulM
c, «lliilg ine dciu norauii é-f, cdiul» ii bordi trti-DaU, reofermipt uni qiuntilé ■noini csDiidinbli de grinulitlaDM.
sentent sous cette Tonne. Quelquefois, enfin, les cellules gUnduliim sont cylindriques. On les observe dans les glandes delà muqueuse nléfinf. dans les glandes dites muqueu»^ if l'estomac, et dans les glandes de Litberkùlm de l'intestin (fig. Zi6,d].tk.
Les dimensions des cellules glindulaires sont très-Tariables. Les cdlulf> qui tapissent les capsules de l'onirr ont de 0",006 i 0",009 de diamêlrf:
les cellules polyédriques des glandes m grappe des muqueuses ont de (^,(H>f'' à 0",0H de diamètre. Celles des follicules gastriques mesurent de 0".02 »
Flf, MB. — Section tnntrcnale de b ma. __ .S ,„,,., qunua de l'iDleMin r<lc d'"» lipin. biu U ,U^t) et celles du fOie à pCU prM lU-
prti d> 1* wr».. tant^ çtc. Ces cellules renferment df'
'■:^::ip^^.^X':::i'C^" "«y"" <i« o'.»»* ^ o-.ooe et o-.rvri
que ;c,wUaii d'une gbnda de Uebcrkohn; de diamètre; on obscrte quelquefi'i< i»iMc<ui uniuini. dcui noyaux ; ils sont tantôt vesiculrui.
tantôt homogènes, et peuvent se dissoudre et disparaître complètement quand la cellule vieillit. L'enTiHopi" de ces cellules est en général fort mince et très-délicate, La massr ci>rtenue dans ces cellules est très-variable. Noua y reviendrons toul > l'heure.
Les cellules glandulaires ne persistent pas longtemps i cause de Irur structure très-délicate et des échangea nutritifs eitrémaiient actifs <l»nt elles sont le siège ; cette destruction rapide constitue un nouveau p>.'inl
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de rapprochement entre les éléments glandulaires et les cellules épithéliales. Il est facile de démontrer, dans certaines glandes, la courte durée deTexisteDce des cellules glandulaires, mais il en est d'auti'es où ce fait semble incertain et même contes la b le. Les cellules du foie (fig. '315) et des reins, par exemple, paraissent être des éléments presque permanents. Les cellules glandulaires, de même que les cellules épilhéliales, peuvent disparaître par voie mécanique, quand elles sont entraînées par le liquide eicrété qui balaye une étendue plus ou moins considérable des cavités glandulaires. Quand ou examine, pendant la digestion, la muqueuse stomacale, surtout chez les herbivores, on observe des quantités considérables de cellules entraînées par le suc gastrique excrété (1) ; de même, on retrouve dans la matière sébacée de la peau les éléments cellulaires des glandes qui la sécrètent. Il est probable que cette desquamation cellulaire est beaucoup moins intense dans certaines glandes, telles que le rein, les glandes lacrymales, les glandes sudoripares; dans la bile, il y a ibseoce complète de cellules du foie.
Hais la cellule glandulaire peut encore disparaître d'une autre manière, pendant la formation même du liquide sécrété. Nous ne faisons pas allusion au développement tout à fait spécial des spermatozoïdes dans tes cellules des canalicules spermaliques, mais à cette dégénérescence graisseuse physiologique que l'on observe dans certaines glandes ; le corps des cellules subit une transformation graisseuse, la cellule se détruit, se dissout, et la matière grasse formée se mêle au liquide sécrété. Ce phénonwne se produit dans les glandes sébacées de la / ^
peau, dans la mamelle, / '^^ ^
dans les glandes de Meibo-
mius et du conduit auditif .^use^rr • ,-
Mteme, ainsi que dans i^^S^ I t-^^P t^^ /a
beaucoup de glandes su- t'^SS^SSiùf ^ ^2^^*^ Im
doripares (2).
