I. — ■■!!€• étkéréca et Stéaropièaes
Ces corps ont une importance peu considérable dans le règne animal ; aussi n en signalerons-nous que quelques-uns.
% TRAITÉ D'HISTOLOGIE ET D'fflSTOCHlMIE.
Acide phéstlique, H0.C|,H,0 ou " "}
Cet acide se produit dans des circonstances très-Tariécs. On l'obtient en distillant quelques substances organiques ; il s'en forme des traces dans Toxydation de la colle ; il possède des propriétés toxiques sur rhorame. On Ta observé chez Tbomme et les mammifères. [Staedeler (1).]
ACIDR TACRYLIQCE, C,^0«.
On a obtenu cet acide dans les mêmes circonstances. On n'a pu encore le présenter à l't^tatde pureté parfaite (Staedeler).
Gholestkrine, C„H440, + 2H0.
On peut ranger cette substance parmi les huiles éthérées solides ou stéaroptènes, qui sont, du reste, peu étendues (ambrinc ou succine, castorine, cantharidine) (2).
La cholestérine cristallise en lames rhomboïdales extrêmement minces
(angles obtus de lOO'^SO'; angle aigu de 79°30'. (Schmidt.) Les cristaux se recouvrent généralement les uns les autres ; leurs angU^s sont souvent brisés (3).
La cholestérine est complètement insoluble dans l'eau, soluble au contraire dans l'alcool bouillant et dans l'éther. Elle se dis> sout dans les graisses, les huiles éthérées, les combinaisons sodiques des deux acides
îï^.^cn^àe choïeilérino.. ^'^ \^h\\e, et dans l'eau de savon. Ces faits
sont importants à noter, puisque la cholestérine, malgré sa grande insolubilité, se trouve dans le corps humain.
Les cristaux de cholestérine, traités par Tacide sulfurique, se colorent en rouge rouille ou pourpre, ou en violet, à partir des bords. L*acide sulfurique concentré les dissout peu à peu à l'état de gouttelettes colorées. Quand on ajoute de l'iode au réactif précédent, on observe des colorations beaucoup plus intenses.
La cholestérine a été observée dans ces derniers temps dans le règne végétal. (Beneke (4), Kolbe.) Elle n'a pas de propriétés histogénétiques comme le faisaient, du reste, prévoir ses tendances à la cristallisation. Elle a tous les caractères des produits de décomposition ; mais on ne sait si elle provient de la transformation des graisses ou des substances azoté<'s. Elle est très-répandue dans l'organisme; mais il s'en élimine de trèsfaibles quantités. Aussi subit-elle probablement dans Téconomie des transformations qui nous sont encore inconnues.
On trouve la cholestérine dans le sang, mais en faible abondance ; dans la plupart des liquides animaux, notamment dans la bile ; mais non dans
PflUNGIPES IMMÉDIATS. 57
' Turine. On Tobserve également dans la substance cérébrale ; elle concourt, en effet, à la formation de la myéline et peut*^tre même à celle de la substance amyloïde. On la trouve également dans les liquides pathologiques, dans les tumeurs, dans les calculs biliaires. Elle est éliminée par la bile et se retrouve dans les excréments.
Rekabqocs. — (i) Annales, vol. LXXVIF, p. 17. — (2) La séroline, découverte par Boudet dans le sérum sanguin, serait, d'après Gobley, un composé de différentes graisses. — (5) Vo?ez, pour les différentes formes cristallines de la cholestérine : V^irchow*s Archiv, Tol.xn,p. 101. — (4) Annales, vol. CXXII, p. 249.
!£• -^ Snliflimices colorantea aaliiuiles.
On désigne sous ce nom une série de substances azotées qui manquent dans le règne végétal, et se caractérisent surtout par leur coloration. Ces matières colorantes sont en partie des produits de décomposition artificiels et préexistent en partie dans Torganisme vivant. Klles se trouvent à Tétat diffus ou en dissolution dans les liquides glandulaires et les tissus, dont elles colorent les cellules et les éléments. Elles se présentent sous forme de granulations ou de cristaux.
