PRINCIPES IMMÉDUTS ET ÉLÉMENTS DU CORPS BOMAIN
Les chimistes nous ont fait connaître un nombre considérable de sub* stances organiques ou inorganiques qui entrent dans la composition du c«rps humain, et dont les progrès rapides de la science viennent tous les ans grossir le nombre.
Cependant ces substances ne sont point déposées pour toujours dans le sein de l'organisme. Car tous les éléments qui constituent le corps humain sont soumis à des transformations et à des échanges incessants.
Les substances qui concourent à la formation des tissus de notre corps sont : de Teau, quelques sels minéraux, des matières organiques, telles que les substances albuminoïdes et leurs dérivés. Parmi ces dernières, il but surtout citer les tissus élastiques et ceux qui donnent de la gélatine par la coction. Nous trouvons en outre des graisses et des substances colorantes. Les composés chimiques qui constituent la base fondamentale de l'organisme ne sont pas en grand nombre.
Mais ces substances ne restant pas toujours les mêmes, s'usant et se transformant à la longue, sont soumises à des échanges continuels : aussi la matière subit-elle des substitutions chimiques très-étendues dans les diflerentes voies qu'elle parcourt. Il ne faut donc pas s'étonner de voir sortir du nombre fort restreint des substances histogénétiques une série innombrable de produits de substitution et de désassimilation. Les sub-
12 TRAITÉ D'HISTOLOGIE ET D'HISTOCfflMlE.
stances qui Tiennent remplacer les produits éliminés servent à de nouvelles transformations chimiques.
Nous devrions, dans l'étude des principes immédiats, nous fonder sur toutes ces données. Il faudrait suivre les modifications chimiques par lesquelles passent les éléments nutritifs pour devenir tissus et organes, ou, en d'autres mots, il faudrait étudier le développement des substances histogénétiques. Nous devrions également, pour connaître les produits de désassimilation si nombreux de l'organisme, étudier les différents processus qui président à leur formation, suivre enfin toutes les transformations par lesquelles ils passent jusqu'au moment de leur élimination définitive. Ce serait là la seule voie à suivre pour arriver à comprendre le développement et la destruction chimiques de notre corps.
Malheureusement, Tétat actuel de la science ne nous permet pas de suivre une pareille marche. Nous connaissons, il est vrai, les lois générales qui président à rechange des masses du corps entre elles; mais nous sommes loin de posséder aussi bien celles qui règlent les échanges des différents tissus et des organes entre eux. Nous sommes conduit tout naturellement à admettre que cet échange de substances organiques est fort variable dans les différents tissus, qu'il augmente dans Tétat d activité pour diminuer, au contraire, à Tctat de repos; mais nous ne possédons aucun fait qui permette de déterminer avec exactitude, dans un tissu quelconque, la force qui préside a cet échange.
Les modifications qui surviennent dans les substances organiques, sous rinfiuence des échanges nutritifs, nous sont encore bien peu connues ; il est même parfois difficile de dire si telle substance est destinée à l'assimilation, si elle est un résidu, ou bien si elle est simplement en excès. En outre, il est tels corps inorganiques que nous rencontrons dans les tissus sans pouvoir dire s'ils y entrent conmie éléments constitutifs, yu s'ils y sont simplement par le fait du hasard. C'est à la physiologie qu'il incombe de poursuivre ces échanges de la matière dans leurs détails, et de rechercher quel est leur but dans la vie animale. Cependant, rhistochiinie sera toujours obligée d'empiéter sur ce terrain physiologique, car c'est le seul moyen à Taide duquel il soit possible de connaître les différentes substances qui forment les tissus et les organes.
La signification physiologique d'une substance dépendant en première ligne de sa constitution chimique, nous avons suivi une division toute chimique dans Tétude des principes immédiats du corps humain.
Ces substances occupent le premier rang dans la vie animale; elles appartiennent à tous les organismes, à tous les tissus ; elles constituent lef
PRINCIPES IMMÉDIATS. i3
matières alimentaires les plus importantes de notre corps. Elles forment, pour ainsi dire, le substratum de la vie. Dans le corps de l'embryon, la nature (1 ) formatrice et histogénétique de ces tissus se montre à un degré phis élevé encore que chez Tadulte; car, chez ce dernier, nous trouvons, outre des substances albuminoïdes, des substances collagènes, chondrigènes, élastiques, des graisses, tandis que, dans la première période de son développement, il n'était formé que de corps protéiques. Du reste, ces substances ne sont que des dérivés des substances albuminoïdes ; ces dernières se transforment et se désassimilent avec une grande facilité ; aussi trouve-t-on dans l'organisme un nombre considérable de substances dont les unes prennent encore part au développement des tissus, tandis que d'autres, devenues inutiles, traversent en tous ^Ds les liquides de l'économie jusqu'au moment de leur élimination définitive.
Les substances protéiques sont des corps ^rès-composés : lé carbone, rhydrogène, Toxygène, une quantité assez considérable d'azote, ainsi que du soufre, entrent dans leur constitution. On avait admis à tort autrefois qu'ils renfermaient du phosphore. "Ils se gonflent tous quand ils sont plongés dans Teau ; ils se combinent aux acides et aux bases ; mais on ignore si ce^i en proportions fixes. Ils se dissolvent dans les alcalis, sans doute en se décomposant. Ils sont précipités par les acides minéraux. Sous l'influence de l'acide azotique, ils se colorent en jaune par la formation de l'acide xanthoprotéique. Quand on y ajoute une solution de nitrate acide de mercure (réactif de Millon), ils se colorent en rouge ; l'iode les colore en brun jaunâtre. Mêlés à de l'acide chlorhydrique concentré, ils se dissolvent en prenant une coloration violette. Traités par un mélange de sucre et d'acide sulfurique concentré, ils prennent une coloration d'un rouge pourpre, puis violette (Schultze), réaction qui leur est commune avec Tacide cholique et ^élaïne^
La plupart des substances protéiques se présentent sous la forme de deux modifications isomériques, l'une dissoute ou soluble dans les liquides de lorganisme, l'autre insoluble ou coagulée. Elles peuvent passer de la première à la seconde forme par la cuisson, par l'action d'acides puissants ou même spontanément. Sous la première forme, les substances protéiques sont facilement reconnaissables à l'aide de réactifs déterminés. Lorsqu'ils sont coagulés, ils sont bien plus difficiles à reconnaître.
Remarques. — (1) Comme, exemple, nous citerons la quantité de substances albumi- Duides contenue dans une série de tissus solides et liquides.
l« mstallin en contient 38,5 p. 100 ; la substance musculuire, 16,2 ; le thymus, 12,5; le foie, 11,7; le ceneau, 8,7 ; la moelle, 7,5 ; le sang, 19,0 ; la lymphe, 2,5: le chyle.
' ï. A. Fmhdc (Ann. d. Chimie u. Pharmacie, cxlv, 576} a indiqué dernièrement un nouveau rr«;tif des substances albuminoïdes solides, qui se coloreraient en bleu intense lorsqu'on les trtil* par de Tacidc sulfurique additionné d'acide molylxiique. Celle réaction serait très-nette |**Hir les fruits des graminées et les fibres musculaires. R.
44- — (2) Voici, d*après Tanalyse exacte de quelques subslanccs albuminoïdcs, combien elles contiennent pour cent de carbone, dliydrogène, etc.
Albumine.
Fibrine.
Synioniiie.
GlobuUne.
CaiȎiDe
\fi
La composition si compliquée des substances dont nous nous occupons, leur nature indifférente, les changements et les désassimilations si rapides auxquels ils sont soumis, expliquent comment leur constitution intime nous est encore inconnue. Aussi est-il impossible d'indiquer d'une manière exacte le nombre des substances albuminoïdes, bien qu'elles prennent la part la plus large dans la constitution des substances de nos tissus.
On a pensé que les substances albuminoïdes étaient formées d'une combinaison chimique avec un des corps du groupe des hydrocarbonés, peut* être une variété de sucre : bien que cette opinion ne soit pas matériellement prouvée, elle est cependant plus que probable. A l'appui de cette théorie, on pourrait invoquer quelques phénomènes physiologiques, tels que la formation du sucre de lait chez les carnivores, la présence du sucre de raisin dans le foie (Ci. Bernard), et d'une substance assez analogue au sucre, l'inosite, dans les muscles, dans différentes glandes, et même dans le cerveau.
Les transformations rapides des substances protéiques donnent lieu à la formation d'une série assez considérable de produits de désassimilation^ dont le développement et le but nous sont encore partiellement inconnus. Nous citerons entre autres : Turée, l'acide urique, l'acide hippurique, l'acide cholique, la taurine, la glycine, la leucine, la tyrosine, la sarcinc,, la créatine, la créatinine, la substance glycogéniquc, le sucre de raisin et de lait, Tinosite, etc. 11 est impossible aujourd'hui de tirer de l'analyse de ces corps une connaissance exacte sur la constitution des substances pro-^ téiques. Nous laissons à la chimie le soin de comparer ces produits de désassimilation avec des produits artificiels ou avec les résidus de la décomposition des substances albuminoïdes.
Les substances protéiques doivent en outre être considérées, à cause' de leur décomposition rapide, comme des ferments. Nous ne citerons que quelques exemples de ce fait si commun. Des ferments de nature albuniinoïde ou des dérivés de substances protéiques contenus dans la salive, le KUG pancréatique et le suc intestinal, transforment l'amidon en dextrine et en glycose ; une substance albuminoïde contenue dans le suc gastrique, la pepsine, transforme en peptoncs solubles les substances protéiques elles-mêmes, ainsi que leurs dérivés ou substances collagènes ; une sub^
PRINGIFES IMMÉDIATS. i5
stance contenue dans le suc intestinal agit d'une manière analogue. Certaines substances albuminoïdes transforment le sucre de lait en acide lactique et en acide butyrique. Le tissu du testicule, ainsi que les substances protéiques ordinaires, Talbumine, la fibrine, la caséine, de mèmeajissi le tissu rénal et pancréatique, transforment la glycérine et la mannite en une espèce de sucre. [Berthelot (1).) Les substances protéiques transforment les acides de la bile en glycène, taurine, en acide cholique et choloîdinique ; ils transforment de même Turée en acide carbonique et en ammoniaque ; les graisses neutres en acides gras et en glycérine.
Voyons enfin quels sont, au point de vue de Thistogenèse, les caractères les plus importants des substances protéiques et de leurs dérivés. Retenons bien les faits suivants :
1 . Les substances protéiques ne sont jamais ou presque jamais cristallisées (2) ; elles se présentent donc, pour parler comme Graham (3), sous la forme de substances colloïdes : ces deux propriétés leur permettent de revêtir la forme spécifique des éléments anatomiques et de la conserver.
2. Elles ont une grande tendance à absorber Teau et à s^y gonfler ; elles auront donc de la tendance à représenter les masses aqueuses, molles ou demi-molles, de bien des tissus. Elles se gonflent surtout dans de l'eau légèrement acidulée ou alcaline. Cet effet est moins prononcé dans des solutions de sels neutres que dans Teau pure.
5. Elles passent rapidement d une de leurs modifications à Tautre, de I état liquide à Tétat gélatineux ou solide, et inversement : aussi peuventelles se séparer à Tétat solide dans les liquides de l'économie, et s'éliminer plus tard en redevenant liquides.
4. L'eau et les substances cristalloïdes diffusent facilement dans les substances protéiques gonflées ; mais ces substances opposent une résistance constante a la diflusion des substances colloïdes.
5. Les substances albuminoïdes ont de la tendance à se mélanger à d'autres corps, aux graisses, au phosphate de chaux ; elles les retiennent avec résistance et leur servent d'abri.
6. La désassinrilation rapide des substances albuminoïdes ne leur permet guère de prendre part d'une manière constante et invariable à la formation des tissus : aussi ces derniers n'ont-ils qu'une durée éphémère. 11 n'en est pas de même pour quelques-uns de leurs dérivés, dont les trans- Tormations semblent plus limitées, par exemple, le tissu corné, le cartilage, la substance élastique. Ces tissus sont bien durables : ils servent de membranes indifférentes pour le passage des liquides animaux, pour les contenir, etc«
Reiauquis. — (1) Journal (llDiiDifANfii vol. LXXl, p. 507. — (2) Voyez § 43 : Les cri»- Utti da sang ; De£5, Centralblait fur die incdiz. TlVissench.» 1864, p. 555. Cet auteur pré- Ufid avoir pu réduire toutes les substances albuminoïdes à la forme cristalline. B(ErrcHBii a ronfirmé ce fait pour le sperme et le blanc d'œuf, Virchow*s Archiv., vol. 5t2, p. 5t25. -^ id) Voyez le travail fort intéressant de cet auteur dans les Annales, vol. CXXl, p. i .
16 TRAITÉ DHISTOLOGIE ET FHISTOGHIMIE.
§ 10. — ALBOHIHB.
L'albumine est la substance protéique la plus importante de l'organisme. Elle se coagule entre 55 et 15*" cent, à Tétat de flocons; quand la solution est très-étendue, il faut, une température plus élevée. La coagulation n'est pas spontanée comme celle de la fibrine.
L'albumine se présente sous la forme solide et liquide. La forme solide est fort variable. Mais ces différences s'expliquent facilement par le mélange d'autres substances alcalines ou acides.
L'albumine soluble est précipitée par Talcool, les acides minéraux, l'acide tannique et la plupart des sels métalliques. Un courant d'acide carbonique précipite également une quantité plus ou moins considérable d'albumine.
Elle passe à l'état insoluble par la coction et l'action des acides ; cependant tous les acides ne la précipitent pas (1). Les alcalis ne précipitent pas Talbumine, mais la transforment, en général, en une substance difficilement soluble (2).
L'albumine ne se trouve point à l'état de pureté dans les liquides animaux; elle est toujours unie à un peu de soude, et les liquides salins de l'organisme la maintiennent à l'état de dissolution. Cette albumine a une réaction légèrement alcaline; elle ne coagule pas en flocons, mais se prend en masses gélatineuses. Elle est, en général, plus facilement soluble que Talbumine pure. Quand l'albumine renferme une plus forte proportion de soude, sa coagulation à la chaleur est souvent modifié.
L'albumine coogulée présente toutes les propriétés des substances pror téiques solides.
L'albumine, qui provient des substances protéiques des aliments, entre dans la composition du sang, du chyle, de la lymphe et des différents liquides qui baignent les organes. La myéline semble être formée par de lalbumine unie à des substances grasses. Il est assez difficile, dans Tétat actuel de la science, de déterminer toutes les parties de l'organisme constituées par de Talbumine coagulée. Il serait peu raisonnable de vouloir nier sa présence, et le contenu granuleux de bien des cellules animales pourrait bien être formé en tout ou en partie par de l'albumine coagulée.
Nous nous trouvons dans le même embarras pour déterminer dans ses détails la valeur histogénétique de Talbumine. Elle semble cependant être fort considérable, car c'est de l'albumine que naissent en partie les autres substances protéiques de Torganisme.
Remarques. — (1) Pasum (Virchow*s Archiv., vol. 1V\ p. 17) a montré qu'en faisant ajçir sur de Taibuminc de l'acide acétique ou de Tacidc phosphorique, on obtenait un nouveau corps, Tacidalbumine, facilement soluble dansTciiu, mais insoluble dans des solutions concentrés de sels alcalins neutres. La solution de ce corps dans de Tcau puro n'est point troublée par la chaleur. — (2) Li combinaison de l'albumine avec la potasse, ou albuminate de potas.<e, a été étudié par LiebëreOhn (Po^^'endorffs Annalen, vol. LXXXVI, p. 117), et par RoUett (Wiener SiUungberichte, vol. XXXIX, p. 347).
