‹ Traité d'histologie et d'histochimieChapitre 22 sur 50 · TISSUS DE SUBSTANCE CONJONCTIVE · texte numérisé non relu

TISSUS DE SUBSTANCE CONJONCTIVE

conjonctive peuvent se substituer les uns aux autres, soit par métamorphose directe, soit par une néo-formation développée aux dépens du tissu primitif.

Nous venons de voir quelle est l'analogie qui existe, au point de vue anatomiquc, entre les différents tissus de substance conjonctive ; ils se tiennent encore par un autre lien : c'est la parenté physiologique. Bien que les tissus conjonctifs soient très-abondants, ils n'ont cependant qu'une importance secondaire dans l'organisme sain ; ils servent, en effet, de moyen d'union, d'enveloppe, de soutien aux différentes parties de l'organisme, et forment dans le corps une vaste charpente qui abrite les autres tissus, à savoir les muscles, les nerfs, les vaisseaux, les cellules glandulaires, etc. Le mot de substance conjonctive, dérivé de celui de tissu conjonctifs donné par J. MûUer, est donc très-bien approprié. L'expression de substances de soutien {Stntzsnbstanz), employée par Kœlliker, est également fort exacte.

Les tissus de substance conjonctive participent fort peu, chez l'adulte, au développement nutritif normal du reste de l'organisme; le rôle se trouve complètement renversé à l'état pathologique ; alors, en effet, le tissu de substance conjonctive devient essentiellement actif. C'est à Virchow que l'on doit d'avoir montré que presque toutes les néo-formations pathologiques se développent aux dépens des tissus de substance conjonctive. De sorte, que l'on peut considérer le tissu conjonctif et les tissus équivalents comme le germe commun du corps entier (3).

Remarque. — (1 ) Reichert a décrit le promiei* le grand groupe des tissus de substance conjonctive. Voyez Touvrage de cet auteur intitulé : (Bemerkungen zur vergleichenden Naturforschung und vergleichende Beobachtungen iiber das Bindegewebeund die verwandtcn Gebilde), Études sur fanatomie comparée du tmu conjonctif et des tissus voisins. Dorpat, 1845. — ViRCHow (Wurzburger Verhandlungen, vol. I et 11) et [Ionders, Zeitschrifl fiir wissenscb. Zoologie, vol. 111, p. 348. — Hknle a vivement combattu, dès le début, dans son journal, Topinion des auteurs précédents — (2) Voyez Letdig, Traité d'histologie compai'ée, p. 28. — (5) Virchow, Pathologie cellulaire.

Division des tissas de substance conjonctive. — S'il est facile d'établir Texistence du groupe des tissus de substance conjonctive dans leur première ébauche, il n'en est plus de même quand on étudie isolément toutes leurs variétés et leur développement; les difiicultés deviennent alors considérables, et nos connaissances actuelles à ce sujet sont encore bien incomplètes. Les lacunes sont nombreuses ; les travaux étendus de Virchow, de Donders et d'autres auteurs demanderaient à être revus au point de vue de la théorie cellulaire actuelle, car bien des assertions anciennes ont été reconnues pour des erreurs. Les difiicultés mêmes de l'observation, certaines discussions trop violentes, semblent avoir rebuté les observateurs, qui ont abandonné dans ces derniers temps l'étude des tissus de substance conjonctive.

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Voici coiiimcnt on pourrait définir aujourd'hui le type histologiquc du groupe des tissus conjonctifs.

Tous ces tissus sont formés, à Tétat embryonnaire, par une agglomération compacte de cellules formatrices sans enveloppe, arrondies, à noyaux vésiculeux. Entre ces éléments se développe ensuite une substana* intercellulaire molle, homogène, formée de matières albuminoïdes, et qui plus tard deviendra très-abondante. (Cette substance peut être considérée comme un produit de la cellule ou comme une partie transformée du corps cellulaire lui-même.) Les cellules et la substance, intercellulaire subissent ensuite des modifications multiples. Dans quelques tissus, la substance fondamentale prend un aspect fibrillaire ou strié, se décompose même en véritables fibrilles ; les cellules s'atrophient ou bien se développent sous forme d'éléments fusiformes et étoiles qui peuvent, par leur réunion, former un véritable réseau cellulaire. On observe également, dans certains cas, la transformation calcaire de la substance fondamentale.

Ces transformations anatomiques s'accompagnent de métamorphoses chimiques. La substance fondamentale est formée au début par des substances protéiques et leurs dérivés ; on y observe également, dans les premières périodes du développement, une substance analogue ou identique à la nmcine. Plus tard, les substances protéiques sont remplacées par des dérivés éloignés, les substances collagènes, la glutine, plus rarement la chondrine ; la substance fondamentale peut également se transformer en matière élastique. Le protoplasma des cellules peut aussi se charger de graisses, de pigments.

Il serait sans doute osé de vouloir donner une division des tissus de substance conjonctive. Nous étudierons successivement : 1" le tissu cartilayineux ; 2" le tissu muqueiix et le tissu^ conjonctif réticulé; 3** le tissu adipeux; 4° le tissu conjonctif ordinaire ; 5" le tissu osseux; 6* ladentine.

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