Les propriétés chimiques de ces substances nous sont inconnues. La plus importante, sans contredit, est la matière colorante du sang ou hémtine, que Ton pourrait considérer comme la source de tous les autres pigments.
Hâmatuie, CMH,(NsFesO,s (Hoppe). *
On obtient artîHciellement l'hématinc qui existe dans les globules du sang des vertébrés où elle se trouve combinée à T hématocristalline. Uhématine du sang veineux, et non point celle du sang artériel, comme la démontré Brûcke (1), est dichroïque; elle est, en effet, verte à la lumière transmise et rouge à la lumière directe. Dans cet état de solubilité, on ne saurait la séparer de la globulinc ; on y parvient d'une manière incomplète quand il y a coagulation (2). On ne sait encore jusqu'à quel point l'hématinc ainsi obtenue se rapproche de Thématine qui eiistcdans l'organisme.
La matière colorante du sang coagulé se présente sous l'aspect d'une substance brunâtre, à reflet métallique peu intense, insoluble dans l'eau, I alcool et l'éther, mais soluble dans l'alcool traité par un peu d'acide sulliirique ou d'acide chlorhydrique. La couleur de l'hémaline ainsi disï'oule est d'un brun rouge, mais passe au rouge vif quand on neutralise le liquide par les alcalis. Les solutions d'alcalis caustiques ou de carbonates alcalins, légèrement diluées avec de l'eau ou de l'alcool, dissolvent également Thématine et se colorent en rouge brun. Quand la potasse est en excès, la cuisson donne souvent k la solution d'hématine une coloration verdàtre. L'hématine , en suspension dans l'eau , est décolorée par le
58 TRAITÉ D^fllSTOLOGIE ET D^HISTUGHIMIE.
chlore, qui forme un chlorure de fer ; le chlore verdit l'hématine desséchée. Ou peut soustraire à Théinatine tout le fer qu'elle contient, en la traitant par de l'acide sulfurique; cette suhstance n'en conserve pas moins sa coloration et SCS propriétés. (Mulder et van Goudœver (3).)
La constitution et le développement de Thématine nous sont complètement inconnus. Cependant la physiologie nous fait supposer qu'elle pourrait se fonner dans les globules blancs du sang (voyez Sang), Au point de vue chimique, Thématine semble résulter de Taccouplement d'un produit de désassimilation des substances albuminoïdes avec une autre substance qui renfermerait du fer. I^a première de ces substances pourrait bien être la tyrosinc. On a émis plusieurs hypothèses pour expliquer la présence du fer dans Thématine.
Les autres matières colorantes de Vorganismc ne sont très-probablement que des transformations de Fhématine. On ne connaît pas les autres changements chimiques que Thématine pourrait subir dans le corps.
La matière colorante qui baigne les muscles semble être identique à rhématine des globules du sang.
HÉsiisE, CgelÎBiNeFe^OjgHCl (Hoppe).
Teichmann (4) nous a fait connaître une a*istallisation particulière du sang. Le sang desséché, même putréfié, traité par de Tacide acétique,
puis cbaufTé, produit une quantité considérable ^Hk de cristaux brunâtres, brun foncé ou presque
ou d'aiguilles groupées en étoiles (fig. 52). Comme Teichmann Ta signalé avec raison, la ^ m présence des chlorures alcaUns est indispensable
^^Ê A ^0- quand on veut obtenir cette cristallisation. Ces
^^P^^ cristaux dliémine sont très-fixes; ils ne se dé-
^^ ^^Ê ^^ composent pas à Tair et ne se dissolvent ni dans ^m Teau, ni dans Talcool, ni dans Téther, ni même
Fîg. 31 - Crisuux d'hémino. ^^^^ Tacidc acétiquc. L'acide azotique bouillant
dissout riiémine. Cette substance est très-soluble dans Tacide sulfurique, l'ammoniaque et les solutions étendues de potasse. Sous Tinflucnce de solutions concentrées de potasse, les cristaux d'hémine se gonflent et noircissent. Les cristaux d'héminc ont une grande importance pour reconnaître des quantités très-faibles de sang.