PRU^GIPES IMMÉDUTS. 17
§ 11. — FlBRI5E, SUBSTANCE FIBRCiOGÈNE ET FIBRINOPLASTIQUE.
On a décrit autrefois sous le nom de fibrine une substance qui se coagule spontanément à Tair, lorsqu'elle a quitté les liquides qui la tenaient en dissolution pendant la vie.
La fibrine coagule bien plus rapidement à une température élevée qu'à une température basse. L'oxygène contenu dans Fatmosphcre ne doit pas avoir d'action sur la coagulation de là fibrine, car elle se coagule dans rintérieur du corps, et dans des espaces fermés de toutes parts. On peut retarder la coagulation par Tacide carbonique : l'addition de sels alcalins, du sulfate de soude, par exemple, l'entrave d'une manière complète.
La fibrine coagulée spontanément n'est pas pure, car elle a englobé, au moment de la coagulation, tous les éléments cellulaires qui se trouvaient dans le liquide. Elle présente, du reste, des variétés fort nombreuses. Elle se gonfle sans se dissoudre (Liebig) dans de l'eau contenant de l'acide chlorhydrique : c'est le contraire qui a lieu pour la syntonine. La fibrine coagulée se dissout à une douce température dans les solutions de sels alcalins, d'azotate ou de carbonate de potasse, par exemple, et se trouve alors à Tétat d'une substance analogue à de l'albumine. La fibrine se rencontre dans le sang, le chyle, la lymphe, en quantité variable : on la trouve également dans les exsudations séreuses.
On sup(iose généralement que la fibrine (1) est un dérivé de l'albumine : elle renferme un peu plus d'oxygène que l'albumine; aussi a-t-on pensé qu'elle était le produit de l'oxydation de substances albuminoïdes.
Voyons, en quelques mots, les différentes formes sous lesquelles se présente la fibrine coagulée. Les liquides qui en renferment deviennent rapidement filants, comme gélatineux. Plus tard, une partie du liquide enfermé par la fibrine est mis en liberté, et l'on obtient alors un coagulum de plus en plus petit *et résistant. Au microscope, on observe des filaments ou des fibres assez fines, entrelacées, qui enveloppent des éléments cellulaires. Quelques observateurs attribuent cet état tibrillairc au plissement de fines masses membraneuses.
Il y a quelques années, A. Schmidt (2) a enrichi la science d'une découverte qui est venue renverser toutes les théories que Ton avait émises ^ur la nature de la fibrine ^
Remarqubs. — (1 ) On ne sait trop sous quelle forme la fibrine existe dans les liquides de r^oDomie avant sa coagulation. Yirchow admet qu*elle se trouve à l'état de substance
* Bten avant A. Schniiclt, Dsiris, de Commercy (Mémoires sur le sang, considéré quand il est Hui^le, pendant qu'il se coagule et lorsqu'il est coagulé. Comptes rendus, 1858. — Recherches ?3r Ir sang, Toulon et Paris, 1861) déclara que la fibrine proprement dite ne préexiste pas dans lr»ii|r; pour cet auteur c'est de la p/dxmiil^ qui y existe normalement. Celte plasmine peut se 'JéJoobler dans certaines circonstances : 1*" en une partie spontanémerU coaguiable^ et prenant 1 aspect fibrUlaire [fiùrine concrète) i et 2* en une autre qui reste liquide dans le sérum {ftùrine ^lù^tiUi, i moins qu'on ne l'en précipite par le sulfate de magnésie. R.
i8 TRAITÉ D'HISTOLOGIE ET D'fllSTOCHlMIE.
« fibrogënc, » qui ne peut se coaguler spontanéinont : ce serait sans doute une oxydation qui la transformerait on véritable fibrine coagulable. Voyez Virchow's Gesammte Abhandlungen zuri^issenscbaftlichcn Mcdizin, Francfort, i856, p. 104. — Vircbow disait dans son travail qu'il n'y avait aucune raison d'admettre que la fibrine coagulée n'existât déjà avant sa coagulation. Brûcke (Virchow^s Archiv., vol. XII, p. 81 et 172) émit bientôt une autre opinion : pour cet auteur, la substance désignée sous le nom de fibrine soluble n'existe pas dans le sang à l'état de fibrine. La fibrine serait le produit de substances albuminoldes contenues dans le sang, car une partie de l'albumine du sérum se coagule déjà à la température extérieure, tandis que la plus grande portion ne se coagule qu'à une température bien plus élevée. Briicke fait observer en outre qu'au moment de la coagulation de la fibrine, il se précipite une certaine quantité de phosphates calcaires difficilement solubles, ainsi que de la magnésie et de la chaux non combinées au phosphore. Il suppose que ces substances minérales, si difficilement solubles, n'existaient point sous cette forme dans le sang, qu'elles sont, au contraire, produites au moment de la coagulation par la décomposition de combinaisons solubles. Il admet qu'un acide (?) vient décomposer, au moment de la coagulation, l'albuminate de soude, ainsi que les composés inorganiques du sang : il résulterait de cette décomposition une substance protéique insoluble et des éléments minéraux difficilement solubles. — Quand on s'oppose à la coagulation du sang de cheval en le plongeant dans un mélange réfrigérant, on y trouve une substance protéique qui présente tous les caractères de Talbiimine ordinaire ; quand on laisse coaguler ce même sang, la substance protéique se dépose sous forme de fibrine. Toutes les substances protéiques, l'albumine aussi bien que la fibrine, renfermées dans une certaine quantité de plasma, préalablement acidifié par de l'acide acétique, puis neutralisé par l'ammoniaque, coagulent à la température de 60*. — Enfin Brûcke a obtenu, en saturant, d'après les indications de Lieberkiihn, un albuminate de potasse avec de l'acide phosphorique et de Tacidc ucéliqu ♦, ou bien en le traitant par du phosphate acide de chaux, une masse trcs-analoguo à de la fibrine coagulée. — (2) Cet auteur admet qu'il n' existe pas de fibrine fluide dans les liquides de l'économie. Elle se forme dans le sang et dans d'autres liquides par la combinaison chimique de deux substances fort voisines, qu'il désigne sous le nom de « fibrinogènc » et de « fibiinoplastique. » La substance fibrinogène est à l'état de dissolution dans le plasma sanguin ; la substance fibrinoplastiquc, au contraire, s'observe dans le contenu cellulaire des globules du sang, dans les cristaux du sang : c'est elle qui forme la globuline et la sérumcaséine. (Panuii.) En s'unissant, en petites proportions, il est vrai, à la substance fibrinogène, elle forme la fibrine. Li lymphe, le chyle, le pus, beaucoup de tissus com|K)sés de cellules (le cartilage et les tendons exceptés), le sémm du sang, la synovie, l'humeur vitrée et aqueuse de l'œil, la salive, contiennent tous de la substance fibrinoplastique. La substance fibrinogène se trouve, à son tour, dans presque tous les liquides séreux de l'économie, dans les liquides qui baignent le tissu conjonctif et les muscles. Du reste, les réactions de la substance fibiinogène sont fort analogues à celles de In substance librinoplastique. Les échanges rapides de substances, qui se font entre les différents liquides de l'économie, empêchent la formation de la fibrine ])endant la vie. Schmidt suppose en oulnt que, lors de la combinaison chimique des deux substances mères en fibrine coagulée, l'aloali qu'elles renfermaient est mis en liberté. Les travaux de A. Schmidt se trouvent dans les Archives de Reicherl et Ihi Bois-Reymond, 1801, p. ^5 et 075, puis 1862, p. 428 et 555.
§ 12. — MtOSINK, FiBRINK MISCXUIRE Ot SVXTOMNK
Les clcmentâ contractiles de rorganisme, le protoplasme, qui forme lo corps des cellules jeunes, les muscles lisses et striés sont formes par une série de substances aihuminoïdes qui se distinguent par des réactions spéciales, et qui se coagulent presque toutes à une température peu élevée qui varie de 55 à 50" c.
L'une de ces substances, la myosine de Kûhnc (1), coagule spontanément après la mort, et produit la rigidité cadavérique. La myosine coagulée est insoluble dans Teau, mais soluble dans les solutions salines qui renferment moins de dix pour cent de chlorure de sodium. La myosine se dissout également dans les acides dilués et dans les alcalis.
Outre la myosine, le liquide musculaire renferme encore trois autres substances albuminoides solubles ; la première est un albuminate de potasse, la seconde coagule à 45^ c, la troisième à 75° c.
En traitant les muscles striés ou lisses par des acides dilués, on a obtenu un produit de substitution de ces substances albuminoides, la fibrine musculaire ou stfntomney ainsi nommée par Lehmann. Contrairement à la iibrine du sang, la syntonine se di^out dans un liquide qui contient 0,1 p. 100 d'acide chlorhydrique ; par contre, elle résiste aux solutions d'acide azotique et de carbonate de potasse.
Les peptones, c'est-à-dire les produits de substitution de^ substances albuminoides alimentaires traitées par le suc gastrique acide, ressemblent beaucoup à la syntonine.
Caséine.
La caséine se présente également sous deux formes. Elle ne coagule pas spontanément, mais par la chaleur. Elle ne se coagule pas en flocons comme la Gbrine, mais sous forme d'une pellicule mince. Cependant les solutions albumineuses très-alcalines coagulent d'une manière analogue ; il est donc difficile de distinguer la caséine des albuminates de soude. La i'aséine se coagule également en présence du suc gastrique. Les acides, même l'acide acétique, précipitent la caséine sous forme de tlocons. Un courant d'acide carbonique ne précipiterait pas la caséine du lait, d'après Lehmann. Ce sont là les caractères de la caséine mêlée aux liquides alcalins de l'organisme. La caséine pure en diffère quelque peu.
La caséine constitue une des substances fondamentales du lait de l'homme et des mammifères ; elle est le principe alimentaire le plus important pour les nouveau-nés. Elle est tantôt dissoute dans le sérum du lait, ou bien elle forme Tenveloppe des gouttelettes graisseuses. On ne sait encore au juste si la caséine existe dans d'autres liquides de l'organisme. Sa présence dans le sang n'est pas complètement démontrée. On la trouverait, d'après M. Schultze, dans la membrane moyenne des artères.
Revirques. — (i) Voy. KonKE, Chimie physiologique, p. 272 et 535; Liëbig, Annales, Toi. LXXIII, p. 125; K'Obne, Untersuchungen (iber das Proloplasma, Expériences sur le mioplasma, Leipzig, 1864.— (2) Pasum (Virchow*s Archiv., vol. XXXV, p. 251) décrit <ians le sérum du sang une stlbstance protéique connue sous le nom de « sémmcaséine. » (Juand ou étend le sérum d'eau, en y ajoutant ensuite de Facide acétique pour neutraliser la solutiofli il se précipite une substance albutninoide, qui se redissout dans un excès d'acide ou dans les alcalis et les solutions de sels alciilins neutras: cette même substance wl insoluble dans Teau et dans Talcool. On ne peut prouver, dans Tétat actuel de la «i^nce, que cette sobstance soit de la caséine ; car ce pourrait être tout aussi bien de
iO TR.\1TÉ D HISTOLOGIE ET D HISTOCHIMIE.
Talbumine non alcaline et pauvre en sels. A. Schmidt la considère conuuc de la globulinc ou de la substance fibrinoplastique.
§ 13. — Gristalune, Globcliub et Héjioglobuuxe.
Pour certains auteurs, la cristalline, substance qui se trouve dans le cri:^tallin à l'état de solution concentrée, est identique à la globuline.
La cristalline coagule par la chaleur et non spontanément comme la fibrine. Sa coagulation exige une température plus élevée que pour Talbumine ; la cristalline se dépose tantôt sous forme d'une masse globuleuse, tantôt sous forme d*un coagulum laiteux. Une solution de cristalline , mélangée à de Tacide acétique , précipite quand le liquide est complètement neutralisé par l'ammoniaque ; de même, une solution ammoniacale ne précipite que par l'addition d'acide acétique jusqu'à neutralisation. L'acide carbonique précipite la cristalline.
LhétnatogloMine, qui constitue la substance cellulaire des globules sanguins de Thomme et des vertébrés, peut former dans certaines circonstances une substance cristalline colorée. On obtient ainsi les cristaux du sang (dg. 1), dont on s'est surtout occupé dans ces derniers temps. D'après les ôbsenations de Funke (I), Lehmann (2), Kunde (3), Tcichmann (4), Bojanowsky (5), Rollett (6), Hoppe (7), Ba^ttcher (8) et d'autres, ces substances cristallines ne seraient pas identiques dans les différents groupes de vertébrés : la solubilité des cristaux du sang serait très-variable pour les différentes formes. Leurs décompositions, leur mélange à des substances étrangères, n'ont permis jusqu'alors d'en faire des analyses complètes. Ces cristaux sont dus sans doute à la cristallisation de substances albuminoides colorées par la matière colorante du sang ; mais cette supposition est loin d'être prouvée.
Les cristaux du sang afTectent la forme de prismes^ de tétraèdres, de lames hexagonales et de rhomboèdres. La première forme est la plus fréquente chez Thomme et la plupart des mammifères (fig. 1 a et e) ; on y observe cependant aussi les lames rhomboédriques(6). Lbématocristalline se présente sous forme de tétraèdres chez la souris et le cochon d'Inde [d); on n'a observé jusqu'alors les lames hexagon les que chez l'écureuil (/); les rhomboèdres se rencontrent dans le sang du hamster (e). Cependant, en général, tous les cristaux du sang appartiennent au système rhoniboèdrique. Los cristaux de l'écureuil seuls api>artiennent au système hexagonal. (Rollett, von Lang.)
Les cristaux du sang, quaud ils sont isolés, ont une couleur rouge amarante qui rappelle celle de la Heur du |)écher : réunis en masse, ils présentent légèrement la couleur du cinabre. Dissous dans Feau, ils la colorent en rouge plus ou moins foncé. Les formes cristallines prismatiques st^ dissolvent bien plus facilement dans Teau que les tétraèdres. Les cristaux sont insolubles dans l'éther et l'alcool. Ils se dissolvent facilement dans l'acide acétique, en prenaut une coloration d'un brun jaunâtre : il^
raiSClPES IMMÉDIATS.
se dissolvenl également dans l'antmoniatjiK', mais non dans une solution àe potasse roncentrée. Ils se décolorent rapidement sous l'influence du chlore. La chaleur et l'alcoai tes précipitent i]uand ils sont en dissolution Jans l'eau ; le chlorure de sodium les précipite quand ils sont -dissous dans de l'acide acétique.
Les cristaux du sang se décomposent très-facilement. Ils se désagrègent à l'air et à la température de 160*à,l 70° cent., et brûlent en laissant 1 p. 100 de cendres dont 1 élément principal est de l'oxyde de fer. (Lehmann.)
Les cristaux du sang se forment plus ou moins facilement, suivant Ifs circonstances. Ils se produisent quand on fait passer un couraot d'oxygène, puis d'acide cari)ODi({ue, dans du sang dilué; il rn est de même quand on laisse évaporer lentement sur le porterthjet du microscope du sang au- <|uei on a mêlé de l'alcool ou de Irther, La lumière favorise, diton, la formation des cristaux. On l<^ obtient également en faisant ran^eler, puis fondre le sang, en le chauiïant it 60* cent. , en le soumettant .1 l'influence d'une déhargc électrique. Les cristaux se Tiirmont aussi quand on place II' sang sous la cloche d'une marhine pneumatique, quand on y •ifne quelques sels, le sulfate de soude par exemple, ou bien quand on yajoute du chloroforme au con- Url de l'air. Les cristaux se forment avec une facilité remarquable chez le cobaye. Le sang de la nie cristallise également avec une ïrnide facilité.
