partie postérinire (0",l)06). La face interne
de la rristalloïde antérieure est recouverte
par l'épitliélium pavimenteux dont nous
avons déjà parlé (g 87) et qui se compose
de cellules simples, transparentes, pourvues
de noyaux, de 0",015 à0",052 de diamètre
(fig.25*,6,et258,<n.
A la périphérie, dans la région de la zone de Ziun (là où se termine l'épaississement de la capsule), cet épithélium se confond avec une zone de jeunes cellules, à noyaux souvent divisés et à corps petit. Si l'on avance encore plus vers la périphérie, on remarque des éléments arrondis et pourvus de noyaux qui ont pris naissance dans ces cellules et qui sont destinés à se transformer en fibres du cristallin. (Von Becker.) <
Les fUtres du eyistalUn {fig. 255 , a, b) sont pâles, limpides et sans structure à l'Intérieur. Dans les couches extérieures du »tiui.' " "^""' '' '' '™' "'"'' cristaUin, elles sont plus transparentes, mesurent en largeur de O^.OOO à D'aïoli , tandis que , dans les parties centrales de l'organe, elles sont plus tenues {0'",00t), et en mémù temps plus nettement délimitées et plus distinctes.
Dans les fibres périphériques [a] se trouve une suhstance homogène, li<{uide et épaisse ^ui est entourée par une enveloppe Irèfi-mince; ces libres méritent donc le nom de tul>es.
Les lihrcs intérieures [b) sont plus fermes et présentent assez souvent des bords linement dentelés; cette disposition est importante pour l'adhérence des tubes entre eux; elle est plus développée chez les poissons où les bords sont fortement crénelés.
Les fibres du cristallin ne sont |>as cylindriques, mais plutôt aplaties en forme de rubans (lig. 255, al. Cette disposition est très-nette sur la section d'un cristallin desséché (fig. '256) qui offre un dessin d'une élégance remarquable,
où chacun de ces tul)es a|)latis est représenté par un champ hexagonal de 0",0H à 0",004 do laideur.
Si nous passons maintenant à l'agencemenl de ces fibres (fig. '25i), nous voyons qu'elles sont disposées comme des méridiens qui partent du
330 TRAITÉ irillSTOLOGlK KT DMIISTOGHUilE.
milieu de la cristalloïde antérieure, pour passer sur Féquateur de Torgane et se terminer dans la région corres{>ondante de la cristalloïde postérieure; dans tout leur parcours, ces libres tournent toujours en dchor» leur face la plus large et elles adhèrent aux fibres voisines par les deob qui garnissent leurs bords. Comme, par suite de cette disposition, les fibres tiennent bien plus fortement ensemble par leurs bords, il eu résulte que les couches du cristallin peuvent être séparées les unes des autres sous forme de lamelles minces et concentriques qui, dans les régions extérieures, suivent les courbures de Torgane, mais qui deviennent plus sphériques à rintérieur.
Sur des sections verticales de cristallins durcis, on remarque que les fibres (lig. 254, c) prennent naissance au-dessous de Tenveloppe épithé- Haie {b) où elles sont plus lar,<?es (d) ; de là elles se prolongent, en décrivant une courbe, et vont se terminer en s'élargissant au niveau de la paroi postérieure de la capsule à laquelle elles sMnscrent[^ (2)]. Dans la région
équatoriale de Forgane chaque tube est muni d'un beau noyau arrondi et vésiculeux de 0"*,006 à 0",011 de diamètre (p.
L'ensemble de ces noyaux {Kemzoïte de H. Meyer) Fig. 250. - s«>ciion présente un aspect très-élégant, lorsqu'on vient à les tran>vcr>aift de< examiner à travers le tissu trausparent qui les enveloppe.
flbros d'un criMal- /i».i .1 41 o y ,
lin dess'-ciK'. (iciieralement chaque tube ne rentcrme qu uu seul
noyau, mais il y a des exceptions à cette règle (3); sur un fœtus de huit mois, j*ai observé très-distinctement deux et même trois noyaux [lig. 259 (4)].