Ilope nous a fait connaître dans ces derniers temps la composition de rhémine. Il a tiré Thémine de Thémétoglobuline et a pu la transformer de nouveau en hématine (5).
11£matoidine, CjoHibNsOq. (?)
Le sang sorti des vaisseaux et en stagnation dans les tissus subit peu
jf % ^^ noirs, qui apparaissent sous forme de colonnes
JÉÉl *^^ '«^ rhomboédriques (rappelant ainsi Thématoïdine)
^^j. ^^ ^ ou d'aifiruilles groupées en étoiles (fig. 32).
à peu des transformations ultérieures. Il se forme, dans ces circonstances, une matière colorante cristalline, très-voisine de riicmatiiie , mais qui ne contient pas de fer. C'est Vhématoidine (6), qui cristallise en prismes rhomboïdaux (fig. 53) **«»
orangée ou rouge ponceau au centre : sur les •*•- *
ou en aiguilles. (Robin.) A Texamen microsco- A ^ « ^ | ^
pique, ces cristaux présentent une coloration ^9^^ *"
orangée ou rouge ponceau au centre : sur les ^J^
bords et aux angles, ils sont colorés ot carmin ^f^ f
ronce. Les angles des cristaux sont de 118° et62^
Les cristaux d'hématoïdine sont insolubles dans Teau, Talcool, Téther et l'acide acétique, solubles au contraire dans les alcalis. La solution ammoniacale d'hématoïdine a une teinte *'*- ^- - ^"^^*"* d-hémaioidine. d'un rouge amarante, qui passe plus tard au jaune ou au brun. Les dissolutions de potasse et de soude sont rosées ; Tacide azotique s'unit aux cristaux d'hématoïdine avec un dégagement de gaz et en prenant une teinte d'un rouge foncé. Les cristaux ne se dissolvent pas dans l'acide sulfurique, qui rend seulement la couleur des cristaux plus foncée.
RoiARQUBs. — (1) Wiener SUiungsberichte, vol. X, p. 1070, et vol. Xllf, p. 485. — (2) Vo\ei les Traites de chimie pour les différents moyens à l'aide desquels on obtient i'hématine, ainsi que les nouveaux travaux de Wittich (Erdmanns Journal, vol. LXI, 1*. 11) et de Lehnakn (Handbuch, p. 159). — (3) Erdmann's Journal, vol. XXXil, p 186. - (4) Hesle et Pfeofer, Zeitst-hrifl fur rationello Medizin, 1854, p. 375. — (5) Voyez Vinhow's Archiv, vol. XXIX, p. 253 et 597, ainsi que le travail de Buchner et Simon iins la même Revue, vol. XVII, p. 50. — (6) RoniN, qui a analysé Thématoïdine (Erdmann's Journal» vol. LXVU, p. 161), lui donne pour formule H0.C<4Ua>'(\, et l'oppose à rhématine dont la formule serait C,4UgNOjFo. Pour cet obs<»rvateur , rhéraaloidine *tfliil une matière colorante du sang dans laquelle \ équivalent de fer serait remplacé Hf i équivalent d'HO. Mais la formule que Robin a donnée pour Thématoldine ne sauft*it être exacte, car elle renferme 1,5 p. 100 de C de moins et 0,5 p. 100 d'H de plus i|ue ne l'indique l'analyse. La formule donnée par Stsdeler (CjoHi^N^Oe) (Annales, 'ol. CXVI, p. 89) est bien plus en accord avec les résultats fournis par l'incinération. \oypi également le travail de Virchow dans les Wiirzburger Vcrhandlungen, vol. l,p. 503. ^ temps nécessaire à la' formation des cristaux d'hématoïdine semble être fort variable. n> n'apparaissent ^généralement pas avant l'espace de deux semaines (Phiedreich, Virchov^'s ^rchi^,To]. X\X, p. 380); on en a cependant trouvé au bout de deux jours (Bu.LROTn's lotersuchungenûber die Ëntwieklung der Blutgefsisse, Recherches sur le développement iii vaisseaux sanguins. Berlin, 1856, p. 29, Anmerkung). — Holm a publié récemmont '^e nouvelles recherches sur l'hématoidinc dans 'le Journal de chimie pratique, vol. C, p. U2.