L'hématocristallinc formerait '' \f* 'i centièmes de la masse totale ^ ^ng, d'après Lehmann.
HiNtKicu. — (1) Behli el PFenraii, ZeitgchnR, 185t , p. 173 ; 1852, p. 198 cl 388. — t< Chimie phvsiologiqup, toi. I, p. 564, el Zoorhiink, p. 135. — (3) Hbnle el Pfedfeii. ''itfrfirin. 1852, p. 271. — (i) Même omiago, 1853, p. 575. — (5) Zeilschrift fUr wÏb- •""th. Zoologie. lol. Xn, p. 315. — (6) Wiener Sitiuogshericlile, toI. XI.ÏI, II* partie. f fi.-|. - (7) Virchow'» Arehif., toI. XXIX, p. 253 et 597. — (8) lieber Blul-KnsUlIc, ^' l« crittaux du tang. Itoq)al, 1862 ; el Virchow's Archir,, vol, XXXII, p. 12tf. — '«i, diprts C. Si-hmid[, h composition des cristaux pour cent : C54,2. H7,2, H 16.3, '•"0,13, S0.67, 020,2; Hoppe a donné une analyse anologiic. — (9) L■hPIIlalo^^vstal- ''^ ' <l«t pn^xiéléi flbriooplasliqueg analogues i colles Je la globuline. (A. Schkicit.)
23 TRklTÈ D HISTOLOGIE ET ITHISTOCHIMIE.
Dans ce chapitre nous indiquerons quelques substances peu étudiées, mais analogues aux substances protéiques dont elles dérivent dans Torganisme.
En première ligne nous trouvons des ferments dont l'action est plus ou moins bien connue : la ptyaline (salive), la pepsine (suc gastrique), la pancréatine (suc pancréatique) .
Dans les vieilles cellules des tissus cornés, des épithéliums, des ongles ou des poils, et dans les tissus analogues des animaux, on trouve une substance insoluble dans Teau, et assez difficile à obtenir à Tétat de pureté : elle contient près de 5 p. 100 de soufre, et se dissout en partie dans les alcalis ; ses produits de décomposition offrent une grande analogie avec les substances protéiques (1). On a donné à cette substance le nom de substance eomée ou kératine.
On désigne sous le nom de substance muqueuse ou mucine une substance qui se trouve dans les détritus des membranes muqueuses, tantôt à Tétai floconneux « tantôt en dissolution ; on la rencontre également dans la synovie, dans Thumeur vitrée, dans la gelée de Wharton, enfia dans certains produits pathologiques (tissu muqueux). La mucine ne se coagule pas par la chaleur. L*acide acétique la trouble ou la précipite en flocons ; elle n*est point soluble dans un excès diacide. L'alcool versé dans une solution de mucine y produit une coagulation Gbrineuse, soluble dans l'eau chaude. Quant aux autres caractères de la mucine, ils sont identiques à ceux des autres substances protéiques : réaction avec le sucre et Tacide sulfurique, etc. La mucine ne semble pas contenir de soufre, mais elle est très-riche en phosphate de chaux. [Scherer (2).] La mucine agit à la manière des ferments.
Nous dirons également un mot de la substance colloïde. Elle se présente sous la forme d'une matière homogène, consistante, insoluble dans Teau et dans Tacide acétique; cet acide ne la précipite pas comme la mucine; les alcalis la dissolvent généralement. On Tobserve dans les produits de transformation des tissus pathologiques (dégénérescence colloïde) ; mais pn la rencontre également à un certain âge dans la glande thyroïde de rhooime.
Rbnaiiqoes. — (1) Annales de la chimie, vol. LXXXIII, p. 532. Scherer et yan Laer ont publié des travaux sur la substance cornée, vol. XL, p. 59, et vol. XLV, p. 162. — (2) Voy. Annales, vol. LVll, p. i96.
B. — Dérivé* hlstoféaéti^iiea des ■wh»i«»ce« protéiques.
Nous trouvons tout d'abord les masses collagènes qui jouent un rôle si important dans Toi^nisme en formant la substance intercellulaire des tissus
ooDJonctifs, cartilagineux et osseux. On désigne sous le nom de substances collagènes des corps riches en azote et en soufre, insolubles dans Teau froide, solubles après une coction prolongée dans Teau, et donnant alors, après refroidissement, une masse gélatiniforme, connue sous le nom de colle. La composition de cette substance ne subit pas de modification en passant sous cette forme, bien que nos connaissances chimiques soient encore bien arriérées à ce sujet.
Les substances collagènes se distinguent des autres substances protéiques par leur solubilité dans Veau bouillante et par la consistance gélatineuse quVlles prennent alors. De plus, le mélange de sucre et d'acide sulfurique leur donne une teinte d'un jaune brunâtre au lieu de les rougir. L'acide azotique les colore en jaune comme les autres substances protéiques.
On n'a pu jusqu'alors transformer artificiellement les substances albuminoîdes en substances collagènes, et réciproquement.
GOLLVGÈNE V.T GlUTLNE.
La substance collagène, qui se transforme par la cuisson en colle ordinaire ou glutine, est encore peu connue. Les réactions de la glutine ont été, par contre, beaucoup étudiées. Les acides et les alcalis ne précipitent pas la glutine dans ses solutions ; l'acide tannique seul donne un précipité. Le chlorure de mercure et de platine, le sulfate de fer, précipitent la glutine; l'acétate de plomb n'a pas la même action.
La glutine appartient au grand groupe des tissus conjonctifs et forme la base organique des os et des cartilages ossifiés. La substance collagène est donc très-répandue dans l'organisme. On n'en a observé qu'une fois dans les liquides de l'organisme, dans le sang d'un leucémique [Scherer (1)|; il faut donc admettre que la substance collagène dérive des substances protéiques; il en est de même du tissu conjonctif, qui ne donne point de glutine à l'état embryonnaire, et semble formé à cette époque par une substance protéique. (Schwann.) Quant au mode de transformation chimique, il nous est complètement inconnu.
Substance chondrigènb, ou Chomdrine.
La chondrine, qui se rapproche de la glutine, se trouve dans les cartilages permanents, les cartilages des os avant leur ossification, et dans un produit cartilagineux pathologique, l'enchondrome. La substance de la cornée de l'œil semble être sinon identique, du moins très-analogue à la chondrine. Les acides précipitent la chondrine dans ses solutions : elle est soluble dans un excès de réactif, excepté dans l'acide acétique, dont le précipité reste insoluble. L'alun, le sulfure et le sulfate de fer, le sulfate de cuivre, l'acétate neutre et basique de plomb, l'azotate d'argent, Tazotate de mercure précipitent également la chondrine. La substance chondrigène nous est peu connue.
34 ' TRAITÉ D'fflSTOLOGIE ET D*HIST0CHI1IIE.
La chondrine est un dérivé des substances protéiques, de même que la glutine. On a parlé d'une transformation de la chondrine en glutine au moment de Tossification. Mais cette hypothèse, plus qu'invraisemblable, ne saurait être vérifiée dans Tétat actuel de la science.
Ces deux substances ne semblent pas être les seules substances collagènes de Torganisme.
Substance élastique, ou Ëustike.
On trouve dans plusieurs tissus de Téconomie une substance qui diflï're des substances collagènes (2), et qui se caractérise par sa fixité et sa difficulté à se dissoudre.
Cette substance élastique ne donne pas de colle, même par une cuisson prolongée, à moins qu'elle ne soit mélangée à du tissu conjonctif. L'acide acétique ne Tattaque point et ne la dissout qu^après plusieurs jours de coction. L'acide chlorhydrique dilué la dissout à une température peu élevée. L'acide azotique la colore en jauneaprès avoir formé de Tacide xanthoprotéique. La potasse ne la dissout que fort lentement. L'acide sulfuriquc et le sucre ne la colorent pas en rouge.
La substance élastique, dont les limites sont difficiles à déterminer au microscope, constitue des fibres et des plaques dans le tissu conjonctif: dans d'autres organes, elle limite des culs-de-sac, des canaux; elle sert d'enveloppe aux cellules, sans prendre cependant part à la formation du corps cellulaire lui-même.
La fixité de la substance élastique, son indilTérence chimique, lui permettent d'arrêter les liquides de l'organisme', de les filtrer, etc. L'élasticité de cette substance est également d'une haute importance (3).
L'origine de la substance élastique nous est à peu près inconnue. Mais elle dérive très-probablement des substances protéiques.
Remabqubs. — (1) Yfrhandlungpfi der physikalisch nriKtizinischen GesellM-hafl zu Wùnburg. Compter rendus de la Société de médecine de Wurzbourg, vol. II, p. 521. — (2) Vny. Chimie |)h^siolo<;iqup de Mulder, p. 595. — (5) Dosders (Siebnld's und Kœlliker*sZêit8chrifl fur wissensrbaftlichc Zoologie, vol. III, p. 348, et vol. IV, p. 2i2) a étendu le domaine de la siibslanct* élastique bien au deh du tissu élastique proprement dit : quelques opinions de cet auteur sont fondées, mais il a peut-être poussé l'analogie un peu trop loin. Pour cet auteur, les membranes de toutes les cellules, les enveloppes d<»s faisceaux pnmitifs des muscles, les gaines des nerfs, les parois des capillaires, certaint^s membran<'s sans structure, la membrane de Desceinet, la capsule du cristallin, sont formées par de la substance élastique. Nous reviendrons sur ce point dans la partie bisiologique de notre travail.
€^ ^ Les lijf<rocarfc»«Mt€«i
I^ chimie nous a fait connaître une série de corps indifférents qui ne contiennent pas d'azote, et qui, malgré leurs propriétés physiques tW's-
PRII«GIPËS IMMÉDIATS. 95
Tariables, ont une composition analogue qui a pour formule générale : C„ H, 0,. L'oxygène et l'hydrogène y sont représentés comme de Teau, et cependant ces deux gaz n'entrent point en combinaison sous la forme dVau véritable. De là le nom de corps hydrocarbonés, qui repose par le bit sur une erreur chimique. Il faut avouer, du reste, que la constitution intime de ces corps nous est encore peu connue.
Tous les hydrocarbonates sont neutres ; aucun d'eux n'est volatil ; une partie d'entre eux cristallise. Plusieurs de ces corps sont insolubles dans l'eau; d'autres, au contraire, sont solubles. Ces derniers se rencontrent en dissolution dans les liquides de l'économie ou en combinaison avec d'autres substances.
Les hydrocarbonates se substituent facilement les uns aux autres, et c'est à ce point de vue que les ferments albuminoïdes jouent un rôle si important dans l'organisme. Quand on les fait digérer dans des acides minéraux étendus, ils se transforment généralement en glycose. Les corps hydrocarbonés ont la même composition que certains acides organiques. Aussi donnent-ils facilement naissance à de Tacide acétique, des acides gras, de l'acide lactique.
Les corps hydrocarbonés sont des produits végétaux (à l'exception du sucre de lait). Dans les végétaux, une substance hydrocarbonée, la cellulose, a une importance histogénétique très-considérable. Les choses se passent autrement dans l'organisme animal, notamment dans le corps des animaux élevés et de l'homme. Là, en effet, les substances hydrocarbonés ne prennent nullement part à la formation des tissus, et elles sont tenus en dissolution par les liquides de l'organisme. Elles semblent être des produits de désassimilation des substances protéiques ou des substances alimentaires. En se décomposant, elles se transforment en acide carbonique pl en eau. Elles peuvent se transformer en acides gras et concourir ainsi À la formation de la graisse : mais passons sur ce fait.
Dans le groupe des corps hydrocarbonés nous trouvons plusieurs substances importantes, et entre autres trois espèces de sucres : le sucre de raijfin, Mnosite et le sucre de hit.
Les sucres ont, en général, une saveur sucrée; ils sont solubles dans leau et cristallisent presque tous. Le glycose subit facilement la transformation alcoolique ; le sucre de lait fermente plus difficilement ; l'inosite ne % change jamais en alcool.
Substance cltoog^e, G|,H(oO
Ce corps a été découvert par Cl. Bernard ; il doit être placé entre l'amidon et la dextrine. Il se colore du rouge vineux en brun ou en violet par riode. On le rencontre dans les cellules du foie à Tétat granuleux (Schiff), ainsi que dans plusieurs tissus embryonnaires. Il se transforme en glycose de bien des manières : par la coction avec des acides dilués, par l'action de la diastase, de la salive, du suc pancréatique et du sang. La substance
glycogèncjoueun rôle très-important, comme ferment, dans la formation du sucre dans le foie. Il est permis de supposer que cette substance se développe par la décomposition d'une substance albuminoîde.
Sucre de baisin, ou Glycose, G„H|gO,g+2llO.
Le glycose (fig. 2) cristallise généralement en masses irrégiilières, bosselées, rarement en lames qui appartiennent au système klinorhombique.
11 se dissout facilement dans Tcau et dévie la lumière polarisée à droite. A une faible chaleur, le glycose réduit à Tétai de peroxyde de cuivre le sulfate de cuivre mclé à une solution de potasse; il s'unit au chlorure de sodium pour former des pyramides cristallines à quatre et à six pans. En ^^^ présence des substances azotées, comme
^ ^-1 l'albumine ou la caséine, et même en pré-
'- — ^ sence de bases, le glycose fermente et se
Fig. 1 — Cri^uiii de glycose provenant transforme cu acidc lactiquc et, plus tard, ^" "**' en acide butyrique.
Le sucre de raisin est très-répandu dans le règne végétal ; il se développe aux dépens d'autres corps hydrocarbonés, de Tamidon, par exemple, grâce aux ferments contenus dans les produits de sécrétion des glandes de la bouche, dans le suc pancréatique et dans le suc intestinal. C'est ainsi qu'absorbé dans le tube digestif, le glycose passe dans le chyle et dans le sang. Comme il disparait bientôt dans ce dernier liquide, on a admis qu'il s^y brûle en passant à Tétat d'acide carbonique et d'eau, sans donner lieu à d'autres produits de décomposition.
Le glycose se trouve également dans le tissu hépatique. Nous avons parlé de ce fait à propos de la substance glycogène (2).
L'urine normale peut renfermer quelques traces de glycose. Chez les animaux, à la suite de l'irritation de la moelle allongée (Cl. Bernard i, ou d'autres points des centres nerveux, on le trouve en abondance. A l'état pathologique, on observe des quantités abondantes de sucre non-seulement dans l'urine, mais dans les différents liquides du corps des diabétiques.
SicKK mi'm:iuike, boKiTK, C,^,,0,j + 4nO.
Ce corps, découvert par Scherer (5), est tout à fait identique à la phaséoinannite observée dans le règne végétal, dans les fèves surtout. lVohl(t).|
L'inosite (fig. 3) forme des prismes klinorectangulaires, qui perdent, à la température de 1(M)° cent., 4 équivalents deau de cristallisation, el se désagrègent à l'air. Dissous dans de l'alcool bouillant, Tinosite cristal-
PRINCIPES IMMÉDiilTS. 27
lise en lamelles brillantes. L'inosiie se dissout facilement dans Veau, et forme arec la caséine de Tacide lactique et de Tacidc butyrique.