Cependant il ne faut pas se représenter cette zone de noyaux comme un diaphragme situé dans le plan de I équateur. Klle ressemble plutôt à une feuille fixée à la périphérie et se continuant vers rintérieur pai* des ondulations, de manière à être toujours à une distance égale des rayons de
rétoile cristallinienne que nous allons étudier. (Von Becker.)
Le cristallin un peu opaque du nouveauné présente une stnicture tout à fait |)articulière au niveau de ce que Ton appelle les étoiles du cristallin. Au milieu de la Un. 257.-criMaUin d'un nouvcau-né. ^^'^^^ antérieure du cristalliu se réunissent
/i, face anléricure,/», face postérieure. trois raics qui fout entre cllcS dcS anglcS
de 120"" et forment ainsi une étoile à trois rayons ou un Y renversé. Dans le premier cas, les rayons de l'V postérieur alternent donc avec ceux de l'antérieur, avec lesquels il font des angles de 60 degrés. Sur la face postérieure, on remarque la même figure dis|>osée d'une manière inverse ou bien une étoile à quatre rayons (6). Dans une période avancée de la vie chaque rayon se trouve parUgé sous des angles aigus et se décompose en un système de ramifications ; il résulte de là des figures étoilées plus compliquées.
TISSU GRISTALLINIEN. 551
Le microscope démontre qu'à Tintérieur de cette étoile et de ses ra<* mifications, ii n'y a point de (ibres cristallinienncs, mais qu'elles y sont remplacées par une masse homogène, liquide et épaisse. Cette substance se continue comme une cloison à travers tout le cristallin ; il en résulte que cet organe se trouve divisé par une espèce de charpente formée de lames qui partent du centre du cristallin. Chaque hémisphère du cristallin est donc divisé en trois ou quatre pièces cunéiformes (5).
Cette disposition exerce naturellement une influence prédominante sur la direction des tubes cristalliniens (6), et il est impossible qu'une fibre atteigne réellement Tun des deux pôles.
Remaboues. — (i) A côté des ouvrages d'histologie, voyez Hannovea dans Miiller's Archiv, 1845, p. 478; H. Mbter, id., 1852, p. 202; Harting, Uistol. Anteckeningen in van der Hoeven en de Vriese Tigdschrift, 1846, vol. XII, p. 1 ; B«iwiia>n, Lectures on thc paris concemed in the opérations onthe eyc, etc.; London, 1849; Kœuiksr, dans: Zeitschrift fijr wissensch. Zoologie, vol. VI, p. 142; Th. Ncnnklt, dans Journ. of microsc. science, 1858, p. 156; von Brceer, dans Archiv fût* Ophtbaliuologic, vol. IX, II* partie, p. 1. — (2) Les extrémités élargies des tubes cristalliniens imitent, loi*squ*on les examine sur une section transversale, Taspect d'un épithélium pavimentenx dépourvu de noyaux. — (5) On admettait d'abord, entre la capsule et le cristallin, l'existence d'une petite quantité d'un fluide visqueux et transparent, Vhumeur de Morgagni. Mais ce fluide n'existe pas pendant la vie et n'est qu'un phénomène cadavérique ; il résulte de la décomposition de l'épithélium et des tubes cristalliniens périphériques, qui sont excessivement délicats. L'épitbélium se gonfle sous forme de grosses vésicules globuleuses qui se rompent ensuite (flg. 258, é). — (4) YoN BscEBR a nié complètement, et à tort, l'existence de tubes cristalliniens à plusieurs noyaux. — (5) D'après Von Becker, les rayons des étoiles se continuent au milieu des fibres, comme un système de canaux très-déliés qu'il appelle conduits interfibrillai'res (interfibillarcn Gange). Ils contiennent la même substance homogène que les étoiles cristalliniennes et, suivant cet observateur, on ne devrait pas les considérer comme le produit d'un artifice de préparation. Four leur importance dans les étals inflammatoires de l'organe, voyez encore le travail do Mœrs (Virchow's Archiv, vol. XXXII, p. 45). — (6) Sur des sections polies du cristallin, Thomas a découvert ])lusicurs systèmes de courbes tout -à fait particulières (Frager Vieiteljahrsschrift, 1854, vol. II, Supplément, p. 1), que Czerxae est panenu h interpréter (Zcitsclu*ift fiir wissenscb. Zoologie, vol. VII, p. 185).