Ainsi donc, les culs-deuc des glandes sébacées (lig.517, a) sont tapissées par une couche de cellules *■ Ciii-d«.Mtdun8 ((iiniiBMincie.», ceiideigteniiiibirejupwiii), qui peutétre considé- roWe-urT' '"""•""""'""■ S""""* *"'"*""' * rée comme un prolonge- s. Cellulea tu» à nn grosiiueneal plu> considénble. *, peiiK iiieni moaiue Ue la COIlCne ,uij piu, Toluini»eiis« et chargée de enjuei t. edlnle diDi œllulaire de Malpi^lbi ; ce- liquelle Im gnnulalioDi gniiMuseï k «ml réuniea tous [orin« ... ,11 .de gouilelciles; *, cellule remplie d'une iro-.se loulle de
pendant, les cellules qui gniuel^.r, ce11(ilei>donlllgnl>»>-R.l enpinùiéchippée-
la composent se distinguent des dernières parce qu'elles renferment beaucoup de molécules graisseuses (b, a). Quand la quantité de graisse déposée dans le corps de la cellule devient plus considérable, cette dernière augmente de volume ifi, b, f)^ et se détache de la membrane propre (A, b) ; aussi trouve-t-on,
dans les caTités glandulaires, des cellules de 0'°,023 à 0'",045 de diamèire, remplies de granulations graisseuses (fi, b)y ou de gouttelettes de graisse (c) ; quelquefois même la graisse se rassemble en une masse unique, ce qui donne à la cellule T aspect d'une véritable cellule adipeuse a. Tendant cette transformation, les noyaux et les enveloppes des cellules .se détruisent peu à peu. Aussi trouve-t-on dans la matière sébacée de la peau, de la graisse libre et des cellules chargées de graisse comme celle> dont nous venons de parler.
Des phénomènes tout à fait analogues se passent dans les glandes mammaires de la femme qui allaite. Le colostruniy c'est-à-dire le lait qui s«
forme dans les derniers temps de la grossesse, renfernii?
O^o^o ^ a ^^^ globules connus sous le nom de globules du colu^
O Q*^ trum (fîg. 318, b) ; ce sont de petits corpuscules sphé»
0 ^ riques, de O^'fOlS a 0*^,045 de diamètre. Us sont formé»
«par des gouttelettes de graisse de volume variable, ar. cumulées et maintenues ensemble par une substam^» ^ unissante ; quelquefois ces petites masses ont une en- Fig.5i8.-G]oi)uic8du veloppe et un noyau. Il est évident que ces globule* toii de la femme. sont dcs cellulcs glaudulaircs, qui ont subi la dégéDé> «, globules du Uit; pesccnce eraisseuse, et qui sont en voie de dissolutioD.
b, corpuscules du co- o ' ^
lostniiD. Peu de temps après T accouchement, le lait renferme
une quantité innombrable de globules (a), c'esl-i-dire de gouttelettes de graisse entourées d'une couche extrêmement mince de caséine coagulée ; leur diamètre très-variable est compris entre (r,00? et 0'",009. A cette époque, la sécrétion devient également plus active, et qui amène la rupture des cellules glandulaires dans Fintérieur de Tor* gane.
Quand le corps des cellules est chargé de fines granulations composées de substances albuminoïdes, il est plus difficile de se convaincre A* la disparition de la cellule pendant la formation du liquide sécrété. Cept^o* dant on observe dans les glandes salivaires et dans les follicul>> gastriques un certain nombre de molécules mises en liberté, des nouui nus, et des cellules dépourvues d'enveloppe. L'existence de ces éléments semble indiquer, d'une manière évidente, qu'il y a eu destniclion «kmasses cellulaires considérables. On avait déjà observé ces débris cvliulaircs, mais interprété à rebours Tordre des faits ; car on pensait qu*i!^ servaient au développement de nouveaux éléments cellulaires.
Dans d'autres organes glanduleux, au contraire, dans les reins, i^r exemple, les substances destinées à former le liquide sécrété filtrent j travers la membrane cellulaire ; les phénomènes se passent donc >• i comme dans Tépithélium (3).
Il serait difficile de dire aujourd'hui comment se reproduisent le^ (pilules glandulaires; de nouvelles recherches sont nécessaires pour éluod<r cette question. Il est probable, néanmoins, que les celhiles nooTelie> m forment par le dédoublement des anciennes. On observe du reste fr^
TISSU GlANDULAlftE. 497
qucmment dans beaucoup d'organes glandulaires des cellules à deux Doyaux.