L'inosite ne réduit pas Toxyde de cuivre, mais se colore en rouge très-intense quand on Ta fait cbaufTer presque jusqu'à dessiccation avec de i acide azotique, et qu^on y verse un peu d'ammoniaque. (La réaction est surtout prononcée en présence du chlorure de chaux.)
L'inosite semble très-répandue dans I organisme. On la rencontre dans les muscles du cœur, dans les muscles du chien, dans le pancréas, dans le thymus (Scherer) ; Cloëtta (5) Ta trouvée dans les poumons, les reins, la rate, le foie ; enfin Mûller (6) Ta observée dans la substance cérébrale. L'inosite peut passer dans l'urine; on la trouve dans le diabète et dans la maladie de Bright. iCloëtta, Neukomme . )
L'inosite est le produit de la décom-
, ,.^ ... f t.* ('ig- 3. — Inosile prùTenant des muscles
position de substances histogenetiques. du cœur de rhomm<>.
Slcre de lait, C|aHj,0|| -f HO.
Le sucre de lait se distingué du corps précédent par sa composition, par sa cristallisation en prismes obliques à quatre pans, et par sa faible solubilité dans Teau. Il dévie également la lumière polarisée à droite, et réduit l'oxyde de cuivre comme le glycose. La caséine et d'autres ferments le transforment en acide lactique et en acide butyrique.
Le sucre de lait n'existe pas dans le règne végétal ; il est une des parties constituantes du lait des mammifères et de l'homme. Son abondance dépend de la proportion des corps hydrocarbonés absorbés ; il persite dans le lait des
carnivores, même quand ils se nourrissent ex- pig. 4.-Crisiauxdc sucre de m. dusivement de viande, comme Bensch l'a montré, contrairement à Dumas. On n'en a pas démontré la présence bien certaine dans le sang des mammifères; il semble au contraire y faire défaut. La mamelle agirait donc comme ferment (2) dans la production du sucre de lait. 11 est permis de supposer que le sucre de lait se développe aux dépens du glycose, avec lequel il présente tant d'analogie.
Reiabqoes. — (1) Nous signalerons en particulier les ouvrages suivants ; G. Bernard, I^içons sur la physiologie du syst. nerveux, tome I, p. 467 ; Gorup-Besakez, Annales, ^ol. CXVIU, p. 227 ; Hensen, Wûrzburger Verhandlungen, vol. VIT, p. 219, et Virchow's Arcbit, vol. XI, p. 395; Pelouze, Gonoptes rendus, tome XLIX, n" 26 ; Schiff, Archiv fur P^siol. Heilkunde, vql. I, p. 263, et Comptes rendus, tome XLYni,n"18; G. Bernard,
Comptes rendus, 1859, tome XLVIH, n»2 ; Annal, d. se. nat., série ÏV, tome X, p. 111, et Journal de physiol., tome II, p. 31 ; Rouget, Comptes rendus, tome XL VIII, n' 16, et Journal de physiol., tome 11. p. 83. — (2) Cl. Ber.xard et Bar rkswil, Comptes rendus, tome XXVII, p. 514. Voy. aussi les Traités classiques de physiologie et de chimie physiologique. Meissker (Gœttinger Nachrichten, 1862, p. 157) prétend avoir trouvé une nouvelle espèce de sucre dans les muscles, • sucre musculaire ; • il jouerait le rôle de ferment . — (3) Annales, vol. LXXllI, p. 322. — (4) Annales, vol. CI, p. 50. — (5) Viertcljahrschrifl der naturforschenden Gesellschafl in Zurich, vol. I, p. 265. — (6) Annales, vol. CI, p. 1 51 .
D* — Acidies gras «t gwmimmmm*
Les acides gras se présentent dans Torganisme soit à Tétat de liberté, soit en combinaison avec une base organique (savons), ou unis à une substance organique jouant le rôle de base (grai.sses neutres).
Cette substance organique est la
GiYcéRiKE, Cgllg^s on *»*1^6-
CeHs
On peut regarder la glycérine comme un alcool triatomique, dont le radical serait glycéril=CJIs. La glycérine se présente sous Taspoct d*un liquide incolore, sirupeux, cristallisablc, qui peut se mélanger à Teau en toutes proportions. On peut la distiller en prenant de grandes précautions. A une trop haute température, elle se décompose en eau et en acroléxne CeHiO,, substance d'une odeur très-forte et qui attaque vivement les yeux. jL'acroléine peut servir à reconnaître la glycérine et les graisses qui en contiennent, car les autres acides gras ne développent pas cette odeur.)
La glycérine se combine aux acides; elle forme ainsi Tacide glycophos* pliorique; elle forme également des combinaisons neutres qui peuvent s'unir à des acides gras et former les graisses neutres de Torganisme.
On a désigné ces combinaisons sous le nom de glycérides. De même que Talcool s'unit à différents acides, de même la glycérine se combine aux acides organiques en formant de Teau.
1 éq. de glycérine 4- 1 éq. d'acide — 2 éq. d'eau (Monoglycérid). i éq. de glycérine -1- 2 éq. d'acide — 4 éq. d'eau (DUjlycérid). i éq. de glycérine 4- 3 éq. d'acide — 6 éq. d'eau (Triglycérid).
Le dernier groupe seulement, composé par les triglycérides, représente quelques graisses neutres naturelles.
La glycérine pénètre dans l'organisme avec les graisses neutres des aliments. Lors de la saponification de ces graisses, la glycérine est mise en liberté; elle se combine de nouveau aux acides gras dans l'intérieur
des tissus, pour former des graisses neutres. Ces transformations sont aussi peu connues que les produits de décomposition physiologique de la glycérine.
ACIDE GLTCOPHOSPHORIQDE, SHO.G«BTO,.POf.
Cet acide est un produit de décomposition duProtagon et de laLécithine qui existent dans le cerveau, les nerfs et dans d'autres points du corps ; c'est au même titre qu'on Ta rencontré dans le jaune de l'œuf de la poule.
Les acides gras de T organisme appartiennent à deux séries naturelles, dont la première est composée d'après la formule CaH.O^, et la secoirde d après la formule C^H^jO^.
Parmi les acides hydratés du premier groupe, il est plusieurs acides gras, inférieurs ou liquides, qui ne constituent point des éléments des tissus, mais bien au contraire des produits de décomposition.
C HO ) Acide formique , HO.G,IIOs ou *.. * 1 0,.
On Ta trouvé (Scherer, Mûllcr) dans le liquide qui baigncles muscles, •le cenreau et la rate, dans le thymus (Gorup-Besanez), dans la sueur et même en assez grande abond'ance; enfin, dans le sang de chiens nourris depuis longtemps avec du sucre (Bouchardat et Sandras), et dans le sang pathologique. Quelques-unes de ces observations demandent à être vérifiées.
Acide AcériQUK, IIO.C4H5O- ou * ' * Oj.
Il entre dans la composition du Hquide musculaire et de celui de la rate (Scherer) ; on le rencontre dans le thymus ; on Ta également observé dans la sueur. On Ta trouvé dans l'estomac et peut-être même dans le liquide céphalorachidien ; enfin,' il apparaît dans le sang après l'abus des alcooliques.
ru Q \
Acide butyrique, HO.CgH^Os , ou „' * > 0,.
U se trouve dans le liquide des muscles et de la rate (Scherer), dans le lait, dans la sueur, dans le produit de sécrétion des glandes sébacées de plusieurs points du corps, par exemple, près des organes génitaux ; dans l'urine (?). La présence de cet acide dans le sang (Lchmann) est plus que douteuse. On le trouve dans Tostomac et dans l'intestin, comme produit de fermentation des substances hydrocarbonées.
C H ) Combiné à la glycérine, sous forme de Tributyrine^ ^ .p „'^* } 0,, il
concourt a la formation de la graisse neutre du beurre.
G H 0 ) Aqde capronique, llO.C|,li||0, ou '* " n\^*'
C H 0 ) AaDE CApRYLiQOE, HO.GisHigO, ou *• "lîî^i*
ACU)E CAPRI?IIQl'E, HO.CmHi^Os OU ^® *® * | 0,.
On a trouvé ces acides dans le beurre, en combinaison avec de la glycérine, et morne en liberté dans la sueur.
Les acides d'un ordre plus élevé qui composent le groupe dont nous nous occupons, sont solides h la température ordinaire. Ils forment les graisses neutres de l'organisme, et sont, par conséquent, des éléments liistogénétiques. Us pénètrent dans l'organisme avec les graisses. Ils se décomposent probablement en acide d'un ordre inférieur, et s'oxydent finalement, en produisant de Tacide carbonique et de Peau.
ACIDK PALMiriQl'K, HO.C,,II,(Os OU '* '* U 1 ^f
11 entre dans la composition de la plupart des graisses neutres du rè^^ne végétal et animal. Il fond à la température de 62" cent. Il cristallise en écailles brillantes comme la nacre.
Cet acide forme, avec la glycérine, une combinaison naturelle qui se trouve en abondance dans les matières grasses de Thomme ; c'est la
Tru-almitixe, C,U,06-h3(C5A*04)-6H0ou ^ xi^o'W
Acide 8-iéariqi-e, II0.C5eH-,(). ou '* '** * j Og.
Cet acide entre également dans la composition des graisses neutres de l'économie, mais en moins grande abondance que l'acide palmitique; nu le rencontre dans les masses graisseuses solides du mouton, du veau (I ). Il fond à une température plus élevée que les acides |)récédents, c'est-àdire à 69" cent. Il cristallise en aiguilles ou en lamelles blanches, brillantes comme l'argent. Il forme, avec la glycérine, une combinaison neutre, la
TBisrtARixK, C„IIA4-5(C5^H5«0,)-6H() ou 3/r i^^o"î 1 ^^6*
Parmi les acides du second groupe, un seul présente de l'intérêt pour Torganisme de Thomme ; c'est
LWrjDK oLtiQiK (Ai icie élaliiur), 1I().(\«H„04 ou ^'*«"»^^ I 0^.
L*acidc oléique pur est un liquide qui ne se prend en lamelles qu à la
PRINCIPES IMMÉWATS. 31
température de — 4*^ cent. 11 n'a ni odeurni saveur; on ne peut le volatiliser sans le décomposer. Les sels qu'il forme ne cristallisent point.
L'acide oléique se combine à la glycérine pour former une des graisses neutres les plus importantes de Téconomie, la
TRioiiwE, CA06-+-3(CseIÎ5A)-6H0 ou -.^ i^JÎ* 1 O».
Il forme des savons avec les alcalis.
n pénètre dans l'organisme avec les graisses neutres des aliments. Ses décompositions physiologiques sont très-variables.
composition que l'acide lAargarique nier rexistcnce de ce dernier ; c'est à tort, car on est parvenu à obtenir tous ces acides iiKificiellement (Bfxker, Ueirtz). Hais on ne sait au juste si Tacide mar^rarique et Tacide trjmai^rique entrent dans la constitution des graisses normales. — L'acide myristi- 'jite UO . C^H^Os serait également très-rcpandu dans les graisses animales, suivant les reiherches de lleintz.
Les graisses neutres sont le produit du mélange de différents acides gras avec une base organique, qui se présente chez Thommc sous forme de l'Iycérinc. Il est impossible de séparer les différentes combinaisons de ;.Taisi^es neutres; aussi nous sont-elles peu connues. Du reste, Tiniportance de ces combinaisons dépend de Tacide gras combiné.
Les graisses neutres et pures sont incolores, sans odeur ni saveur ; leur réaction est alcaline; elles sont plus légères que Teau et sont de mauvais conducteurs de Télectricité. Insolubles dans Teau, elles se dissolvent dans ralcool et à la chaleur, ainsi que dans Téther. Elles tachent le papier, brûlent avec une flamme éclatante et ne se volatilisent qu'en se décomposant.
Les graisses neutres se décomposent en acides et en glycérine sous Tin- Huence de la vapeur d'eau à la température de 220® cent. ; les ferments et les substances proléiques en putréfaction ont une action analogue. Expo^ sées à Tair, les graisses neutres absorbent avidemment l'oxygène, et deviemient rances sous l'influence des ferments. Une partie de la base organique est décomposée, et l'acide gras est mis en liberté. Les acides gras volatils mis en liberté donnent alors aux graisses neutres une odeur et une saveur particulières. En présence des alcalis, et de l'eau, les graisses neutres se transforment en savons ; la glycérine est mise en liberté, et l'acide gras se combine à la base inorganique.
Nous avons déjà vu qu'il est impossible de séparer les différentes graisjses neutres de la graisse naturelle. Dans ces derniers temps, Pelouze et Berlhelot ont artiflciellement composé les graisses neutres avec des acides gras et de la glycérine. Les propriétés de ces produits artificiels sont en
tout semblables à celles des graisses naturelles ; les graisses neutres de Torganisme forment des combinaisons très-variées.
Dans toutes ces combinaisons on rencontre 3 équivalents d'acides gras, avec 1 équivalent de glycérine et 6 équivalents d'eau. C'est ainsi que Tacidc oléique forme la trioléiney substance liquide à la température ordinaire, et qui tient en dissolution deux autres graisses neutres cristallines, la tripalmitine et la tristéarine. La trimargarine peut également s'unir à ces derniers corps. On n'est pas encore sur d'avoir épuisé tous les composés des graisses neutres de Torganisme. Dans .le beurre nous trouvons une combinaison d'acide butyrique, d'acides caprinique, capronique et caprylique avec de la glycérine.
Les masses graisseuses du corps des animaux sont tantôt liquides, tantôt solides, suivant qu'il y a plus où moins de graisse neutre solide dissoute dans la trioléine : ces masses graisseuses prennent la consistance du suif après la mort. Pendant la vie et sous l'influence de la température du corps, elles restent toutes molles ou même liquides. La graisse est répandue d'une manière fort inégale dans les difTérentes parties du corps et chez les différents animaux.
Les graisses neutres sont très-répandues dans l'organisme. Elles existent dans presque tous les liquides, dans tous les tissus ; elles accompa-
* gnent toutes les substances proléiques et histogénétiques. Leur quantité est, du reste, variable (1). Elles apparaissent en masse dans le contenu des cellules du tissu adipeux, sous la peau, dans l'orbite, autour du cœur, dans les reins, les os, la myéline, où l'on observe quelques graisses particulières encore peu connues. La propriété bistogénétique des graisses est due sans doute à ce que les combinaisons cristallines, en se dissolvant dans la trioléine, perdent
Fig 5. - Crislaux de «.rgarioe. ,^^^^^ propriétés de cristallisation.
«, aiguilles Isolées ; ^, en groupe; r, gron- t\ • • i
pes d'aiguilles dans l'inténeur de col- Daus cortamcs circoustanccs, la graisso ï^u'^t'^Ss^^^^^^ solide forme dans le cadavre des crisUux
en aiguilles ou des groupes de cristaux
(fig. 5). On les a désignés sous le nom de aistaux de margarine. On les
observe surtout dans l'intérieur des cellules adipeuses.
Remarques. — (1) Voici la quantité de graisse que différents tissus contiennent pour 100 : lymphe, 0.05; chvie, 0.2 ; sang, 0,4; carlihiye, 1,3; os, 1,4 ; cristallin, 2,0; foie, 2,4 ; mus le, 5,3; cerveau, 8,0; nerfs, 22,1 ; moelle, 23,6; tissu adipeux, 82,7; moelle des os, 96,0.
PRINCIPES IMMËDIATS. 55
Voici les usages auxquels les graisses sont destinées dans Torganisrae :
1. Grâce à leur nature liquide ou molle, elles égalisent les pressions, remplissent les espaces vides et jouent le rôle de coussinets,
2. Accumulées en masses, elles s'opposent à la déperdition du calorique.
3. Elles baignent et lubrifient certains tissus solides, tels que Tépiderme et les cheyeux. La sécrétion des glandes sébacées est destinée à ce rôle.
