‹ Traité d'histologie et d'histochimieChapitre 42 sur 50 · DC(I · texte numérisé non relu

DC(I

ulaire= mla

4M TRAITÉ D'HISTOLOGIE ET imiSIOGHIMIE.

phatiques présente un aspect analogue, mais des variétés fort nombremo.

S'il est facile d*étudier les détails de texture que nous yenons d'indiquer, on rencontre des difficultés bien plus grandes quand il s'apt de déterminer les limites périphériques du follicule. Il est certain ijbI n'existe pas là de membrane en?eloppante. On remarque que les miilki du réseau cellulaire, qui ont ordinairement leur plus grande largeur m centre même du follicule (fig. 570 1), se resserrent de plus en. plus tenh périphérie (b) ; en même temps la forme des mailles, d*abord drcolaÎR, devient de plus en plus allongée ; elles se présentent sous Taspect depe> tites fentes longitudinales. Le réseau perd aussi de plus en plus sa naton cellulaire; on rencontre en effet des travées fibreuses ramifiées. Ces film offrent l'aspect d'un réseau élastique excessivement serré (c); quand ellei sont arrivées à la surface du follicule, elles le contournent. Les petits espaces compris entre ces travées fibreuses n'ont pas plus de (r,U06 i 0°',004 de diamètre; ils ont la forme de fentes, et doivent livrer fidlemcnt passage aux liquides, aux molécules graisseuses et aux corpusculei lymphatiques.

Nous avons déjà parlé plus haut des sinus lymphatiques ; ils ressemblent, comme nous le verrons plus loin, aux sinus des glandes de Peyer; ces espaces existent dans les ganglions lymphatiques autour de chique follicule ; quand les ganglions ont subi des altérations pathologiques, ib peuvent disparaître.

Ils entourent toute la surface du follicule sous forme d'une coudie transparente, continue, mais qui est loin d'avoir partout la même épaisseur (fig. 569 et 570, t); celle-ci varie entre 0'",0i8 et 0",025 et peut môme s'élever au-dessus.

Dans ces espaces se trouvent placées des cellules lymphatiques en nom* bre variable. Si on les chasse de la préparation à l'aide d'un pinceau, on reconnaît qu'il existe encore dans tous les sinus un second élément (i); c'est un système de fibres résistantes qui partent de la surface interne de la capsule et des faces latérales des cloisons ; elles se dirigent vers les follicules en convergeant vers leur centre, et se confondent avec le réseau cellulaire périphérique très-dense de ces organes. Ces fibres partent de la capsule et des cloisons et fixent la charpente du follicule comme uii cadre qui tend une tapisserie. Grâce à cette disposition le réseau cellulaire du follicule, qui est très-délicat, ne peut revenir sur lui-même; il reste tendu et les petites fentes de la surt'ace du follicule sont maintenues béantes ; cette disposition est très-importante pour la circulation lymphatique et en général pour la nutrition du ganglion. Les fibres qui tendent le follicule apparaissent sous forme de filaments ou de travées sans noyaux, tantôt minces, tantôt épais, souvent ramifiés à angles aigus ; mais il arrive aussi qu'on rencontre des noyaux aux points dVntre-croisement des libres, ce (jui semble indiquer l'existence d'un réseau cellulaire. Nous retrouvons donc encore ici le tissu conjonctif réticulé avec ses formes bizarres et multiples.

APPAKEIL CDtCUUTOIRG. 49E>

RniAfiQiiES. — (1) Comparez avec les descriptions de II» et de Fheï. Dans les grandes masses do follicules, telles qu'on les roncootio dans les couches corticales des ganglions Ijmphaljqtii's du b<eu(, plusieurs follicules paraissent réunis par une substance unissante à mailles serrées, di- sorte que les roUîcules tranchent sur la masse qui les enveloppe et apparaissent sous forme de corps plus clairs et plus transparents. Vojei le paragraphe suivant, qui traite des autres organes lympboïdes.

Passons maintenant à l'étude de la sid>stance médullaire des ganglions lymphatiques.

Elle est fort compliquée, et peut être considérée comme une expansion des cloisons corticales, de la substance des roUtculcs, de leurs sinus et des libres qui les tendent.

Elle présente du reste bien des différences à l'analyse microscopique; elle est loin d'olfrir les mêmes apparences cbcz les jeunes sujets, où souvent elle existe seule, et dans tout son développement, que chez l'adulte et le vieillard, où on la trouve plus ou moins atrophiée.

Elle présente aussi des différences suivant les espèces de mammifères. Enfin la substance médullaire est bien plus développée dans les ganglions lymphatiques placés à l'intérieur du corps, et surtout sur le trajet du tube digestif, que dans les ganglions axillaires et inguinaux.

Nous commencerons par étudier le système des cloisons for- < mées par du tissu conjonctif (fig. 372, c). Quand ces cloisons sont développées, elles sont constituées par le prolongement des cloisons inter-folliculaires , et consistent en plaques et en travées de tissu conjonctif, minces à la vérité, mais serrées, qui se réunissent à angle aigu , de distance en distance, ou bien encore s'écartent l'une de l'autre de la même manière. Finalement, ces cloisons se réunissent de nouveau pour former une seule masse de tissu conjonctif placée dans le voisinage du hile, c'est-à-dire dans la région où les vaisseaux lymphatiques efférents sortent du ganglion (près de fr) . Le volume et l'épaisseur de cette masse commune sont fort variables. En effet, dans beaucoup de ganglions lymphatiques internes, elle est insignifiante et peut même disparaître complètement; au contraire, dans d'autres ganglions, et surtout dans ceux qui sont situés à la ircriphérie, elle peut atteindre une puissance considérable, de sorte qu'elle arrive même à déplacer le tissu lymphoïde de la substance médullaire. Cette masse de tissu conjonctif, que les cloisons forment par leur réunion, a reçu le nom de noyau de tissu conjonctif (t'rey) ou de stroma du kUe (His).

m TRAITE; D'UISTOLOGIE ET D'HI^TOCHIHIE.

Quant à la ])artie essentielle, c'est-à-dire la partie tymphoïde àr la nbstancc médullaire, elle se présente sous tunEr d^éléuients rylindriques tubulés, reliés entre «m eu réseaux, et constituant ainsi un tissu s{ion^i(.iii spécial dont les lacunes reprcscntcut les imt envelopi)ants de la substance corticale. Nu<h désignerons ces tubes cylindriques sous le iuk Ac canaux lymphatiques {cattaux médullairaii Dis), et le système des lacunes interniédiiirK sous le nom de conduils lymphatiques àelatùstance médullaire (conduits caverneux).

Considérons en premier lien les canaux lin-

•,tai»..!iu capillaire; », tiK.li phatiqucs (fig. 373,374, 575). Leur é|N>is»eur

i^iiîTe'linai.""' " °""" est excessîvemenl variable; de plus, un seul el

môme canal i>cut présenter un diamclre tri's-iiK-

gal dans les dilTérents points de son parcours. Les canaux Irniplialique;

très-uiinccs peuvent avoir 0"',Û23, et nicmc moins, dans leur diamètn

Iransvci'sal ; d'autres ont, au contraire, une épaisseur double ou triple. Ciiezles petits niamniil'ères un en rencontre qui ontde0",09à0",12dedit-

APPAREIL CIRCUUT(»RE. 497

mètre. Dans les gros ganglions lymphatiques du bœuf ces canaui de la substance médullaire peuvent atteindre un^épaisseur encore plus

Examinons maintenant la texture des canaux lymphatiques, après avoir poussé des injections de matière colorante dans les vaisseaux sanguins; on voit tout d'abord que tous les canaux lymphatiques sont parcourus par des vaisseaux sanguins, de sorte qu'ils ressemblent à des gaines lymphatiques placées autour de cçs derniers. Suivant l'épaisseur du canal lymphatique, l'axe est occupé par une petite branche artérielle, par un vaisseau capillaire (fig. 375 et 574) ou par une veine. Quand les canaux lymphatiques ont une épaisseur considérable, comme dans les ganglions des grands animaux, leur système vasculaire devient plus compliqué (lig. 375, a). L'axe est encore occupé dans ce cas par un vaisseau artériel ou veineux plus volumineux, tandis que la partie périphérique est traversée par un réseau capillaire à mailles longitudinales, dépendant du vaisseau central.

Le canal lymphatique est formé par du tîssu conjonctîT réticulé, c'est-àdire par un réseau de cellules ou de travées (fig. 575, b), qui enveloppent de tous cotés le vaisseau sanguin, et lui tiennent lieu de membrane adventice. Dans les canaux lymphatiques épais, on retrouve aussi du tissu conjonctif réticulé, et dans beaucoup de cas sa surface est perforée et présente très-distinctement l'aspect d'un réseau. Dans les canaux lymphatiques plus minces, ceux des

petits animaux et du lapin, z*-^^ — Jf

entre autres (iig. 374, a, 6), la sui-face extérieure est plutât membraneuse et homogène, et rappelle par sou nspect les conduits glandu- Inircs. La forme si variable du tissu conjonctif réiiculé explique la différence de conformation de la surface extérieure des canaux lymphatiques.

Quelle est lorigine des canaux lymphatiques, où vont-ils aboutir, que deviennent-ils?

11 est encore assez facile de déterminer l'origine des canaux lymphati<|ues dans les follicules (lig. 376). Ils partent de la face inférieure de ces derniers, et paraît-il, toujours en nombre multiple. La charpente du follicule form<: le réseau de trabécules du canal lymphatique, et le vaisseau sanguin de ce

Coupe lerlictlc du rullki;

m ganglion lynpbilique

498 TRAITÉ D'UISHUWIE ET irBISroClinilE.

dernier péiiûlre dans le follicule au point de contact des deux urgior». C'est précisément dan^ la partie inférieure du follicule que le système i^ cloisons est souvent fort incomplet (voy. fig. 572),

Abordons maintenant la seconde question : Que deriennent les caDim lymphatiques? Le parallélisme du ces canaux avec les vaisseaux «anguiiu devait faire penser, tout d'abord, qu'ils se réunissaient en truna de plus en plus considérables pour se séparer finalement de« mseaux sanguins dans le voisin^c du bile et constituer alors le niveH efférent. En effet, cette opinion, complètement inexacte, a été émise i plusieurs reprises. Un examen approfondi de la substance méduUaiit nous apprend, tout au contraire, que le tissu réticulé des canaux lymphatiques va se perdre de nouveau dans d'autres follicules, après afoir à la vérité subi plus d'une modification (fig. 572|. Par conséquent le réseau, si étendu, des canaux lymphatiques de la substance médullaire, doit être considéré comme un système de communication Irncompliqué établi entre les diiTérents follicules d'un même ganglioa lymphatique.

Nous venons de considérer la substance médullaire comme un résean formé par les canaux lymphatiques; il est évident qu'un système de lacunes analogues correspond aux canaux de la substance médullaire. Et c'est à traven ces lacunes que s'étendent, en partie ou en totalité, les cloisons dont nous avons déjà parlé (fig. 577, b). Nous trouvons ici li même disposition que dans la substance tùf ticale, c'est-à-dire que les cloisons ne lonchent pas le tissu lymphoide. Dans la substance corticale nous avons trouvé un espace qui enveloppait le follicule; ici nous trouvuns toujours un espace intermédiaire, plus ou moins grand, qui sépare le canal lymphi-

FiB Î77 -Sub>l»pccmédiill«itodun ^'4'^'^ ^^ '^ cloisOU, OU IcS CBOauX lymphl-

(laagiiiin in^uiaii de 'uu (Uit). tîques les uus dcs autrcs, quuid la cloi^i vient à manquer.

Il nous reste à examiner maintenant ce que contiennent toutes ces lacunes de la substance médullaire. On y trouve, comme dans les sinu» qui enveloppent les follicules, un nombre variable de corpuscules lymphatiques que l'on pont enlever à l'aide du pinceau. On observe alors un réseau à mailles très-larges, formé par des cellules de tissu conjoedif. avec leurs noyaux el h'urs ramiCcalions, et qui traverse toutes les lacunes (fig. 376 b, 575 /)■ Une partie des fibres de ce réseau prend naissance dans les cloisons, une autre partie va se perdre dans le tissu coi^ODCtil réticulé des canaux lym|)hatiqucs, et, quand il n'y a pas de cloison, ce réseau relie entre eux les canaux lymphatiques voisina.

11 est facile d'observer ce réseau cellulaire sur les ganglions mésenté-

APPAREIL CIRCULATOIRE. iW

riqucsctsur le pancréas d'Aselli du lapin |fig. 578c(l)|. Cette étade est du reste fort iustructive. On remarque, en effet, que les corps des ■cellules sont gontlés , distendus , dépourvus de membrane ; les prolongements cellulaires sont également renflés, larges et épais. Outre le noyau , trèsvolumineux , on observe dans la cellule et dans ses prolongements des corpuscules lymphatiques isolés. (W.MûIler-Frey.) Il est probable qu'il se passe là un phénontène analogue à celui qui préside à la formation des globules de pus aux dépens des éléments du tissu conjonctif, et que les cellules lymphatiques se développent aux dépens des élémcnls cellulaires du tissu conjonctif réticulé.

Nous verrons plus loin que celte partie du ganglion lymphatique est admirablement disposée pour effectuer le mélange des nouveaux éléments cellulaires avec la lymphe, qui parcourt constamment les ganglions.

En poursuivant les lacunes de la substance médullaire jusqu'à sa limite extérieure, on reconnaît facilement, surtout en lon^^eant une cloison, que ces lacunes conduisent dans les espaces enveloppants des follicules (lig.376).

V L'exameu des ganglions lymphatiques nous a donc montré qu'il existe un système de lacunes imparfaitement délimité par les cloisons, et que ces lacunes sont occupées par la substance lympholde, c'est-à-dire par les follicules dans la substance corticale et par les canaux lymphatiques dans la substance médullaire; mais partout la disposition est telle, que la substance lympboïde ne touche jamais les cloisons. Il existe donc autour des follicules un système de lacunes formant enveloppe, ce sont les espaces enteloppants, ou sinus, et autour des canaux lymphatiques se trouve un système de conduits creux, en forme de réseau, ce sont les conduits lymphatiques de la substance médullaire. Dans les gros ganj^lions lymphati^ ques on voit s'étendre, à travers tout cet espace vide si compliqué, un réseau formé par des cellules et des travées de tissu conjonctif: ce réseau prend naissance dans les parties iymphoïdes et va s'insérer sur les cloi-

bOO TRAITE DriUSTOLOGiE ET DHISIOGHllUE.

sons ; il sert ainsi à maintenir tendue toute la] charpente du tîisa Ijn-

phoide.

Il nous reste maintenant à étudier le courant sanguin et lymphati^ dans les ganglions.

Remabqobs. — (1) llfiLU» trouYa le premier (toc. cU., p. iS5) que le réwiyitBf erse les conduits creux des ganglions lymphatiques possède une coastitutîfa traie fKicuiière chez l'adulte. A côté des fibres et travées coiyonclÎTes, à odté des cellulaires que nous avons déjà examinés plus haut, il remarqua d*anlres communication constante avec les premiers ; la substance qui les comjioie était granuleuse et présentait tous les caractères du tissu embrj onnaire avee aes dsjm. MOller considéra ces noyaux comme des éléments transitoires destinés à iNiner ks mpuscules lymphatiques pirfaits. J*avais déjà observé autrefois, dans la m!?ffffff wèM laire des ganglions mésenlériques, des éléments cellulaires analognai qui se tnonâ représentés figure 578; j'avais également reconnu que, lors de la résorption du diyle,cei cellules se trouvaient remplies de molécules graisseuses ; mais j'avais nul intafpwli m foits et cru apercevoir un système de lacunes cellulaires placées entre les ctfnni !]■• phatiques. De nouvelles recherches m'ont conduit à adopter les obeenratioas appnifeiiin de MttLLER. Inutile de réfuter Topinion de Kolluab, qui suppose que la charpeole cAleuse remplie de corpuscules lymphatiques est formée par des canaux lymphatiques affiiises sur eux-mêmes (Histologie, p. 616). En examinant les ganglions mésentériqiies peadant la digestion des matières grasses, il est facile d'obsierver des gnmahlioos si dei molécules graisseuses dans le corps des cellules.

Vaisseaux sanguins et lymphatiques des ganglions. — On réussit aaia facilement à injecter artificiellement les vaisseaux sanguins des ganglioui lymphatiques; on voit alors que ces organes reçoivent leur sang de deux sources d'importance inégale. Dans tous les ganglions lymphatiques des vaisseaux sanguins plus gros pénèirent par le hile dans le système des cloisons et dans le tissu ganglionnaire ; d'autres vaisseaux, plus minces, pa^ tent de la capsule et se dirigent vers le centre du ganglion. Ces derniers n'existent peut-être pas partout ; mais c'est à tort qu'on a voulu les nier compiclement (1).

Un ou plusieurs petits troncs artériels pénètrent par le hile et commencent à se ramifier dans le tissu conjonctif de cette région. Une faible partie des branches artérielles arrive avec le tissu conjonctif dans le système des cloisons ; ces branches continuent à se diviser et se terminent à la périphérie. La plupart des branches artérielles pénètrent dans les canaux lymphatiques de la substance médullaire dont elles suivent les ramifications. Quand les canaux lymphatiques sont minces, comme par exemple dans le pancréas d'Aselli du lapin et du cochon d'Inde, et dans les ganglions mésentériqucs de Thomme, chaque canal ne contient ordinairement qu'un seul vaisseau central, représenté par une petite branche artérielle ou veineuse, ou bien par un vaisseau capillaire. Dans 1& canaux lymphatiques de plus gros calibre, on rencontre plusieurs vaisseaux ; d'autres, par exemple ceux des gangUons inguinaux de rhouuueet des ganglions lymphatiques du bœuf, présentent un vaisseau central assez

APPAREIL CinCUUTMRB. 501

1 gros, soit artériel, soit veineux, et à la périphérie (fig. 577) on observe

un réseau capillaire à mailles lonfiptuclinales, qui enveloppe d'une manière

. élégante le canal central, et dont les ramifications ont un diamètre moyen

' de O'°,0046 à O^iOOS. De petites branches artérielles et des vaisseaux

capillaires venus des canaux lymphatiques les plus extérieurs de la sub-

^ stancc médullaire, pénètrent dans les follicules et en occupent le centre,

: OÙ ils forment un réseau capillaire assez irrégulier, à larges mailles, qui

occupe tout le follicule. Ce réseau est surtout développé à la périphérie

du follicule, oîi l'on observe des vaisseaux recourbés en anse, qui finissent

par se réunir pour former les premiers rameaux veineux au centre des

follicules. Ces veines pénètrent, à leur sortie des follicules, dans d'autres

canaux lymphatiques, avec lesquels elles cheminent jusqu'au hile.