IUi>B<]CES. — (1) Voyei l'article • Digestion • de Fuïrichc, «Uns Handw. d. Pbjs., 11)1, m, I, p. 750. — (2) Voy. surtout la Pathologie cellulaire de Vibcbovi, 5" édition, f. sud. — (3/ Les cellules du [nie éprouvent souvent une infiltration graisseuse, soit i l'é[ït normal, chei l'enfant à la mamelle, mil à l'étal pathologique, et qui jamais n'en- Inine la destruction des élémenls cellulaires. Ce fait rappelle les cellules adipeuses, à la !ms remplies de graisse et de sérum (§ 121). Vovei, pour la dégéuéresccncc graisseuse du loie, FnBnrcBS, Maladiet du foie, toI, I, p. 3S&', Kisiliileh, Wilriburger Verhandlunpi,T<d, VU, p. 179.
La richesse du réseau vaGculairo des glandes cit en rapport avec l'imporUnce des fonctions Tégétatlves de ces organes ; ta fortne de ce réseau ai très-variable, car elle varie suivant l'agencement des élémenla glandulaires entre eux. Les glandes en grappe, qui sont constituées par des (uls-(lc-sac de forme sphérique, ont un réseau capillaire arrondi (fig. 519) aoalogue à celui qui enveloppe les cellules adipeuses réunies en niasse. Daus les glandes en tubes le réseau vasculaire s'étend le long des parois
ifig. 506 et 320); il ressemble beaucoup à celui des muscles striés cl ne reprend une forme arrondie que dans les points où les orilices glandulaires sont étroitement serrés les uns contre les autres (fig. 520 en haut «l lig. 521, c). Dans le foin le réseau vasculaire est très-riche (fig. 322); les cellules de cet organe sont enveloppées par des mailles tantôt arron-
Fi; . 311 . — Canaai t4niiairvte> du letLiiule du n »uni TU9 dg Mé; i, uclloo tnniTfrule ; e iiiuaui lTDiplitlii|U(s.
H8 TRAITÉ D-HISTOLOGffi ET D'HISTOCBIMIE.
dics, Untôt ètoilécs (ïoy. fig. 307). En dehors des organes dont nous venons de parler, les vaisseaux ne pénètrent Jamais entre les cellules, ils ne font que tapisser la membrane propre ou les enveloppes de tissu canjonctir qui les entourent.
Quand les vaisseaux sanj^ins pénètrent dans l'organe en traversant les tuniques enveloppantes, comme par exemple dans les ganglions lymphatiques, dans les glandes de Peyer , etc. , cet organe n'est pas une glande sécrétante et on le range parmi les organes lymphoïdcs.
Les échanges nutritifs trèsactifs dont les glandes sont le siège, font comprendre que ces oi^anes soient presque toujours pourvus de vaisseaux lymphatiques. On les a étudiés d'une manière plus approfondie dans ces derniers temps. Comme exemples nous citerons les testicules et le corps thyroïde (fig. 331 d et 523 d,/-).
Les nerfs des glandes sont encore mal connus; Ils* sont formés par des libres de Remak et par des fibres à substance médullaire. Ils accompagnent les vaisseaux sanguins de la glande, les canaux excréteurs, et se trouvent en rapport immédiat avec les éléments sécrétants de l'organe. Les nerfs sont en général isolés et peu nombreux dans les glandes. Nous avons vu cependant, dans un chapitre précédent (g 189), que certaines glandes, telles que les glandes salivaires et lacrymales, possèdent un grand nombre de nerfs. Nous avons également parlé (§ 1 83) de la terminaison des nerfs dans la membrane propre. L'étude des terminaisons nerveuses des glandes offre du reste de grandes diflicultés.
Les libres musculaires lisses jouent également un rAie important dans la composition des glandes. Elles existent tout d'abord dans la paroi du conduit excréteur; puis elles forment des faisceaux déliés entre les glandes, comme par exemple dans la muqueuse de l'estomac. On les observe également dans le tissu conjonctif qui enveloppe les culs-de-sac
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