§ 37. — Matière ooloraxte de L'cRncE, Uroerythritie ou Urohématinr.
On trouve dans Turine une matière colorante rouge, peu abondante, qui donne à ce liquide sa couleur jaunâtre et aux sédiments de Turine une teinte d'un rouge yif. Cette matière se décompose facilement ; il est difiicile de l'obtenir pure; aussi nous cst-elle imparfaitement connue. Scherer ( 1 ) s'était déjà occupé de cette question ; Harley (2) a analysé cette
60 TRAITÉ DliiSTOLOGlE ET D^HISTUGHDIIE.
substance dans ces derniers temps. Il a obtenu une matière colorante, presque insoluble dans l'eau, qui se dissout dans Turine fraîche et chauffée, en lui donnant une couleur jaune ; elle se dissout également dans léther et l'alcool, et les colore en rouge magnifique. Ilarley a trouvé du fer dans ce pigment ; il le considère comme de la matière colorante du sang modifiée. Il a en outre observé dans l'urine plusieurs autres malières colorantes.
On trouve quelquefois dans l'urine humaine des matières colorantes bleues ei violettes; elles y sont toujoura peu abondantes. On a observé, dans certaines circonstances, de Y indigo dans l'urine (Scherer), sans que cette matière eut été introduite du dehors. On trouverait constamment dans l'urine, d'après Hoppe (3), Yiudican C^^Hj^NO^p ou chromogène.
PlGVENT ?fOIR, NéUNi:«E.
Le pigment noir se présente dans l'organisme sain sous forme de trèspetites granulations, ou granulations pigmentaircs. A l'état pathologique,
on a observé des cristaux noirs, sous forme de lames rhomboédriques aplaties, à angles très-aigus. (Vir- ^wi^, chow (4).j '^^Jt^k La mélanine normale se caractérise par sa fixité et
~ par la difficulté qu'on éprouve à la dissoudre. Elle est
insoluble dans l'eau, l'alcool, Téthcr, les acides minéraux Fig. Si. - crisuux de étcudus et l'acidc acétique concentré. La mélanine se dis-
sont a chaud dans une dissolution étendue de potasse, mais au bout d'un temps assez long. L'acide azotique concentré dissout la mélanine en la décomposant. Les cendres contiennent du fer.
Les observations faites jusqu'à ce jour sur la constitution de la mélanine doivent être accueillies avec réserve : il est, en efTet, très-difficile d'obtenir la mélanine pure, et, de plus, l'analyse chimique prouve qu'il y a des différences énormes entre le pigment noir de l'œil et le pigment noir pathologique.
La mélanine, qui possède, ainsi que la matière colorante du sang, des propriétés histogénétiques, s'observe en général dans Tintérieur des cellules polygonales ou étoilées ; elle est rarement en liberté dans les tissus. Elle est surtout abondante dans l'œil. On la rencontre en quantité considérable chez quelques vertébrés inférieurs, par exemple, chez les grenouilles.
A l'état pathologique, la mélanine se produit dans certains organes, dans les tumeurs, etc.