Composition chimique du lismi cvistallinieu , — On ne connaît encore que d'une manière très-insuffisante la composition de la capsule (1). Elle se gonfle dans Tacide acétique et dans les solutions alcalines, mais sans se troubler ni se dissoudre. Elle ne se transforme pas non plus en gélatine par une ébullition de deux jours ; elle résiste longtemps aux alcalis, mais se dissout lentement dans les acides minéraux. (Mcnsonides.) D'après cela, nous aurions donc ici n peu près les mêmes réactions que pour la plupart des membranes transparentes et élastiques. Strahl prétend, au contraire, que la capsule se dissout dans Teau, après une ébullition de plusieurs heures ; cependant la substance que Ton obtient ainsi ne présente pas les réactions de la gélatine.
On ne connaît pas encore la composition du noyau et de la paroi des
3Sâ TR.\ITÉ DHISTOLOGIE ET D^IUSTOUUMiE.
(ibrcs cristalliuienocs. Dans leur intérieur, elles renTermeDl une «oiiitivo concentrée d*un corps protéique particulier, très-facilement deconiposaUe, auquel on a donné le nom de Cristalline (g 15, p. 20). Il se rapprothr beaucoup de Taibumine et tous les réactifs qui font coaguler le blanc d'cpuf. coagulent également le cristallin : cette dernière réaction facilite rétutir du tissu cristaiiinien. L'acide chromique surtout esl très-employé à crt effet et à juste titre. Le cristallin renferme en outre une quantité assez considérable de matière grasse et, d'après des analyses plus anâeime:». des substances extractives. Che^ Thomme, Berzeliiis a obtenu, pour lOO parties,
Kau 58,0
Sulntance protéique. ... 55,9
Parois des fibres cl autres substances restées sur le filtre. S,4
Substances extractiyes 3»7
On a trouve 2,06 pour 100 de matières grasses dans le cristallin de riiommc (Husson) (2) ; parmi ces matières ;se trouve de la cholestérioe. (Lohmeyer.) On n*a rencontré que 0,55 pour 100 de substances minérales. L'opacité du cristallin après la mort provient d'un changement de composition qui n'est pas encore connu (5).
Le poids spécifique du cristallin de l'homme est, d'après Chenevix^ de 1,076 pour les couches [iériphériques ; pour le noyau, qui est plus dense, il s'élève jusqu'à 1,194. L'indice de réfraction eM, d'après Kratistf, 1,4071 pour les couches extérieures, 1,45 19 pour les couches moyennes et 1,45 Oî pour les couches centrales (4).
Kemakol'es. — (i) Voyez la Gewebcchcmie de Schlossbebceb, I'* partie, p. 504; MessoxiDKS, dans Nederl. Lnncet, 1848-40, p. 604 et 709; Strarl, dans Archiv fur phys. Ucilkunde, 1852, p. 552; Lobmeteb, dans Henle's et Pfcufer's Zeitscbrift» N. F., vol. V,p. ôC. — (2) Kupporls de la Société des sciences de Giïttingen, 1853, n* 5, p. 47. — (5) L'opacité de la cataracte provient de causes très -diverses, par exemple de b calcification du tissu, de dé|)ùts de matière grasse et de cholestérine. etc. — (4) Kbause, loc. cit.^ p. 2K.
Déveloiipement du cnstalUn, — Le cristallin se développe (1) dans un t*iil-de-sac (h; la couche cellulaire superficielle du feuillet corné , dont nous avons déjà parlé plus haut à propos de Tépidenne.
Le cristallin se montre de très-bonne heure sous forme d'un corps complètement séparé de la couche cellulaire, creux à Tintérieur, mais i parois très-épaisses, et enveloppé par une membrane transparente. Les parois sv, com|)osent de plusieurs couches de cellules allongées. Il est possible (pie ces couches sécrètent une masse homogène qui, se solidifiant ensuite, forme la capsule du cristallin. On admet que ces cellules et celles quelles engeiuh*enl remplissent peu n peu la cavité centrale ; puis elles croissent et se» transforment pour la plupart en tubes cristalliniens, tandis
'iir I» point de m InRsromif r rn IuIih .ri>(>lliiiiciiD; i, «pithéliuin du criiul-
TlitStI CRISTALLINIBK. 5S5
ijti'uii petit Dotnbi'u (l'entre elles, placées à la face aiitérieui'v, conservent leur caractère primitif et forment l'cpitliélium de la ca|>sule.
