CŒUR
Dans la deuxième partie de cet ouvrage nous avons déjà parlé des vaisseaux sanguins et lymphatiques (g 201-211) ; il ne nous reste donc -qu'à compléter la description de l'appareil circulatoire; pour cela, nous aurons encore à parler du cœur^ des glandes et organes lymphatiques^ de la rate et des autres glandes vasculaires sanguines.
Le cœur (\) est l'organe musculaire central de la circulation; il se compose : l"" du péricarde ou sac séreux qui Tenveloppe, et que nous avons déjà mentionné; 2° d'une masse musculaire ; 3" de l'endocarde. Ce dernier représente une modification de la tunique interne des gros vaisseaux (§ 204), tandis que la masse charnue du cœur correspond aux couches musculaires de la paroi des vaisseaux (§ 204); mais plusieurs modifications se présentent ici.
Le péricarde correspond, par sa texture, aux véritables sacs séreux ; il se compose d'un feuillet pariétal épais et d'un feuillet viscéral mince. Ce dernier se trouve relié à la masse charnue de l'organe par du tissu conjonctif sous-séreux; il présente des amas de cellules adipeuses qui sont placés principalement dans les sillons du cœur, mais qui se trouvent aussi répandus quelquefois sur presque toute la surface extérieure de Torgane. Les vaisseaux du péricarde ne présentent rien de particulier ; les nerfs du feuillet pariétal proviennent, d'après les recherches de Luschka, du nerf pneumogastrique droit (récurrent) et du nerf phrénique (2). Nous avons déjà parlé de l'épithélium et de la substance liquide contenue dans le ,)éricarde(g87et§137).
486 TRAITE D'HISTOLOGIE ET D-HISHKaDOK.
Nous avons examiaé également, à propos du tissu musculaire, Uitrwlure des libres musculaires du cœur. Ces fibres, qui s'anastomosenl pour former des réseaux, soDt reliées entre elk d'une façon toute spéciale ; en effet, i Vatt^ tion des trabécules charnues des musdu pectines et papillaires, elles no sont point léitnies en faisceaux, comme cela a lieu ponr \a autres muscles striés. Les différentes hiumi de fibres musculaires sont étroitement serrées les unes contre les autres et reliées entre elles par un tissu conjonctif peu abondant. On sait que la masse musculaire présente une épaisseur très-inégale dans les ditTéreats compartiments du cœur; elle est surtout puissante dans le ventricule gauche, nuii elle est mince dans les deux oreillettes, piincipalemenl dans la gauche. Les plans musculaires du cœur ont, du reste, un trajet trùcompliqué, et nous sommes obligés de nom restreindre ici à l'examen des points la plus importants.
Les fibres du cœur n'ont pas la même direction dans les oreillettes et dans les Ta- Iricules ; on peut les diviser en fibres longitudinales et circulaires; mais cette dUtiao tien n'est complètement exacte que |)our les oreillettes, et non pour les ventricules. Il e^cislc encore une autre disposition particulière : une partie de la masse niu-'^culaire est commune aux deux oreillettes ; il y a de laéwt des libres communes aux deux ventricules ; mais, en oulro, chacune in quatre parties possède ses libres musculsires propres.
Les deux anneaux fibreux qui entourent les orifices veineux des ventricules, c'cst-it-dire les anneaux fibro- cartilagineux, sont considérés comme ie point de départ des fibres musculaires du cœur. Ces fibres parifnl de ces anneaux, et y reviennent, après avoir formé autour d'une desearités du cœnr une anse qui l'entoure. Vu cette disposition, les oreillettes et Its ventricules sont obligés, au moment de la contraction, de se rétrécir el de se replier du crîtc des anneaux qui forment la base des ventricules.