On suppose généralement qu'elle se développe aux dépens de la matière colorante du sang. Il est, en effet, des productions pigmentaircs pathologiques qui proviennent bien évidemment de Thématinc. D'autre part, il est évident que nous désignons sous le nom de mélanine plusieurs sulistancrs analogues. Les produits de décomposition de la mélanine sont inconnus.
Keiaiqvcs.— (1) Annales, vol. LVII, p. 180. — (2) V^ûnbui'gcr Verhandiungen, vol. V, p. f. — (3) SciKBER, Annales, vol. XG, p. 120; Hoppb, Virchow*s An-hiv, vol. XWII, p. 588.^ — (4) Yirchow*s Archiv, vol. 1, p. 399. — (5) Analyse faite par Scherer, Annales, Yol. XL, p. 63. — il résulte d'observations récentes que les cristaux représentés figure 34 ne seraient que des fragments de bois calciné ou de cellules végétales. Voyez Virchow's Archiv, vol. XXXV, p. 189. — Voyez également un article de Koschlaropp, même volume p. 178. — Le pigment noir des poumons semble être uniquement formé par des parcelles de noir do fumée ou de rouille. Voyez le travail intéressant de Kmauff (Vircbow's ircfaiv, vol. XXXIX, p. 442).
§ 38. ~ Matière colorante de la rile.
La matière colorante de la bile était connue bien imparfaitement jusqu'alors (1). Elle est caractérisée par sa réaction avec Tacide azotique. L'acide azoUque, contenant de lacide hypoazotique, ou mêlé à de Tacide solfurique concentré, produit des colorations tout à fait bizarres dans la bile. Plusieurs couleurs, le vert, le bleu, le violet, le rouge, le jaune, se >oi?ent.
On distinguait généralement deux matières colorantes de la bile : Tune brune, Taiitre verte; la cholépynMne ou biliphxine C^U^^Vfl^ (?), et la mverdineC,fl,m,(l).
Il résulte de travaux récents de Stsedeler, qu'il existe dans les calculs biliaires de Thomme une série de matières colorantes bien caractérisées ; r^tc à savoir si elles existent dans la bile pure.
La bilirubine est un corps très-voisin de Thématine et de Thématoîdine; elle cristallise dans les solutions de chloroforme, de sulfure de carbone et de benzine, sous forme de magnifiques cristaux couleur de rubis. Ces cristaux, obtenus dans le sulfure de carbone, ^mblent être des prismes klinorhomboédriques ^{uand on les considère par leur base ; l'angle antérieur et les faces convexes du prisme sont forti'ment courbés, de sorte que la base semble être une ellipse. Les cristaux qui reposent sur leur lace convexe se présentent sous la forme de rhomboèdres (2). La bilirubine provient de la matière colorante de la bile ou de la matière y.^ ^ -^ri»uu« de bniru. <^)lorante du santf (3); on la retrouve dans Turine bîoe, formé» dans le tuifaro de des ictériques. [Schwanda (4).]
carbone.
Biliverdine, Cj^U^o'^'s^
Matière colorante verte, non cristalline; son existence dans la bile fndcbe est encore problématique, car, en absorbant de Teau, elle se décompose en une des substances colorantes que nous allons étudier, la
63 niUTÉ D'HISTOLOGIE ET D'HISTOCHIMIE.
biliprasinc. Il est facile de voir, par la formule, quels sont les rapports de la bilirubine et de la biliverdine.
Bilirubine C JI.^V.O, -+- 2110 + 20 = biliverdine.
Cette substance n'est pas cristalline ; elle se dissout dans de Teau qui contient de la soude ou de Tammoniaque, en se colorant en brun foncé. Elle n'a, parait-il, qu'une importance fort secondaire. Elle se distingue de la bilirubine, parce qu'elle contient 2 équivalents d'eau en plus.
BiupBAsixe, ^stH^NsOi^.