Dans des embryons très-jeunes, on peut trouver de ces tut>cs cristalliniens en voie déformation (fig. 258, a, c).
Chez des embryons plus âgés, par exemple sur ceux de l'Iionime pendant les derniers mois, les fibres ressemblent tout à fait à celles de l'adulte (lig. 258, a, c) ; quelquefois cependant elles présentent encore le caractère cellulaire (b). Il n'est pas très-rare de rencontrer des tubes avec deux et même trois noyaux Id). Il est possible riç. *jii. — «, f, cbUuIb» que ce soit dans cette couclin de cellules en voie de développement, placées sur le bord de l'épithélium (g i57), que se forment ensuite, par dédoublement, de nouveaux tubes cristalliniens qui viendraient se superposer aux anciens. Il est certain que le développement du cristallin continue iongtemp!) encore après la période embryonnaire (2).
Pendant la vie fœtalr, la rap le I r' stallin est onlourée d'une enveloj | e a culaire qui fait partie de la membrane o nue sous le nom de tncmbr e eaps h pupillaire (3).
Ouand le corps grandit a| re la na sance , le nombre des tubes augt ent mais leurs dimensions n'éprn nt ] o nt de changement. |llarting(4).]
Ces lulies se développent ai d pe do cellules épithéliales de la ca[ le et I se régénèrent, comme tous I t |
tliéliaux, qu'autant i|ue la cap^ul se o serre intacte ainsi que la coud e ellul st qui les recouvre (5). Commt, lafo ne 1 tissu cristallinien est détermncoiar II > i^g t n, de la capsule, on comprend que le r tal mh m
lin qui S(' reproduit après la le I n re I "'' "^ «■rite membrane ne nq)renne | lus la lorn ppire o-
rV^lièrc qu'il avait aupara ant On ne j ""^ "* j connaît encore ni Timportance, ni la na ture des échanges iiutrilifs <pii s'ojK'rent dans le cristallin.
su
TRAITIÏ D'UISTOLOQIE KT D'HISTOCUlHlEi:.
REaixQL-Es. — ()) C'est il lluscHKEquc l'ondoillii première découverte i oe nijri (1», 1831, {). 950, el Ueckei's Arcliiv, 1852, p. 17). Ses doanùcs furcn 'confirmée* pir le observa II oiis de Kielukkii {ËnlniokluDjisgusvfaichle JiT Oepluilopoden. 7ïlricb, lS4i, p. Si et 103. Uikrusk. Anat.. roi. 11. ll'parlie, p. 730, el Zeitscbrift furwjssen»cb. Zoobipr. Tol. VI, p- m. ainsi que son Duvmj^'e sur l'histoire du dévolopponieut des aoioiavi. p. S76 et 203), et, i\i-ja .ivaiit lui, (uT relies Je 0. Won (Embryologie, 1844, p. Ttj. Voyci ('mW!! l'oUTiige de RtNitu, p. 31, OU cl 150. — (2) Je crois avoir naan/à quelquefois des dédoulileineuts de noyaux dans des tubes cristalIinieBS presque parEÏîb cliei des fœtus humains de huit inois. Mans en a observé récemment diins desen*lal£ib ounaminës'. il se produit alors une multiplication tri»-abondan(e de nojaui. — U'tftii BiBOciiiN (Wflrab. nalurw. Zeitsdirill, vol. ÏV, p. 85], le développeuiciit du criilalliii s'eFfecluerail de la manière Miifante; les parois de roii,'aiie creui sont rormécs d'abord lordei L-dlulcs minces, il'^ale longueur; mais les cellules du l'hémispliéra postérieure se diitloj^nt |ilus vile H ),Tandisitent Huilout en longueur, tandis que les élémcntii du segnml «iitérieur ^'élargissent el eu même temps se raccourcissent. Il en résulte que la pani postérieure devient toujours plus épisse, et l'antérieure toujours plus iniDi-c. Quand le développement est aclicvé, les cellules delà première paroi se siiut transforméci en libna crisbllinieniKs, et vcllcsdc la moitié antérieureont formé répilhélinai. Le eristallia serait doitc une sphère creuse aioc des iiarois très-ini^alement développées : l'une, l'antérieuiv, très-niint.'e ; l'autre, la postérieure, exccnivcment épaisse. — (3) Les vais:<euui of&enl beaucoup d'inlérél au point de vue du l'étude du développement. — (4) Hahtirc, Recherclies luitremétriqucs, p. 57. — (5) l'bjsiokii,'ic de Valibtu, 2' édition, vol. 1, p. ôlt.