Les ganglions reçoivent également du sang de leur capsule extérieure, qui est traversée par des vaisseaux artériels, veineux et capillaires. Les rameaux artériels vont former des branches horizontales à la base des cloisons interfolliculairee, et se divisent ensuite en rameaux plus petits qui enveloppent les di^'érents follicules. Les veines, venues de la capsule, se ramifient d'une manière analogue dans le tissu ganglionnaire.

La plupart des vaisseaux de la capsule pénètrent ensuite dans les cloisons pour aller communiquer avec les vaisseaux qui proviennent du hile. D'autres branches cependant, et ce sont presque toujours des vaisseaux capillaires, et rarement des veines ou des artères, pénètrent dans le tissu même des follicules en passant par les plus grosses travées des sinus ou des cloisons.

Nous verrons plus loin que dans d'autres organes tels que la rate, le foie ou les reins, il existe une communication analogue entre les vaisseaux du parenchyme et les vaisseaux capsulaires.

On a aussi recours aux injections artificielles pour reconnaître la direction du courant lympliatique.

On peut pousser directement l'injection par le vaisseau afférent, mais ce procédé est difficile; on réussit bien plus facilement en employant la méthode de ponction de Hyrtl. Ce n'est qu'en 1860 que nous sommes parvenus, moi d'abord et His ensuite, à déterminer la marche du courant lymphatique. Fig. ST9.

Les canaux lymphatiques af- coop* j'un gingiion ijniphiUqne.

férenls (fig. 579, f, f) arrivent

aux ganglions, soit isolément, soit en grand nombre, comme dans les gros ganglions. Leur diamètre est très-variable; leur paroi est mince, et ils présentent de nombreuses valvules. Les vaisseaux efférents, qui. ont la même

502 TRAITE ITHISTOLOGIE ET D^HISTOGUIMIE.

structure, sortent du ganglion au nombre de un ou plusieurs. Us émergnt ordinairement dans un point déprimé du ganglion, qui porte le nom de bile ; mais cette disposition n'est pas générale, et il est des cas où il e<( difficile de distinguer les canaux lymphatiques efferents des canau afférents.

Si Ton. injecte avec précaution du liquide par un des canaux afférents, on remplit trcs-facilcment un grand nombre de lacunes placées au-dessoos de la capsule, et reliées entre elles en forme de réseau ; elles forment autour du follicule une espèce d'anneau. Sur des coupes transyersales on voit que le courant injecté pénètre dans la profondeur de Forgane en passant le long des parois latérales de deux follicules adjacents; au milieu de ce courant on voit ressortir les travées des cloisons interfolliculaires (2).

La disposition anatomique que nous venons de démontrer par un artifice de préparation, peut aussi se produire naturellement. Quelques heures après ringestion de matières grasses le chyle laiteux remplit de la même manière la substance corticale des ganglions mésentériques (5).

11 suffit d'avoir seulement quelques notions sur la structure des ganglions lymphatiques, pour être convaincu que la masse injectée, en pénétrant dans rintérieur de Torganc, arrive tout d*abord dans les espaces enveloppants des follicules, et que c'est en les remplissant qu'elle forme les réseaux annulaires superficiels que nous avons déjà mentionnés plus haut, et qui ont de 0'",0157 à (r,0245, et même 0",045 de large (4).

Un examen plus attentif nous montre qu'au point où il pénètre dans U capsule, le vaisseau lymphatique afférent perd sa paroi propre, qui va se confondre avec le tissu conjonctif de la capsule ; le vaisseau lui-même !»e ramifie ou débouche dans un sinus enveloppant sous forme d*un canal creux. Ces dispositions expliquent facilement le résultat obtenu par l'injection.

Nous signalerons encore une modification particulière : quelquefois, en effet, les vaisseaux lymphatiques afférents parcourent une certaine distance dans les cloisons interfolliculaires avant de déboucher dans les lacune» lymphatiques du ganglion.

Rappelons-nous en outre comment (g 224) les sinus enveloppants des follicules communiquent d'une manière immédiate avec le réseau des canaux lymphatiques de la substance médullaire , et il ne pourra plus exister aucun doute sur le trajet que doit suivre le liquide injecté. Il remplit donc aussi ce réseau des conduits lymphatiques , tandis qu'en exerçant une pression légère, les canaux lymphatiques de la substance médullaire restent incolores (5).

En continuant à pousser Tinjection dans le ganglion, le liquide finit par pénétrer dans le vaisseau efférent, ce qui prouve que ce dernier est formé par la réunion des conduits lymphatiques de la substance médullaire. On réussit quelquefois à vaincre la résistance des valvules, et à repousser le liquide des vaisseaux effércnts dans le ganglion lymphatique. Cette injection rétrograde pénètre d'abord dans le réseau de conduits qui

APPAREIL CIRCULATOIKE. SOS

exisle enb-e les canaux lymphatiques de la substaAce médullaire, et de là elle (lénètre ensuite dans les sinus enveloppants des follicules.

Mais il est diFGcilc d'observer le point où les courants lymphatiques médullaires se réunissent pour constituer le vaisseau clTérent (lig. 580).

Ce vaisseau pénètre ordinairement, comme nous l'avons déjà dit, dans le tissu conjonctif du hile, et là il forme des ramifications plus ou moins nombreuses, suivant le volume du ganglion, et le développement plus ou moins prononcé du noyau de tissu conjonctif.

Les (iemières ramifications dn vaisseau cfTérent (e) sont entourées par les cloisons de la moelle ; elles forment des rameaux d'un diamètre variable qui finissent par se souder avec le tissu conjonctif (f).

Enfin, en pénétrant plus avant dans le ^nglion lymphatique; on reconnaît que la cloison qui enveloppe le prolongement du vaisseau efférent se divise de plus en plus en petites travées qui se séparent les unes des autres, de sorte que le courant lymphatique n'est plus arrêté par aucune enveloppe; il se répand alors dans les lacunes de U substance médullaire (c), • et en suit par conséquent les réseaux et li effet, il est évident que le vaisseau lymphatique efférent se perd dans les conduits lymphatiques caverneux (6) de la substance médullaire.

Remarquons, du reste, encore ici, que les vaisseaux efférents, à leur émergence du ganglion lymphatique, présentent de grandes différences qui dépendent du volume de l'organe et du degré de développement qu'a acquis la masse de tissu conjonctif placé dans la fégion du hile. C'est ainsi que Kœilikor a observé, dans la région du bile des gros ganglions mésentériques du bœuf, un véritable plexus formé de vaisseaux particuliers, très-sinueux et contournés sur eux-mêmes; Teiclimann signale également les sinuosités des vaisseaux efférents.

Nous pouvons résumer ainsi qu'il suit les détails qui précèdent : « Le vaisseau lymphatique afférent perfore la c<ipsuledu ganglion, se transforme eu canal et débouche dans les sinus enveloppants. Ces derniers communiquent avec le réseau des conduits lymphatiques de la substance médul- . laire, el ceux-ci se réunissent pour former les premières branches du vaisseau efférent; ces rameaux, contenus dans les cloisons de la substance médullaire, se confondent à un moment donné, ainsi que les cloisons elles- , pour constituer le tronc du vaisseau efTérenl proprement dît. n

s contours irréguiiers (d). En

soi TRAITÉ D.'HISTOLOGIE ET D'HISTOCHUIIE.

11 est donc évident, d'après ce qui précède, qu'il n'existe point dans Is ganglions de vaisseaux lymphatiques véritables; l'opinion contraire, émist par Tcichmann, est ccrlaiiiemcnt inexiictc. Mais, d'un autre cûlé, on w peut maintenir intégralement une autre opinion très-répandnc, et m» laquelle nous avons penché nous-ménies pendinl longtemps ; cette opinion consiste à n'admclln dans les ganglions lymphatiques que des courants lacunaires. En effet , les canaux Irraph*tiques qui traversent la capsule sont tapissés intérieurement, comme on peut s'en convaincn facilement, par une couche de cellules (fig. 381) particulières, plates et cpithéliales, dont DOtu" avons déjà parlé à propos du système vasculairc (g 208); il en est de même des sinus enveloppants, dont les cloisons et les fibres suiil recouvertes de cellules, ainsi que la surface J» follicules eux-mêmes. (His.)

On ne sait point encore si les conduits lymphatiques de la substance médullaire sont également revêtus de cellules. A la suite des injections artilicielles, et pendant le passage du chyle, on voit de petites granulations, formées de matière colorante ou de graisse, s'avancer, depuis la périphérie, vers le centre des follicules ; on en obsene également dans les tubes lymphatiques, ainsi que dans le réseau cellulaire qui traverse les lacunes de la substance médullaire; ces faits donnent à réfléchir, et il est nécessaire de faire à ce sujet de nouvelles recliercbe» plus minutieuses. On sait de plus que la lymphe du vaisseau afTcrcnt est souvent beaucoup plus pauvre en cellules que celle du vaisseau efférent. Il est donc presque impossible de nier que des corpuscules lymphatiques se détachent de la charpente du ganglion pour se mélanger au fluide qai le Iraverse. Plusieurs circonstances semblent indiquer que de nouvelle» cellules viennent s'ajouter nu liqnide dauH l'intérieur du ganglion ; ol d'abord le changement rapide de forme de ces cellules, leur déplacement, qui en est la suite (g 4Ô), l'étal fenêtre de la surrace des follicules et des tubes lymphatiques, enlîn l'existence de corpuscules lymphatiques dans le réseau cellulaire qui sillonne les conduit.^ de la substance médullaire. CependanI, ce mélange des corpuscules et du liquide lymphatique semble incompatible avec l'existence d'un revêtement cellulaire continu sur la surface interne de tous les canaux et conduits intraganglionnaires.

Nous n'avons encore que des notions très-incomplètes sur les nerfs det ganglions lym|)b.itiques. En étudiant les gros ganglions de l'homme. Kœiliker a vu pénétrer dans la masse médullaire de petits troncs nerveui: qui accompagnaient les artères ; chex le bœuf, il a trouvé des faisceaui nerveux composés de fibres pâles de Remak.

Renaroi'es. — (t) Ilrs le lit dnns son Iravnil. Kifi.mier savait déjk que les vainMin de la capsule communiquaient aiec le svstème vascuUire de l'iatérieur du ganglion. Quel-

ques injections avaient déjà démontré cette disposition qui fut, de plus, confirmée par \f. Moller (loc, cit., p. 121). ~ (2) Les ganglions lymphatiques possèdent presque toujours plusieurs vaisseaux lymphatiques afîcrenls qui communiquent entre eux par le réseau supeiiiciel dont nous avons parlé dans le texte. On peut le démontrer d'une manière très-nette en injectant simultanément deux vaisseaux afférents. — (5) Ecker, dans ses Icônes physiol., table 5, fig. 8, a donné une très-belle figure d'un ganglion chylifère de lapin ainsi chargé de graisse. L'étude de ces organes a permis à Bri^cke d'indiquer, dès Tannée 1865, la directioa du courant du chyle ; voici ses expressions : c Le chyle pénètre pas les vasa afferentia au milieu des éléments glandulaires, arrive de là dans les pores de la substance médullaire, puis retourne de nouveau du côté opposé au milieu des éléments glandulaires pour entrer finalement dans les vàsa efferentia (Wiener Sitzungsberichte, vol.X, p. 429).~(4) Voy. Fkey, Unlersuchungen, RechercheSj^. 91. — (5) Aussi est-il certain que des corpuscules solides peuvent traverser les ganglions lymphatiques. Si, dans le tatouage, les molécules de matière colorante se déposent dans ces organes, c'est qu'alors d*autres causes se trouvent enjeu. Tous ceux qui ont injecté des masses granuleuses daas les ganglions lymphatiques, et qui ont enlevé ensuite les granulations avec un pinceau, savent que cellefr-ci adhèrent opiniâtrement à quelques points de la surface de Tespace enveloppant. Nous avons déjà vu,§ 49, que les cellules lymphatiques peuvent se charger de molécules colorées. Je ne comprends pas que Viuchow mette encore aujourd'hui en doute que des globules de pus ou même des granulations de cinabre aient pu traverser des ganglions lymphatiques. Voy. Pathologie cellulaire, 3" édil., p. 173. — (6) 11 est possible qu'il y ait aussi dans les ganglions un courant lymphatique simplement superficiel. Du point de diffusion du vaisseau eCférent quelques canaux conduisent directement dans les espaces enveloppants des follicules ; et comme ces espaces communiquent d'un côté entre eux et de l'autre côté avec les vaisseaux afférents, le fluide qui pénètre dans le ganglion peut passer à travers les espaces enveloppants, et ressortir du ganglion, sans avoir passé par les conduits lymphatiques de la substance médullaire. Il y a longtemps que Donders a observé ce fait, qui a son importance physiologique; j'ai pu le confirmer dans mes recherches ultérieures.

On admet depuis de longues années, et avec raison sans doute, qu'il se fait dans les ganglions lymphatiques un échangcf actif entre le sang et la lymphe. Celte opinion est basée sur des expériences physiologiques et sur d'autres faits, observés*au lit du malade ; les ganglions se tuméfient et se modifient en effet rapidement à la suite de l'altération des humeurs et après la moindre irritation inflammatoire (1).

Les ganglions lymphatiques de Thdmme présentent des modifications de structure fort nombreuses qui, pour la plupart, doivent être regardées comme des métamorphoses amenées par l'âge.

Parmi ces dernières il faut compter la transformation partielle de la charpente conjonctive en cellules adipeuses, le passage du tissu conjonctif réticulé à l'état de tissu conjonctif fibreux ordinaire, et la destruction lente de tout Torgane qui en est la suite.

Une troisième transformation, très-étendue, consiste dans la pigmentation des ganglions lymphatiques. Elle frappe principalement les ganglions bronchiques, et se montre presque régulièrement à partir de certaines périodes de la vie, bien qu'à des degrés fort différents ; ce phénomène est sans doute occasionné par Finflammation des organes intratho-

raciqucs. Nous avons vu (g 57) que la transformation successÎTe de h matière colorante du sang donne naissance à des corpuscules de mélanine; ceux-ci sont répandus d'une manière tout à fait irrégulière, partie dbiH les corpuscules lymphatiques et dans des masses particulières en fon» de blocs, partie dans les parois vasculaires et dans la substance qui cmstituc la charpente des cloisons. Quelquefois ce sont les follicules qui son chargés de pigment, d'autres fois ce sont les conduits lymphatiques de b substance médullaire ; quand cette mélanose est peu développée, b> ganglions bronchiques présentent un aspect bigarré et tacheté; quand elle a atteint un haut degré, tout Torgane offre souvent une teinte noire, uniforme.

Les ganglions lymphatiques prennent une part active aux inflammations des tissus voisins. Les mailles de la charpente se resserrent, le$ corps cellulaires se gonflent, les noyaux se divisent et les vaisseaux capillaires se multiplient et s'étendent; le ganglion reprend en quelque sorte l'aspect qu'il avait dans le jeune âge. Plus tard, la charpente, formée de tissu conjonctif réticulé s*agrandit par la prolifération de ses cellules, b différence entre la substance médullaire et la substance corticale s*eflace, le système des canaux lymphatiques disparaît, et l'organe perd toutes ses fonctions.

On ne sait pas encore comment les ganglions lymphatiques se forment chez V embryon, ni comment ils se développent pendant les premiers mois de la vie intra-utérine (2). Comme tout le système vasculaire, ils tirent leur origine du feuillet moyen du blastoderme; Remak (3) Ta démontré il y a de longues années déjà.

Nous savons très-peu de chose sur la composition chimique des ganglions lymphatiques. Ils contiennent, comme produit de décompositiont une très-faible quantité de leucine (Staïdeler); on peut aussi, paraît-il, y trouver de Tacide urique, de la tyrosine (?) et de la xanthine [? (4)].

Remarques. — (i) Pour les modifications pathologiques des ganglions lymphatiqiief, Toy. le travail de Lœper (loc. cit.), et surtout les recherches de Billboth (Pathol. flistniiv gie, Histologie pathologique, p. 123, et Virchow's ArchiT, toI. XXI, p. 425), ainsi que ta Monographie de l'auteur, p. 72. A. Rebsamen (Virchow's Archiv, vol. XXIV, p. 92) a écrit sur la niélanose. — (2) D'après Teichnak!! (dans son ouvrage, p. 25), une partie au moins des ganglions lymphatiques prennent naissance d'une manière tout à fait particulit^e. et doivent leur ori<^ine à des glomérules ou à des réseaux agglomérés constitués par de< vaisseaux lymphatiques, et dans les lacunes desquels se forment des amas de corpu$cul«« lymphatiques. Cette opinion est certainement erronée ; en général, cet excellenl tcrhoiri^o n'a point saisi les détails de structure des ganglions lymphatiques. — (3) Yoy. son ouTraffe, p. 104. — (4) Cloetta, loc, cit,f p. 222.

Un certain nombre d'autres organes se rapprochent beaucoup des ganglions lymphatiques ; ils sont formés tantôt par un seul, tantôt par plusieurs follicules étroitement serrés et placés en surface les uns à côte des

autres ; ils sont réunis par une masse unissante spéciale. Ces organes sont situés dans les muqueuses ou dans le tissii sous-muqueux. On en trouve un grand nombre chez l'iiomine et les mammirères.

Nous signalerons les follicules lympho^ides de la conjonctive de Vail (1 ), les glandes de la face dorsale de la langue et les tonsilles (2), les follicules de la muqueuse de Veslomae [glandes lenticulaires (5)}, ainsi que les glandes aolitaires et agminées du canal intestinal, ou glandes de Peyer ((4} (fig. 382)]. Nous citerons encore le thymus, organe volumineux d'une structure analogue. Tout ce groupe f'>S- sus.— section «nicole àe l'intBslin grfle da lupin di ■ 1 prisenWnlun >imi de glanJ» de IVrer.

organes, y compris les gan- J^ ^^.^ i„,e..i«i«; *. ., foiii™ie..

glions lymphatiques, peut être

désigné sous le nom d'organes lymphoîdes. Enfin il faut y ajouter encore la rate qui est cependant un organe d'une nature particulière.

Le follicule joue le rAlc essentiel dans tous les organes que nous venons de nommer en premier lieu et qui appartiennent aux membranes muqueuses. La texture du follicule est identique à celle du même organe que nous avons décrite en parlant dos ganglions lymphatiques : comme dans ces derniers il est formé de tissu coiijonclif réticulé, dans lequel sont logées des cellnleslympliatiqucs(v.fig. 571 ellig.583). Ce tissu est souvent lâche au centre, et présente de très-larges mailles; à la périphérie le réseau est plus serre, et, à la surface, il se transforme sauvent en un tissu très-dense, semblable à celui que nous avons vu dans les ganglions lymphatiques (g 223). La vasrularité de ces follicules est très-variable. •Dans certains cas; comme dans les follicules de la conjonctive par exemple, on ne trouve qu'un petit nombre de vaisseaux capillaires,

formant un réseau à lariies mailles : dans ™ ' ; '• «'"* "«"*« <^o* » d autres au contraire, le réseau est excessi- lium iiUndrique. vrmeiit développé, d'une élégante régularité;

les vaisseaux semblent aller en rayonnant, surtout sur des sections transversales.