Pigment amorphe, verdâtre; se dissout dans les alcalis en prenant une teinte brune, contrairement à la biliverdine qui verdit. La formule correspond à celle de la biliverdine + 2 équivalents d'eau.
Staedeler a décrit, sous le nom de biUhxtmine^ une substance dont la fornuile est encore inconnue, et qui peut être obtenue par la décomposition des différentes matières colorantes de la bile.
Pour n'être point accusés d'oubli, nous dirons un mot des substatices extractives. On désigne sous ce nom des corps qui sont préfonnés dan> l'organisme, ou qui résultent de manipulations chimiques. Ces corps n^mi pas de propriétés caractéristiques, ils ne cristallisent point, ne s'unissent pas à d'autres substances en proportions fixes, et ne se volatilisent pas ;« des températures déterminées. Mi la chimie, ni la physiologie n'ont d'^action directe sur ces substances. Aussi nos connaissances chimiques sontelles fort restreintes a ce sujet. Au point de vue physiologique, on U^ considère comme des produits intermédiaires de décomposition. Dans oc^ derniers tenq)s, on a trouvé parmi ces corps quelques bases, quelqiit^ acides, etc., dont nous avons parlé.
Remarques. — (1) Voyei, pour les matières colonmlos de la bile, les anciens tniv;iu\M Uei5tz danK les Annales de Po^^'endurfT, vol. LXWiV, p. 106; puis les Mlvs ex|H'rien deStfOEi^ER (Annales, vol CXWII, p. 5'25). ^ (2) Les trislaux de bilirubine olileniis p.*r le ehlorf)forme sont UMucoup plus petits. Ce lait explique 1 enx'ur de Valëminkr (tîiiiiibur^''s Z(*itschi*ift, 1858, p. AU), qui désignait les cristaux sous le nom de cholrpuiliui**. elles rangeait & côté des cristaux d'héniatoïdine. Du reste, (es derniei s cristaux n'uiii jamais de faces cimvexes. — (.")) D'a[>rês le'J communications intén^ssiintes de Ilom. I \ iichow's Arehiv, vol. XXIX, p. 597), on peut formuler ainsi les rapiwrts qui existent mtn riiônialine et la bilinjbine :
Hnnalino. Diiiilll)iiii>.
2(C ^H,,\Fe30,«) + CllO=:6(C„ll,^>,(g + 6FeO. — (4) Wiener med. Wocbeuscbrift, l86ô. n" 38 et 39.
PRlNaPES IMMÉDIATS. 65
Im — S«lMte««e« mUiéniles.
Les substances minérales et leurs combinaisons sont assez répandues dans Forganisme ; mais nos connaissances à ce sujet sont moins étendues que ne semblerait le faire présumer la nature même de ces corps. Très- 5ou?ent il nous est impossible de dire si certaines combinaisons inorganiques préexistent dans l'organisme ou si elles résultent de manipulations chimiques. La valeur physiologique de ces substances nous est encore bien plus inconnue. Nous savons bien que Teau baigne, gonfle les organes; que le phosphate de chaux sert à consolider la charpente osseuse ; mais, pour le reste, les explications nous manquent. Il est des substances minérales, apportées par les aliments, qui ne font que traverser l'organisme.
il serait trop long d'étudier ici les grandes difTércnces qui existent entre la quantité des cendres que produit Tincinération des différents tissus et des organes. Ces variations sont surtout intéressantes à étudier suivant les âges. Chez le fœtus, les cendres constituent 1 pour 100 du corps; plus tard, elles en forment les 2 centièmes; puis, chez Tadulte, les 3, 5, 6 et même 7 centièmes. La progression augmenterait probablement encore pour un âge plus avancé. [Bczold (1) et Schlossberger (2).j
Voici les principales substances et combinaisons inorganiques qui entrent dans la composition de notre corps :
(a) Gaz : Oxygène, azote et gaz acide carbonique (3).