Dans les oreillettes, on trouve d'abord une couche intérieure formée de faisceaux longitudinaux; ils partent de l'orifice veineux, et se rccoiiri>enl en forme d'anse, pour constituer une esjicce de voûte au-dessus de cetortticfi. Ils prennent un développement pai-ticulier dans l'oreillette droite el donnent naissance aux muscles pectines. Cette première envelopiMcsteatouréc d'une couche annulaire d'une épaisseur plus grande, dîstinete pour . es deux oreillettes el spéciale à chacune d'elles; plus extérieurement, clic leur est commune; cette seconde partie de la couche annulaire est surtoDl
développée à la face antérieure du cœur. Enfin les orifices des veines sont enveloppés par des faisceaux annulaires qui se prolongent à une certaine distance sur la paroi de ces vaisseaux.
Dans les ventricules, la disposition des muscles est encore plus compliquée. Remarquons d'abord que le ventricule gauche possède une masse charnue spéciale. Le ventricule droit a également ses fibres propres, mais elles se prolongent sur le ventricule gauche, et ce prolongement sert à renforcer la masse musculaire de ce dernier; enfin il existe des faisceaux musculaires qui partent du ventricule gauche et y reviennent, après avoir formé une anse qui enveloppe le ventricule droit.
On voit en effet un certain nombre de faisceaux musculaires longitudinaux partir de l'anneau fibreux gauche et de l'aorte (et cela sur toute la circonférence du ventricule), descendre dans la partie extérieure de l'une des parois, puis se recourber au niveau de la pointe du cœur et cheminer ensuite à la face interne de la paroi opposée, pour rejoindre de nouveau l'anneau fibro-cartilagineux; les anses, à direction oblique, s'entre-croisent et se contournent en tourbillon à la pointe du cœur.
Dans le ventricule droit, nous voyons également des fibres partir de l'an* neau fibro-cartilagineux. Une partie de ces fibres cheminent d'une manière analogue jusqu'à la pointe du ventricule droit ; mais, à partir de ce point, leur parcours est différent ; elles ne se prolongent pas dans la paroi opposée du ventricule droit, mais se réfléchissent dans la paroi correspondante du ventricule gauche, dans laquelle elles restent jusqu'à leur arrivée à l'anneau fibreux gauche, où elles se terminent.
A ce premier ordre de fibres, disposées d'une manière toute spéciale, mais dont la direction est généralement longitudinale, viennent s'en ajouter d'autres ; ces nouvelles fibres sont circulaires ; elles prennent naissance au niveau de l'anneau fibro-cartilagineux gauche et forment, autour de la paroi vcntriculaire gauche, des tours en forme de huit de chiffre. D'autres faisceaux charnus, partis du même anneau, forment des anses simples qui enveloppent le ventricule droit. Les différentes masses musculaires sont placées au milieu des fibres longitudinales. Des fibres analogues partent également, mais en nombre bien moindre, de l'anneau fibro-cartilagineux droit ; elles forment une anse simple autour du ventricule gauche. Enfin, il existe encore des fibres circulaires qui partent de l'anneau fibreux gauche et y reviennent après avoir contourné le cône artériel.
Les muscles papillaires sont formés par des fibres longitudinales et par des fibres transversales (3).
Remarques. —(1) Voy. Touvragc de Kœlmker, vol. H, II* partie, p. 482; Gerlach, p. 194, et rarticle de Reid : « Heart, • dans Cyclop., vol. II, p. 577. — ('2) Strukiur der serôsen Haute, Structure des membranes séreuses, p. 75. — (5) Pour cette description nous avons suivi exactement l'ouvrage de Meyer (voy. son Lehrbuch der Anatomie, Traité dCanatomie^ 2* édil., Il' partie, p. 499). Nous citerons eAcore pour ce sujet : Ludwig, dans Ilenle's und Pfeufer's Zeitschriit, vol. VII, p. 191, et Donders, dans sa Physiologie, vol. I, p. 14, ainsi que l'article de Sbarle : On the arrangement of the fibres of the heart,
Disposition des fibres musculaires du cœur, dans Cyclop., vol. II, p. 619; Yiimn. dans Rcicherl's und Du Bois-Reymond's Archiv, 1865, p. 261 .