Nous donnons comme esempic la figure 584, qui représente une préparation faite sur les follicules de Peycr d'un lapin.

m TRAITE D'HISTOLOGIE ET DHISTOGHIMIE.

Ces follicules sont tantôt aphériques, tantôt allongés, c'est-à-dire onlaires ; ils sont placés entièrement dans le tissu de II muqueuse, ou bien ils se prolongent dans le tissu sou»muqueux , quand leur Iw- }rueur est considérable. Uor partie supérieure ou sonuod (fig. 585, d) peut être recouverte encore par une mim»

couche du tissu de la oiiqueuse [follicule de la roih jonctive {Rg. 386)), maiselle peut aussi Taire saillie à td point que le tissu réticulé nr se trouve plus revêtu que ptr l'épithélium [tonsilles, folli- GulesdePeyer (&g. 585)].

Dans sa région équatoriale [zone moyenne (Gg. 385, «)|, le follicule est relié aux tisi»

voisins, soit par une surface très-large, soit seulement par il communique alors soit avec les follicules du voisinage,

Imm du fallic'i]

[ chiUfiret; *, gliDdn d< Uslwtflhn ; l.

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d«D9 Je> Tiiweaui l]rniph*Lii[aa dn iluu iimi m»

soit avec I« tissu de la muqueuse adjacente qui prend également le caractère réticulé sur une certaine étendue, et renferme aussi des cellules lymphatiques. Ainsi, par exemple, dans l'appendice vermiculaire du lapin, c'est-à-dire dans une partie de l'intestin qui se compose entièrement de follicilles serrés les uns contre les autres et allongés, on voit ces follicules reliés entre eus par un anneau équatorial de tissu lymphoïde (fig. 585), tandis que toute la moitié inférieure ou la base du follicule est entourée, comme dans les ganglions lymphatiques, par un sinus enveloppant continu qui forme comme une coque. L'analogie est même plus frappante; car nous retrouvons ici les cloisons formées par du tissu conjonctif, cloisons qui prennent naissance dans le tissu sous-muqueux, cheminent au-dessous des follicules et y pénètrent en y formant des parois de séparation verticales ; les lacunes sont même encore revêtues par la couche caractéristique de cellules vasculaires. (His.)

Quand ces grands espaces enveloppants manquent, les follicules d'un même groupe sont reliés entre eux, sur une surface très-étendue, par une charpente de tissu conjonctif réticulé dont les mailles sont très-serrées, tandis que les mailles des follicules sont lâches; cette charpente apparaît au microscope sous forme d'une couche solide et opaque dans laquelle on voit ressortir les follicules comme des sphères plus claires et plus transparentes.

L'espace enveloppant ne manque pas complètement dans ces cas; il est remplacé par un système de canaux plus étroits, reliés entre eux sous forme de réseau, et qui enveloppcut le follicule comme un lilet jeté sur un ballon d'enfant.

Pour s'assurer que ces canaux, qui entourent les follicules, sont réellement des vaisseaux lymphatiques, il suflit d'avoir recours aux injections ((ig. 585, 586). Des vaisseaux lymphatiques tantôt simples (fig. 58(>), tantôt reliés entre eux sous forme de réseau (585, g], ar- g^^ jgg. rivent à la surface des follicules ; conjoncu ils remplissent le rûlc du vaisseau , ,.j^„„ i,„yh.iiqtie ««^muqueuï; «. »n i«r. altèrent des ganglions lymphati- «>iir. ji»qu-iui «aiui du Miicuie. qucs ; ils viennent de la surface de

la membrane muqueuse et du pourtour des follicules; par exemple des villosités intestinales les plus voisines dans les glandes dePeyer (Tig. 585, a), de la surface de la muqueuse, mais surtout de la surface de la couche unissante, dans les follicules de la conjonctive (lig. 58t}, c).

Arrivés à la surface du follicule, ces vaisseaux lymphatiques débouchent dans le sinus enveloppant ou dans le réseau qui le remplace (tig. 585, h, i, 586, c). Au-dessous des follicules sont placés tes canaux

510 TRAITÉ D^HISTOLOGIË ET D'HIâTOCHIMlE.

abducteurs ; ce sont des vaisseaux lymphatiques sous-muqueux (38à, i, 386, a), de forme très-variable, qui correspondent au vaisseail eiTérent dn ganglions lymphatiques. — En un mot le parallèle entre les gangliou lymphatiques et les follicules des muqueuses est presque complet, et cet organes représentent bien réellement de petits ganglions lymphatiqueç, placés dans les muqueuses ; ce fait est confirmé encore par les modîBations pathologiques des follicules qui sont analogues à celles des ginglions lymphatiques.

Remarques. — (1) Les recherches faites jusqu'à ce jour sur les follicules lympbatiqia de la conjonctive sont déjà très-nombreuses. Voy. G. Bhucb, dans Zeitacfarîft fûrwis&emdL Zoologie, Journal de %oologie scienlifiquef vol. IV, p. 397 ; Strometbr, dans Deutsche Klinik, 1859, n'' 25, p. 247; Henle, dans Henle's und Pfeufer'sZeiUcfar., 5R.,vol. VUl p. 201, et dans Handbuch d. Ânat. Eingewcidelehrc, Splanchnologie, p. 142; fauiSE, Aûat. Uutersuchungen, Hecherclies anatomiqueSf p. 145; Fret, dans Vierteljahradinfl d. naturw. Ges. in Zurich, Journal trimestriel de la Société des sciences naturdln de Zurich, vol. VU, p. 412: Klkinschmidt, dansÂrchivf. Ophthalmologîe, toI. I\, IV* put.. p. 162; G. HuGUENiN. Ueber die Lymphfollikel der Gonjunctiva, Des follicules lymphûli'' ques de la conjonctive. Zurich, 1865, Diss. — (2) Pour les tousilles et les foUictiles de la base de la langue, voy. : Kœllikeii, Mikrosk. Anatomie, Anatomic micfwcopiqiu, vol. II, 11* part., p. 41 ; Sachs, Observationes de lingux structure penitiori. Vratislavir, 1856, Diss., et dans Reichert's und Du Bois-Ueymond*s Archiv, 18^59, p. 196; SiitiTt dans Comptes rendus, tome XLI, p. 957; Huxley, dans Mikr. Journal, 1855, vol. U. p. 74 ; BaLROTU, dans son Histologie pathologique, p. 125 ;Gauster, Bcobachtuiigen ûber die Balgdriisen der Zungen^urzel, Observa lion a sur les glandes de la racine de la [ogue ; dans les Uutersuchungen, Rechercfies, de Moleschott, vol. IV, p. 135; Kbaose, Ânat. Untersucliungen, Recherches anatomiques, p. 122 ; H. Asteros, dans les Ken Acta Leopold., tome XXIX. Jena, 1861 : FnEï, dans Vierteljahrschrift d. naturw. Ges. in Ziirich, vol. VII. p. 410; Tu. Schmidi, dans Zeitschrift f. wiss. Zool., Journal de zoàUçk scientifique, vol. XUl, p. 259. — (5) Pour les follicules de la muqueuse de restomac, voy. : Frericus (et Frey), dans Tarticle du premier, « Verdauung, » Digestion, para dans Handw. d. Physiol., Manuel de physiologie^ vol. III, V* part., p. 743; Hemli, loc. cit.^ vol. VIII. p. 201. — (4) Pour les follicules du tube intestinal, voy. : 0. T. BoH,Ite glandularuni intestinalium structura. Berolini, 1835, Diss.; Frbricbs (et Frey), loc, cil,, p. 742 ; Ziegler, Ueber die solitâren und Peyer^schen Follikel, Des follicules isolés ei agminés de Peyer, Wurzburg, 1850, Diss.; BrUckb, dans le second volume de Dcnksi-hr. d. Wiener Akademie, Mémoires de l* Académie de Vienne, p. 21 ; T. Erkst, Ueber die Anordnuiig der Blutgefôsse in den Darmhâuten, De la disposition des vaisseaux ma* guins dans les membranes intestinales, Ziirich, 1851, Diss.; Bassu^çgbr, Wiener Sitz* ungsberichte, vol. XllI, p. 536, et Zeitschrift d. wiss. Zool., Journal de zoologie scientifique, vol. IX, p. 299; Ukidenuain, dans Reichert's und Du Boi»-Rcyinond*8 Archiv. 1859, p. 460; Krause, loc. cit., p. 136 ; Henle, loc. cit., p. 201 ; Tbicbmarsi, Uk, cit», p. 88; Ilis, dans ZcilschriR f. wiss. Zool., vol. XI, p* 416 ; Fret, id., vol. XUI, p. 28, vi Virchow's Archiv, vol. XXVI, p. 344; Kœlliker, dans Gewebelehre, Histologie^ 4*éditM p. 450.

Thymus, — Le thymus (1) est un organe symétrique, dont la ronctiod est inconnue, et dont la structure, incomplètement étudiée jusqu'à ce jour, ressemble à celle des ganglions lymphatiques ; il ne possède son entier développement que dans les premières périodes de la vie; plus tard<

APPAREIL CIRCULATOIRB. Ml

il s'atropbie, subît une dégénérescence graisseuse complète, et linit par disparaître. Aussi n'est-ce qu'exceptionnellement qu'on en trouve des traces reconnaissables cbez l'homme adulte.

Le thymus, composé de lobules multiples, possède une enveloppe de tissu conjorictif très-riche en vaisseaux. Comme celle-ci n'adhère que d'une façon très-làcbe à la masse intérieure, on peut, après avoir séparé les vaisseaux sanguins, dérouler, sous forme d'un cordon rubanné, le tissu glandulaire de chaque moitié de l'organe. Ce cordon est formé partout par une petite veine et une petite artère, par quelques vaisseaux lymphatiques qui les accompagnent, et par un conduit glandulaire spécial, le canal central, auquel viennent s'insérer les lobes et les lobules glandulaires. L'organe ainsi préparé offre une longueur considérable (fig. 3S7, /); mais, à l'état naturel, le canal central est enroulé sous forme d'une spirale irrégulière, et les lobes sont étroitement serrés les uns contre les autres. D'après His, le canal central ne possède, chez le Veau, qu'une largeur de 0",67, Pig. sst.'

EupOUSSantlanalyse plus loin, on trouve ^- Pirtiempériniredu Ihyoïns d'un em- , , , J > , I , i ■ brion de codiOD de deui tonm da

que chaque lobe se compose de lobules plus h>Dgu<^ur;1>Bgura^fpréMDtele(ord«■ petits ; ces derniers, entourés d'une enve- "MiMiobuii-sMiBscorpuicuiogiap. loppe de tissu conjonctif très-vasculaire, , MÛ,kriuT,"n.u.i pre«iM« t»»»

forment de petits corps polyédriques qui

s'appuient les uns sur les autres, et dont le diamètre varie entre O*", 45 et l'°,12; chez le veau, ils atteignent 2 millimètres de diamètre. Ce sont là les éléments glandulaires auxquels on a doimé le nom de cor- genre. puscules ou d'acini du thymus. Au premier aspect, ils ressemblent aux follicules lymphatiques; mais, en les examinant de plus près, on observe des di^'érences très-importantes. A la périphérie, les acini sont, à la vérité, séparés les uns des autres par des sillons profonds ; mais, au centre, ils se touchent et rappellent, par leur disposition, les glandes en grappe ; dans les lobules de moyen volume, on trouve jusqu'à 50 acini réunis ensemble. Mais il existe une dilTérence plus importante, c'est que l'acinus du thymus est creux au centre, comme dans une glande en grappe ; les cavités de tous les acîni d'un même lobule aboutissent dans un conduit commun. Ce conduit va se réunira ceux d'autres lobules, et, en lin de compte, tous les conduits de l'une des moitiés de l'organe vont converger dans le canal central qui est contourné en spirale (2).

pelile cellule; c, cellole plus i, gnnde cellule i>ec dc>

rs grtitteatetyboairi-.i.f.te]li»degn.i».e;enr,ic».,i.u l; s. h, corps coDcealriqucs ;

M3 TRUlfi IfHISIOUKIE ET ITHlSiamilte.

Dans la paroi de ce conduit commun od observe des excantiont, ia dépressions, ou bien desacini isolés ou en groupe qui s'f inaèfeat; dcb l'épaisseur très-variable qu'offre ce canal dans les diflerents pràilB dem étendue.

La cavité centrale de l'aciaus a un diamètre à peu près égal au tien« RU quart du diamètre total ; cette cavilé est limitée par un Um épaii i mou. Il est formé par un réseau à mailles serrées, constitué par desiri- Iules étoilées de tissu conjonctif réticulé ; les petites mailleti sont remplin, comme dans les follicules lymphatiques, par une quantité innombraÙe de corpuscules lymphatiques. La surface est tapissiêe par uoe extrêmement mince et très-vasculaire. Le tissu folliculaire eat traversé par de nombreux vaisseaux sanguins recouverts de lear meobrane adventice (g 202); à l'exception de quelques troncs Tascnlaira assez épais, on n'y rencontre que des capillaires de 0",004 à O',U06dc diamètre. En pousunt des mjections, on peut se rendre compte de l'élégaDte dispovtion de ces vaisseaux.

Des troncs vasculaires di centre partent des vaiiseMi destinés aux lobules ; d» k veau, ils forment de petita branches artérielles on veinnses fort élégantes, uinoliim ou arquées, qui entoureal i(s acini (fig. 388, o, *). De as branches partent les apîllaires (c) qui vont en s'imdiant, et forment, en traTersaol la substance lymphoïde, un ré-

i-aii ie> iDiiEaui irtunci^ <al l't icineui ») ai«c ic .é. , V ' , '

ré«iut»!>iiiwrB(c) «1 k>caïii.isiies>ciiii (i(). seau elcgaut. tu amvsnt pK

de la cavité centrale, ce» raisseaux se recourbent en forme d'Knsc(d).(llis.)

Chez l'enfant nouveau-né, on observe une disposition tout à fait analogue des capillaires ; la veine se dirige également à la périphérie de IVinus, comme chez le veau, maïs l'arlère et ses branches offrent une disposition toute autre ; elles occupent la partie centrale du tissu glandulain. dans le voisinage mémo de la cavité centrale.

Uti a dit avoir obser\é dans les petites mailles du réseau une grande quantité de noyaux libres, plongés dans nn liquide albumineux, visquMi et acide (lîg. Ô87, a); l'élcmciit essentiel est représenté par de petite cellules lymphuïdcs de 0'',0ti67 de diamètre, pourvues d'un seul dojii' (6). Les cellules plus volumineuses, de O'jOOâ à 0",004 de diauètre, sont beaucoup plus rares, et renferment généralement plusieurs noyaux; le nombre de ces derniers peut varier cû; 2 à 8. Ëdier a indiqué un

phénomène de régression, caractérisé par la formation de gouttelettes graisseuses (d) dans Tintérieur des cellules ; quand Torgane a atteint son maximum de développement, ces gouttelettes se réuniraient en une grosse goutte de graisse remplissant tout le corps de la cellule (c, /); le même auteur dit avoir également rencontré très-souvent des cellules en voie de régression, dépourvues de leurs noyaux (f).

Les corpuscules concentriques (3) sont des éléments spéciaux qui n^ont aucun rapport avec le développement même du thymus.

Autour d'un groupe de cellules ou d'une cellule isolée, qui a déjà commencé à subir la dégénérescence graisseuse, se déposent des couches résistantes et concentriques; quand on les examine de plus près, on voit qu'elles sent composées de cellules plates, à noyaux, semblables à celles de l'épithélium pavimenteux (Ecker, Paulitzky) ; en somme, ces corps rappellent tout à fait les globes épidermiques que Ton observe dans le cancer épithélial.

Les corpuscules les plus petits renferment les débris d'une cellule, quelquefois pourvue de son noyau, et chargée de granulations ou d'une grosse gouttelette de graisse ; le tout est entouré par l'enveloppe épaisse et stratifiée dont nous venons de parler ; ces corpuscules ont en moyenne de 0",0I5 à 0"',018 de diamètre. Les gros corpuscules du même genre [h) sont constitués par la réunion de plusieurs corpuscules simples, qui sont entourés pai* une enveloppe commune formée de couches concentriques*.

Les vaisseaux lymphatiques du thymus sont malheureusement encore mal connus. Nous avons déjà dit que les principaux troncs lymphatiques accompagnaient les veines et les artères, et se terminaient avec ces vaisseaux dans le cordon central ; on a également observé d'autres vaisseaux lymphatiques plus déliés. Ces derniers seraient représentés, d'après His, par des tubes à paroi très-mince, situés dans le tissu conjonctif interstitiel des lobules. Ils envelopperaient les lobules et aboutiraient dans des conduits de 0"*,02 de diamètre, remplis de cellules lymphatiques et provenant du centre de l'acinus. Ces conduits feraient communiquer la cavité centrale avec le vaisseau lymphatique, et seraient destinés à conduire les éléments cellulaires dans les vaisseaux lymphatiques proprement dits.

* Les corpttscules à couches concentriques du thymus me paraissent avoir une signilication bien différente de celle donnée par Ecker, Paulitzky et l'auteur de ce livre. Ces corpuscules sont lormés par de grandes cellules plates, superposées et laissant au centre du corpuscule une cavité occupée par une masse granuleuse el quelquefois par un globe calcaire. Ces corpuscules sont souvent reliés les uns aux autres et aux vaisseaux sanguins par des cordons intermédiaires formés par des cellules plates, enroulées et semblables à celles des vaisseaux et des corpuscules.

Après avoir fait macérer pt^ndant vingt-quatre heures des portions du thymus dans du si>rum iodé ou dans le picrucarminate d'ammoniaque, on obtient facilement, par dissociation, des préparations sur le>quclles on observe de la manière la plus nette que les corpuscules prennent nais* sance sur la paroi des vaisseaux et s'y développent sous forme de bourgeons. Je pense donc que les corps à couches concentriques sont simplemi nt des bourgeons vasculaires et des angioliihes analogues à ceux qui existent à Tétat normal dans le plexus choroïde, et dans les tumeurs des méninges auxquelles nous avons donné le nom de sarcome angiolilhique.

J'ai exposé pour la première fois ces faits dans une communication à la Société micrographique, en 1867. Ils se trouvent, aussi consignés en partie dans notre Manuel d^ histologie pathologi-' que^ en collaboration avec Cornil. U.