iniportaiitc (itiVUc ne l't'fct r
Len muscles qui se développeni aui dépens du feuillet moyen du blastodemie, forment un tissu mou, rougeâtrc, d'ap> |>3reiicc tibrense, oiractérisé par la propriété de se raccourcir, lorsqu'on vient à exciter le nerf moteur correspondanl ; on désigne cette propriété souh le nom de conlractilité. La physiologie nous apprend que, parmi les contractions du tissu muiiculaire, les unes sont voloataires, les antres involontaires.
Sous le rapport histologique, une partic des muscles est formée de lilameiits longs, striés transversalement (fig. 260), tandis que l'autre est constituée par des cellules lisses t allongées , fusiformee (lig. 2G1 ). On distingue donc les muscles striés el les muscles lisses.
Cependant cette différence anatomique l>arait au jiremier aspect beaucoup plus 'lleiiient.
nSSU MUSCULAIRE. 355
En effet, d'un côté nous trouvons dans le règne animal un grand sombre de transitions entre ces deux formes du tissu musculaire (1), et Tua autre côté Thistoire du développement nous a ippris, tout récemment, que les deux espèces d'élénotents constituants ont des origines tout à fait analogues, car ils proviennent tous deux d'une cellule ({ 57). L'élément musculaire lisse conserve ses caractares cellulaires pendant toute la vie, tandis que la fibre striée s'en éloigne beaucoup par sa structure compliquée.
Pour terminer, nous ferons encore cette remarque, (|ae les fibres striées forment tous les muscles volontaires de notre corps, et le cœur parmi les organes
1^ . 1 . X • I A • 11' Fig. 261. — ÉlémcnUde la
dont les mouvements sont involontaires, tandis que inuj^uiauuc ii»^c. les autres muscles, qui ne sont pas sous Tempire de la?olonté, sont constitués par des éléments lisses. Par conséquent les expressions de muscle lisse et involontaire, muscle strié et volontaire ne se correspondent pas tout à fait pour Thomme (2) *.
Rkmasqoes. — (1) Voyez Letdig, Traité d^histolo^ic, p. 42, ainsi que son ouvrage sur b structure du corps humain, Bau des thicrischen Korpers, p. 6S, cl Kœlmker, dans WûnburgerVerhandlungen,vol. VIII, p. 100, et Gcwebelehre, i' édition, p. 94; A. Weislim, dans Zeitsrhrift de Heile çl Pfeuieb, 5K., vol. XV, p. GO et 279; louvrage de ▼OR Hesslihg, p. H2, et d'autres. — (2) Si l'on poursuit, à ce point de vue, l'examen du tissa musculaire dans la série animale, on trouve des diiïérences toujours plus grandes «Ire la fonction et la structure, de sorle que ce parallèle perd toute espèce de valeur. Les mmcies stries prédominent chez les arthropodes, tandis que les mollusques, les vers et h's animaux rayonnes ne possèdent que des éléments musculaires lisses. — Le travail volontaire ou involontaire d'un muscle ne dépend pas de s;i structure, mais de l'origine des oerfs qui le mettent en mouvement.
* Chez les mammifères, les muscles striés ne .«ont pns tous volontaire*, puisque le cœur qui est ferai»; par des faisceaux striés se meut indépeiidammciil de la volonté. De toile sorte que la grande «Htisioa histologtquc des muscles en îis^es et striés ne corrcsijoiul pas (comme le lait avec juste «•ton observer l'auteur de roi* ouvrage à une divUion pliysîolo};ique fondée «ur l'action volonl«ire ou involontaire. Mais en se plaçant à un point de vue physiologique plus rigoureux, on rceonnaît qu'il va uo rap|K)rt étroit enire la structure d'un nniscle et sa véritable (onction. En «niel, »un muscle se contracte sous l'influence de la volonté, on ne dira pns (jue la contraction 'oloiitairc est one fonction de ce nmscle, l'or-îanc d«î la volonté étant le système nerveux central.