Ift) Acides : Acide carbonique^ acide phosphorique^ acide suifuriqne, mie chlorhtjdrique^ acide fluorhydrique^ acide silicique. Ces acides, l'acide carbonique excepté, sont toujours combinés à des bases dans le sein de I organisme. L acide chlorhydrique seul est en liberté dans le suc gastrique.
ic) Bases : Potasse^ soude ^ ammoniaque , chaux ^ magnésie^ oxyde de fer, ^^anganèse^ mivre. Ces bases forment généralement des sels. Cependant, on trouve de Talcali en liberté, de la soude combinée aux substances protéiques, du fer dans quelques tissus, dans Thématine et dans la mélanine.
Quant aux gaz, ils occupent les espaces libres de Torganisme, ou se trouvent en dissolution ou en combinaison dans les liquides.
OXYGÈNK) 0.
Il s unit aux substances organiques. On le trouve dans des espaces libres de Torganisme, dans tous les liquides, dans le sang, soit en dissolution^ ^oil combiné aux éléments de ce liquide. Nous voyons par là que Toxy*gène est très-répandu dans Torganisme.
Azote, ^. L'azote, composé de beaucoup de substances organiques du corps, se
64 mVlTÉ D HISTOLOGIE ET D IliSTOCUIMIE.
trouTc en liberté dans les cavités remplies d'air de Torganisine. On le trouve également dissous dans les liquides organiques/
Gaz acide carbonique, GO,.
Ce gaz est, ou bien combiné aux bases inorganiques, ou en liberté, soit à Tétat de gaz, soit en dissolution dans les liquides de Torganisme. Le gaz acide carbonique se trouve en abondance dans l'air expiré, ainsi que dans toutes les cavités qui renferment de Tair. 11 existe à l'état de dissolution dans plusieurs liquides organiques, surtout dans le sang, où il est en partie à Tétat de liberté, en partie combiné aux éléments (4). L'acide carbonique est apporté en petite quantité de l'extérieur dans rorganisiiic : il est le produit terminal le plus important d'un nombre considérable de décompositions organiques. Ce gaz s'élimine surtout par les poumons^ et en petite quantité par la peau.
Remarques.— (ij'W'urzburgcr Verhandlun^cn, vol. Vill, p. 251.— (2) Annales, toI.CIII. p. 193. — (5) Pour les éléments minéraux du corps, voyez Heintz, Lehrbuch der Zoo«-l»cmie, Traité de zoodnmie. Berlin, 1853. et le 3* volume de GoRur-BEZAREz. — (A) Sur h*> gaz du san,', voyez : Magnis, Po/^'gendoHfs Annalen, vol. XXXVI. p. C85; vol. \VI, p. 177 ; puis L. Mbyeb, Henle's und Pfeufer's Zeilschrift, N. F., vol. VIH, p. 256 ; Ffr>et. dans lesAnn. d. X. nal., IV' série. Zoologie, tome VEII, p. 125; Sbtschexow, inderWientr $itzungsl)erichten, vol. XXXVI, p. 293, et He^lk s und Ppelter's Zeitscfarift, 3 R , vol. X, p. 201, 285; Sciiœpfer, Wiener Sitzungsherichte, vol. XLI, p. 519, et Pplit.eb, L'eber«lie Kohloiisxure dos Blutes, Sur C acide carbonique du sang. Bonn, 181)4; J. Saqis, Archives de Beichert et Du Bois-Reyniond, 1863, p. 344; NAwnocKi, Éludes physiologiqu<^s de rinstilut de Breslau, 11, p. 144, et Zeitscbriit fur analytische Ghemie, II, p. 117 ; W. Prever , Wiener Sitzungsberichte, vol. XLIX, et Zeilschrift von Henle und Pfeufer. 3* série, vol. XXI, p. 197; F. 1Iole.%grën, Wiener Sitzungsberichte, vol. XLVUI; SaELàow« Aivhives de Beichert et Du Bois-Beymond, 1864, p. 516; L. Herhakn, 1865, p. 469 ; . Sai.nt-Pierrk et Estor, Comptes rendus, 1864,11, p. 1013; Hoppe, Vircbow's Archi%, vol. XI, p. 288, vol. XIII, p. 104, et études médico-chimiques, p. 133 et 293; A.Sciniir»T. Sitzungsbericht der sàcl ^isch( n Akademie, Cl, p. 30; Pflugir, Centralblat* fur die im^d. Wissenschafl, 1867, p. 321 et 722. — (5) L'hydrogène, M, se trouve dans l'intestin gK»l«' ronmie produit de la digestion: on en rencontre )»eu dans le gros intestin; laride suifhydrique, SH, se produit dans le gros intestin après Tingestion de viande; Thydrogriu' carlioné, CH^, se trouve constamment chez Thomme (Planer, Wiener Silzungsberiihlr, vol. XLII, p. 308» et Bggb, L c, vol. XLIV, p. 739.