4. Comme les graisses n'ont pas d'affinité pour Teau, elles se sépareront dans les liquides à Tétat de granulations ou de gouttelettes, et formeront ainsi les granulations élémentaires et les vésicules.
5. Leur indifférence chimique les rend aptes à former certains tissus qui ne prennent qu'une part très-faible aux différentes actions chimiques de Torganisme.
6. Soumises à l'action des ferments protéiques, et surtout à l'action de I oxygène, elles se décomposent en acides gras et en d'autres produits, qui se décomposent à leur tour en acide carbonique et en eau. Le développement de calorique qui accompagne ces phénomènes a une très-haute importance.
7. D'après Lehmann, les graisses joueraient le rôle de ferments. Combinées aux substances protéiques, elles transforment les liquides sucrés et amylacés en acide lactique. L'action de la pepsine dans le suc gastrique serait due à une phénomène identique.
8. Les graisses neutres sont insolubles dans les liquides aqueux de lorganisme; les savons, au contraire, sont solublcs; et ce fait est trèsimportant au point de vue du transport des acides gras à travers les différentes parties de l'organisme.
Les graisses neutres proviennent des aliments. Chez Thomme, la graisse peut se forrtier aux dépens des substances hydrocarbonées. Liebig a prouvé que cette transformation avait lieu chez certains animaux. L'origine protéique des graisses est beaucoup plus douteuse. •
§ 21. — Graisses cérébrales, GéRÉBRiNE, Protagok, Lécitbine.
Les niasses gi*aisseuses du cerveau et des nerfs renferment des substances (lartictilières, très-peu fixes, et conséquemment peu connues. Fremy (1) avait déjà trouvé dans la masse cérébrale des acides gras, de la cholestérine, puis un aeide particulier, qu'il avait désigné sous le nom d'acide cérébrique.
Cet acide se présente sous forme d'une masse blanchâtre, pulvérulente, cristalline, insoluble dans l'eau froide, mais se gonQant dans l'eau chaude comme Tamidon. L'acide cérébrique se dissout facilement dans Téther et dans Talcool bouillants. Il contiendrait également une faible quantité de phosphore, mais ce n'est sans doute qu'une impureté.
U TRAITÉ D^UISTOLOGIË ET D^HiSTOCHlMlE.
Goblcy (2) a étudie plus tard ce corps et Ta obtenu à l'état neutre. On le trouve dans le jaune de Tœuf. Quant à Tacidité, sur laquelle Freniy avait insisté, elle serait, d'après Gobley, le résultat d'un mélange ini|>ur avec une substance phospborée, Tacide glycérophosphoré ou oléophosplioré, par exemple. Aussi Gobley a-t-il donné à cette substance le nom de cérébrine. Pour ce chimiste, la cérébrine contiendrait également du phosphore : Mûller (5) ne croit pas cette assertion exacte.
Dans ces dernières années, un chimiste bien connu, Iloppe (4), a décrit une nouvelle substance, à laquelle il a donné le nom de protagon.
Le protagon, qui a pour formule C,^ H,^^ N^ PO^^, est une substance neutre, qui formerait la presque totalité de la masse cérébro-spinale : l.i cérébrine et Tacide oléophosphorique ne seraient que les produits tic décomposition. Le protagon se dissout à peine dans Téther pur; mais il est soluble dans Talcool bouillant et dans les graisses. Mélangé à Teau, il forme une masse opalescente comme Tamidon. La solution concentrée Av protagon forme une colle solide : quand on mélange ce corps à beaucou|i d'eau, on obtient un liquide trouble. En faisant bouillir le protagon avtv de Teau de baryte, on obtient de Tacide glycérophosphorique, de racidc* stéarique, un troisième acide libre encore peu connu, et une base, la neurinc. ^
On a trouvé le protagon dans d'autres points du corps ; dans les globules rouges du sang, les globules de pus, le sperme, et même dans certaines plantes.
Cependant des expériences récentes semblent mettre en doUte Toxistenco du protagon.
Gobley avait déjà décrit, sous le nom de lécithine, une substance qu*il avait trouvée dans le tissu nerveux, dans le sang et le jaune d'œuf, et qu'il avait pu décomposer en acide élaique, margarique (?) et glycérophosphorique.
Or Diaconow (5) a trouvé, en étudiant la masse cérébrale -et le jaunr d'œuf, que le protagon devait en partie ses propriétés à la lécithine qu'il renfermait. La lécithine, qui a pour formule C^^ 11^ NPO, -h HO, se deconq)ose en acide glycérophosphorique, en acide stéarique et en neuriiK\ produits de décomposition que nous venops d'indiquer à Tinstant.
Diaconow a également obtenu une substance neutre, qui ne contient pas de phosphore, qui se gonfle dans l'eau chaude, et qui présente, quand on la traite par l'acide sulfurique, les réactions du sucre. Cette substance rappelle assez la cérébrine, décrite par MùIUt.
A tous ces corps, Virchow (4) est venu ajouter la myéline. On désigne sous ce nom une substance d'une structure m icroscopicpie spéciale, qui h* trouve dans des parties fort différentes du corps, et surtout dans les tissii> en décomposition.
La myéline (Jig, 6) a un éclat très-caractéristique; elle se présente soiis Taspect de masses à double contour, arrondies, ovales, filiformes, en massue, en anneau, etc.
PRU^CIPES IMMÉDIATS. S5
La myéline se gonfle dans Teau ; elle se dissout facilement dans Talcool et dans Féther bouillants ; elle réagit peu en présence des acides faibles ou des alcalis ; elle revient sur elle-même dans les solutions salines concentrées. La teinture d'iode la brunit légèrement; sous Tinfluence de l'acide sulfurique concentré elle rougit et devient même quelquefois violette \5).
La substance amylolde (6) est une substance homogène, d'un éclat mat, très- voisine de la précédente. Elle eî^l un produit de décomposition de dirFértntcs parties, ^*fônnirdc*'ïaTyCet surtout des organes glanduleux (dégénérescence ci- Une. reuse ou lardacée). La teinture d'iode rougit la substance amyloïdc ; l'addition d'acide sulfurique concentré la rend violette, et plus rarement bleue.
Nous rangerons encore ici les éléments connus sous le nom de corimscuUs amyloides (7). Ce sont des éléments arrondis ou en forme de biscuits, de volume très-variable, rappelant par leur aspect les grains d'amidon. De là leur nom. Ils sont quel- âÊ^ g^ ^ quefuis formés de couches concentriques. Leurs w ^ ^^
réactions sont variables; tantôt ils prennent une ^^ ^^ ^^ teinte violette par l'iode et par l'acide sulfurique, ^^ ^^ ^^ tantôt ils bleuissent au contact seul de l'iode ; rap- [•elant ainsi tantôt les propriétés de l'amidon, tantôt ^^ ailes de la cellulose, sans qu'on soit autorisé pour ^P cela (l'admettre qu'ils sont un composé de l'une ou ' ^ «le l'autre de ces deux substances. fiÎMw'd^ccrîSÎTdfrbomZ"
Les corpuscules amylacés se trouvent dans les rentres nerveux de cadavres en putréfaction ; leur nombre augmente avec le degré de décomposition. On les observe également dans certains cas pathologiques, dans le cerveau, dans la moelle et surtout dans la charpente connective de cette dernière ; enfin, dans la prostate. Us acquièrent dans cet organe leur volume le plus considérable.
RtinQCES. — (!) Annal, de chim. et de phys., 3* série, tome H, p. 463. — (2) Lej»
«'^{iiTieDces de Goblky sont rapportées dans la même Revue, vol. Il, p. 409» et vul. XII,
I' 4- — (5) Voyez Annales, vol. Clll, p. 131. — (4) Voyez Liëbreich, Virchow's Archiv,
«ol. XXXIl, p. 287, et le traité d analyse chimique de Hoppe, p. 213. — (5) Centralblatt
l^i^^, p. 1 et 97, et Uoppe, Expériences de chimie médicale, Ttihingen, 1867, 2* cahier,
^215. — (6) Yirchow*s Archiv, vol. VI, p. 562. Be?ieke, Studien til)er die Verbreitung,
■W Vorkommen und die Function von Gallcnbestandthcilen in dcn thierischen und pflanz-
>>k>n Organismen, Études sur la présence et la fonction des éléments de la bile dans
^^ organismes végétaux et animaux. Giessen, 1862. — (7) L*acidc oléique, combiné à
l^arnioniaque, présente de Tanalogic avec la myéline. — (8) Au sujet de la substance
•intloide, voyez les Traités d*anatomie pathologique. Ce corps a été analysé par G. Schhidt
Anœile», vol. CX, p. 250), et par Friedrbicii et Keeulé (Virchow*s Archiv, vol. XVI,
1> ôO|. Ces auteurs lui ont trouve une constitution analogue à celle des albuminates. —
■y Voyez Virchow : Wûrzbui-ger Verhandlungen, vol. 11, p. 51, ainsi que Virchow's Archiv,
^"l VI et Vin. — UosDERs, Nederl. Lincet, 1854, oct., nov., p. 274, et Stillikg, Neue
36 TRAITÉ D'HISTOLOGIE ET n'HISTOCBUIE.
Untersucbuugen UberdcDBaudesKûckemnarks, SouvelUi recherckei sur la stmcture
de la moelle. Francfort, 1856, page 45.
- AcMe« •rgaalipica 4époar*aa d*«i
On trouve dans le corps humain deux acides qui appartiennent àMa série homogène des acides dont la formule est C,Hj,0,. Ces acides sont l'aride lactique et l'acide [laralactique.
AODE LICTIUUK, t)U.Cfll,0[.
Cet acidc.se produit facilement lors de la fermentation de l'amidon ou de liquides sucres ; l'inosite peut également lui donner naissance. On le
# rencontre dans le suc gastrique, dans l'inteslin (oïi il
résulte de la décomposition de produits Indrorarixtnés), dans le cerveau et dans beaucoup de liquidi'^ J^it glandulaires. Il forme des sels en se mélangeant au\
^^Hr Nous citerons entre autres le lactate neutre de
^ff^ cftûMJ-, CaO.C.UA-t-MIO (lig. 8). Il rrislallise vn
• faisceau! de Irés-lincs aiguilles.
Cet acide forme également un autre sel, fort important au point (le vue du iliagno.stic de l'acide luimême : je veux parler du lactate de linr, ZN0.C,lljOj + 3110. Il cristallise en prismes oliliquemenl laillt'.- ii quatre pans, qui affectent pendant leur développeinenl '^'oi'iiû..^''r"!.'tîilr"'" "'"' forme caractt'Tislique en massue.
l/acide lactique est îautùt le résultat d'une fermentation, tanldt le produit de la décompo.sition de substances liisloKétu'-tiques, ■
AanK rtmitcrrQi t: , 110.0^11,0,.
Cet acide se rapproche beaucoup de l'acide lactique ordinaire, mai^ en diffère par la constitution des sels, qui n'ont point la même solubilité ni le même équivalent d'eau.
l,e paialactiile de chaux, Ca'I.C,UjO, -î- 4110, crislullise comme le l;ntate correspondant ; mais le sel est moins solutile.
Le iiaralaclate de une, ZnU.CILO, + 2110, présente également Lt même forme cristalline que le lactate ; mais il en dilTère )»ar sa plus grainK* solubilité dans l'eau el dans l'alcoul.
L'acide paralaclii|uc s'observe dans les muscles, el donne au liquide qui les baigne après la mort une réaction acide. Il se trouveiait égaleniciil dans la bile. (Slreeker.)
D'autres acides, composés d'après la formule C;,H.,0,, sont également représentés dans le corps humain par l'acide oxalique et Tacide succinique.
C 0 ) Aqde oiauque, 2H0.C40g ou ou}^v
Cet acide est très-répandu dans le règne végétal ; il résulte de Toxyda- (ioD de la plupart des substances végétales et animales. L'acide oxalique, combiné à 2 équivalents de chaux, tovmeVoxalate neutre de chaux; c'est. à peu près la seule combinaison saline de Facide oxalique qui se trouve dans l'organisme. (Dans certaines circonstances, l'acide oxalique se présente en combinaison avec les alcalis.)
OXALATE DE CHAUX, ^C^O.Cfi^-^-AhO OU * ^jO^+lHO.
Cette combinaison est insoluble dans l'eau et dans l'acide acétique, soluble dans l'acide chlorhydriquc et l'acide azotique. Chauffée au blanc, elle se décompose en carbonate de chaux et cristallise en octaèdres rectangulaires, mousses ou quelquefois très-aigus, qui apparais- ^ *^nt au microscope, et à un faible grossissement, sous la ^L ■ forme d'enveloppes de lettres (fig. 9). ^^^
L'oxalate de chaux n'existe jamais en quantité considé- ^Vf% rable dans l'organisme. 11 peut s'en trouver dos traces dans ElS
l'unue normale. C'est après l'ingestion d'aliments végétaux ^ ou de boissons riches en acide carbonique, qu'on a le plus y
fréquemment observé cet acide. On l'observe également Fig. 9. — cn?lorsque les fonctions respiratoires sont altérées, et il peut Jjy'chani"'''^* donner lieu à la formation de calculs muraux. On le renronlre également dans la vésicule biliaire et dans le mucus utérin. Schmidt.)
Les sources d'origine de l'acide oxalique sont donc fort nombreuses : d'une part, la nourriture végétale; d'autre part, la décomposition des ^lihstances animales. L'acide oxalique se forme pendant l'oxydation de lacide urique. (Wœhler et Liebig.) Ce fait est importante noter, car après avoir injecté des urates dans le sang, on voit la quantité de l'urée et de 'acide oxalique augmenter dans l'urine. [Wœhler et Frerichs (1).]
CAO) Acide scgci!«iq(JE, Wd,Q^fi^ ou ' * jj j O4,
Cet acide se forme pendant Koxydation des acides gras et la fermentation de différentes bases organiques. Il cristallise en prismes incolores.
38 TRAITÉ D*mST0L061E ET D^HISTOCHIMIE.
inonokHnoinétriques ((ig. 10), et se dissout dans l'eau et dans Talcool.
On considérait autrefois cet acide comme
i) ^^Q f^ "" produit pathologique. On Tavait, en effet,
W \^j^ U observé dans les épanchements abdominaux
^ "^^ et les hydropisies. Gorup-Besancz (2) Ta
trouvé dans une série de sucs glandulaires, dans la rate, le thymus et le corps thyroïde.
Remarques. — (1) Voyez Annales, vol. LXV, p. 535. Fig. 10. - CriîOaux d'acide »uccinique. — (2) Annales, vol. XCVïll, p. \ .
F* — Alcaloïdes ov hmmtm oripaalq
On désigne sous le nom d'alcaloïdes des bases cristallines organiques, (le constitution et de nature chimique fort variables. Ils ont une composition au moins ternaire, car ils renferment C, H et N. Au groupe des bases non oxvgénées vient s'opposer un second groupe, celui des bases oxygénéi^s, dans lesquelles Toxygène entre encore en combinaison. Enfin, il existe des l)ases organiques qui, outre C, H, N et 0, renferment encore du soufre.
Ces bases organiques se combinent avec les acides à la manière de Tammoniaque, bien que leurs autres caractères soient fort différents. Enfin, il en est un certain nombre qui se combinent non-seulement anx acides, mais encore aux bases.