Le muscle n'a qu'une fonction spéciale, la contraction. Celle-ci se produit brusquement ou "ei lenteur. Dans le premier cns le muscle est strié, «lans le second il est lisse.
I« tibrcs striées qui fomiert. le cœur ditlèrent des faisceaux striés ordinaires en ce qu'elles woliennenl de* noyaux à leur centre et qu'elles sont réunies les unes aux autres par des ana&tij- ••«ses Celte union intime des libres entre elles, les confondant en un seul faisceau ixiur ainsi ^.•oure la synergie et le syncronisme de la contraction cardiaijue. Il y a donc là un rapport •Dlune pnlrc la structure de l'orpane et sa fonction é
Les modifications qui surviennent dans le uujjM'Ic utérin vers la (in de la grossesse apportent ■^ore an appui à la manière de voir exposée dans cette note. En effet, les fibi*es masculaires de l'itéras, lisses en dehors de la grossesse, sont nettement striées au moment de la ptrturilion, ^^ïW-Jîre lorsque l'utérus doit so contracter avec éner}rie pour expulser le fœtus* R*
TRAITE irUlSTOLOGIE ET D'HISTOGHUIIE.
Fibres musculaires lisses. — Ou désignait autrefois sous le nom d'éléuicnts musculaires lissex (fig. 262), des fibres longues, pâles, rubannca|il, offrant, de distance en distance, dn noyaux é^l^ment allongés. C'est à la perspicacité de Kœlliker (1) qii*il étiil réservé de reconnaître que ces fibres étaient des cellules allongées, disposée» pariiénes longitudinales, et d'introduire ainsi dans l'histologie, en 1847, la connaissance des fibres eelMes eontractUet (c, h); c'était là un grand progrès pour &'|^Mj^X la connaissance de ce tissu dont Teu- |^Î)iT\VÀj "icii est si diftîcile ('i). ^^^^ ' La cellule musculaire lisse appwail ™^ sous forme d'un élément quelquefw
court (t), ordinairement long (d, f\, parfois très-allongé (g), qui s'effile en pointe à ses deux extrémités. La longueur est de 0'",0i5 à O'',040 pour lei cellules moyennes; elle peut descendre jusqu'à 0",Û35 pourles petites, et s'élever jusqu'à 0,225 et plus pour les trèslongues. La largeur des fibres-cellules varie entre 0^,006 el 0,013.
Du reste, elles paraissent pâles et homogènes, ou bien elles sont tout à lut incolores, ou bîei) elles possèdent une légère teinte jaunâtre, sans que pour " cela leur paroi et leur corps présentent ,j une différence perceptible. Il arrive as- " sez souvent que la substance liomo- , gêne se trouve légèrement troublée par uiolcculcs eicessivcraent téoues, '■ ressemblant à des grains de pousi:^ZZ:iï/Z':Z'fiZ%iZlT,i ^ière, ou par des granulations graîs- [iiiu iTb la M-i'iign. souscs, «le volume et de nombre varia-
ble (4).
Mais c'est surtout le noyau qui donne à la fibrc-ccllulcun aspect caractéristique ; c'est un petit bâtonnet assex pâle, long, cylindrique, plus ou moins arrondi à ses deux extrémités, qui peut se montrer ondulée après avoir été soumis à l'Hction de l'acide acétique. Le uoyau aussi est homogène ; ou n'y dislingue ni enveloppe ni contenu ; il est dépourvu de nu-
llbnt-»lhiiiti i-lipi l'Jwiiinit; t.celhik pour, d» «lires inu«ul>irf
cléole. Sa longueur moyenne est de 0",0'25 , sa largeur de 0,002 à 0,008. il est placé a peu près au milieu de la cellule dont il occupe Taxe, comme on peut surtout le voir nettement sur la section transversale d'un muscle préalablement desséché (A) ; cette section permet de s'assurer en même temps de la forme cylindrique de la plupart des fibres-cellules. Presque toujours le noyau est simple; mais on en trouve aussi deux, et il peut même y en avoir trois ou quatre dans une même cellule [Reiiiak (3), Kœlliker (4)] ; cette structure est une preuve importante de l'analogie qui existe entre ces cellules et les fibrilles musculaires striées.