§ 40. — Eau, HO.
L'eau est indispensable à toutes les combinaisons organiques, aussi est-elle répandue dans tout Torganisme : sans eau, la vie est impossible. Elle forme les hydrates; elle entre dans la combinaison des cristaux; elle sert à dissoudre quantité de substances organiques: elle permet les écliangos de ces substances entre elles. Les matières alimentaires, dissoutes dans Teau, pénètrent dans le sang et les tissus; les matières devenues impropres à la nutrition sont éliminées é>galement à Taidc de ce liquide.
Le corps contient une quantité considérable d'eau. Elle forme les 70 centièmes du corps des adultes, les 87 et même 90 centièmes du corps de
Fembryon. Après la naissance la quantité d'eau diminue, tandis que la proportion des substances organiques solides et minérales augmente. (Schlossberger, Bezold.) La quantité d'eau contenue dans les différentes parties du corps Tarie considérablement (1 ) ; du reste^ nous reviendrons sur ce sujet. Qu'il nous suffise de savoir que Feau , tout en servant à dissoudre les substances inorganiques et à favoriser leur action chimique, concourt en outre à Timbibition des tissus. Les parties molles et demisolides de l'organisme renferment une quantité d'eau plus considérable qu'on ne pourrait le penser au premier abord ; les tissus solides euxmêmes, les os, par exemple, contiennent également une forte proportion d'eau.
Acide chlorutdriqub, HGl.
II n'existe à l'état libre que dans le suc gastrique.
ACIDE SaiCIQDE, SiO,.
On a trouvé de petites quantités d'acide silicique en liberté ou sous forme saline dans le sang de l'homme (Millon) (2), la salive, lurine, la bile, les excréments ; on en a observé de même dans les calculs biliaires et Tésicaux, dans les os et les dents. De toutes les parties de l'organisme, ce sont les cheveux qui en renferment le plus. [Gorup-Besanez (3).]
L'acide silicique pénètre dans l'organisme avec les aliments et les Mssons ; une portion de cet acide est éliminée par l'intestin, l'autre est absorbée par le sang, et reparait plus tard dans les sécrétions glandulaires.
La valeur physiologique ou anatomique de l'aicide silicique nous est inconnue.
Reiaiqobs. — (1) Voici la quantité d'eau qui entre pour 100 dans la composition de «iifierentes substances: Émail, 0,2;dentine, 10; os, 15; tissu élastique, 49,6 ; cartibse, 55; cerreau, 75,5; foie, 7^; muscles, 77; nerfs, 78; san^, 79; tissu connectif, 19.6; reins, 83; cbjle, 93; lymphe, 98; humeur vitrée, 98,7; liquide céphalo-racbi- ^Qt 98,8. — (2) Journal de phys. et de chimie, UI* série, tome Xill, p. 86. — (3) Ân- Bie8,ToLLXVl,p.321.