On a créé toute une série de bases organiques artificielles. Les bases organiques naturelles appartiennent presque toutes au règne végétal. On les désigne sous le nom de bases végétales, ou alcaloideSy dans le sens le plus étroit du mot. On n'en trouve qu'un nombre relativement peu considérable dans l'organisme animal ; on les connaît sous le nom de baset animales. Elles ont généralement les caractères des produits de décomposition des parties azotées de l'organisme : le développement intime de ces bases nous échappe. On a pu déterminer une série de bases animales, comme la Icucine, la créatinine, Purée, par exemple.
Les hases oxygénées, mais dépourvues de soufre, dont la constitution nous est encore presque complètement inconnue, ont des représentants très-nombreux dans l'organisme animal. Telles sont, chez Tliomme, la glycine, la leucine, la tyrosine, Turée, rhypoxanthine, la guauine, la xanthine, la créatine, la créatinine.
Crkatoe, CjH^NjO^ i 2H0.
Ce corps, déjà connu autrefois, mais étudié d'une manière plus complète par Liebig (1), est neutre; il se dissout difficilement dans reaii
- Crisliui ie crJMine.
PRINOPES IMMÉDIATS. 39
Troide, plus fadlemenl dans l'eau chaude, il est insoluble dans l'alcool anhydre el dans l'éthcr. Il cristallise en prismes rhomboïdes transparents (G°. 11). A la température de 100* cent., il perd son eau de cristallisation; à une température plus élevée, il fond et se décompose. Mélangée aux acides, la créatine forme des sels acides.
Certaines décompositions et transformations if la créatine sont importantes à noter. Dissoute ilans les acides et chauffée, elle se transforme, en perdant 3 équivalents d'eau, on un corps assez loisin, la créaUnine C,II,NiO,. Chauffée avec de l'eau de baryte, la créatinine absorbe 2 équiva- , lents d'eau et se transforme en uréo C,II,N,0,, li en une autre base qu'on n'a pu trouver encore à l'état naturel, la sarfosine CH^NO..
La créatine s'observe en petite quantité dans le liquide qui baigne les muwles de l'homme et des vertébrés; dans les liquides du cerveau (chez le l'hien) ; il y serait mêlé à de l'urée, dans le testicule Staedelcr (2) (?). Vffdeil et Marcet (5) prétendent avoir trouvé la créatine dans le sang. Elle ne serait pas un produit immédiat de l'urine d'après Heintz (4), mais proviendrait de la créatiuine.
La créatine peut être considérée comme un produit de décomposition ies muscles et de la substance cérébrale ; elle est éliminée par l'urine. Peutèlre la créatine se décomposerait-elle en grande partie dans l'organisme, <l^ manière à former l'urée? L'expérience que nous citions tout à l'heurcj i'pnipos de l'eau de baryte, semblerait appuyer cette hypothèse.
Créatwwe, C,II,SjO,.
Ce corps, très-voisin de la créatine, cristalline en colonnes incolores, rhomboïdes, obliques, appartenant au >yâlèine monoklinique (fig. 12.) Contrairement à la créatine, la créatinine a une réaction alcaline; elle est facilement soluhle dans l'eau. Combinée aux acides, l'Ile forme des sels généralement solubles.
On obtient la créatinine en traitant la rêatine par les acides. D'autre part des blutions aqueuses de créatinine se trans- Canuent à leur tour en créatine,
U créatinine se développe sans doute ani dépens de la créatine dans le sein de lui^nisme ; elle eutre dans la composition du suc musculaire ; on la trouve également dans l'urine. Elle peut exister en quantité assez considérable dans
fig. lî. - Cl
40 TRAITÉ D'HTSTOLOGÏE ET D'fflSTOCHIMlE.
ce liquide, et s'y transforme en créatine. Yerdeil et Marcet prétendent avoir trouvé la créatinine dans le sang.
Glïcink, CA^O^ ou ^*"'u'|q -
La glycine ou glycocoUe, sucre de colle, ne se présente pas dans l'organisme à rétat de liberté. Elle est le résultat de la décomposition de deux acides organiques : Tacide hippurique de Turine et Tacide glycocholique. On la rencontre quelquefois associée à une base naturelle, la t,//rosine. Enfin, la glycine se produit artificiellement dans la décomposition de la glutine et de la chondrine.
La glycine cristallise en colonnes incolores, rhomboïdes, appartenant
au système monoklinométrique (fig. 15). Ces n # f /^ cristaux ne perdent point d'eau à la température
de 100** cent.; à 178* cent., ils fondent et se décomposent. La glycine a une saveur sucrée; sa ^\ *-* ^ i^'^^ réaction n'est pas alcaline ; elle est soluble dans \\ 1 I CA Teau, presque insoluble dans l'alcool et l'éther.
\ \ \ 1 V3 n Combinée aux acides, elle forme des sels à
V3 ^â \ I I réaction acide ; elle peut également se combiner
aux bases.
On peut considérer la glycine comme de Tacide amidoïque, c'est-à-dire comme un acide acétique '"'^ .*?•„" ^»î*7*** ^«^'»^« dans le radical duquel 1 équivalent d'H est rem-
placé par AmidNH, = HO.C,H,(NII,)0,.
Il doit se produire dans Torganisme un corps assez analogue à la glycine, et qui doit provenir de la décomposition des substances collagènes. Ce corps, combiné à Tacide cholique, formerait l'acide glycocholique, et, combiné à l'acide benzoïque, il produirait Tacide hippurique. Quand ces deux acides se décomposent, ce corps absorbe de l'eau et est mis en liberté sous forme de glycine. Il peut également former la tyrofiine en se combinant à la saligénine. La glycine est éliminée par l'urine, par l'intermédiaire de l'acide hippurique; une autre partie, combinée à l'acide glycocholique, passe dans le sang [Bidder et Schmidt (5)], où elle subit des transformations encore inconnues (6).
Rbm AHQ0E8. - ( 1 ) Annales, vol. LXll, p. 257 .—v(2) Journal d'Erdmann, vol. LXXII, p. 256 — (3) Journal do pharmacie cl de chimie, 5' série, tome XX, p. 91. — (4) .\nnales de PoggendorfT, vol LXX, p. 47(i. — (5) Voyez l'ouvrage intitulé : die Verdaungssâfle und der Stoflfwechsel, les Sucs digestifs et ta nutrition. — (6) Sirecker a trouvé dans la bile du cochon une nouvelle base à laquelle il a donné le nom de choléine : C,o H,, NO,. Elle est peu abondante. (Annales, vol. CXXIII, p. 553.)
§ 26. - LFXC15E, C„H„NO, ou ^""'"J' j^^. La leucine se produit lors de la décomposition artificielle des substan-
ces protéiques, coUagènes et élastiques, parles acides ou les alcalis. Les substances albuminoïdes putréfiées lui donnent également naissance, ainsi qu'à la tyrosine dont nous parlerons plus loin. (Proust.)
Les expériences de Frerichs et de Stœdeler (1) ont donné une grande importance à cette substance, en démontrant qu'elle est le produit d'une décomposition physiologique très-étendue de l'organisme. Cloëtta (2) et Virchow (5), puis Gorup-Besanez (4), sont venus confirmer ces mêmes taits.
La leucine cristallise tantôt en lamelles klinorbombiques, très-fines quand elle est pure, tantôt en géodes arrondies (fig. 14), caractéristiques. Les masses de lencine cristallisée se présentent sous la forme de petites sphères a, de demi-sphères bb, de petites boules agglomérées ccd; trèssouvent plusieurs segments de sphères viennent couvrir la surface d'une boule plus considérable def. Tantôt les masses de leucine sont formées par des couches concentriques gggÇj tantôt elles sont homogènes et res- .«emblent alors quelque peu à des cellules adipeuses. La surface des petites sphères de leucine est souvent rude et inégale.
La leucine n'agit pas sur les matières colorantes végétales; elle se dissoul facilement dans Teau, Tacidè chlorhydrique et les alcalis; difficilement dans Talcool froid. Elle est insoluble dans Téther. On peut la volatiliser quand on la chauffe avec précaution. Chauffée rapidement, elle fond et se décompose. L*azotatc d'argent seul la précipite dans ses solutions.
Il faut distinguer la leucine, qui est le produit de la putréfaction de substances histogénétiques, de la leucine qui résulte d'une décomposition physiologique dans le sein de l'organisme. Cette dernière est souvent unie i la tyrosine, ^ s'observe dans beaucoup de liquides organiques et glandulaires, tantôt en abondance, tantôt en faible quantité. Sans certains états pathologiques on la voit apparaître dans des organes qui en contenaient à peine des traces à l'état sain : nous citerons, par exemple, le foie.
On trouve également la leucine dans la rate, le pancréas, le suc pancréatique, les glandes salivaires, la salive, les ganglions lymphatiques, le thymus, le corps thyroïde, le poumon. On en a observé des traces dans le foie normal. Elle semble manquer dans la substance cérébrale et dans
Fig. 14. — Masses crisUUinM sphëriques de leucine.
petite sphère; bb^ demi^sphères ; ee^ petites sphères agglomérées; d, sphère plus grande recourerte par deux demi-sphèfps ; ef^ grosses sphères tapissées di> segments de sphères; gggg, sphères do leucine à couches concentriques et à surface unie ou bosselée.
les muscles. On la rencontre cependant assez souvent dans le cœur, comme
produit pathologique. Elle est souvent fort abondante dans le rein.
{Stœdeler.)
Tous ces faits ont leur importance physiologique, car ils nous permettent de suivre des substitutions histogénétiques dans les différents organes. C'est ainsi que la Icucine est un produit de désassîmilation glandulaire el non musculaire. Il est probable que la leucine se produit au sein de l'organisme aux dépens des substances protéiques, collagèttes, élastiques, et sous l'inOuence d'un des ferments si nombreux de l'économie.
I.a leucine est éliminée en partie par les sucs glandulaires ; elle apparaît alors dans l'intestin -. une autre partie serait sans doute transformée dans l'organisme. 11 est un fait fort singulier, c'est la présence simultanée de la leucine et de l'ammoniaque dans les ganglions lymphatiques et les glandes vasculaires. Aussi Frcrichs et Stffideler ont-ils admis que la leucine pouvait se transformer en ammoniaque el en acides gras volatils. Du reste, la leucine, qui parvient dans la partie inférieure du tube digestif, subit une décomposition tout à fait identique.
REMiiigtiEE. — (1) Coromuniratioiu de la Sociélé d'histoire naturelle Ae ZUrich, ml. Ili, p. U.t. H vol. IV, p. 80. — [H] Vierlcljahrsschritt d«r nalurf . Gca. in Zïiricb, vol. I, p. 2U5. - (3) Deutsche Klinik, 1855, p. 35. et Virchow's .\rehiv. vol. VUI, p. 355. — (4) Annales, vol. XCVIII. p. 1.
§ 27. — TmoswE. C„1I„K0,.
Ce corps est une base faible qui se produit comme la précédente, mais en plus petite quantité, sous l'influence de la décomposition artificielle des substances protéiques (mais non coUagènes et élastiques) el de leur putréfaction. 11 accompagne la leucine dans ses Iransformabons chimiques, et Frerichs et Stfedeler (1) ont prouvé qu'il partageait également les rôles physiologiques de la leucine, et qu'il existait dans l'organisme normal aussi bien que dans l'organisme malade. La tyrosine est cependant moins répandue que la leucine.
La tyrosine cristallise en aiguilles blanches, brillantes a (fig. 15), qui forment souvent des dessins très-gracieux bb. Elle se dissout très-difficilement dans l'eau ; elle est insoluble dans l'éthor et dans l'alcool quand elle est pure. Chauffée, elle fond et se décompose. Elle s'unit en proportions fixes aui acides el
PRINaPES DfMËDlATS.
aux bases. Chauffée avec de l'acide sulfurique concentré, elle forme plusieurs acides, et notamment Tacide tyroHnostilfurique HO.SOs-hCjgHioNOs.SO', qui se colore en beau violet, ainsi que ses sels, par le perchlorure de fer (réaction de Piria) (2) . t
Cette réaction rappelle celle des composes de la salicylo, substance n laquelle la tyrosine se rattache d'une manière évidente, bien que sa constitution chimique ne soit pas encore bien connue.
A Tétat physiologique la tyrosine est aussi répandue que les bases que nous venons d'étudier. Elle manque dans le foie normal, ainsi que la leucine, parce qu'elle est sans doute immédiatement décomposée. On la Toit cependant apparaître dans cet organe sous l'influence de différents états pathologiques. La tyrosine manque également dans beaucoup de points où existe la leucine.
On a trouvé la tyrosine en abondance dans la rate, ainsi que dans le pancréas.
La valeur physiologique de la tyrosine se rapproche beaucoup de celle de la leucine. La tyrosine, avons-nous dit, se décompose probablement dans le foie ; si nous considérons la glycine comme une substance congénère, nous pouvons admettre que la tyrosine est employée à la production de l'acide glycocholique. (Frerichs et Stœdeler.)
Reiabqdes. — Voyez sur cette base les travaux de Frerichs et de Stjedler, /. c. (V, Lec- Q^e). — (2) Voici le n^eillcur procédé pour obtenir cette réaction : on arrose quelques jrains de tyrosine, du volume d'une tête d'épingle, avec quelques gouttes d'acide sulfurique ojnfentrc ; puis on chauffe doucement à la lampe ; la tyrosine se dissout bientôt, en preaant une teinte rouge passagère. On ajoute ensuite de l'eau, et on neutralise la solution iTif du carbonate de baryte ou avec de la chaux. On chauffe ensuite jusqu'à ébuUition, et l'on filtre : le liquide filtré présente bientôt la réaction indiquée, surtout quand on a eu <oin de le concentrer par l'évaporation. — (5) Saligéninc C|4H8 04-hGlycineC4 Hj NO4 — 2B0= Tyrosine Ci» Hj, NOg.
§28. — lÎRÉE, CjHAO, ou
CA
Hj
Ce corps manque complètement dans le règne végétal et abonde , au contraire, chez rhomme, dont il concourt en partie à former Turine. Il est neutre ainsi que la créatine, la glycine et la leucine. 11 cristallise en longues colonnes à quatre pans, terminées à leurs extrémité par une ou deux faces obli* ques (Gg. 16). Il est très-soluble dans leau et dans Talcool; insoluble, au contraire, dans Téther.
L'urée forme avec les acides oxygénés des combinaisons salines qui
Fig. iS. — Cristallisation de Turéc.
a, colonnes à quatre pans; &, cri&taux indéterminé*», obtenus dan» une ««olution alcooliqup.
contiennent toujours un équiva-
TRAITÉ D^fflSTOLOGŒ ET D'HISTOCHIMIE.
lent d'eau; il s'unit, par exemple, à Tacide azotique et à Facide oxalique.
Ces deux combinaisons sont importantes, car leur forme cristalline caractéristique sert à reconnaître l'urée.
Vazotate d'urée C,n4N,0,.H0.N05 (fig. 17, aa) cristallise en écailles nacrées ou en lamelles d'un blanc éclatant, qui se présentent sous le microscope sous forme de tablettes rhomboïdales ou hexagonales.
Voxalate d'urée 2(C,H^N,0,.H0).C40e -4-'4HO (fig. i 7, bb) se présente à
fig. 17. — CrislauT dos combinaison!» de Tar^e atec l'aride aiotiqiie et l'acide oxalique.
aa, aiotate d'urée; bb, oxalatc d'urne.
l'œil nu sous Taspect de lamelles minces allongées, ou de prismes, qui apparaissent généralement au microscope sous la forme de lames hexagonales ou de prismes à quatre pans. Ces deux sels appartiennent au système monoklinique.