Avec le microscope de polarisation on constate que la libre-cellule possède une réfraction double et qu'elle dévie à droite la lumière polarisée. [yalentin(5).l
Tandis que la fibre-cellule présente à l'époque de son complet développement un aspect particulier, elle n'offre au contraire chez l'embryon que des caractères peu tranchés ; le noyau est alors arrondi et vésiculeux (a, 6) . Cet état primitif peut-il se conserver intact dans certaines régions du corps? C'est là une question à laquelle il n'est pas possible de répondre aujourd'hui. Du re^te, il est impossible d'indiquer, d'une manière certaine, une Ugne de séparation entre les éléments musculaires lisses et les cellules fusiformes du tissu conjonctif ; d'autant plus que ces dernières possèdent aussi à un degré marqué la propriété de se contracter. C'est à ce point de vue qu'il faut juger les discussions qui ont eu lieu dans ces dernières années, sur la question de savoir s'il existait, oui ou non, des fibres-cellules dans tel ou tel organe, par exemple dans l'ovaire ou dans les ganglions lymphatiques (6).
D'un autre côté il peut arriver que la libre-cellule cpntractile, à un seul noyau, contienne dans son intérieur une substance striée; alors elle se rapproche des éléments musculaires volontaires.
Dans ce cas se trouvent les éléments du muscle cardiaque chez les vertébrés inférieurs [Weismann (7)], ceux de la crosse aortique chez la salamandre et le prolée [Leydig (8)], ainsi que les fibres placées sous l'endocarde chez les ruminants (9).
Les fibres musculaires lisses existent dans tout le canal digestif depuis l'extrémité inférieure de l'œsophage jusque dans le gros intestin ; elles se rencontrent aussi dans la muqueuse elle-même, seulement les couches sont alors plus minces, les faisceaux plus petits ; on appelle cette couche muscularis muco«d?( 10). L'appareil respiratoire contient également de ces éléments; on les trouve dans la paroi postérieure de la trachée, dans lamuqueuse à fibres circulaires des bronches et dans leurs ramifications ; mais ils n'existent plus dans les canalicules respiratoires ( 11 ) ; ils se trouvent de même dans les parois des vaisseaux, surtout dans la couche moyenne. Dans la peau, les (ibres-cellules contractiles n'apparaissent ordinairement que sous forme de petits groupes, au niveau des follicules pileux et des glandes sudoripares ; rarement elles y forment des faisceaux épais comme dans le dartos. Parmi les canaux biliaires de l'homme, il n'y a que la vésicule du
338 TKAITÉ DlIISTOLOGIE ET D'UISTOCHIMÎE.
fiel qui contienne de ces éléments. [Ilenle (12), Ebertii (45).] Us sonlplih répandus dans Tapparcil urinairc ; on les trouve sous Tornic de cuurhserrée dans les calices, le bassinet, Turetère et la vessie ; sous forme d>léinents disséminés dans le canal deTurèthre. Ce tissu est très-rcpandudau^ l'appareil génital de Thomme (dans le dartos, entre Icstuniques vagiiialps commune et propre du cordon spermatique, dans les épididymes, les canam déférents, les vésicules séminales, la prostate, les glandes de Cowper, k corps caverneux), ainsi (pie dans les organes génitaux de la femme; «ob existence est douteuse dans Tovaire (14), certaine dans les oviductes,daiis l'utérus (15) qui, pendant la grossesse, renferme une quantité très-considérable de fibres lisses, dans les ligaments larges [Ltischka (16)] etdin» les corps caverneux. On admet de plus Texistence du tissu musculaire lisse dans les cloisons de la rate des mammifères et dans les gangIioD> lymphatiques (17). Enfin il s'observe encore dans l'œil; on Tv trouie dans le sphincter et le dilatateur de la pupille, dans la choroïde, dans les muscles cil iaire et orbitaire et dans les paupières. [H. Mfiller(lH}.]