Malheureusement on n'a pu constater jusqu^à ce jour Texistence de vaisseaux lymphatiques à Taide des injections; j'ai échoué moi-même après de nombreuses tentatives ; d'un autre côté , les recherches faites dans ces derniers temps sur la structure des organes lymphoîdess ne sont pas favorables à Topinion de His ; il est donc nécessaire que de nouvclla recherches soient faites dans cette voie.

Les nerfs du thynms n'ont pas encore été étudiés.

La composition chimique de cet organe a été étudiée par Simon et Friedleben : le premier de ces auteurs a trouvé, dans le thymus d'un veau âgé de trois mois environ, 77 parties pour 100 d'eau, 4 parties d'une subsUncf albuminoïde, des traces de matières gi'asses et 2 pour 100 de sels.

Suivant Gorup, Frerichs, Sta^deler et Scherer (4), le thymus du veiu contient une forte proportion de leucine, de la sarcine, de la xanthine, de« acides gras volatils, tels que les acides acétique et formique. On y trouve, en outre, de Tacide succinique et de Tacide lactique. Les substances miné* raies sont représentées par des phosphates et des chlorures ; Facide pliosphorique et la soude y prédominent ; on y rencontre également plus de magnésie que de chaux. On n'y trouve que des traces d'acide sulfurique. La composition du thymus rappelle celle du tissu musculaire. La présence de sels ammoniacaux dans cet organe est un fait remarquable. [Frerichs d Stsedeler (5).]

L'histoire du développement (6) du thymus a été élucidée par Simon: Ecker a confirmé les opinions de cet auteur.

Chez les mammifères, cet organe se présente d'abord sous forme d*un sac clos, allongé, situé le long des carotides et rempli de cellules et d une masse granuleuse. Plus tard, la paroi se couvre de dépressions auxquelles correspondent de nombreuses saillies extérieures ; ce sont là les premient vestiges des lobules de Torgane. Le même processus se répétant, les capsules de la glande se trouvent formées; les cavités se développent ultérieurement par suite d'une liquéfaction du tissu. La figure 387, i , représente le thymus en voie de développement chez Tembryon de cochon de deux pouces de long; il est facile de suivre le processus sur cette figure, et de se rendre compte de la structure de la glande au moment de sa maturité.

La régression de Torgane glandulaire commence par une diminution de volume ; des cellules adipeuses se développent en même temps, aux dépens du tissu glandulaire; cette métamorphose est tout à fait analoj^uc à celle qu^éprouvent les ganglions lymphatiques (§226). Ecker a prétendu que le phénomène se compliquait d*une dégénérescence graisseuse des cellules glandulaires. L'époque de cette régression glandulaire est fort variable; elle parait commencer tantôt vers la huitième ou la douzième année, tantôt seulement vers la vingtième ou la vingt-cinquième année de la vie.

Remarques. — (1) Voy. IlArGsTEDT, Tliymi iii hoininc ac par seriem animalium descriptio anatomica. Hafniu?, 1852; J. Simon, A physiological essay on the thymus f;laod. London, 1845; Restelli, Do Ihymo obscrv; anat; — phys. — palhol. Ticini Regii, 1845;

APPAREIL GIRCULATOiRE. 515

Tarticlc d'£GKE|i : t Blutgefôssdrftsen, » Glandes vasculaires sanguines^ dans Handw. der Phys., Manuel de physiologie, vol. IV, p. 114 ; Gewebelehre, Histologie y de Kœlliker, 4* édit., p. 512, et son Anatomie microscopique, vol. II, I'* part., p. 533; Farticle de Hardfield Jones : «Thymus gland, » dans Cyclopsdia, vol. 4, p. 1087; Jerdrassik, dans Wiener Sitzungsberichten, vol. XXII, p. 45 ; Friedleben, Die Physiologie der Thymusdriise in Gesundheit und Krankeit, Physiologie du thymus à Vétat normal el àVétat pathologique, Francfort, 1858; His, dans Zeitscbrift f. ^iss. loo\.j Jowmal de zoologie scientifique, vol. X, p. 341, et vol. XI, p. 625; HE^LE, dans Eingei^eidelehre. Traité de splanchnologie, p. 541. — (2) Simon, Eceer, Kœlliker, Geruch, His, ont admis et étudié le canal central. Friedleben, Jbndrassik et d* autres ont, au contraire, nié son existence. Au contact de deux lobules voisins, les surfaces infléchies des acini peuvent, à la vérité, donner Taspect d'un pareil canal et induire ainsi en erreur. Mais il n'existe point de cavité volumineuse dans chaque moitié du thymus. — (3) Hassal (The microscopical anatomy of the human body in heallh and disease. London, 1846, p. 46) paraît avoir vu le premier de pareils corpuscules dans le sang. Voy. encore Eceer, loc, cit., p. 116, et la dissertation de Paulitzet, Disquis. de stralis glandulse thymi corpusculis. Halis, 1865. — (4) GoRUp, dans Annalen, vol. LXXXIX, p. 114, et vol. XCYIII, p. 1 ; Frerichs el St£dler, loc. cit,, vol. IV, p. 89; Scherer, dans Annalen, vol. GXIl, p. 514. — (5) Les indications de Friedleben diffèrent beaucoup de celles-là. — (6) Simon, loc. cit.; Eckbr, loc, cit., p. 118; voy. l'ouvrage de Remak, p. 88 et 125, etKœLLiKER, dans Vorlesungen tiber EntMricklungsgeschichte, Leçons sur l* histoire du développement, p. 591. D'après ses recherches sur les petits embryons des bétes à cornes, l'auteur admet que le premier rudiment du thymus est formé par un cordon cellulaire qui s'entoure ensuite d'une enveloppe délicate et transparente, formée par sécrétion.

flate. — Nous avons encore à examiner un organe important, appartenant au groupe des organes lymphoïdes, c'est la rate.

L'étude de la structure intime de la rate est fort difficile à faire, aussi avait-elle été mal interprétée jusque dans ces derniers temps. Aujour d'hui, grâce aux travaux de Gray, de Billrotli, de Schweigger-Seidel, et surtout de W. MùUer (1), les principaux points de la structure de cet organe nous sont connus. 11 se rapproche beaucoup plus des ganglions lymphatiques que le thymus. On peut, en effet, comme je l'ai dit depuis longtemps, après avoir fait de nombreuses recherches sur la rate, considérer cet organe comme un ganglion lymphatique, dans lequel les conduits lymphatiques seraient remplacés par des vaisseaux sanguins ; on pourrait donc dire que la rate est une glande lymphatique

sanguine.

On trouve, dans cet organe, une enveloppe fibreuse^ un système de travées et de trabécules, des cloisons de tissu conjonctif qui enveloppent les vaisseaux, et un parenchyme glandulaire mou. Ce dernier est constitué par des follicules lymphatiques et par une masse d*un brun rougeâtre, de nature fort variable, la pulpe splénique^ Les follicules correspondent aux corpuscules de même nom des ganglions lymphatiques ; la pulpe est une sorte de substance médullaire modifiée.

I/enveloppe séreuse, qui forme la partie la pliis extérieui*e de la rate^ s^isole facilement chez les rutninahts ; chez l'homme^ elle adhère à h

couche sous-jacente, c* est-à-dire à l'enveloppe fibreuse ou capsule àiii rate. En examinant cette capsule au microscope, on voit qu'elle est formée par des fibrilles de tissu conjonctif entrelacées de fibres élastiques très-minces et d'éléments musculaires lisses. Chez beaucoup demanh mifères, par exemple chez le mouton, le cochon, le chien, le hérûson, ces fibres-cellules contractiles sont très-abondantes, surtout dans te parties profondes; chez d'autres mammifères, au contraire, chet le bœuf, par exemple, ainsi que chez l'homme, ces éléments sont trèsrares (2).

Cette capsule enveloppe la rate comme un sac résistant ; au point oà pénètrent les vaisseaux et les nerfs, c'est-à-dire au niveau du hile, elle s'infléchit, pénètre dans Forgane, et va former les cloisons des vaisseau. Elle accompagne les ramifications du système vasculaire même les plu déliées, et forme autour des artères des couches plus épaisses qu'autour des veines. La disposition de cette capsule varie du reste beaucoup suivant les différents animaux ; nous reviendrons plus loin sur ce sujet.

Outre les gaines vasculaires, et communiquant avec ces dernières, oo trouve d'autres prolongements de l'enveloppe fibreuse, c'est le système de$ travées et trabécules. Ce système présente des différences considérables chez les divers mammifères. Il est peu développé dans la rate des petits mammifères tels que la souris, l'écureuil, le cochon d'Inde, le lapin; chez les grands animaux, comme le cheval, le porc, le mouton, le bœuf, il atteint son développement le plus considérable; chez Thomme, le chien et le chat, il offre un développement intermédiaire. Nous avons trouvé li même disposition dans les ganglions lymphatiques. La consistance et li résistance du tissu splénique sont en rapport avec le nombre des trabécules.

De la face interne de la capsule fibreuse de la rate partent, à des distances variables, et sous des angles droits ou aigus, des cordons fibreui, des travées, dont l'épaisseur varie entre 0"*,12, 0"*,2 et même 2 millimètres. Ce sont là les travées du tissu splénique, qui se divisent, se subdivisent, s'anastomosent, traversent l'organe dans tous les sens, et constituent ainsi, quand elles ont atteint leur développement complet, un réseau compliqué qui forme la charpente de la rate. Elles s'insèrent ensuite sur les gaines vasculaircs ou se confondent avec elles; cette fusion a surtout lieu au niveau des gaines veineuses. (Tomsa.)

Le tissu glandulaire de la rate est compris dans les mailles innombrables et irrégulières de ce réseau. Chez les grands animaux, les travées^ prennent un développement considérable ; aussi la structure de la rate est-elle plus compliquée et plus difficile à étudier chez ces animaux. Nous répéterons donc ici ce que nous avons dit à propos des ganglions lymphati(pies ; c'est (|u'il est bien plus facile de faire des recherches sur la rate des petits mammifères.

La structure intime des travées et des trabécules ressemble, en tous

APPAREIL GIRCUUTOIRE. 517

points, à celle de la capsule. Elles sont formées par du tissu conjonctif ferme et blanchâtre, et par des fibres élastiques. On y trouve aussi des éléments musculaires lisses à direction longitudinale ; ces derniers peuvent exister dans toutes les travées, comme chez le porc, le chien et le chat (Kœlliker, Gray), ou bien seulement dans les petites trabécules, comme chez le bœuf, le mouton (Kœlliker, Ecker, Biilroth) ; chez Thomme on n'observe de fibres-cellules contractiles que dans les trabécules les plus déliées.

Ubmarqubs. — (i) Pour la littérature ancienne et nouTelle, ?oy. : H. Hbwsonii, opus posthumus, edit. Magnus Falconar. Lugduni Bala?. 1785; J. P. Assount, Recherches sur la rate. Paris, 1800; J. BIuixer, dans ses Archives, 1^34, p. 88; H. Giesker, Splénologie, I, Anatomische physiologischc Unlersuchungen tiber die Milz des Menschen, Recherches anatomiques el physiologiques sur la rate de V homme, Zurich , 1855; Schwager-Bardbleben, Obsenrationes microscopicae de glandularum ductu excretorio carentium structura. Berolini, 1841, Diss.; A. Tigri, Nuova disposizione dcll' apparecchio vascubre sanguegno délia milza uinana. Bologna, 1847 ; ainsi que Bulletino délie scienze mediche di Bologna, ser. 5, vol. XII, 1848, et 11 Progresso, 1849, u*' 11-15 ; cnBn dans Gazetla mcdica italiana, ser. 2, totn. IIÎ, 1855; l'article de Kœlliker: « Spleen, • dans CyclopaHiia,vol.IV, p. 777, ainsi que son Histologie, 4* édit., p. 478; Tarticle de Ecker, • Blutgefhssdrtisen, • Glandes vasculaires sanguines, dans Handw. der Physiolog., Manuel de physiologie, vol. IV, p. 130, et Icônes physiolog., tabl. 6; GCmsburg. dans Milliers Archiv, 1850, p. 161 ; Geruch, dans son Uandbuch, Manuel; W. SANDER8,0n the structure of the spleen, Edinljurgh, 18b0; Ulasek, Disquisitiones de structura lienis. Dorpati, 1852, Diss.; Bbce, Untersuchungen und Sludien iin Gebiete der Anatomie, Recherches et éludes anatomiques. Karlsruhc, 1852, p. 80; Cualk, dans Med. Times, 1852, 2, p. 8, et 1854,2, p. 476. — Le principal ouvrage publié de 1850 à 1860 est celui de 11. Gray : On the structure and use of the spleen. London, 1854. Voy. aussi T. FOurer, dans Archiv ftir physiol. Ucilk., Archives de médecine physiologique, vol. XllI, p. 149, et vol. XV, p. 65; G. Stinstra, Comment, phys. de functione lienis. Groningse, 1854; A. Sassb, De Milt, Beschouwd in hare Struklur en hare physiolog ische betrekking. Amsterdam, 1855; A. Gkisp, a heatisc on the structure and use of the spleen. London, 1857; Letdig, dans son Handbuch der Histologie, Manuel dhistologie, p. 405 et 42 i.— Il y a encore d*autrès travaux importants: les belles recherches de Biurotu, dans Miiller's Archiv, 1857, p. 88 ; dans Yirchow*s Zeitschrift, vol. XX, p. 409, etXXlU, p. 457 ; enfin dans Zeitscbrift fur wiss. 7iOol., Journal de zoologie scientifique, vol. XI, p. 325; Uenle, dans Uenle's und Pfeufer's Zeitschrift, 3 R., vol. VIU, p. 201 ; H. Fret, Mikroskop, 2* édit., p. 272 (les méthodes d'investigation y sont paiement indiquées), et dans Canstatt's Jahresbericbt, Rapports annuels de Canstatt, à partir de 18G1 ; N.Kowai.ewskt, dans Virchow's Archiv, vol.* XIX, p. 221, et XX, p. 203; T. Groue, id., vol. XX, p. 306 ; Touvrage bien connu de L. Tbicbmann, p. 95; A. Ket. dans Virchow's Archiv, vol. XXI, p, 568 ; F. Schweigger- Seidel, id., id., vol. XXllI, p. 5 26, et vol. XXVII, p. 460; L. Stieda, dans YirchoVs Archiv, vol. XXIV, p. 450, et dans son ouvrage : Ueber das Kapillargefôsssystem der Milz, Du système des vaisseaux capillaires de la raté. Dorpat, 1861 ; A. Tihm, daus llenle*s und Pfeufer*s Zeitschrift, 3R., vol. XVIII, p. 165; W. Basler, dans Wurzb. med. Zeitschrift, vol. IV, p. 220; W. Tobsa, dans Wiener Sitzungsberichte, vol. XLVIII, 2, p. 652. Mais, aujourd'hui, l'ouvrage le plus important est Texcellenle Blonographie de W. MOllbr, qui nous a beaucoup servi pour la rédaction du texte : Ueber den fcineren Bau der Milz, De la structure intime de la rate, avec 6 planches, Leipzig et Heidelberg, 1865. Malheureusement nous ne pouvons parler ici des modifications remarquables qu*offre la rate chez les différents groupes des vertébrés inférieurs. Nous sommes obligés de renvoyer aux travaux de Grat, de Billroth, mais surtout à ceux de MOller. U n'était plus possible de prendre en considération la description donnée par Hbrlb dans son traité de splanchnologie, p. 546. — (2) Je croyais les avoir Tues antérieurement dans les trabécules de la

TRAITÉ D^DISTOLOGIE ET D'HISTOCHDaE.

raie humaine, ce qui a été confirmé par Meissker (Hcnle*s und Pfeufer's Zeîischr., âB.. vol. II, p. 219), ainsi que par BIOller. Kœlliker cl Gray en nièrent, au contraire, Toi»tcnce.

Los loges formées par la charpente que nous.venous de décrire dansk paragraphe précédent, renferment la partie glandulaire ou lymphoîde deh rate. Celle-ci est formée par un réseau de cordons ou de travées, coiinB» sous le nom de canaux de la pulpe ; ces derniers ressemblent aux canam lymphatiques contenus dans la partie médullaire des ganglions lymphatiques, mais ne leur sont point identiques. Dans le réseau formé pari» canaux de la pulpe, on trouve un nombre considérable de follicules Ipphatiques, qui ont été découverts par Malpighi depuis des siècles ; on leur a donné de nom de corj)U8Cules de Malpighi, en l'honneur de cet anatomiste (on les a également désignées sous le nom de corpuscules spléniques, de vésicules spléniques). Ces corpuscules se rapprochent beaucoup des follicules lymphatiques, mais au lieu d'être groupés, comme ces derniers, à la périphérie, c'est-à-dire dans la couche corticale, ils sont as contraire disséminés dans toute la pulpe splénique. Ils offrent un rappel

tout particulier avec les vaisseaai artériels; aussi devons-nous dire d'abord quelques mots de ces derniers.

I/artère splénique forme nrtment un tronc unique au moment oïl elle pénètre dans le tissu de la rate, comme cela a lieu chez les ruminants; généralement elle est divisée en plusieurs branches. Les premiers gros rameaux restent distincts et isolés ; mais ils se ramifient bientôt à leur tour, et forment des vaisseaux terminaux tellement fins, qu'on les a comparés, il y a longtemps, aux poils d'un pinceau, cÀ, plus justement encore, aux branches d'un saule dépourvu de ses feuilles.

La figure 389 peut donner une idée

cochon. Bran<-lii'artéricll(> a enveloppée de sa gaine; dc CCttC disoosition.

b. ranitai» arlériol;»: c, corpuscules do Malpishi i? ' a i i ■

appendus. Eu scparaut une de ces brandies

artérielles du tissu splénique qui Tentourc, on voit qu'elle est garnie de follicules. Ils offrent un aspect blanchâtre, et sont appendus aux rameaux artériels les plus déliés, comme les graines aux rameaux d'une grappe. Quelquefois ils sont appliqués sur les parties latérales des branches artérielles qui peuvent même

Fig. 389.

Pri'paration obtenue de la pulpe splénique d'un

APPAREIL CmCULATOIRE. 519

les traverser; enfin, au niveau des angles de bifurcation des artères, on rencontre souvent une masse formée de follicules. Leur forme est tantôt arrondie, tantôt allongée.

Ces corpuscules spléniques existent chez tous les mammifères; ils présentent^ à la vérité, de nombreuses variétés. Chez Thomme, ils sont difficiles à voir, surtout sur la rate de sujets qui ont succombé à de longues maladies ; chez des individus frappés de mort subite, chez les enfants, également, on les retrouve facilement. [Voy. Westling (i).] Ona donc considéré depuis longtemps les follicules spléniques comme des éléments propres de la rate de Thomme.