L'urée s^unit de même aux oxydes métalliques et aux sels, comme le chlorure de sodium, par exemple.
L'urée se transforme, en absorbant de Tcau, en acide carbonique et on ammoniaque.
Les substances protéiques, salines, etc., produisent également cette décomposition, et c'est là la cause de Talcalinité de Turine qui a été éliminée depuis un certain temps.
Certains alcaloïdes, tels que la créatine, Tallantoîne, traités par les alcalis, donnent naissance à l'urée ; Tacide urique se transforme également en urée quand il est soumis à laction d*acides oxygénants et de potasse concentrée.
On peut également préparer Turée à Taide de procédés artificiels.
Bien des opinions ont été émises sur la composition de l'urée; nous abandonnons cette discussion aux traités de chimie. On peut, du reste, considérer Turéc comme une combinaison amidique de Tacide carbonique, d*après notre formule.
L'urée est le composé le plus important de l'urine humaine. Il s*v
trouve dans la proportion de 2 1/2 à 3 pour 100, et Turine en élimine jouniellement une quantité assez considérable. On en trouve également en petite quantité dans le sang (Strabl et Lieberkùhn (1), Lchmann (2)^ Verdeil et Dollfuss) (3); dans le chyle et dans la lymphe des mammifères (Wurtz) (4). MiUon (5; prétend avoir trouve l'urée dans les liquides de l'œil; Stxdeler (6) Ta observé dans le cerveau du chien; Favre, Picard (7) et Funke (8) l'ont rencontré dans la sueur normale. Dans certains états pathologiques, il abonde dans l'organisme.
L'urée, de même que tous les corps voisins, est un produit de décomposition, et ne peut être utilisé pour la formation des tissus. Elle se développe aux dépens des substances protéiques de l'organisme et des substances albuminoïdes que la nutrition a amenées par excès dans le sang. Les efforts musculaires, une nourriture animale très-riche, augmentent ainsi la quantité de l'urée. Certains alcaloïdes, la théine, la glycine, 1 alloiantinc et la guaninc ont également la propriété d'augmenter les l'roportions d'urée quand ils pénètrent dans l'organisme. Enfin, quand on injecte de l'acide urique dans le sang, la proportion d urée augmente dans lurine. [Wœhler et Frerichs (9) *.]
En somme, la formation de Turce dans Torganisme nous est peu connue. Nous savons bien, il est vrai, que l'urée est un produit de décomposition des substances protéiques; mais les transformations chimiques qui président à ces phénomènes nous échappent. Il est cependant deux faits importants à noter : la créatine, comme nous Tavons déjà vu, est un produit de désassimilation des substances protéiques, et se décompose en sarcosine et en urée sous l'influence des alcalis. Laguanine, soumise à différents moyens d'oxydation, se transforme en différentes subi»tances cl en urée. (Strecker.) (iitons encore l'acide urique, qui est une des sources les plus ordinaires de l'urée dans l'organisme.
Remarques. -- (1) Preussische Vereinszeilunu^ 1847, n'47. — (2) Lehmann*s physiol. Cheinie,Tol. I, p. 165.— (3)Annales, vol. LXXiV, p. 214-4.— (4) Comptes rendus, lomeXLIX, p. 52. — i5) Comptes rendus, tome XXVI, p. 121. — (6) Èrdmann's Jom-nul, vol. LXXII, p. 251. — (7) De la présence de l'urée dans le sang, etc. Thèse, Strasbourg, 1856. — i^) Funke*s Physiologie, 2 Auflage, vol. 1, p. 476. — (9) Annales, vol. LXV, p. 337.
Nous réunissons dans ce même chapitre trois bases qui peuvent être considérées comme les membres d'une série de décompositions de substances histogénétiques. Ces trois bases, en subissant des transformations physiologiques ultérieures, peuvent former de l'acide urique.
Ces bases sont insolubles ou difiicilemcnt solubles dans l'eau; facilement solubles dans les alcalis et dans les acides, avec lesquels elles for-
* Gallois a répi'té les expériences de Frerichs et Wœhler et nVst pas arrivé aux mémos r<:vjlub. Après l'ingestion d'urales de .«onde les urines sont plus concentrées, contieimcnt par le ^iiil plus d'urée, mais la quantité de cette substance rendue dans les vingt-quatre houi-es, est o«nm considérable que d'habitude. R.
46 TRAITÉ IVUISÎOLOGIK ET U'HISTOCHIMIE.
ment des combinaisons cristallines en prlie décon)[)osab]es |>ar l'eau. Traitées par l'acide azuti^ue, |mis évaporées, elles apparaissent sous fomie de substances jaunâtres, ijui se colbrenl I en rouge par l'addition de la potasse à ' froid, et en rouge pourpre très-vif ù la chaleur.
ClAWNE, C,.ll,>,0,.
^1^:1 La guanine, découverte par l'ngcr
^ (J^T^ ^^"^ '* guano, forme, avec l'acide aïo-
^'^y^V ^'l"^' "" *''' cristallisé en aiguilles obli-
/'7 7 ^^ quenient taillées à leur cxlréniili', ou
<^/____^^ en lames pai-allélipi|H>des (syslcuH* kli-
norhombique) {lig. 18). Slreckcr e^l
parvenu, il y a ^uelques années, »
transformer la taianine en xanlhluc. L:i
guanine n'entre pas dans la couipeKi-
(I), mais on la trouve dans le pancréas ('i).
(Sareine), C.A^i"»
L'Iiypoxanthinc, découverte par Scliercr, est identique à la san-ini', décrite par Strecker. Sa formule indique que cette base est très-voisine (le la guanine et de la \aniv *•**'• '^^PTOS^ .^î^y^^-, "''°''- Les sels qu'elle forrai" " iwT-''* «'' i^lT'' Vf^^S^^^S-- "'^"^ l'acide azotique cl avec ~ l'acide cblorhydrique sont ca-
ractéristiques (fig. 19).
Quand l'azotate de sarcinc
cristallise rapidement, ce set
forme des lamelles rhomboï-
dales; quand il se dépose au
contraire lentement, il forme
des prismes aplatis, à extré-
^A-^^^^y^'^^^K ^MW^fewjî \ / niitésobliquementtaillées,ou
/ /uio^r' T' «%!^/ '"''" ^^ cristaux rliomboî-
/ / B8 ^i\. // /y ilaux, A une douce évapora-
/ M JB >^Saijy^ lion, il se forme, outre de
I / ^B !-^z^3SÊÊ^^^^^ l>elits cristaux en forme di-
^^ H| ^^^^^^^^^'' concombres, d'autres masses
plus considérables, foncées,
''ui^u™(«'rd!torbjT^7p4*Mrêî»l™iîiéi^^^^^^ striées en travers, tout à fait
analogues ù du cristal de
roche. Le chlorhydrate de sareine forme tanlât des prismes à quatre pans.
CRINCIPES IMMÉDIATS. 47
recourbés, à faces contournées; tantôt dca prismes plus grossiers, l'onccs, groupés irrégulièrement par paires. (Lehmann.)
On trouve l'Iiypoxanthine dans le sang des leucémiques (Schercr), daus le itang du bœuf et du cheval, dans les muscles, dans le cœur, dans le foie, la rate, le thymus, le corps thyroïde (Scherer, Strccker, Gorup- BcHinez), les reins et l'urine.
Xambike, C,(,H,S,0,.
La xanthinc diffère de la sarcine parce /mÊh ^^9
<|u"elle renferme 2 équivalents d'oxjgène ^^w ^ ^Sff
vu plus, et de l'acide uriquc parce quelle fS&i.
reiifemie 2 équivalents du même gaz en ^^ ^ SfeL^' moins. Elle forme, avec l'acide azotique, ^S^ '^
un sel qui cristallise en lames rhumboïdales l't en prismes. L'azolale de xanthinc appamit sous la forme de lames hexagonales brillantes (1!^. 20).
On n'avait trouvé autrefois la xanthine que dans des calculs vésicaux. Plus tard, "Hi CD constata la présence, peu abondante, il est vrai, dans bien des organes, dans lies glandes, dans les muscles, le cerveau, TuriDe.
N'euhike. C,oH,,nO,.
Cette base s'obtient en traitant la Iccitbine par l'eau de baryte. La neurine est identique à la choline (3), qui a été trouvée par Strccker dans ta bile de cochon.
Ruuagvt-t. — (t) Stiiihl cl LuedeukUh.'! (.Vcidv U|'i'|Uti ilaiis k san^. fie. Bpriin, 1X{K, p. tl3)micnl cru Irouvcr la t'uaiiincduns l'urine; l'crruur du ir Tait j èli: iirauvvc depuis. - ii) ScBUER, Annales, vol. CXII. ji. S5T ; Streuier, Annales, vol. LXXIII, {i. 5^. t'I lol. CXYUI, p. 151. — (3) Vom BjtEKR, Annalea. vol. CXL, |i. hW, ii'i et 32â, uiiisi (gué I>iBiair«i,ï, Jouriuil de chimie pratique, vol. C, f. Iâ3.
Nous n'indiquerons que quelques-unes des bases qui contiennent ii lu fuis du soufre et de l'oxygène.
CïsTi>K, CJIsNSA'
Ce corps contient plus de 26,6 pour 100 de soufre.
La cvstine crislaUise ctt lames ou en prismes incolores à six pans tiiii. 31)j elle est insoluble dans l'cau, dans l'alcool et dans le carbonate d'anmioniaque. Elle se dissout facilement dans les alcalis et dans les
TRAITE D^UISTOLOGIE ET D^HISTOGHIMIE.
acides minéraux ; elle peut être alors précipitée par les acides organique> et notamment par Tacide acétique. La cystine se combine aux acides et
aux alcalis. Sa composition et ses produits de décomposition sont encore inconnus : on ignore même sous quelle forme le soufre se trouve couihiné dans la cystine.
La cystine produit quelques formes assez rare>
/^(J y^^A de calculs vcsicaux; on la rencontre anormalement V/ tt vv î dans Turine. On a observe une fois la cystine dan>
le foie. [Scherer (1).) Cloëtta (2) a trouve la cystine dans les reins des bœufs, mais non d'une manière constante.
Les propriétés physiologiques de la cystine nous sont compléleniont inconnues.
Nous citerons encore ici deux autres corps qui ne s'unissent ni aux acides ni aux bases.
Fig. ti. — Cri!.Uui de cy»tiDC.*
Allamuïne, G,}lle\OQ.
Ce corps cristallise en prismes brillants, incolores, à forme rbonilH»êdrique (fig. 22). Il se dissout difticilemont dans Feau froide, facilement
dans I alcool; il est insoluble dans
^^ Tétber. L'allantoïne est neutre,
fl \ ^^, "»»^^-''^^ mais se combine aux oxydes môtal-
^J^^^ \ ^^' '*' liques. Sous Tinfluence de la levure,
C^'" A jr\ v.J^ v^7 ^"^ ^® décompose en sels aiiiuK»-
^1 V J^^ ^.^-O /Sur niacaux et en urée.
On peut obtenir artiriciellement ce corps à laide de Tacide uri<|ue que 1 on oxyde en le faisant bouillir avec du peroxyde de plomb et de TurtH?.
L'allantoïne entre dans la roniposition du liquide allantoïdien de Tembryon et dans celle de Furine des jeunes veaux. Suivant Frericbs et Sliedeler (T»), on trouverait cette suIh stance dans Turine des mammifères atteints de gcne de la respiration; on ne Ta pas encore observée chez Thomme.
L'allantoine, ainsi que les bases auxquelles la rattache sa parenté physiologique, doit être considérée comme un produit de décomposition d*élêments azotés du corps.
Fi((. ti. ~ Cristaux (Tallaiitoine.
Taiiiisk. C^lKNSjOy,
Ce corps contient également beaucoup de soufre, environ 25 pour lOU. Il a été découvert depuis longtemps dans la bile. 11 cristaHise sou> la
■oluliOD impuiE,
PRINCIPES IHV£illATS.
forme fondamentale d'un pnsiiie vrai rhoiiibo»)ue (les angles de latérales sont de 111°, 44 et 68*, 16). Ses prismes sont incolores, . oj six pans, terminés en pointe |lig. 33, a); dans les solutions impures, la taurine se dépose sous furme de masses irrégulières b.
La taurine n'a aucune action $ur les couleurs végétales; elle est Irès-soluble dans l'eau, insoluble lUoti l'alcool et dans l'éther. Cette substance est remarquable par sa liiilé. Elle ne se décompose pas quand on la fait cliaufTcr avec les acides minéraux dans lesquels elle se dissout. L'acide taurique et les >eU niétaUiques ne précipitent pas ' Il taurine dans ses solutions. Le soufre est combiné dans la taurine sous une forme toute particulière, et sa |)résence avait longtemps écliappé aui observateurs.
La taurine est produite par l'un des deux acides de la bile et contient tout le soufre que renferme ce liquide important. La taurine est également mise en liberté lors de la décomposition de l'acide laurockolique; test ainsi qu'on la rencontre dans la bile décomposée et dans les matières kDntcnuca dans la partie inférieure du tube digestif. (Frerichs.) Cloëtta a ImuTé la taurine dans les reins et dans les poumons. Verdeil (5) l'avait décrite autrefois sous le nom d'acide pncumique. Elle manque dans le sang.
Quanta son origine, elle nous est encore incopnue. La taurine a la nature d'un produit de décomposition : elle pourrait être considérée cummc le résultat d'une transformation de substances albumînoïdes auxquelles cite aurait emprunté le soufre qu'elle contient.
Buchner (G) a fait une observation d'un intérêt pbysiologîque très-important au point de vue des transformations ultérieures de la taurine. En (FTet, la taurine, qui pai-aît être une substance si lixe, se décompose en jiréscnce d'un ferment, qui est le mucus de la vésicule biliaire, et, en préiicnce des alcalis, en carbonate d'ammoniaque, en acide sulfureux et m acide acétique. Cet acide se combine aux alcalis et les acétates ainsi Iwinés donnent ultérieurement naissance à des carbonates ; l'acide sul- Tureui s'unit à la soude, s'oxyde, et les sulfites se transforment en wlfates ; aussi trouve-t-on du sulfate de soude, dans la bile en putréfaction. Comme, d'après les expériences de Bidder et de Scbniidt (7), une prtie de la bile déversée dans l'intestin est résorbée, on saisit, du moins, une des origines des sulfates qui abondonnent finalement le corps eu * éliminant paf l'urine.
RiMiXlCES.— (1) Virch ■^benden GetellKhaft ii
w'a Archiï, vol. X, p. 2^8. — (2) Viorleljahrsehrîfï der nalur- Zûrich, vol. 1 , p. 'JOj. — (3) Hiltheilungen der naturfortch.
50 TRAITÉ DliiSTOLOGIB ET D'HISTOGHIMIE.
Ges. in Zurich, vol. lii, p. 403. — (4) Rbdtenbaqier, Annales, vol. LVll, S. 170. — (5yMèinc journal, vol. LXXXl, p. 354. — (6) Vol. LXXVIU, p. 205. — La taurine subit une décomposition analogue, quand on la traite par l'hydrate de jwtiisse. — (7) Die Wrdaungssaeflc und dcr StofTwechscll, Les sucs digestifs et la nutrition. Milan und Uipzig, 1852, p. 215.
là. — Acides «■lnMiv]& «Botés.