Endocarde, vaisseaux et nerfs du cœur. — L'endocarde (1) reconnu toute la face interne des cavités cardiaques et en tapisse toutes les iné^ lités ; son épaisseur est trcs-variable dans les différents points. C*cst daib les ventricules qu'il est le plus mince ; là il existe sous forme d'une membrane délicate; il atteint sa plus grande épaisseur dans Toreillettc ganche, où il constitue une membrane assez épaisse. L'endocarde est formé essentiellement par des fibres élastiques d'épaisseur variable ; elles sont en effet très-iines h la surface, et plus épaisses dans les parties profondes; mais ces dernières manquent quand l'endocarde est très-mince ; sur toute sa surface libre, cette membrane est recouverte, comme la tunique iaterne des vaisseaux, d'une simple couche d'épithélium paviineiiteux;saface opposée se confond avec le tissu musculaire du cœur à l'aide d'une couche de tissu conjonctif inégalement développée dans les difTcrentes parties.
Les valvules auriculo-ventriculaires (valvules tricuspide et mitrale) s^iat formées par un repli de Tendocarde ; entre les deux couches de cette membrane s'en trouve une troisième, formée essentiellement pa^ des libres venues de la zone iibro-cartilagineusc et par des expansions des tendons des muscles papillaires. Les vahides semi-lunaires des artères possèdent une structure analogue, seulement ici la couche moyenne est plus faible.
Les vaisseaux sanguins se présentent dans la masse musculaire du cœur sous la forme typique d'un réseau à mailles étendues. Généralement IW docarde ne possède; de vaisseaux sanguins que dans le tissu conjonctif qui compose sa couche la plus profonde. Les valvules auriculo-ventriculaires en possèdent dans cette même couche ; mais on n'en trouve point dans le< valvules semi-lunaires. [Gcrlach (2).]
Les vaisseaux lym|)hatiqiies se rencontrent principalement dans le tissu conjonctif situé entre le péricarde et la surface extérieure de la couche musculaire; des recherches nouvelles nous apprendront s*il en existe également dans les muscles du cœur et dans la partie profonde de Tcndocarde.
Les nerfs du cœur viennent du plexus cardiaque, foimc lui-même par des libres qui partent du grand sympathique et du pneumogastrique.
De nombreux troncs nerveux se ramifient avec les vaisseaux sanguins pour se répandre dans les oreillettes et les ventricules. Ces derniers sont plus riches en nerfs que les premières, et des deux ventricules c'est le gauche qui en possède le plus. Les nerfs cardiaques paraissent gris: ils sont composés de tubes, à substance médullaire, minces, et mêlés de fibres de Remak. Us se terjninent pour la plupart dans les muscles; il y en a cependant que Ton peut suivre jusque dans l'endocarde. Mais, ni chez l'homme ni chez les mammifères, on n'a encore pu déterminer le mode
de terminaison des nerfs dans le cœur. Une circonstance remarquable, c'est Tcxistenoe de nombreux ganglions microscopiques sur les rameaux nerveux logés dans la masse musculaire; ils existent surtout dans le voisinage du sillon transversal et dans le septum des ventricules (3).
Les physiologistes ont découvert que les deux ordres de nerfs du ** cœur possèdent des fonctions tout à fait différentes. En effet, les fibres du grand sympathique produisent les contractions des muscles cardiaques ; leur centre d'excitation réside dans les ganglions dont nous venons de parler ; aussi le cœur continue-t-il de battre quand il a été retiré du corps d'un animal vivant. LesGbres du pneumogastrique exercent une influence toute contraire; car si ces nerfs sont excités, ils interrompent l'activité des éléments du grand sympathique, de sorte que le cœur s'arrête en diastole. [E. Weber(4).]
Ce fait semblerait indiquer que les fibres du pneumogastrique vont se terminer dans les ganglions cardiaques, c'est-à-dire dans les cellules de ces ganglions (5).