En examinant les ramifications vasculaires depuis le bile jusque dans le centre do Torgane, on s'aperçoit que la disposition des vaisseaux est fort différente chez les divers animaux. Les gaines vasculaires ne sont pas moins variées. Très-peu développées chez le cochon d'Inde, le lapin, l'écureuil, la marmotte, elles atteignent une épaisseur bien plus grande chez d'autres animaux, tels que le chien et le chat. Les branches artérielles pénètrent dans la rate en assez grand nombre, et chaque rameau est accompagné d'une veine, d'un ou plusieurs troncs nerveux. A leur entrée dans Torgane les artères et les veines se couvrent d'une gaine ; cette enveloppe est lâche autour des artères, et ne tarde pas à se transformer en un véritable tissu lymphoïde. Les veines, au contraire, sont entourées par une gaine plus dense et plus serrée, qui est soudée à la paroi vasculaire. Au niveau des petites branches veineuses, cette gaine se divise en filaments do tissu conjonctif qui vont se perdre dans les trabécules delà rate. La disposition de ces gaines est différente chez les ruminants et chez le cochon (2).

Chez l'homme, l'artère et la veine splénique sont divisées en 4 à 6 branches au moment où elles pénètrent dans la pulpe splénique. Elles sont d'abord logées dans une gaine commune de 2 millimètres d'épaisseur environ; elle s'amincit bientôt et n'a plus que 0°*,12 d'épaisseur; le diamètre des artères est environ de 0"*,2; celui des veines de 0",4. La branche artérielle, entourée de sa gaine, se sépare bientôt de la veine qui l'avait accompagnée, et va former des rameaux isolés et indépendants. La branche veineuse est entourée par sa gaine dans une certaine étendue; mais cette gaine se divise bientôt en fibres qui vont se perdre dans les trabéculcs de la rate. (W. Mûller.)

Les gaines vasculaires offrent la structure des trabécules. Au niveau du point où les branches artérielles se séparent dçs veines, la gaine artérielle éprouve une modification; son ti^u conjonctif fibreux se transforme en tissu conjonctif réticulé, en véritable tissu lymphoïde ; cette transformation, généralement accompagnée d'une augmentation de volume, se fait progressivement de dehors en dedans, et finit par envahir les tuniques artérielles proprement dites. L'enveloppe artérielle devient petit à petit une gaine lymphatique; de là, production de renflements plus volumineux, mieux circonscrits, de forme diverse, qui se transforment

TRAITE D'HISTOLOGIE BT ITHISTOCHIIIIE.

}i de Halpigh

enfin en corpuscules de Malpi^i (fig. 390, a). Ces corpuscules sont do» le résultat de l'infiltration lymphoïde de la gaine artérielle; du restt i n'existe aucune démareatiiii nette entre cette dernière «t le> corpuscules ; leur ftHiDC . ta arrondie ou allongée; leurAimètre varie entre 0',2 et (r,6:

il est en moyenne de O'.SS.

Cette modification de la gain vasculaire s'observe sur la branches artérielles de 0",15, Qx.Od et même 0-~,02 de diimètrc ; ces vaisseaux éprouTent une augmentation de toIuqx considérable due à la fomulion de CCS masses de tissu Inuplioïde.

Les rapports de la gaine iafiltrée et de l'artère sont loin d'être toi^oura les mêmes ; ^a^ tère peut, en eflet, occuper l'axe ou bien les parties hlérales ; même dans les parties où se sont formés des follicules, la brinde artérielle présente ces rapports différents.

La position et les rapports de Tartcre dépendent du reste de la texture de ta gaine inriltréc. Quand la transformation n'est pas avancée, on troiin du tissu conjonctif ordinaire, lâche, dont les lacunes sont occupées par des cellules lymjdiati<|UGs; la même disposition s'observe dans la gaiu des petits troncs artériels auxquels sont appendus des follicules. Quand, au contraire, l'artère passe au niveau d'un renflement, ou traverse ud corpuscule de Malpighi, la transformation e^t plus avancée, et le tissu se rapproche beaucoup du tissu conjonctif réticulé. Quand l'infiltratioa lympliati(|ucest peu prononcée, la gaine seule est atteinte; la paroi propre de l'artère reste intacte et ne se transforme que lorsque t'infiltratiou eit complète et générale.

L'enveloppe du follicule est formée par un réseau à mailles serrées et résistantes à la périphérie; les mailles s'élargissent et les trabéculea deviennent plus minces vers le centre. Quelquefois la partie corticale et la partie centrale du follicule se trouvent déhniitées par une ligne circulaire^ on observe ce fait chez le lapin, le cochon d'Inde, lamannotte. Cette disposition mérite cependant d'être étudiée à nouveau.

Ici, comme dans les ganglions lymphatiques, on ubserre dtstinctemeat les noyaux au niveau des nœuds d'un certain volume formés par rentrecroisement des Irabccules. Les follicules de Malpighi ne sont jamais liinilès à l'extérieur par une membrane enveloppante homogène, mais toujours

APPAREIL aRGULATOlRE. 521

par du tissu conjonctif réticulé, même dans les cas où la surface du follicule offre une consistance assez ferme et se distingue nettement du tissu adjacent. D'autres fois, le follicule se continue sans modification brusque avec le tissu adjacent de la pulpe (5).

Dans les mailles du tissu réticulé qui forme toutes ces parties, on aperçoit, outre des noyaux libres (?) (Mùller), un nombre innombrable de cellules lymphatiques ordinaires à un seul noyau. D'autres cellules, d'un diamètre plus considérable , possèdent plusieurs noyaux. On trouve, en I outre, mais en plus petit nombre, des éléments remplis d'une substance granuleuse, incolore, ou de molécules pigmentaires brunes ou jaunâtres.

Les régions formées de tissu lymphatique, et les points où se trouvent t des follicules, sont traversés par des artères et par des capillaires; les veines B manquent complètement (4). Dans les points qui sont peu infiltrés, on observe un réseau capillaire peu développé, à mailles allongées. Les renflements sont ordinairement occupés par un réseau capillaire très-riche, formé de petits ramuscules artériels de dimension variable. Ces derniers proviennent de l'artère même du follicule, ou bien arrivent du dehors. La forme du réseau capillaire présente des modifications dans les différents follicules d'un même organe et chez les divers animaux. Il est rarement régulier, formé par des capillaires rayonnants et reliés entre eux par des anastomoses en anse ; ces petits vaisseaux ont, en moyenne, de 0'",002 à O"*,006de diamètre. (Mûller.) Généralement, la direction, les anastomoses, le diamètre de ces vaisseaux sont irréguliers (5).

En examinant les capillaires avec plus d'attention , on en trouve qui offrent la texture ordinaire et qui sont entourés par une membrane adventice formée par du tissu conjonctif réticulé ( g 202) ; d'autres présentent une paroi très-délicate, sans double contour, mais chargée de nombreux noyaux. Nous reviendrons, en parlant de la pulpe, sur cette disposition, qui est de la plus haute importance pour la circulation splénique.

Chez l'homme, l'infiltration lymphoïde et le développement des folli^ cules ont lieu, en général, d'une manière analogue; toutefois, les modifications survenues dans les gaines vasculaires et au niveau des renflements offrent des différences considérables. 11 ne faut pas oublier cependant que, chez l'homme, l'étude de la rate offre des difficultés que Ton ne retrouve pas chez les mammifères ; on ne peut généralement observer cet organe que fort longtemps après la mort, et sur des sujets qui ont presque toujours succombé à de longues maladies. 11 est facile néanmoins de voir qu'ici encore les gaines artérielles s'infiltrent et s'épaississent, pour former des follicules, et que ces transformations s'étendent également aux vaisseaux capillaires les plus déliés.

Renarqurs. — (i) Voy. son travail intitulé : Untersuchungcn iibcr die weissen Kôrperchen der menschlichen Milz, Recherches sur les corpuscules blancs de la rate de rhomme. Regcnsburg, 1842. — (2) Les veines perdent très-vile leur gaine, ainsi que leurs tuniques externe et moyenne; elles ne sont plus fermées que par une paroi fort mince. Voyez, pour le reste, les travaux de Grat, Ulasek et Mullbr. — (3) Ces disposi-

53S TnAlTfi D'HISTOLOGIE ET D'HISTOCHUIE.

lions eiplii|Uent le» divergences il'opiuions r|UL m^finrcnl \es aoricni auleurs dct olwi Leurs modernes, pour ce qui a Irait aui coi'pusculea de Miilpigiii, Cet analomUle anil t^ il y 3 dM eiËclcs, i|ue ces corpuKiilcs étaient appendus am artères les plut iSiéa,^ longlempa après, J. HUij.kr les eonsîdérj comme des excroissances de U gaine arlétidt; Reiuk obsena lu Iransforniation de la gaine artérielle en tissu lympholde, et Dmi fi remarquer les corpuscules tyraphnliques qui sont plongés dans le ti^su ooajonttif i{tinveloppe le canal artériel. Henle nia égalemeni l'existence d'une membrane unoqïecMi slrui'lure autour des follicules ; les anciens oltserta leurs, en admeltanl l'esUleace Je ceik membrane, avaient commis une erreui' bien facile '^ faire, ï cause de rîtnporfedioD do métbodes d'investi^ration connues à cette époque. — (4) Plnsieurs observaleun modemn. HsHfcB, Grobb, Kow^lewskt, ont commis une erreur grave en décrivant des veines àm la^iilne des arlÈres, cisartnul dans les foUicules du Halpighî. Toute injection tant soit peu réussie des vaisseaux de la rate leur eût démontré que cette opinion était insoutenable, - (5) Biu-notn a trouvé que le rt'iscau capillaire des follicules uttraïl une di&posi'ian Irèirréguliâre ; ScnnEiocsn-SEniKL, au contraire, a déclaré qu'il était presque lotjjoun (rtjrégulier. Inutile de revenir sur ce fait après ce que nous avons dît dans le texte.

Après avoir traversé les points occupés par les renflements de liisi lyinphoîde et par les follicules, les artères se prolongent encore à une terlaine distance, en conlinuanl à se ramilier, mais sans s'anastomoser enlK elles.

Elles finissent par former un certain nombre de vaisseaux capillairt« très-déliés, qui s'anastomosent à peine entre eux; le calibre do ces capillaires est fort petit ; ils se dirigent généralement eu serpentant. Ces capillaires vont se jeter dans tes vaisseaux tes plus délies de h pulpe spiénique.

La structure intime de ces capillaires varie suivant les différents mammiiêres. Chez le cochon, le chien, le chat, le hérisson (Schweîgger-Seidel, Mûller), ils sont enveloppés par des renflements compactes et ellipsoida de la lunique adventice, auxquels Schneigger-Seidel a donné le nom de gatnes capillaires. Cette gaine est très-développée au pourtour des capillaires de la rate des oiseaux (Mùller) ; elle est formée par une masse pâle, molle, fmement granuleuse, qui loge des noyaux nombreux et de petit tolume. Chez le chien, le chat et le hérisson, cette gaine atteint, en moyenne, de O",»* à 0°',05 de large sur 0",09 à 0'',\b de long. Chaque gaine enveloppe un ou plusieurs vaisseaux capillaires ; la structure de ces.vaisseaui est variable, comme nous l'avons du reste indiqué dans le paragraphe ptécédcnt. Chez les mêmes animaux, .on observe des capillaires dépourvus de gaines ; ils ressemblent en tous points aux vaisseaux qui existent cha l'homme et chez les mammifères. Les capillaires que l'on observe chez ces animaux, possèdent une paroi plus solide jusqu'au point oii ils se coDfondent avec les vaisseaux de la pulpe; d'autres, au contraire, offrent une paroi plus molle, trés-chargée de noyaux ou bien formée de cellules vtsculaires distinctes.

La tunique adventice, formée de tissu lymphoïde, qui entoure ca vaisseaux capillaires, présente des caractères forts différents : tantôt dl>

APPAREIL CmClILATOlHE.

est délicate , formée par du tissu conjonctif dans lequel on observe des noyaux arrondis ou allongés, au niveau des nœuds et des interstices ; tantôt elle est compacte, (ibrillaire à la surface, réticulée et plus lâche au centre, renfermant des cellules Ijmphoïdes et fusiformcs dans ses lacunes ; on dirait alors une véritable gaine lymphatique ; on observe, du reste, toutes les dispositions intermédiaires.

Nous arrivons enfin » l'étude de la pidpe splénique. C'est une masse rouge, très-moUc, qui occupe toutes les lacunes situées entre les cloisons, les gaines vasculaires, les follicules et les autres éléments que t nous avons déjà étudiés. On ne parvient à étudier la structure intime de la pulpe splénique qu'en se servant de liquides durcissants.

On voit alors que la pulpe splénique se compose d'un réseau de travées de 0*,(Mi à 0",02 d'épaisseur en moyenne (fîg. 591, b). La disposition des lacunes et des cavernes comprises dans ce réseau varie suivant les difTcrentes espèces animales; mais elles servent toujours à recevoir des courants sanguins veineux. Les canaux de la pulpe (1), comparables aux canaux des ganglions lymphatiques, naissent en grand nombre au niveau de la surface des follicules, et se transforment ensuite. Chez le lapin, le cochon d'Inde, la marmotte, ces canaux conservent, dans une certaine étendue, une direction concentrique, qui reproduit la forme des lacunes qu'ils limitent. D'autres tubes de la pulpe se détachent des cloisons artérielles intiltrées et de la tunique adventice des derniers prolongements artériels. Ces tubes ou fibres de la pulpe finissent par s'insérer sur les trabécules de tissu conjonctif du centre.

Les tubes ou fibres de la pulpe sont formés par du tissu conjonctif réticule à texture très-fine (fîg. 592).

Il consiste partout en un réseau compose de fibrilles excessivement minces ou de travées un peu plus larges et très-délicates. Xu niveau des nœuds formés par ce réseau, on aperçoit des noyaux; mais comme la structure de ce tissu est extrêmement fmc, on ne saurait dire si le noyau est compris dans le nœud lui-même, ou s'il est simplement appliqué sur sa surface. En poursuivant les fibres de la pulpe jusqu'au niveau des follicules ou des renflements des gaines artérielles, on voit qu'elles se confon-

. — Coup» d'uoa rats delipia,

le Hilpighi; >, chirpt-nle do 1) fOlf

iCB occupéei par le counot ungu&D.

534 nuiTÉ D'HISTOLOGIE ET D'HISTOCHIIIIE.

dent successivement avec la charpente plus grossière et plus résistinleér ces parties. En étudiant les points où les fibres de la pulpe viennent ('«■ rêlcr sur les canaux caverneux qui la traversent en grand nombre, on r^ trouve encore le caractère réticulé. Quand on parvient à observer sam» préparation le lit même du conduit veineux (c), on reconnaît, foniK Henle Ta montré te jkmier, que U coud» limitante de la pulpe assiste en un réseau anulaire formé de fibre minces qui s'anaslouffsent i angle aigu.

Les canaux veiwn sont revêtus par ud système spécial de cellule vascutaires (2). Ce swil des éléments allongn, rusiforniea (Bg. 593 (,j, par le ''t 1 qui présentent, chl l'homme, des noviniir

■" ■ cooKnudtn» éléments Cellulaires «Ml parallèles à l'axe du vûfeaux , et croisent, )«

conséquent, à angle droit, les fibres du réseau annulaire auxquels ils Itnchent. Ils présentent, en outre, une particularité fort importante ; ili ut sont point soudés les uns aux autres, mais distincts et séparés; si donclt canal veineux subit une extension un peu considérable, ce qui peut arriw facilement, les cellules s'écartent les unes des autres, en laissant entre elles des lacunes. La paroi n'est donc pas exactement close comme dm les autres veines. Ces éléments cellulaires sont très-distincts dans la nlt de riiomme; on les retrouve même dans les branches veineuses d'un cilibre plus grand, où on les avait observés il y a de longues années; nui» Billroth, le premier, les a découverts récemment dans les conduits ttineux de la pulpe.

Dans les petites mailles du réseau de la pulpe on rencontre un ou plusieurs éléments cellulaires lymphoïdes, identiques à ceux que l'oo retrouve dans les follicules et dans les cloisons vasculaircs raodîGées. b rate contient souvent des cellules remplies de pigment, ou de petits bioci pignientaircs libres; ces masses ofTrcnt tantât un reflet jaune doré, tanliH une teinte brune ou même noire ; elles sont quelquefois si abondante», que la pulpe spicnique éprouve un changement de coloration sensible i l'œil nu.

On trouve, en outre, dans la pulpe splénique, un grand nombre de globules rouges du sang, tantôt parfaitement conservés, tantôt plissés.

1 palpe »ee Irar h, Uïtiûn triDïTcrfealf de* aniu il'un cariai du raénis ganrei 4, laiiutu ca|> bii canal de la pulpe; f, épiliiillom dei canaui tu Inouï ; f, ^1. Ibélium vu du nVtJ; k. Mtlioa Iraniierillc du atmt.

APPAREIL GIRGUUTOJRE.

déchiquetés, en un mot, plus ou moins altérés. Sur des préparations con- ▼enablement faites, on peut constater que les globules sanguins sont libres et situés dans les mailles même du tissu pulpeux, sans être enveloppés d'aucune membrane vasculaire ; ce fait a une grande importance.

Les globules sanguins qui ont abandonné le torrent circulatoire subissent des altérations multiples ; ils se ratatinent, se fragmentent, et forment des molécules pigmentaires de coloration variable.

Cette altération des globules sanguins donne lieu à un phénomène fort curieux. On a, en effet, observé, il y a de longues années déjà, dans la pulpe splénique, des cellules renfermant des globules sanguins. Nous avons déjà parlé de ces éléments singuliers (§ 49), que les observateurs anciens ne savaient comment interpréter. Ici , comme dans d'autres organes, la cellule lymphatique peut, grâce à sa contractilité vitale, s'incorporer, je ne dirai pas des globules rouges entiers, mais tout au moins des fragments de globules (3). Les cellules lymphatiques de la rate possèdent en outre la propriété de se contracter ; j'ai constaté ce phénomène, il y a plusieurs années déjà, sur les salamandres et les grenouilles, et, récemment, Cohnheim (4) Ta observé sur un grand nombre d'autres animaux, et même sur des mammifères. Nous ferons remai'quer, en terminant, que les cellules qui renferment des globules sanguins peuvent pénétrer, aux différents degrés de leur développement, dans le torrent circulatoire; la paroi des canaux veineux étant incomplète , ces cellules peuvent devenir des éléments du sang veineux de la rate.

Funke et Kœlliker (5) ont trouvé dans la pulpe splénique des jeunes animaux, encore à la mamelle, de petites cellules jaunâtres, pourvues d nn noyau, qu'ils considèrent comme des globules sanguins en voie de développement. Nos expériences personnelles n'ont pas porté sur ce sujet.