Les cinniistes ont produit artificicllcnicnt une série d'acides azotés qui rappellent les alcaloïdes, mais on no retrouve qu'un nombre bien restreint de ces, substances à Tétat naturel daus le sein de Torganisme. Ces acides manquent complètement dans le règne végétal.
Us ne possèdent aucune propriété bistogénétique ; ils sont tous (d en cela ils ressemblent aux bases animales) des produits de décomposition de substances histogénétiques où d'éléments plastiques. Leur composition très-compliquée provoque des transformations chimiques fort intéressantes.— Abstraction faite de deux acides peu connus, qui existent dans les muscles et, dans la sueur, tous les autres entrent dans la composition de Turine ou de la bile.
ACIDK IXOSIQUK, H0.C,o1IqNjO,„.
Cet acide se présente sous Tapparencc d'un liquide sirupeux^ non cris> tallisable, dont la constitution n'est pas encore bien fixée. Il entre dans la composition du liquide qui baigne les masses musculaires et semble être un produit de décomposition de la fibre musculaire.
.VCIDK HYDBOTDIIQUK, llO.C|ollyNO|s. (?)
Cet acide a également une consistance sirupeuse. Favre (1) Ta trouvé dans la i>ueur humaine.
Acide urique, SHO.CioYIaN/^A.
Cet acide bibasique se présente à l'œil nu sous forme d'une masse blan* chc, pulvérulente, ou d'écaillés blanchâtres. Au microsœpe, on obsenre une série de cristaux très-variables. En décomposant lesurates (lig. 24, aaa) on obtient des lames rhomboïques ou hexagonales, analogues aux cristaux de cystine. Quand l'acide urique se dépose lentement^ il forme des lames allongées rectangulaires ou parallélipipèdes, ou des prismes trian-gulaires à angles droits et terminés par des faces planes; ils peuvent m* grouper en masses. On observe quelquefois des morceaux de colonnes cylindriques ou en forme de tonneau. (Schmidt, Lebmann.) Les cristaux d'acide urique déposés dans Turine (lig. 2i, b) sont imprégnés |)ar la matière colorante de ce liquide : aussi ces cristaux sont-ils colorés en
Fig. 2i. — Variété crislalliDCs de l'acide urique.
brun ou en jaune, ils ont généralement la forme d'une lentille biconvexe vue de profil ; quelquefois on observe des lames rhomboîdales à angles mousses et arrondis, ou bien des masses tout à fait bizarres, connues sous le nom de Dumbbell's c. On rencontre quelquefois ces masses dans Turine, mais on peut également les obtenir en décomposant Turate de potasse. (Funke.)
La réaction de Tacide urique est peu acide ; il est à peine soluble dans Teau froide (dans environ 44000 parties d'eau) et difficilement dans Veau bouillante (1800 parties). Combiné aux bases, cet acide forme des sels rarement neutres et presque toujours acides. Les premiers renferment 2 équivalents de base ; Tacidc carbonique les transforme en sels acides. Ils sont du reste plus solubles que les sels acides *^' ^?****'^ *''''«'>'^ p«' *■ «^écom-
» j . . 1 . 1 , position durâtes; *, cristaux d'a-
qui ne renferment que 1 équivalent de base. cide urique formé» dans rurine de Parmi les sels acides, nous en citerons deux qui \^l^]!, Dumb^r* """"""^ *""' sont difficilement solubles dans l'eau froide :
Vraie acide de soude, NaO.HO.CjJIjN^O^. —11 forme des prismes hexagonaux très-courts ou des lames hexagonales très-épaisses. Au microscope il apparaît généralement sous forme de masses cristallines sphériques (fig. 25, a) . Quelquefois on observe de petits globes sphériques munis de prolongements bb.
Urate acide d^ammoniaqae, NH^.HO.Cj,,H,N^O^. — Il cristallise en aiguilles très-fines, réunies généralement en masses globuleuses; mais lès cristaux isolés sont plus petits que ceux de Tacide précédent (fig. 26).
Ces deux sels ont avec Tacidc urique une propriété commune ; mélangés à de l'acide azotique, puis éva-
pores à une douce température, ils laissent un résidu Fig. 25. — Uratc acide de d'une couleur rougeàtre. Ce résidu, traité par l'ammoniaque, prend une teinte d'un beau rose qui devient violette quand on ajoute de la potasse caustique. Ce changement de coloration constitue le meilleur réactif de l'acide urrque.
Malgré tous les produits de décomposition fournis par l'acide urique, la constitution de cet acide nous est encore inconnue. Par contre, il est fort intéressant et fort important d'étudier le développement physiolo^qùe de Tacide urique, de rallantoînc et de Tacide oxalique.
L acide urique est un des composes constants de Turino humaine. Il H; présente en moins grande abondance que l'urée; on en trouve environ
soude.
fl, aiguilles, généralement en groupes ; bb, masse»
sphériques.
Fig. 26. — L'raift te d i d'amniouiaiiuc.
bH TH.\1TÉ D'HISTOLOGIE ET U-HblOCHIMIE.
1 gramme pour 1000 ; il y est combiné avec la soude. On observe cgalemenl l'acide uriquc dans l'urine des mammifères (2) carnassiers, mais en moins grande abondance que chez l'homme. Les aliments font peu varier la quantité de l'acide uriqiie; certains états pathologiques exercent, au contraire, une inQuence considérable sur l'élimination de cet acide. L'acide uriquc existe dans le sang (Strahl et Lieberkûlm (3), Garrod) (4). On le trouve également dans les liquides qui baignent les organes; dans le cerveau (Mùllcr) (ù); dans les reins et les poumons (Cloëtta) du bœuf; dans la rate de l'homme (Schcrer (6) et Gonipilesancz) (7).
L'acide urique est un produit de décomposition des tissus azotés, et il est aussi répandu dans le règne animal que ces tissus eux-mêmes. I.e mode de développement de l'acide urique nous est aussi peu connu que la nature de cet acide lui-même. Nous avons vu quo cet acide, introduit dans l'organisme, avait la propriété d'augmenter les proportions d'urée (Wœhler et Krerichs) ; il faut donc regarder l'acide urique comme une source d'urée, el cette hjpothèse est du reste eu accord avec l'cxpcricncc chimique, car la décomposition de l'aaUc urique donne souvent lieu à de l'urée.
HutnouEs. — (I) Erilniann's Journal, vol. LVIII, p. 365. L'ciistcux de l'addc hjdroltnique n'psl pas encore coniplélemenl dénionlnic. — (2) Liebig a découvert il j » quelques années dans l'urine du chien un acide paHicuUer connu sous le notn d'acido kynurique (Annales, vol. LXXXVI, p. i15, et vol. CVHI, p. 355). — (5) Acide urique dans le sang, etc. Berlin, 1848. — (4) London Ved. Gaictie, vol. XXXI, p. 88 (Lehmann's Z«ochcniic, p. 1 75). - (5) Annales, vol. Clll, p. 151. — (6) Wuribunjer Vgrhandlungcu, vol. Il, p. 298. — (7) Annales, vol. XCVIIl, p. 1.
§ 32. — Aqdb RiPMmiQi.E, HO.C„ll,NO, ou IIO.Ci.ll.Oj+CjHjNO,.
Cet acide cristallise en prismes verticaux droits rhomboédriques; il se dépose dans des solutions chaudes sous forme de petites paillettes on de colonnes à quatre pans obliquement striées et terminées n leurs extrémités par deux facettes (lîg. 27, an). Par évaporation lente, on obtient des cristaux qui rappellent ceux du phosphate amraoniaco-magné^enb.
L'acide hippurique a une réaction acide bien plus marquée que l'acide urique. Il se dissout dans 400 parties d'eau froide. Il est solublc dans l'eau chaude et dans 'alcool, difTicilemetit solublc dans l'étber. Combiné aux bases terreuses et alcalines, il forme des sels solubles dans l'eau, décompositions multiples, notamment quand on le
Cet acide subit de
PRlHCtPES rUieDIATS. 5S
chauffe arec des acides et des alcalis. Il absorbe alnrs de l'oau et se transforme en acide beiuoïque et en glycine. (Dessaignes) (1).
Acide hippurique. Acide benioîque, Gljcine.
C„H.NO. + 2H0 = HO.C„U,0, + C,e,NO,.
Les ferments anlmaui ont la même action en présence des alcalis. (Buchner.) Il est donc permis de considérer l'acide hippurique comme un acide benzolquc (2) accouple à un corps qui contient 2 équivalents d'eau de moins que la glycine.
L'acide hippurique n'existe pas dans le règne végétal. On le trouve has le sang des mammifères herbivores, dans le sang de l'homme (Robinet Verdcil) (3),dansrurine,dc l'homme, en proportion & peu près ^le â l'urée, cnGn dans certaines. maladies. L'acide hippurique est surtout abondant dans l'urine des mammifères herbivores, par exemple, chez le cheval; de là aussi le nom qu'on lui a donné. On n'a pas encore observé cet acide dans les autres sucs organiques. On l'a rencontré dans la peau des malades atteints d'ichthyose.
Il est un fait fort important à noter, c'est que l'acide benzoiqûe, l'huile d'amande unère, l'huile essentielle de cannelle introduits dans l'estomac sont éliminés par lurine sous formn d'acide hippurique.
L'acide hippurique est le produit de la décomposition de substances azotées. Ce &t est prouvé par l'oxydation des sub- fj^ j stances proléiques à l'aide du permanguule de potasse, car il se produit alors une quantité considérable d'acide l>«nzoîque. La glycine proviendrait sans doute d'un des acides de la tile (♦).
Rnttacej. — (t) Annales, vol. LVlll, p. 393. ~ (3) L'acide bcninique IIU.C„H,(>, ou
û point de toutes pièces dans t'or^nismc ; c'
il produit de dé-
«xnpositMD artificiel. Il cririalliK, par Toiu humide, en écailles êtraites, ou en aifntift 1 nii facc« dont la fonno foiidamimtalo rappelle celle d'un prisiDe rbomboédrif^ (Gg. 38). — (3) Traite de chimie analomiquc. Paris, 185.'^, loim il, p. W. — il) KmE et DiLLWkCHS, Nachrichten der k. Ges. der Wiss. ni Gtellin^a, 1857, n* 8,
t îî. — AaoE cLicocHouoiE, HO.C„H„NO„ ou 1I0,C„H,,0„+C4H,N0,.
Cet adde, qui appartient h la bile, a une composition analogue à celle Ar l'acide hippurique; car décomposé il produit également de la glycine. Lacide qui s'accouple à ce corps est l'acide chotique. Étudions d'abord « dernier.
Vaeide etiolique fchofahque de Streckcr) HO.C„H„0, cristallise dans
lu TRAITE n'HISTULOGIIi: Kï D'HISTOCUIHIE.
l'éthcr, avec 2 équivalents d't^aii do crisUlli&alion, en lamcR rhombocdri- (|iios: dans l'caii il cristalliiic en tiitiaèdres, plus raierucnt on orlaèdres avix 5 cquivalunts dVau. Cet aiidi' se dêjf^ ,,-'^;::::3^,,f^j^^^ cimiiiuscà l'air; insolulilc dans l'eau, il s»; ^ Â^./x dissout facilenient dans l'alcool el dans l'étlier. Il se colore en violet pourpre sous l'inlluence comliince du sucre et de l'acide sult'uriquc. On ne connaît encore ni l'originr ni la constitution de l'acide iltoliquc. Hidc ehoiiiuf. L'acide g/i/cocAo/iquecrislallise en aiguilles trcs-lines qui ne semblent point s'allcrcr même à la température de JôO° cent. Cet acide est facilement solultlc dans l'eau, dans l'alcool, dans les alcalis; très-pou soluble au contraire dans réllier. 11 est également dissous sans décomposition à froid par plusieurs acides minéraux, tels que l'acide sulfurique et l'acide chlorliydrique, et même par l'acide acétique. Le sucre et l'acide sulfunquc y produisent la même réaction que dans l'acide cliolique. L'acide glycocliolique est uniliasiquc et forme des sels cristallins ou amorphes, tous sulubles dans l'alcool.
Chauffé aver une solution de potasse ou avec de l'eau de baryte, cet acide absorbe de l'eau et se décompose en acide cliolique et en glycine :
AriJp gljnichaliqnr. Aride choliquc, Glninr.
C„H„NO„ + 2H0 = HO.CJIj.0. + C.li,NO..
Cbauffc jusqu'à ébullition avec des acides minéraux étendus, il se dérompose en acide choloïdi(|Uc CulluO, et on glycine.
H est important de connaître une de ses combinaisons salines, le iilycorholale de soude NaO.Cs,lL,NO„ (fig. ôOU V" «•''• ti^solublc dans l'eau; ce sel est précipité |iar l'étlier, dans ses solutions alcooliques, el cristallise en masses blanches et brillantes, composées de groupes étoiles formés d'aï-
Fiî.30.-Cmu«dc«lpochol... ^■^^^^
L'acide glycocboUque est un des compostas les plus importants de la bile de l'homme et des mammifères. Oii If trouve combiné à la soude, même chez les herbivores.
Kaor. TAmocROLKHT, HO.C„(l^,NS,0„ ou HO.C„H,A+C,H,NS,0,.
Le second des acides de la bile est également formé par l'acide cliolique; mais il s'accouple, non plus à la glycine, mais à la taurine, substance iiidirrérente, non basique, et qui contient du soufre.
L'acide taurociiolique, qui se décompose tri's-facileinent, ne crislalliso
PRINCIPES IMMËDIATS. 55
point, et se distingue de l'acide précédent par sa grande solubilité et ses propriétés acides prononcées. Il dissout facilement les graisses, les acides gi'as et la cholestérine. L'acide sulfurique et le sucre y produisent la même* réaction que sur Tacidc glycocholique.
Les combinaisons de cet acide avec les alcalis sont solubles dans l'eau et dans Talcool, insolubles dans Téther ; elles cristallisent quand on les met en contact prolongé avec Téther ; elles brûlent avec une flamme brillante.
Les produits de décomposition sont analogues à ceux de Tacide précédent. Chauffé jusqu'à ébuUition avec des alcalis, Tacide taurocholique se décompose, après avoir absorbé de l'eau, en acide cholique et en taurine :
Acide unrodioUqae. Acide cholique. Taurine.
C„H«NS,Ou -H 2110 = H0.C4aH3,0, 4- C^H^NS^O,.
Chauffé avec les acides minéraux, cet acide se décompose en taurine et en acide choloïdique, comme Tacidc précédent.
En se combinant à la soude, l'acide taurocholique forme le deuxième composé fondamental de la bile de Thomme et des mammifères.
■• — CoaàhîmmÈmomm ém mjwmogémr.*
Nous étudierons dans ce court chapitre les combinaisons du eyanogèn
Sulfoqfonogène (Rliodan) C,NSt. — Ce radical ternaire, caractérisé par la belle couleur rouge que lui donnent Icssclsdeferau maximum, forme, avec
l'hydrogène, Tacide sulfocijmihydriqtie H.CsNS,, ou C, ti S'. Cet acide
se produit dans l'organisme et n'a pas les propriétés toxiques intenses de Tacidc cyanhydrique. Il se combine avec la potasse, en formant le
iulfoeyanure de potassium K-C^NS,, ou C'^j S,, seule combinaison du
cyanogène qui se trouve dans le corps humain. On la rencontre en trèspetite quantité, il est vrai, dans la salive. (Treviranus.)
L'origine et la destination physiologique de ce sel nous sont inconnues. Les décompositions physiologiques ne produisent pas de combinaisons. cyaniques; aussi la présence du sulfocyamire de potassium dans Técono mie présente-t-elle un intérêt tout particulier.