Nous renvoyons, pour la composition chimique du muscle cardiaque, à ce que nous avons dit à propos du tissu musculaire (g 170). Ce qu'il y a de remarquable pour le cœur, c'est la grande proportion de créatine et l'apparition de l'inosite, que l'on n'a encore observée jusqu'à présent que dans la masse musculaire du cœur.
Nous avons examiné déjà la structure des veines et des artères (§ 203 et 204) ainsi que celle des capillaires (g 201 et 202)*.
Remarques. — (\) Voy. Luschka, dans Virchow's Archiv, vol. IV, p. 171. — (2) Loc. cit., p. 205, et LuscHKA, loc, cit., p. \S\. — (3) Remak, dans Mùller's Archiv, 1844, p. 4G5; Lee, Meinoir on llie ganglia and nerves of Ihe bearl. Mémoire sur les nerfs et les ganglions nerveux du cœur, Londres, 1851, et Ci.oetta, dans Wiirzburger Verhandlungen, voL II[, p. 64. — C'est surtout chez la grenouille que l'on a exactement étudié ces ganglions. Voy. l'article de Volkmann : Nervonphysiologie, Physiologie des nerfs, p. 497 ; Wagner, dans Hnndwerk der Phys., Manuel de physiologie, y o\. IIF, p. 452; Ludwig, dans Mullor's Archiv» 1848, p. 159; Bidder, irf., 1852, p. 163 ; Kœiliker, Gewebelehro, Histologie, 4" édit., p. 585. — Les troncs nerveux qui passent sur la face externe du cœur se réunissent entre eux sous forme de plexus, dont les uns sont des renflements ganglionnaires véritables, tandis que les autres, de forme aplatie, ne sont point des ganglions, mais simplement des corps formés par le périnèvre ; ils furent découverts par Lee, puis observés par Cloetta. — (4) Voy. l'article : Muskelbewegung, Mouvement muscU" laire, dans Handwerkder Phys., vol. III, II* partie, p. 42. Ceci nous rappelle les propriétés analogues des nerfs vasculaires des glandes salivaires, ainsi qu'une découverte de Pflûger, qui trouva qu'en excitant le nerf splanchnique on produit un arrêt dans les mouvements péristaltiques des intestins. (Voy. Monatsberichte der Berliner Akademie, Rapports mensuels de V Académie de Berlin, juillet 1855.) — (5) Kœlliker (loc. cit.) prétend que dans le cœur de la grenouille les rameaux du nerf pneumogastrique n'ont aucune cs{>èce de communication avec les cellules ganglionnaires unipolaires, et ne font que traverser les ganglions.
Au-dessous de IV' pi ( hélium, on rencontre dans l'endoranlc une couche mince de tissu conjouclif lamellaire à cellules plates. Cette couche est semblable à celle que l'on observe dans la tuni(|ue interne des vaisseaux. (Voy. la note de la p. 469, et Hanvier et Comil, Contrih. h l'hist. normale et path. de la tunique interne des art. et de l'endocarde, Arch, de physiolog., 1868, p. 551.) R.
490 THAITÉ D'HISTOLOGIE ET D-BISTOOlllilE.
Ganglions hjmiihatiques. — On rencontre dans le corps des vertélup BMpérieurs des organes (jui leur sont propres, je veux parler des sanglions ou plexus lymphatiques (1) ; ils présentent la forme d'un hmcet, ou bien ils sont ovoïdes ou arrondis, très-vasculaires, el placés sur li trajet des gros vaisseaux dont ils interrompent le parcours. Ils sont surlnc nombreux sur le trajet destroncslymphatiquesdes viscères , etdanslcsi*gions du corps où des vais»eiiii lymphatiques superticieU fianent se jeter dans les vaisiicaDi profonds. Souvent un seuld même vaisseau reçoit plusieoR autres vaisseaux lymphatique!, et il est probable que tous le»
troncs lymphatiques reçoÎTail des vaisseaux avérants, dus leur trajet de la péripliéneu canal thoracique. Quand le plexus lymphatique nest pk trop petit (fig. 569), on Toit s'y rendre plusieurs petit»
troncs lymphatiques (vaisseiui alTérents, f. f.) qui péDètml par la partieconvcxe du pleiœ: de ce dernier parteot un « plusieurs troncs abducleun (vaisseaux efTérents, h) ; ee derniers sont gcnéralcaieatpfn nombreux, mais ils ont un diamètre assez considérable. Le point où ta derniers conduits abandonnent l'organe est presque toujours déprimé: c'est là aussi c)ue les v^ifiscaux sanguins pénètrent dans le plexus, ù point a été ajtpelé le hile {h). Cette dépression manque complétemol dans d'autres ganglions lymphatiques.