Remarques. — (1) Les tubes (J. Vocel, Anleilung zum Gebrauch der Mikroskops, Emploi du microscope^ p. 452) furent considérés pendant quelque temps comme des fibrescellules contractiles (Kœlukkr, Analomie microscopique, p. 257). Fuhrbr prétendait même que leurs noyaux donnaient naissance aux globules rouges du sang (Archiv fUr phys. Heilk., Archives de médecine physiologique y 1854, p. 149). — (2) Groiie(/oc. cit.) a décrit dans la pulpe splénique des corps en forme de massue, des canaux terminés en cul -de-sac. Il est difficile, d*après le texte de cet auteur et les planches de son ouvrage, de savoir s'il a prétendu décrire les tubes ou les canaux veineux de la pulpe. — (5) Voy., à ce sujet, le paragraphe 49 de cet ouvrage, remarque 9. — (4) Le travail de Cohhbriii se

Fig. 395. — Cellules de la pulpe spK« nique de Vhomme, du bœuf et du cheval.

a-4, cellules de l'honime; c, noyau libre; ht globule Ifmphatique ordi« naire; c, cellule à noyau, renfermant un globule sanguin? </, cellule du même genre contenant deux globule»

sanguins; f, môme cellule, provenant de la rate du bœuf, et renfermant plusieurs globules; f, cellule du même animal contenant des granulations graisseuses ; ^, cellules du cheval ; g, cellules contenant plusieurs globules sanguins de nouvelle formation et de^ granulations graisseuses; k, cellule remplie de granulations grais!^uses; t, granulations libres; k, cellules avec de petites moiéculea incolores.

526 TRAITÉ DIllSTOLOGiE ET D*H1ST0GHI11I£.

trouve dans Virchow's Archiv, vol. XXXVJlï, p. 311. — (5) Voy. Fusiee, Ph^siokv. 4* édition, vo). 1, p. 181. Les premières communications do Kœlliseb, à ce tnfLu trouvent dans Wttrzburger Verhandlungen, vol. Yil, p. 174.

Vaisseaux et nerfs de la rate. — Us nous reste à parler des vaisBen et des nerfs de la rate.

Les veines offrent des caractères différents chez les divers aninuBi, mais se distinguent partout par leur volume considérable et leur gnak extensibilité sous T influence de la plus légère pression ; les gonflemenb physiologiques et pathologiques de Torgane sont dus à cette demiôf cause.

Chez les ruminants, le mouton et le bœuf entre autres, la veine splénique (1) ne forme qu'un seul tronc à son entrée dans Forgane; la membrane adventice et la tunique moyenne de ce vaisseau se confondent et se réunissent bientôt avec la gaine de tissu conjonctif (2); puis la Tcine se divise en branches d'un assez gros calibre, mais à paroi très-mince, d'où partent de très-nombreux rameaux latéraux dont la paroi est formée par unemembrane extrêmement iinc ; aussi apparaissent-ils comme de simples lacanei situées dans le parenchyme splénique. Les rameaux se détachent deshraih ches principales à angle droit ou aigu et rappellent parleur ensemble F» pect d'un arbre; les veines ne s'anastomosent point. L'ensemble de ce système veineux porte un caractère spécial; les troncs veineux d'oo certain calibre partent des rameaux plus minces, dont la disposition rappelle celle d*une patte d'oie; ils vont se rendre, en divergeant, aux nombreux follicules de Malpiglii. Tous ces tubes veineux ont une paroi fort mince, mais bien close : elle est formée par une couche de cellules fosifSrmes de 0'",002 à 0'",006 de large sur 0"*,0i8 à 0»,04 de long, pourvues de noyaux allongés peu proéminents. Les branches, même les plus minces, sont enveloppées extérieurement par le tissu réticulé de la pulpe splénique.

On a désigné ces petites branches veineuses sous le nom de veines capillaires ou de veines caverneuses de la rate [Billroth (3)] . On trouve ces vaisseaux chez tous les mammifères ; leur disposition est cependant variable, et de là résultent des modifications dans le trajet des Gbrcs de la pulpe.

Chez les ruminants (4) ces veines caverneuses se divisent à angle aigu et ne s^anastomosent pas entre elles ; chez d'autres animant, au contraire (4), les premières ramifications isolées ne tardent pas à émettre des branches qui se rejoignent à angle droit, s'anastomosent, et forment un réseau composé de canaux veineux de diamètre à peu près uniforme^ On obserrc ces réseaux dans la rate du lapin, du cochon d'Inde^ de la marmotte et de riiomme. Ces réseaux sont surtout nettement dessinés dans la rate des nouveau-nés; là, on voit partir des troncs veineux^ assex épais et pourvus d'une gaine, des branches latérales qui s'anastomosent

APPAREIL CIRGUUTOIRE. 5S7

* loul à coup en forme de réseaux. J*ai démontré le premier, en 1860, à Taide d'injections, la nature veineuse de ces réseaux, et c'est grâce à mes préparations que Billroth a appris à les connaître. Ces vaisseaux ont, en moyenne, de 0'",016 à 0"*,02 de diamètre; leur structure est tout à fait la même que chez le mouton. La pulpe de la rate de ces animaux offre beauih coup d^analogie avec les canaux lymphatiques et la substance médullaire

des ganglions lymphatiques.

k Peu à peu on voit apparaître des espaces vides entre les cellules vascuii laires et dans la couche réticulée sous-jacente, la paroi cesse d'être conf iinue, et il se produit des interstices qui conduisent dans les mailles du réseau formé par les fibres de la pulpe.

Bientôt les veines caverneuses s'amincissent, leur diamètre se réduit à 0",016 et même à 0°*009 et elles se terminent par des vaisseaux qui constituent l'origine des veines, dont la paroi est perforée, et auxquels il manque un grand nombre de cellules vasculaires (5).

Remarques. — (1) L'excellent ouvrage dcGRAT contient de très-belles figures qui représentent les vaisseaux spléniques du mouton ; ce livre est malheureusement trop peu connu. — (2) A leur entrée dans Torgane, les gaines veineuses sont un peu différentes chez les divers mammifères. Chez les petits animaux, tels que la souris, le rat, la taupe, le lapin, le cochon d*lnde, les plus gros troncs vasculaires possèdent seuls une gaine annulaire, solidement soudée avec la mince paroi veineuse ; cette gaine se détache bientôt par faisceaux qui vont se confondre avec les travées spléniques. Chez les mammifères plus grands, tels que le chien, le chat, le hérisson, les gaines veineuses sont plus développées et abondamment pourvues d'éléments musculaires, contrairement à ce qui a lieu chez les plus petits mammifères. Chez le singe et chez Thomme, les cellules musculaires sont très-rares, et c'est le tissu conjonctif qui prédomine. Bientôt l'union devient tellement intime, la paroi veineuse et la cloison sont si fortement soudées ensemble, qu'il est impossible de les séparer, et que les veines, jusqu'aux troncs de 0",i4 de diamètre, se transforment en canaux solides et ramifiés. Plus loin, les gaines se divisent également en fibres qui vont se confondre avec le système des travées spléniques (Mùller). — (5) Voy. son article dans Virchow's Archiv, vol. XX, p. 412. — (A) Je fais cette remarque pour ! affirmer ma priorité, contestée dans un passage de l'Histologie de K(£lliker, 4* édition, p. 490. — (5) Le liquide injecté sort des vaisseaux sanguins dans ces points et va se répandre dans les tubes de la pulpe splénique.

Nous venons de suivre les conduits veineux jusque dans leurs ramifications les plus délices, c'est-à-dire dans les points où ils sont représentées par de simples lacunes, limitées par le tissu même de la pulpe splénique. Il s'agit maintenant de voir comment le sang passe des dernières ramifications artérielles dans les lacunes veineuses.

Suivant plusieurs observateurs, parmi lesquels nous citerons Gray, Billroth, Kœlliker, les vaisseaux capillaires très-déliés déboucheraient directement dans les veines caverneuses, sans avoir formé de véritables réseaux ; Schweigger-Seidel a décrit des vaisseaux intermédiaires particuliers) dont la paroi serait Uniquement formée par des cellules fusiformest Les observations de Key et de Stieda sont tout a fait différentes t ces

auteurs prétendent qu'il existe, entre les prolongements capillaires à système artériel et les veines caverneuses, un réseau à mailles eucaàst ment serrées, composé de vaisseaux capillaires très-fins et pourvus du paroi distincte; ce réseau engloberait les cellules lymphatiques im ses mailles et constituerait la pulpe splénique.

Plusieurs auteurs ont basé leurs opinions sur des injections ml faites, ou sur un examen incomplet de leurs préparations; d^autresMl donné une fausse interprétation de préparations bonnes en elle-méioe.

Souvent on croit voir des vaisseaux capillaires qui débouchent di^ed^ ment dans les veines, mais en examinant de plus près, on s*aperçoit qn'oe a commis une erreur d'observation. Je neveux pas nier pour cela la possibilité de cette comnmnication directe. Il m'est arrivé, dans les nombreosn recherches que j'ai entreprises sur ce sujet, de trouver des figures auxquelles on ne pouvait donner une autre interprétation ; mais j*ai obserrt cette comnmnication si rarement, que je ne puis la considérer que comme une exception. On peut juger par là du sens dans lequel nous interprétons les observations de Gray, de Billroth et de Kœlliker (1).

Kcy et Stieda se trouvaient sur le chemin de la vérité, mais ils ontpn> un réseau à mailles excessivement serrées, et formé de lacunes très-miices,pour un réseau de vaisseaux capillaires pourvus d'une paroi propre(2|.

Chez l'homme et les mammifères, le sang artériel de la rate passe dau les veines à travers des canaux dépourvus de paroi, qui parcourent le réseau de la pulpe et les interstices des cellules lymphatiques comme Teau d'un tleuve presque à sec chemine entre les cailloux. Ces canam sont les conduits intermédiaires de la pulpe.

C'est à Vi. Mûller que revient en partie l'honneur d'avoir indiqué l'eiistencc de ce système lacunaire qui avait été vaguement indiqué autreiois. Les recherches que j'ai laites sur l'homme, le mouton, le lapjn, le cochuo d'Inde, la souris et la taupe, m'ont conduit aux mêmes résultats.

Pour bien faire comprendre le trajet de ce système lacunaire, nous I^ viendrons sur les dernières ramifications de l'artère splénique que nou» avons déjà décrites (g 250).

Nous avons étudié, à ce propos, les vaisseaux capillaires situés dans les gaines artérielles simplement infiltrées, dans leurs renflements iymphoïdr» et dans les corpuscules de Malpighi. Dans toutes ces parties, les capillaireii présentaient leur structure ordinaire, ou bien leur paroi était amincie et modifiée, ce qui indiquait une transformation du tissu voisin.

Tous ces capillaires pénètrent dans la pulpe splénique, et là, après no parcours plus ou moins long, ils débouchent dans des conduits dépourvus de paroi. On observe souvent des rates dont la pulpe est parcourue par de longs vaisseaux capillaires qui occupent l'axe des tubes de la pulpe et rappellent les canaux lymphatiques [§ 224 (3)].

Avant de déboucher dans les conduits lacunaires intermédiaires, le$ capillaires présentent une paroi extrêmement tendue et mince, pourvue de noyaux abondants (fig. 594). Bientôt cette membrane se divise en 6bres;

e, |iainl où its dêliduchrnl ilini l« inlènie

f, coup* IMiisici-M la d'une brandie 'irtérk du coriiiuculB de llal|iiglii.

APPAREIL CIRGUUTÛIRE. Uft

les noyaux et les parties adjacentes se séparent pour former des travées ou des Obres isolées qui vont se confondre avec le reseau de la pulpe. Souvent on se demande si on a sous les yeux un conduit capillaire en voie de transformation, ou une lacune canaliculéc de la pulpe. Dans ces points , le liquide injecté sort tout naturelleiuent du vaisseau capillaire transformé, pour se répandre dans les tissus environnants.

La pulpe est formée, comme nous le savons déjà, par une charpente réticulée, à mailles trèsserrées, et dont les la- CUDès sont remplies de

cellules lymphatiques. Le liquide injecté (a) pénètre donc à travers la pulpe en s'insinuant entre les cellules lymphatiijues et les trabéculcs du réseau : Quand on emploie la gélatine pour faire l'injection, te liquide injecté se coagule sous furme de petites masses minces, à contours irréguliers, tantôt renflées, tanlùt rétrécies, qui enveloppent les corpuscules lymphatiques de la pulpe. Le diamètre de ces petites masses varie entre O", 002 et C.OOO, et dépend tout naturellement de ta pression avec laquelle l'injection a été faite. La raie est Irès-cxtcnsible ; cette propriété est facile à constater à l'état normal, à l'état patbologique, et surtout quand on injecte les vaisseaux de l'organe ; elle est duc, en grande partie, à la facilité avec laquelle les conduits intermédiaires de la pulpe se dilatent.

Les images dont nous parlions à l'instant ont fait décrire à plusieurs observateurs un réseau de capillaires intermédiaires très-fins, limités par' une paroi spéciale et situés dans la pulpe. Ils ont confondu en même temps ce réseau capillaire avec le réseau de la pulpe.

Il est évident qu'en se servant d'une pression progressive, on arrive à remplir une portion toujours plus considérable du système lacunaire de la pulpe. On voit alors que ces conduits forment de véritables anneaux tmlour des corpuscules de Malpighi ; on peut même arriver à pousser la masse à injection jusque dans la partie superfîcietlc de ces corpuscules, oiî elle forme encore des figures disposées en réseau (4).

Ënfm la masse injectée arrive, après avoir traversé la pulpe (fig. 395, a), dans tes premiers ramuscutes veineux (t), dont nous avons déjà parlé dans le paragraplie précédent. Le liquide injecté y pénètre sans difficulté, car 1(8 premiers conduits veineux sont de simples canaux caverneux creusés

' rréparti

1 pulpe;

530 TRAITÉ DHISTOLOGIK ET D'HESTOCHUIIE.

dans le tissu de la puli^e, c'est-à-dire enveloppés par le roéme tissu ^ s'était rempli du liquide à injection jn l'intermédiaire des vaisseaux capiUaîrr<

Pour vérifier les résultats fournis parln injections artificielles, on peut examiner d» injections naturelles de la rate, c'e^-i-din des préparations durcies, dans lesqutlle les globules sanguins ont été cooserrés fjt une méthode spéciale ; on voit , dans a cas, qu'à partir des extrémités des viir seaux capillaires, les globules rouges à sang forment des trainées qui ne sool |uj entourées d'une paroi, et qui seqtentenlH milieu des globules lymphatiques; fim

ëi kur'mmmuniario"nTïëcTM~prc' '•''"i On VOit dc nOUVCaU Ics globules IDI- 1

mien rxiuMuie. teinem doot la pa- ires réuuis SOUS forme de traîoées et lie

roi eslintomplL-toi d, branïbps vei- " . c j , l- ,,. . i

netue,. groupes qui se coniundent bientôt aam le

premiers rumuscules veineux.

Donc, les résultats fournis pai- les injections artiflcielles et nalnrell« concordent en tous points, et nous sommes en droit de dire qu'en sorlal des capillaires artériels, le sang se répand dans un système de condudt intcrméilinires, limités directement par les cellules et le réseau de li pulpe splénique, et d'où naissent un peu plus loin les ramuscules veineaL

REMtHgDES. — (I) Comparez les Iravauic dc ces savants. Billmoth avail pressenti l'ni»- IcncG du courant lacunaire dans une publication antérieure (Virchow'a Archîv, vol. \l. p. 4)5). Plus lard, il abandonna cctie idée et soutint que les Taiisoaiix capillaires panai directement dans les veines. Au début, je fis mes recherches sur les préparalîons in;Hlées de la rate, eu commun avec Billrolli ; k celle époque, je crus déjà devoir adim-IlTe aa UHiranl inlermédiaire dépourvu de paroi, sans être cependant libre de tout doulc i «I é|{3rd; aussi, dans mun Rapport annuel sur les progrts de l'hislologie, 1861, p. 93. je déclarai ne partager en aucune manière la res)ionsabilitc de l'opinion émise par mon nllëguc. Je ne puis donc coniprcndrc qu'un homme aussi conscîencieui et aussi prorond qar W. HOller (p. 61) ait pu me ranger avec GbiIY, Uiluioth, Kieluier et ScHWKLccEii-iSciMi. •qui admettent la terminaison directe dei capillaires dans les veines. — (â) Scbweimu- SeibEL a eu le mérite île démontrer que ces conduits intermédiaires do la jiulpc tod dépourvus dc paroi (Virchow's Arcbiv, vol. XXVII, p. 486); il a cependant interprété b marche du courant d'une aulro manièro que nous. — (5) Billrotb a décrit les wiscean capillaires de la pulpe splénique dans Zeitscbritt fUi' wisscnsch. Zooloj^ie, vol. Il, p. 3i». Il est iacile de les étudier dans la rate des nouveau-nés et dans celle du mouton. J'ai |< les suivre dernièrement, dans leur développement complet, sur la rate coosidérablemàt hjpcrlrophiâo d'un leucocythémique ; le courant intermédiaire de la pulpe splénique avait également subi un grand développement dans ce cas. — (4) On peut se convaiiKn de ce fait en injectant, avec une pression voulue, des raies de mammifères. HtlLLER a également observé que le liijuide pénétrait dans la coucbe corticale du folUcule (f. c, p. 9B).

Vaisseaux lijtjutkatiques et nerfs de la rate. — Les résultats fournis par les injections avaient fait penser qu'il n'existait dans, la rate que des vais-

APPAREIL CIRCULATOIRE. '53i

seaux lymphatiques superficiels. Ces vaisseaux sont situés au-dessous de la séreuse el forment, chez le bœuf, le mouton et le porc, un réseau trèsdéveloppé , composé de tubes assez volumineux, pourvus de valvules (Teichmann, Billroih, Frey), et présentant des renflements disposés en chapelet. 11 est très-facile d'injecter ces vaisseaux chez le bœuf (1).

Comme on ne réussissait pas à faire pénétrer l'injection dans le parenchyme splénique, que, d'un autre côté, on savait que les corpuscules de Malpighi n'étaient point pourvus d'un espace enveloppant identique ou analogue à celui des follicules lymphatiques, il était permis de considérer la rate comme un ganglion dont les canaux lymphatiques intérieurs seraient remplacés par des canaux veineux. La place que prend la rate dans la formation du sang, le passage des cellules lymphatiques dans le sang veineux, la destruction probable des globules rouges dans cet organe, tous ces faits permettaient de considérer la rate comme une glande lymphatique sanguine. [Frey (2).]

En niant rexistence des vaisseaux lymphatiques intérieurs de la rate, il fallait nécessairement se mettre en contradiction avec plusieurs observateurs [Ecker, Kœlliker et autres (3)], qui avaient vu pénétrer des vaisseaux lymphatiques par le hile de la rate. On avait trouvé un liquide clair et transparent dans les vaisseaux lymphatiques superficiels ; on avait remarqué, par contre, que le liquide contenu dans les vaisseaux profonds était coloré en rouge par des globules sanguins.