Uemauqies. — (1) Voyez son arlicle dans Zeitschrift fur wissensch. Zoolpgie, p. 48. - (2) Tour les mélhodos d'investigalioii, voyez Fret, Das Mikroskop, 2* édition, p. 181. - (5) Ij)C. cit., p. 177. — (4) Loc. ci£.,p. 81. — (5) Vojez sonouvragc» bien connu, p. !Î9i
— (G) Plusieurs auteurs ont admis pour i ovaire des fibres-cellules contractiles ; ce sont : Rouget (Juurn. de la physiolo^rje, tome 1, p. 480); .Ebt (Reichcrt*s und Du Bois-Ke;mond*s Archiv, 18.VJ, p. 675) et His (dans Scliultze'sArchiv, tome I, p. 171). KixMl^rcliow's Archiv, tome XXI, p. 5S5) et Grohe (tome XXVI, p. 278) ont déclaré égakaieat se ranfçer de cette opinion. — Leur existence a été niée, au contraire, par 0. Schbô.^ (Zcilsclirifl fur Nvissensch. Zoologie, vol. Il, p. 420) et Pfuiger [dans sa Monographie, p. 4i). Ce tissu est admis dans Tenveloppe et dans les cloisons des ganglions lymphatiques |ur dos auteurs contemporains : llis (Zeitsclir. ftir >vissensch. Zoologie , yoI. XI, p. VO); W. îlCLLKR (llenie's und Pfeufcr*s Zeitschr., 5 II., vol. XX. p. 120), et Kœlliker (Geitbelehre, 4* édition, p. 609). (iuant à moi, je l'ai bien vu chez d'autres mammifères. uuÎ5 non pas chez Thounne (Untersuchungen liber die Lymphdrûsen, p. 55). — (7) Voyei «oo travail dans les Archives de lU'icîiert et Du Bois-Heymond, 1861, p. 41. — (8) Rccherdie^ anatomiques et liisto1o<;iques sur les poissons et les reptiles, 1 855, p. 55. — (9) Vos IIessuIc, dans Zeitschr. fiir wissenscii. Zo dogie, vol. V, p. t89.— HEiciiERT,dans son SUipport annuel de 1854, p. 55. — (10) C'est surtout à BniicKE (pie l'on doit la preuve de rcxistence de ce tissu dans les nnupieuses de l'appareil digestif (Wiener Sitzungsherichte, vol. VI. ^). 214). Voyez aussi Kœllikkk, dans Zeitsciirift fur wissensch. Zoologie, vol. III, p. i06.
— (11) MoLEscnoTT (Untersuchungen zur Nalurlehre dos Menscheu) prétendit qu'il cii*tait là du tissu musculaire lisse. C'était une erreur dont ëberth fit plus tard justice (Zeitschrift fiir wissensch. Zoologie, vol. Xll, p. 447). Du reste, d'après Culberg (Observation» de penitiore pulmonum structura et physiologica et pathologica. HaHs, 1863), les caoalicuh^s respiratoiies des nouve^iu-nés coutiendraient des fibres-cellules musculaires. — (12) llandlmch der Analoniie, vol. 11, !'• partie, p. 218). — (15) Loc. cii ., p. 562. — (14) Vo)ez à cet égard la note 6. — (15) MoLEScnoTT et Piso-Borme (Beitrilge lur Naturlehre des Mcnsrhen, vol. IX, p. 1) indiquent des divisions ramifiées des cellules uiustnlaires d;ins l'utérus pondant la grossesse, ainsi que dans la prostate, l'estoniar, V\m Klebs en dit autant d«* la vessitî urina ire de la grenouille (Virobow's Archiv, vol. XXXIl, p. 171). — (16) VoNoz son article dans Ueichert's et Ihi Hoi.s-Reymond's Archiv, 18C1 p. 202. — (17) Nous rtMivoyuns à la note 6 et au chapitre qui traite de la Rate, dans la troisième partie do cet ouvrage. — (18) Vovcz Wiirzburger Ycrhandlungen, vol. IX. p. 244 et 70; vol. X, p. 179.
TISSU SIUSClLAlnE.