Il est très-diflicile d'étudier la structure des ganglions lymphatique», d ce n'est que dans ces derniers temps que l'on est parvenu à s'en rendrt eom|)te. On a remarque que ces organes présentaient des dilTérenc» notables suivant leur volume propre, les dimensions des aaimaux. «t enlin suivant les différentes régions du corps; ainsi, la structure d'un gros ganglion lymphatique de bœuf est loin d'être identique à celle d'un petit ganglion de lapin on de cochon d'Inde. Si l'on avait eu égard à en faits, on aurait évité beaucoup de discussions inutiles.
Quand le ganglion lymphatique n'est pas très-petit et nidimentaire, an y distingue dcii.\ parties : une couche corticale d'un gris rougeàtre, qui se compose de corpuscules ronds appelés fotlicHles (d), et une mattt
Fig. 169. — S«clion <l DD I etit gar
maiiii'' KlKmali gui) a. rarolopiM' «tiniure 6 iloiioi (éolw ou II*" fuUiculca iln U e, clai>3ni de lu luaaMe méduUainï.
jmliiiiKc jU'iqii'au hjlr An fotfane |i1utii|ur> dp II nuMe mïdiiUuire; f, Ui|ur> atKrents qui enTdnpiH'nt h inTBrHT cnsuilK le snl^ir itëi lacui ncduUaire
qui vpiccnl Iti al mdic cortiiale (rff ilout une (urtir >
puint lie joni'lioo de et ^jsUinc .aiiM'iiu abiiuclcur (t); cr poinl ci pria du bllu de l'oi^nc.
médullaire j spongieuse, plus foncée, formée par les prolongements tubulaircs et réticulés des follicules.
Le ganglion lymphatique est renfermé dans une enveloppe de tissu conjonctif (fl), plus ou moins épaisse ; elle est peu vasculaire, et formée de cellules de tissu conjonctif^ d'une masse fondamentale fibrillaire, et d'éléments élastiques. Extérieurement, le tissu se transforme en tissu conjonctif à forme indéterminée, souvent très-riche en cellules adipeuses.
Par sa face profonde cette capsule se prolonge sous forme de cloisons (6. b. c.) tantôt assez simples, tantôt plus compliquées, quelquefois Irès-étendues ; ces cloisons se bifurquent, puis se réunissent de nouveau plus loin, et divisent ainsi le centre de l'organe en un certain nombre d'espaces qui communiquent entre eux, et qui sont remplis de tissu lymphoïde.
Du reste, les cloisons possèdent la même texture que la capsule. Elles sont formées par du tissu conjonctif fibreux, ordinairement mélangé de fibres musculaires lisses (2). Souvent ces derniers éléments y sont très- Bombreux (His), comme, par exemple, dans les glandes inguinales, axillaires et mésentériques du bœuf; dans d'autres cas, ces éléments musculaires sont rares, comme chez l'homme par exemple; il y a des cas où il est impossible de démontrer d'une manière certaine la présence de ces éléments. (Frey.) Ces cloisons sont élargies à leur base; elles passent ensuite entre les masses arrondies des follicules et descendent verticalement le long de leurs parois latérales ; elles se transforment un peu plus loin dans une région où le tissu lymphoïde éprouve également une modification que nous étudierons plus loin en détail. A la limite de la substance corticale et de la substance médullaire, ces cloisons de tissu conjonctif commencent à se fendre et à se diviser ; elles diminuent en même temps d'épaisseur. Le follicule n'est jamais engainé d'une façon complète, à sa partie inférieure, par ce système de cloisons. 11 existe toujours à ce niveau une ou plusieurs lacunes; souvent même le tissu folliculaire est libre dans une assez grande étendue, et touche immédiatement la masse médullaire. Les cloisons peuvent également être perforées entre deux follicules qui communiquent alors entre eux par des ponts épais formés de tissu lymphoïde.