Tout récemment, ïomsa a pu démontrer, dans la rate du cheval, l'exislence de vaisseaux lymphatiques intérieurs en communication avec ceux de la surface. Une partie de ces vaisseaux traverse la charpente formée par les travées et en suit les ramifications ; une autre partie passe dans le tissu conjonctif des gaines vasculaires, en longeant les grosses branches artérielles; les branches artérielles un peu minces sont complètement en tourés par une gaine lymphatique.

Les observations d'un expérimentateur aussi habile n'ont absolument rien d'étrange; ici, comme ailleurs, les parties formées de tissu conjonctil sont sillonnées de conduits lymphatiques; et connue les gaines vasculaires éprouvent la transformation lymphatique, que, d'un autre côté, il n'existe point de démarcation nette entre les parties ainsi modifiées et le tissu conjonctif ordinaire, les cellules lymphatiques de ces régions peuvent évidemment aller se mélanger au liquide sanguin.

Mais Tomsa (4) va plus loin; il prétend que les derniers prolongements de ces canaux lymphatiques intérieurs pénétrent finalement dans les follicules et dans la pulpe, et qu'ils iorment, autour des cellules lymphatiques et des agglomérations de globules rouges, des conduits annulaires. Ces faits sont plus que douteux, et il faut admettre, dans ce cas, une extravasation du liquide injecté dans le tissu si mou de la pulpe et des follicules. On ne comprendrait pas, en efl'et, comment un courant lymphatique pourrait prendre place à côté du courant sanguin, qui ne possède pas de paroi propre et qui remplit les interstices de tout l'organe; ce mélange complet

de la lymplic ol du sang serait sans analogie avec tout ce que Ton a'ikserve jusqu'à ce jour dans toute retondue des systèmes sanguin et lysphatique.

Les nerfs de la rate viennent du plexus splénique, qui dépend ilugm^ sympathique ; ils sont formés presque exclusivement par des filire> |»âlfr ou de Remak. Ils pénètrent par le hilc et se ramifient avec les artprt^. L<îs nerfs sont généralement très -abondants dans la rate ; leurs terminiisons ne sont pas encore bien connues (Kœlliker, Billrothi; KœIliktTj observé des divisions des troncs nerveux ; Ecker (5) dît avoir vu des !««chcs terminales. W. Miiller a «lécouvert, sur le trajet des nerfs spléniqu?». des groupes de cellules analogues aux corps ganglionnaires ; il a pu suim une fois, sur une rate de cochon, une fibre nerveuse qui allait se jifrJfî dans la gaine d'un vaisseau capillaire. Ne pourrait-on pas rappruduTCf* amas cellulaires des capsules terminales, découvertes par Krause>urlr trajet des nerfs glandulaires (g 184)?

Remarques. -> (1) Voy. l'ouvraiie de TEIcnMA^^', p. 95; Billrotu, Zcitschr. f. iriseihd Zool., Journal de zoologie scientifique^ vol. XI, p. 555, cl Fret, le Microscope, l"*^p. 558. - (2) Uiitersuchun<;en iiber die Lyinphdrùscii, Recherches sur les ^rt'ilii^' lympha tiques fp. Cl. — (5) Ecker, loc. cii.y p. 147. i>'après Toxsa (note 4), fc^-iw espèces de hinphcs peuvent contenir des gloljuîes du sang, et ces derniers olémenbs^ raient susceptibles de se transiornier. Après la mort, il ne pénètre dans les espcesfi^ qu'un liquide incolore et pauvre en cellules lymphatiques ainsi qu'en globules n«;% kŒLLiKKK, Mikrosk. Anat., vol. II, !!• parlie, j». 255, et Gewebclehre, Histologie. Vrài. p. 492 et 495. Parmi les travaux plus anciens, voyez encore Gerlagh, Gewol»eleh^e,l^^. p. 244, et SciiAFFNER, dans llenles und l*feufer's Zeilschrifl, vol. VII, p. 545. On tiwt aussi quelques indic;itions dans les articles de Key et de Scuweigger-^eidel, loc. cH^- (4) Le travail de Tomsa se trouve dans Wiener Sitzungslicrichle, toI. XJ^Vllï, p. ^ Chez le chien, Fauteur n*a trouvé que des conduits lymphatiques intérieurs, mai» O'^i point observé de superiiciels. — (5) Ecker, loc. cit., p. 148 ; Kœlliker, GewebfWff. 2*édit., p. 492; Billroth, dans Zeitschrifl f. vvissensch. Zool., vol. XI, p. 555, et Muiir-^ Monographie, p. lUl.

Composition chimique, fonctions physiologiques et développement i la rate. — La rate contient de 1 8 à 50 pour 100 de substances ok*niques et, en moyenne, de 0,5 à 1 pour 100 de matières aninuk^lOidtniann (1).|

Le liquide organique qui hai^j^ne le tissu spléniquc a une réaction acides Sclierer, Frericlis, Stiedeler, Cloëlta etGorup (2) y ont découvert plusw» substances intéressantes.

Ou y a trouvé de Tinosite, des acides gras volatils, tels que les aàde iorniique, acéticiue, hulyrique, de Tacide succinique, de Tacide ladiqif et de l'acide uricjue. La rate normale renierme également, chez rhomnir, une quantité considérable de leucine et une proportion plus faible <i( tyrosine. (Krericlis et Sticdelcr. ) On y a rencontré, en outre, de la xanlbi» et de riiypoxanlliinc. Scliercra trouvé des pigments riches en cark«e. uncor])s tort curieux, riclieen fer, et ap[)artenant au groupe des subsUoca

* albuminoïdes (5), enfin beaucoup de fer combiné aux acides acétique et

* lactiijue. La structure particulière des veines doit permettre le passage de CCS substances dans le torrent circulatoire, bien que ce mélange n'ait

* pu être démontré jusqu'alors par les recherches entreprises sur le sang

* ireineux de la rate (g 76).

^ Oidtmann (4) a étudié avec soin les substances minérales. Il a trouvé

* du chlore, les acides phosphorique, sulfurique, silicique, de la potasse,

* de la soude en excès, de la chaux, de la magnésie, du fer, du manganèse ■ et du cuivre.

t On s'est beaucoup occupé des fonctions physiologiques de la rate. Cet ^ organe joue évidemment un rôle fort important dans la formation du liit quide sanguin ; les uns prétendent que les globules rouges s'y détruisent, p les aulres, au contraire, qu'ils s'y développent.

f On peut défendre la première opinion, mais on ne saurait la démontrer rigoureusement dans l'état actuel.de la science. Il est certain qu'on « a vu souvent les globules rouges détruits, même en abondance, dans la il rate; mais il est fort possible que ce ne soit là qu'un simple phénomène ^ accidentel. Tout le monde admet aujourd'hui que la rate joue un rôle

* analogue à celui des ganglions lymphatiques, c'est-à-dire qu'elle forme ^ des globules incolores qui pénètrent dans le courant sanguin et qui conj stituent les globules blancs du sang ; une partie de ces cellules commeni cent à se transformer en globules rouges dans les cavernes du tissu splé- » nique. La (piantité de sang contenue dans la rate est soumise à l'influence

des éléments de tissu conjonctif et des éléments musculaires de cet organe.

' Les premiers, grâce à leur élasticité, opposent à toute dilatation de la

f rate une résistance qui varie avec la quantité de sang. Les éléments mus-

; culaires amènent des contractions périodiques, déterminées par le sys-

: tèmo nerveux ; elles produisent une diminution de volume de l'organe,

et font refluer le liquide contenu dans ce dernier vers la région où la

résistance est le plus faible, c'est-à-dire vers les veines et les vaisseaux

lymphatiques.

La coïncidence des altérations de la rate et des ganglions lymphatiques dans certaines maladies, l'analogie de texture de ces deux organes, le nombre des globules blancs contenus dans le sang veineux de la raie (§68), tous ce.s faits réunis semblent indiquer que la rate produit les globules blancs du sang, ce cpii donne à cet organe le caractère d'ua ganglion lymphatique accessoire, modifié. L'analogie de texture qui existe entre la rate et les ganglions lymphatiques est surtout frappante chez les serpents et les lézards; chez ces animaux, les masses folliculaires sont traversées par des ôourants sanguins fermés. (W. Mùller.)

Suivant (iray, la rate serait un réservoir destiné à contenir une certaine quantité de sang; Schiff considère la rate comme un organe accessoire de la digestion ; il suppose que la faculté que possède le pancréas de digérer les substances albuminoïdes se trouve sous la dépendance de cet ^organe.

! La rate se développe isolément et indépendamment des organes de h

j digestion; elle a|)parait d'abord sous forme d'un amas de cellules qai

; appartiennent au feuillet moyen du blastoderme ; ces cellules, en

I se transformant, forment les différents tissus de Torganc. Les pre-

j miers éléments de la rate apparaissent à la fin du second mois <i^

la vie intra-utérine. Les corpuscules de Malpighi s'observent plus tard (5).

La rate peut subir des altérations pathologiques multiples, qui méritent d'être étudiées avec un nouveau soin, puisque la texture normale de cet organe était incomplètement connue jusqu'alors. La rate peut subir une hypertrophie, remarquable en ce sens qu'elle entraine r'augnientation du nombre des globules blancs du sang, et détermine la leucocylhfmie (6).

Remarques. — (l)Voy. son ouvrap:e : l)ie anorg. Bestandlheile der Leberund UWi.îki substances inorganiques du foie et de la rate. Linnich, 1858. — (2) Voy. Scheuk, dans Wiirzlmrger Vcrhandlungen, vol. II, p. 298, et Annalcn, vol. CVII, p. 511, Fe.e- Ricus et ST.f:DELER, dans Mitlhinliingen der uaturf. Gesellsch. in Zurich, Commun icatiofu de la Société des sciences naturelles de Zurich^ vol. IV, p. 85; Cloetta, dans la ReTUP trimestrielle de la même société, vol. I, p. 220, et dans Annalen, toL XCIX, p. 5<C); GoRUP-BtSANEz, Annalen, vol. XCXVIIl, planche I, ainsi que son Lchrbuch, p. liôS. — (5) Pour rimportance qu'il peut avoir relativement à la production de Thcinnlosine, wrt § 74, remar(|ue 5. — (4) Loc, cit. — (5) Hemar, /. c, p. 00. — (6) Voy. la l*atb«»liti'' cellulaire de Viiicnow, 14*> édit., p. 159. J'ai examiné un cas où ces modilications étaieai portées à un de^ré trùs-élevé; je reconnus que le rés«au des tubes de la pulpe était codsidérahlement ^Tossi, et que les vaisseaux aq)illaires (injectés) de la pulpe étaient foiV ment distendus. Le tissu dos tubes de la pulpe, et les veines caverneuses qu'ils limileni. ne présentiiient rien de remarquable.

Corps thyroïde, — Nous rangerons parmi les organes lymphoïdes une série d'autres organes dont les fonctions sont encore des problèmes, d dont la structure même nous est encore mal connue; parmi ces organes >i> trouvent le corps thyroïde, les capsules surrénales, la glande pinéale, la glande coccygienne et le ganglion intercarotidien. Provisoirement on peut conserver à ces organes Tancien nom de glandes vasculaires sanguines. Chez Tadullc, la plupart de ces organes ont atteint et dépasssé leur point - do complet développement et subissent une régression.

Le corps thyroïde (i) se compose de vésicules closes, arrondies^ logée? dans une masse de tissu conjonclif trcs-vasculaire (fig. 596, a, b)\ ces vésicul(»s, rasscn)l)lé(îs par groupes, constituent de petits corps arrondis ou aplatis do 0'",4 à l'",'2 de diamètre. Ces derniers se réunissent sous forme de lobnh^s et de lohes volumineux, pour la description desquels nous renvoyons aux Imités d'anatomie descriptive.

Le stronia est formé pnr du tissu conjonclif iihrillairc, mélangé d'éléments élasliipios; sa consistance est assez lâche. Les vésicules glandulaires (tî) ont de 0'",(li à ()'",0'^ Je diamètre; leur paroi est assez mince.

homogène, formée par du tissu conjonctif; elle est enveloppée extérieurement par un réseau capillaire tterré et arrondi. Les capillaires qui le com- ' posent ont, cliez le chien, de O^jOOS à O^.OIS de diamètre, chez le veau de 0",008 il 0-",010; la largeur des mailles du réseau est en moyenne de O^Mi à 0'°,02. La face interne des vésicules glandulaires est tapissée par un revêtement épithélîal formé de cellules arrondies de O-.OOQ à 0",012 /'] de diamètre; les noyaux de ces ccl- , iules ont, en moyenne, O'°,004 de diamètre. Los cellules se détachent facilement de la paroi à la suite de la putréTaction, elles se détruisent, et les noyaux sont mis en liberté. La cavité des capsules glandulaires est

|. !■ "j i__ i Fia. 396.— Dem Idiules ducorpi UiTTolds d'un^

remplie par un liquide transparent, * «nfeni nouTOu-né.

lilaut, qui tient en dissolution une <, >i9iculo gUndulairc »ec m> cellules; », liii-

,ub,l.i„co albiiminoïdc analogue à la ï«.r""r,;™':!:U;M'X"TS

mucine. à, unaui Ijmphatiquet as,ti voluiui<i«ui ; *, ta-

Les vaisseaux lymphatiques du pC'^ffi:? '''""""'"'■ ^'""^""™' corps thyroïde sont mieux connus depuis des recherches récentes. (Frey.) L'enveloppe de cet organe est tapissée de troncs lymphatiques noueux, d'assez gros calibre; ils partent d'un réseau situé dans la couche profonde de cette enveloppe et composé de canaux très-volumineux (f); ces canaux s'anastomosent entre eux et forment un réseau dont les mailles enveloppent les lobules secondaires du corps thyroïde.

De ce réseau périphérique, logé dans le tissu conjonctif, se détachent des conduits latéraux qui se dirigent ïers le centre et qui forment autour des lobules des anneaux complets ou des anses {d, d). De ces conduits en partent d'autres plus nombreux et plus minces, qui s'insinuent entre les vésicules glandulaires et se terminent en ciil-de-sac (e).

Les nerfs sont peu nombreux ; ils proviennent tous du grand sympathique ; le pneumogastrique et l'hypoglosse ne fournissent aucun rameau au corps thyroïde; les nerfs pénètrent dans l'organe avec les vaisseaux. Leur terminaison est complètement inconnue.

La structure du corps thyroïde se modifie de très-bonne heure, si bien que, chez le nouveau-né, on rencontre déjà des masses transformées dans la friande; aussi la structure normale et primitive de l'organe est-elle difficile à observer. Les espaces creux de la glande se remplissent petit à petit d'une sub-stance homogène, transparente, assez molle (6, e), qui est due h la transformation colloïde des cellules glandulaires. En même temps les vésicules glandulaires augmentent de volume aux dépens du tissu con-

jonctif interstitiel qui se trouve comprimé. Chez l'adulte, la transfomntioi colloïde est plus accusée, et elle atteint souvent un degré tellement pr^ nonce qu'elle entraine une augmentation considérable de volume de I organe ; cette maladie est connue sous le nom de goitre [goitre glanduUin d'Ecker(3)].

La transformation colloïde continuant toujours, on finit par aperceroir à l'ivil nu de petits points blanchâtres et transparents ; le tissu conjonctl interstitiel est de plus en plus comprimé, et, avec lui, les canaux lympluh tiques qu'il renferme. Cet appareil de résorption diminue progressiT^ ment d'étendue ; les vaisseaux sanguins, au contraire, restent perméables, et amènent à la glande des matériaux nécessaires à la transformation colloïde (4). Les masses colloïdes continuant à s'accumuler, les vésicules glandulaires se trouvent détruites, et le stroma de tissu conjonctif disparaît. Quand la transformation colloïde a atteint ce degré, le lobule glandulaire se trouve transformé en une masse gélatineuse, d'un jaune pâle, enveloppée par le réseau de tissu conjonctif qui disparait petit à petit et semble comme macéré. A ces moditications se rattachent des transformations anatomiques des cellules glandulaires, qui se' remplissent également de substance colloïde, puis se détruisent.

On n'a émis que des hypothèses au sujet des fonctions du corps thyroïde. Dans le liquide exprimé de cet organe, on a trouvé de la leucine, de rhypoxanthino, des acides gras volatils, de Tacide lactique et de Tadde succinique (5).

Au début de son développement, le corps thyroïde se présenterait, d'après Rcmak (6), sous forme d'un renflement creux situé sur la ligne médiane de la paroi antérieure du pharynx : le premier développement de cet organe est donc analogue à celui d'une glande intestinale. Bientiit il se sépare complètement du pharynx et se di\îse en deux lobes. Chacun de ces lobes se divise h son tour en lobules. Dans la paroi épaissie se forment ensuite des amas cellulaires qui s'enveloppent de tissu conjonctif et se remplissent d'une masse liquide, de manière à former les espaces glandulaires du corps thyroïde. Cet organe possède son plus grand développement chez le nouveau-né ; quelques semaines après la naissance, Taccroissement du corps thyroïde s'arrête, et n'est plus en rapport avec celui des autres organes.

Remarques. — (i) Yoy. Scrwager-Bardeleben et Kcker, loc, ciL; Paragiotidb et Wa- GBNER, dans Froriep's Neuen Notizen, vol. XL, p. 193, ainsi que la thèse du premier de ces auteurs : De glandulae thyroidese structura penitiori. Berolini, 1847; HARDPiBLD-JoHit, article : «Thyroid gland, » dans Gyclopedia, toI. IV, p. 1102 ; Legekdre, de la Thyroïde. Paris, 1852, thèse ; Kœlliker, Ânatomie microsc, vol, 11, 11* partie, p. 327 ; Kohlmoki, dans Muller*s Archiv, 1855, p. 142; Eulenberg, Anat. pathol.-Untersuchungen liber die Schilddrtise, Recherches anatomo-pathologiques sur la thyroïde. Gôttingen, 1859; Frit, dans Vierteljahrsschrifl d. naturf. Ges. in Zurich, Bévue trimestrielle de la Société des sciences naturelles de Zurich, vol., p. 520. — (2) On ne trouve point de membrane sans structure qui tapisse ces vésicules, quoiqu'elle ait été très-souvent indiquée. Les résultats obtenus par Uessling (loc. cit., p. 265) concordent en ceci avec les nôtres. —

vM (3)EcEEii, loc. cit., p. 109. Nous itoiu suivi euclement u detcriplion. Vo;. encore tit EcKEtt, dans llcnle's und Preufer's Zcitechrin, toi. VI, p. 1'J3;FHEBicas, Ueber Gallert 1^ und kolloidgcschuiible, Des tumairs gélatineuses el colloïdes. Gôttiogen, ISfG : et Boj KiTiKsiit, dans Donhschriflcn der Wiener Ahademic. vol. (, p. 543. — (4) Fbet, loc. cil. *■ — (5) FHERicns et St«delbii, loc. cit., p. 89, et Gnnup, ioc. ni. — (6) Voy. »on ouvrage, p. 122; K(ELLiEEB, loc. cit., p. 531, et Entwicklungsgeachichte, Hitloire du développement, p. 38^.