Remarques. — (1) Nous possédons un grand nombre de travaux sur les* ganglions lymphatiques. Sans parler des ouvrages plus anciens, nous citerons ici : Ludwig et Noll, dans flenle's und Pfeufer's Zeitschriflt, vol. IX, p. 52 ; 0. HKYFELDER,l]eber den Bau der Lymphdriàsen. De la structure des ganglions lymphatiques. Breslau, i85i, Diss. ; Kœlliker, Uandbuch der Gewebelehre, Manuel dliistologief 1" édit., p. 561 ; Bbûcke, dans Sitzungsberichten der Wiener Akademie, Rapports de l' Académie de Vienne, vol. X, p. 429, et Denkschriften, Mémoires, vol. VI, p. 129 ; Donders, dans Nederl. Lancet, 5 Ser., 2 Jaargang; Kœlliker, dans Wiirzb. Verhandl., vol. IV, p. 107; Leydig, dans MôUer's Archiv, 1854, p. 342, et dans son Histologie comparée, p. 404, 424; Yirchow, dans Gesammelte Abhandl., p. 190, et Ccllularpatbologie, Pathologie cellulaire, 5' édit., p. 173; Lœper, Beitrage zur pathol. Anat. der Lymphdrûsen, Contributions à Vanatomie pathologique d£S ganglions lymphatiques. Wtirzburg, 1856, Diss.; G. Eckard, De glandulantm lymphat. structura. Berolini 1858, Diss.; Biuroth , Histologie pathologique,
i93 TRAITÉ D'UlSTOLOGtE ET irHiSTOCHOUE.
p. 13C; dans Virchow's Archiv. vol. X\I, p. 423, et dans Zeilschr. tHr wissench. ZoalKîi Journal deioologie sciciuifique. vol. \, p. B) ; Huile, dans Henle's und Pfeufer'i Lmschrifl, 5 R,, vol. VIII, p. 201 ; Fbkï. dans Vicrtcljahrschr. d. nalurw. Ces. in land Journal trimestriel de la Socit'K' des sciences naturelles de Zurich, roi. V, p. 5Ti,< UotersudiuD^cn flbcr (Ile Lvmplidrilsen des llenschon uud der Siiugethiere, AffArrriin sur les ganglions tymféatiques de l'homme et des mamwiféret. Leipiiç, 1861; V.lb. dans Zfilschr. t. wîes. ZooI., Journal de xoologie scientifique, vol. lk,p. 555; loLU p. 65; KxLUiEB, (icwclHtIchrc, Histologie, 4' cdit., p. 607 ; Teicb>ash, Das San^gyslcin, Système des vaisseaux absorbants, p. S5 ; Krausb, Analom. t'nlcrsiHJmii^ Reeherclies miatomiifues, p. 115; W. Hûlleb, dans Ucolc's und Pfeufrr's ZcibcbiL 3 R., vol. XX, p. IIU. Pour les méthodes d'invefli^ation des ganglions lymphiti^ (qui oiTrcnt de grandes difficultés sou$ co rapport), voj. le Uîcroscopc, par Fbet, i'iL p. 32G. — (2) DHiicke, DsïFEi.DKii, Gerucb, Kis, Kùllieeh, indiquent Li prvMn» ir Gbrcs musculaires lisses dans la capsule cl les cloisons. Je ne suis pa* arriTé i les iNoanailrc avec certitude sur les préparations <pie j'ai liludiées. Voyci encore ics redient» minutieuses de W. MOlleh, ainsi que le paragraphe 163 de notre ouTrage.
Lo syslëmc de rloisons que nous venons d'examiner (fig. 370, b, c], divise donc [a partie corticale du ganglion lymphatique en un nombrr plus ou moins considénUr / de masses généralement irrondies , auxquels oa i donné le nom de foUiniles (1). Mais les cloisons tt le follicule ne se toucheni r jamais (fig. 369, d et 570):
il existe toujours entre ces deux corps un espace iatermédiaire plus ou inoiiu large, de nature spcdale, qui enveloppe le follicuif (%. 370, i).
Les follicules eux-méiDf( sont tantdt serrés les nib contre lesautres, tantôt plu; éloignés; ils forment um couche simple ou bien pla-
Fi(r. S70, — Section v.
prii
iD fulliiiile lrnipbatli|ui
^ île 11 pirtia vil^ieura; i. diirpenU sîeurS COUches qui Se reCOO- " --■ '--itk; t. mailles llnn de la jnir. , ,, „ . ~ ,
t ha canal iTuiphaii<|iie <ie vrent I uue I autre. On pMH ... „ ^^.^^ d'après cela, que l'é-
paisseur de la couche corticale doit présenter de grandes variations dans les différenls ganglions lymphatiques.
En outre, le volume du follicule varie suivant les espèces animales et li région du corps; le diamùtre peut varier entre 0" ,25; 0*46; 0',68; {'".IS? et niènte 2 iiiillitnétres.
î, il m<v(tinn ila- miaii\ Ijiuplialiqari mr lu cloiMHU.
APPAREIL CIRCUIATOIRE;.
MS
Les Ivilicules sont arrondis et font souvent saillie à la surface des gansions; c'est là la forme générale; mais il existe beaucoup d'exceptions. Les follicules sont presque toujours serrés les uns contre les autres, et prennent, par pression réciproque, une forme polyédrique plus ou moins wcusée. Souvent aussi la partie inférieure du follicule se prolonge en [Miate et se dirige vers le centre du ganglion, de telle sorte que l'en- Kmble du follicule prend un aspect piriformc (fig. 569). Quand la partie Gorticale d'un gan- 0ïon se compose de [dnsieurs rangées de follicules, on trouve eocore de plus grandes variations dans la forme de ces derniers.
Nous avons déjà étudié le tissu des follicules (fig.STl) dans le paragraphe 117 de est ouvrage. Ils sont formés par du tissu coDJonctif réticulé , constitué par un rcleau cellulaire continu, à mailles arronlies, polyédriques ou de forme indéterminée; mais le volume des cellules, le nombre et l'épaisseur des ' prolongements , les dimensions des mailles, offrent ici de nombreuses variations. Ces différences dépendent de l'àge plus ou moins avancé du sujet, du gonflement des ganglions lymphatiques, de certains états pathologiques.
En examinant un ganglion lymphatique chez un enfant nouveau-né, on aperçoit, au niveau des nœuds du tissu conjonctif réticulé, des cellules très-nettes, pourvues d'un noyau saillant qui mesure de O'",004 à 0",005. Les mailles du réseau ont de O^-OOg à O^jOiS, mais peuvent atteindre jusqu'à 0'°,018 et même C.SS de diamètre. Mais ces éléments cellulaires peuvent être moins distincts, et presque c^accs.
Chez l'adulte on ne trouve souvent plus de noyau, oubicnilcstrudimentaire, ratatiné. Les mailles ont en moyenne de 0"',012 à 0",018 de largeur. Les Irabécules peuvent encore être très-minces, mais ou en observe également chez l'adulte d'épaisses et de irès-solides.
Chez les mammifères, le tissu qui forme la charpente des ganglions lym-
conjonctif
réticulé d'un
follicule de rejtr
du
ipeitlseni
ire. ; i, du
iriH'iile rilieulée de Ii«u conjo.