CtipmUs surrénales. — Les glandes ou capsules surrénales (1) ont une autre origine, et se développent aux dépens du feuillet moyen du blastoderme; ce sont des organes pairs dont les fonctions sont complètement inconnues. Elles sont enfeioppées par une capsule de tissu conjonctif, et sont formées par deux substances distinctes au pointde vue anatomique, et probablement au point de vue physiologique, à savoir la substance corticale et la substance médullaire. La masse corticale présente un aspect rayonné et une consistance assez ferme ; sa coloration varie chez les différents animaux; elle est tantôt brune ou rougeàtre, tantôt jaune ou presque blanche, ta masse médullaire est plus molle, d'une coloration plus claire, (|ui varie du gris rosé au gris blanchâtre. Ces deux masses sont séparées chez rhomme par une zone assez mince, plus foncée, d'un brun jaunâtre, quelquefois même verte ou noirâtre. Celte couche intermédiaire est très-mulle, et se liquéfie rapidement après la mort, ee qui entraîne la séparation de la masse médullaire.

L'enveloppe (iig. 597, i, a] est formée par du tissu conjonctif mêlé d'éléments élastiques. A la périphérie, elle se transforme en tissu conjonctif ordinaire qui loge des cellules adipeuses. Par sa face interne, cette enveloppe envoie des prolongements nombreux de tissu conjonctif qui traversent

l'organe et constituent une charpente dont T«riifl«iitre[»,iic^n«i;iinduii1r« les lacunes sont remplies de cellules. aiiougées; c, tcnadUt.

Examinons d'abord la structure de la » «''."iiX """"* " '"'^" '"' substattce corticale.

Les prolongements trabéculaires sont assez épais; ils convergent vers le centre de la glande, et chez l'homme, la substance corticale, dont l'épaisseur varie entre 0'°,6 et ^",2, offre à l'œil nu un aspect fibreux. De ces prolongements se détachent latéralement des faisceaux de tissu conjonctif, qui vont se réunir à d'autres faisceaux partis de la face interne de l'enveloppe, pour circonacrire de nombreuses lacunes glandulaires. A la

périphérie, ces lacunes sont grandes, ovalaires, réunies par groupes m fi rangées parallèles à la direction des cloisons. Vers le centre, ccsespiw se racourcissont et présentent une forme plus arrondie (fr, r). Lestrur** de tissu conjonclif se divisent à ce niveau en trabécules rayonnantes ç; circonscrivent des lacunes de plus en plus petites; aussi la cliar|)eDteiir tissu conjonctif fornie-t-elle vers le"^ centre un réseau à mailles scrréts. in niveau des nœuds d'entre-croisenient de ce réseau, on observe desnovau ce fait semble établir une certaine analogie entre ce tissu et le tissu tocj onclif réticulé des organes lymphoïdes. [Joesten (2).]

Le système lacunaire de la sul)stance corticale est occupé par' une oum foncée et visqueuse. Elle est composée de cellules dépourvues dVnveloffc qui renferment un grand nombre de molécules de nature alliuniinoide et des granulations graisseuses. Le corps de la cellule est mou; le dianitfîrr varie entre O^JIÏS et 0'",04 ; le diamètre du noyau varie entre 0",OlK)ft 0'",004.

Les petites lacunes du centre ne renferment généralement qu'une cellule unique (1, c); vers la périphérie, on rencontre trois, quatre (i|e( même quelquefois quinze ou vingt éléments cellulaires.

Les cellules de la couche corticale sont très-molles ; ce fait explique le nombre de noyaux libres (a) que Ton observe ; aussi , dans les gniide» lacunes, les limites des cellules dis|>araissent-ellcs généralement, et l'i* n*aper(;()it plus qu'une masse granuleuse dans laquelle sont plongés dr nombreux novaux.

On avait admis autrefois ({ue ces amas cellulaires étaient entourés pir une membrane propre, et on les assimilait à des culs-de-sac glandulaim (Eeker) ; mais cette mend)rane n'existe pas chez les mammifères. Ilenk a fait cependant des recherches à ce sujet, et prétend que chez rbommr on observe une enveloppe spéciale, dépourvue de structure, autour de h |)lus grande partie des lacunes.

L^étude de la substance médullaire offre des difficultés bien plus grandes.

Les fibres de tissu conjonctif qui formaient des mailles serrées à la limite de la substance corticale se rapprochent encore ici, et vont communiquer avec les prolongements du tissu conjonctif plus ferme qui enveloppe b gros vaisseaux sanguins du centre, et notamment les grosses veines.

Cette charpente, située dans la substance médullaire, limite des lacune» ovalaires plus volumineuses que les lacunes extérieures de la substance corticale; elles n'ont pas la disposition rayonnée de ces dernières et tournent leur face la plus large v(»rs la surface et vers le centre de Torgane. Chez riiomme, ces espaces médullaires sont arrondis et assez {letits.

Ce systènn' lacunaire est également rempli de cellules dépourvues d'cnveloppr, très-riches en molécules albuminoïdes(?)^et pourvues d*unbeau noyau vésicnleux ; les granulations graisseuses y sont très-rares. Ces tel- Iules sont plus volumineuses que celles de la substance corticale. Connne elles sont In-s-niolles, elles se moulent les unes sur les autres el ressemblent à des dis((ues épais et anguleux qui, vus de profil, rappellent Têpi-

* thclium cylindrique. Le corps de ces cellules se colore en brun foncé sous

* rinlhience du bichromate de potasse ; les cellules de la substance corticale " ne se modifient pas sous l'influence de ce réactif.

' Les vaisseaux sanguins (3) des capsules surrénales sont très-abondants et offrent quelques particularités : de nombreux petits troncs artériels, partis de Taorte et des artères phrénique, cœliaque, lombaire et rénale, pénètrent dans les glandes surrénales, s'y ramiflent, et finissent par former un réseau capillaire à mailles longitudinales, dirigé dans le sens«des rayons et composé de canaux dont le diamètre varie entre 0^,004 et 0",006. Les vaisseaux capillaires suivent les travées de tissu conjonctif, traversent la substance corticale, et enveloppent de leurs mailles les amas cellulaires ; les mailles de ce réseau ont, en moyenne, de 0'",02 à 0'",018 de large sur 0^,04 à 0™,05 de long. La substance médullaire semble complètement dépourvue de vaisseaux capillaires; on ne trouve aucune branche veineuse dans la substance corticale.

En passant dans la substance médullaire, ces capillaires artériels s'élargissent, se rapprochent et se réunissent bientôt en formant des canaux plus considérables. Ces derniers s'anastomosent à angle aigu et conservent la même direction que les capillaires de la substance corticale. La plus grande partie de la substance médullaire se trouve ainsi occupée par un réseau veineux très-développé, composé de canaux de O^jOiS à 0'",026 de dianièlro, et plus, et distants de 0'",018 à 0",029, Ces canaux forment, en se réunissant, des troncs considérables qui vont se jeter dans une veine très-large placée au centre de Torgane; ordinairement, on observe une seule de ces veines. La substance corticale est donc traversée par des réseaux artériels très-minces, et la masse médullaire par des canaux veineux très-larges.

Les vaisseaux lymphatiques de ces organes n'ont pas été étudiés jusqu'à ce jour (4).

Les nerfs sont très-nombreux dans la substance médullaire (Bergmann) ; chez beaucoup de mammifères, ces nerfs forment des plexus microscopiques excessivement compliqués; aussi a-t-on voulu chercher quelques liens entre ces organes et le système nerveux (5). La terminaison de ces nerfs est inconnue; on n'en a pas observé dans la substance corticale.

La composition chimique des capsules surrénales est à peine connue. Elles contiennent en abondance de la leucine et de la myéline. [Virchow (6) .] Chez les herbivores, on y trouverait, d'après Cloez et Vulpian (7), de Tacide hippurique et de l'acide taurocolique (?). Vulpian (8) a découvert, en outre, dans la substance médullaire, un corps qui devient rouge, quand on l'expose à l'air ou qu'on le met en présence de la teinture d'iode, et qui se colore en bleu noirâtre par le perchlorure de fer; Virchow a confirmé les assertions de cet observateur.

Les fonctions physiologiques des capsules surrénales sont encore inconnues (9).

Ces organes peuvent subir plusieurs lésions pathologiques qui ont été

540 TRAITE D^HISTOLOGIE ET D'UISTOCfllMIE.

étudiées avec soin, dans ces dernières années, à Toccasion de la maUdk d'Addison(lO). Chez les sujets très-débilités, on observe une désornarasation des capsules surrénales liée à un changement de coloration somtut très-marqué de la peau ; cette coloration est due à un pigment diffus ob finement granuleux, jaunâtre ou hrun, qui apparaît dans les couches cellulaires profondes du réseau de Malpighi. (Bronzed skîn.) Il est possible que la matière spéciale, située dans la couche intermédiaire à la substaott corticale ot à la substance médullaire, joue un rôle dans la productioa de ces phénomènes encore inexpliqués (H).

Les capsules surrénales se développent en même temps que les reim. mais indépendamment de ces organes, et aux dépens d*un amas cellulaire du feuillet moyen du blastoderme. Dans la première période fœtale, le volume des capsules surrénales est bien plus considérable que celui de« reins ; vers la fin de la douzième semaine de la vie intra-utérine, réiialité de volume s'établit, et, à partir de ce moment, le développement des capsules surrénales va en décroissant. L'histogenèse de ces organes mérite d'être étudiée à nouveau.

Remarques. — (H^^Y- ^* Bergmann, Disscrtatio de glandulis suprarenalibus. Gœtdn^T, 4859; lu Monographie d*EcKER, Derfeinerc Bau der Nebennieren^ etc.. De la structure irUime des glandes surrénales. Braunschweig, 1846; ainsi que son article : « Blut^efâssdrtisen, » Glandes vasculaires sanguines, p. 128 ; Fuey, dans son article: « Supnrenul capsules, » dans Gyclopcdia, vol. IV, p. 827; Kœluker, Mikrosk. Anat., toI. U. Ih partie, p. 577; Gewcbelehre, Histologie, A* édil., p. 555, et EntwtcklungsgeschicJil^ Histoire du développement, p. 271 et 454; Wekneb, De capsulis suprarenalibus. Dorpuli, 1857, Diss. ; G. Zœsten, dans Ârchiv der lieilkunde, 5* année, p. 97 ; A. Mœxs, dau Virchow's Ardiiv, voi.XXIX, p. 556; Uenle, dans Uenle's und Pfeufer^s ZeitschriH, 5 R., vol. XXIV. p. 145, et tingeweidelchre, Traité de splanchnologie, p. 561 : J. Armuu dans Virchow's Archiv, vol. XXXV, p. 61 (nous ne pouvions plus nous ser\ir de ce fravail dans le texte). — (2) D'après l'auteur, des fibres très-fines traversent encore les lacunes qui logent les cellules, pour y former une charpente dont chaque compartiiDeni contient une de ces cellules. Uenle a nié ce fait. — (5) Voy., à ce sujet, Mœrs, toc. fit., Nos propres observations ont été faites sur rhonime, le bauf, le cochon, le chat et le cochon d'Inde. .Nous ne pouvons entrer ici dans des détails sur les nombreuses difîéreiic» que la substance médullaire présente chez beaucoup d'animaux.— (4) Dans le voisinage des plus volumineux de ces petits troncs artériels, Zœsten. vit des conduits creux limités |«r du tissu conjonctif ; ce pouvaient être des canaux lymphatiques. — (5) Cesl Berghm qui eut d'abord cette idée, et plusieurs savants, Luschka, Leydig et Kœlliker, la reprirent.

— (6) Voy. Virchow's Archiv, vol. Xll, p. 480; voy. également G. Zellweger, Untersuchuogen liber die Nebennieren, Recherches sur les capsules surrénales^ Bem, 1858, Diss.— (7) Comptes rendus, tome XLV, p. 550. — (8) Id., tome XLIII, p. 663, Gai. méd. de Paris, 1856, n' 2i; Vikciiow, /. c. ~ (9) D'après Brown-Séquard, Tcxtirpation des deai capsules surrénales tuerait l'animal en peu d'iieures, et le sang contiendrait alors plus de pi. ment qu'à l'état normal. Ces observations n'ont pas été confirmées. — (10) T. AbDistvi. Un tbe constitutionaland local effect's of disease of tbe suprarenal capsule. London, 1855.

— (11) ViRciiow, Die krankhaften Geschwiilste, Traité des tumeurSj vol. II, p. 277 et 688. — (12) Uemak, /. c, p. 110; Eckkr, /. c. Cette prépondérance passagère des capsules surrénales ne se rencontre pas chez les animaux.

APPAREIL CIRCULATOIRE. hAi

Glande pituitaire. — Les anciens anatomistes avaient rangé le corps pituitaire (1 ) parmi les glandes ; plus tard on le considéra comme un organe nerveux.

11 existe dans les quatre classes de vertébrés; chez Thomme et les rnammifcres, il est plus petit que chez les autres animaux, et consiste en deux parties distinctes ou lobes. La partie postérieure, la plus petite, est grise et formée par des éléments de tissu conjonctif, quelques tubes nerveux et des vaisseaux sanguins fins et très-nombreux ; on n'y rencontre aucun élément glandulaire.

Le lobule antérieur est le plus volumineux; il est rougeâtre et pré- :cnte, comme Ta indiqué Ecker, la structure d'une glande vasculaire sanguine. Une charpente de tissu conjonctif, traversée par des vaisseaux san-* guins nombreux, y circonscrit des lacunes arrondies ou ovalaires de O^jOO à 0*^,02 de diamètre, qui renferment des cellules glandulaires foncées, (inement granuleuses , dont le noyau offre, en moyenne, de 0'",004 à 0"',006 de diamètre. Cet ensemble rappelle la structure de la substance corticale des capsules surrénales.

Le développement et les fonctions de cet organe sont mal connus (2).

Glande coccygiemie, — Luschka (3) a découvert, il y a quelques années, chez l'homme, un organe particulier, de forme arrondie, de 2 millimètres de diamètre environ, situé à la pointe du coccyx, et auquel il a donné le nom de glande coccygienne. Luschka a décrit la structure de cet organe* dont l'étude a été re|)rise par Ilenle, Krause et Kœlliker, qui ne firent, à peu près, que confirmer les assertions du premier observateur. La structure de la glande coccygienne rappelle, sauf quelques particularités, celle des capsules surrénales et du corps pituitaire. Comme ce dernier organe, la glande coccygienne est située à l'une des extrémités du grand sympathique.

La charpente de cet organe est formée par du tissu conjonctif compacte qui loge des noyaux nombreux et allongés , et qui circonscrit un nombre considérable de lacunes glandulaires de forme variable.

Ces vésicules sont tantôt simples, plus ou moins arrondies, tantôt isolées, tantôt rapprochées en groupes; elles ont, en moyenne, de 0*",02 à 0",12 de diamètre. Krause prétend que ces vésicules sont en très-petit nombre ; Luschka dit, au contraire, qu'elles sont fort nombreuses.

Le second élément de la glande coccygienne est représenté par un conduit terminé en cul-de-sac; il est plus ou moins allongé, simple ou ramifié. Les conduits simples offrent, de distance en distance, des rétrécissements et des renflements. Ils sont contournés en tous sens et traversent Torgane sans suivre aucun trajet régulier.

Les canaux ramifiés se comportent, comme les précédents ; quelquefois on rencontre sur leur parcours des appendices pédicules. C'est ainsi que

542 TfL\lTÉ D^HISTOLOGIE ET D*HIST0CH1MIE<

se forment des figures qui rappcllenl la dispositions des glandes en ^fe. mais on ne trouve jamais de conduit excréteur. (Lusclika.)

Chez les nouveau-nés, les lacunes glandulaires sont pourvues doir membrane propre. Krause a trouvé des éléments musculaires dans la couck longitudinale externe de cette membrane.

Luschka dit que la nature de la substance contenue dans les lacuott ■i est fort variable. On y trouve une substance finement granuleuse, de

noyaux libres , de petites cellules groupées comme des éléments épitl»liaux, puis des cellules plus grandes, de forme irrégulière. Chez le dnveau-né Luschka y a rencontré des cellules à cils vibratiles.

La glande coccygienne est très-vasculaire ; elle est alimentée par une branche de l'artère sacrée moyenne. Les canaux artériels les plus dfliè> forment un réseau capillaire à mailles larges et polygonales qui euveloppefll les vésicules et les canaux glandulaires.

Comme dans les capsules surrénales, on retrouve ici des nerfs fort nombreux. Le centre de l'organe est traversé par des plexus très-dé^eloppè», formés de tubes ner\eux généralement pâles, rarement foncés el médullaires ; ces tubes proviennent de Textrémité inférieure du grand syniptthique ; leur terminaison est encore inconnue.

On n'y a pas découvert de canaux lymphatiques.

Cette descrii)lion, qui est le résumé de celle de Luschka, a été renversa, et peut-être avec raison, par J. Arnold (4). Cet auteur prétend qu'il n'eii^r pas d'éléments glandulaires dans la glande coccygienne, mais simpleineot des appendices du système vasculaire : l'organe serait donc formé par Jt> prolongements, par des diverticula artériels, rappelant, par leur di>position , les glomérules du rein ; on retrouve toujours la structure d« artères, et toutes les cavités débouchent dans les branches artérieIU»s: ellt> sont remplies de sang, comme ces dernières, et si elles semblent quelquefois fermées, c'est que, vu la finesse des vaisseaux afférents et efTérent*, on n'observe pas d'orifice (5).

Gamjlwn intercarotidien, — Le ganglion intercarotidicn se rappmrbf beaucoup de la glande coccygienne, comme l'a fait remarquer Luschka i6i. On y observe une charpente de tissu conjonctif dans laquelle sont \o»k& des vésicules et des éléments en forme de canaux ; la disposition de ct^ deux variétés d'éléments est très-variable; leur contenu est généralement composé de cellules. Les vaisseaux sanguins et les nerfs sont lrê<nombreux. Ces derniers sont enveloj)pés par un périnèvrc épais, et fomienl un véritable réseau qui enve1oi)pe de ses mailles les lacunes glandulaire». On rencontre également dans cet organe des amas de cellules ganglionnaires , mais en moins grand nombre que dans la glande cocxrygienne. Luschka a donné au ganglion intercarotidien le nom de glande carotidiefine. Cependant Arnold, qui a examiné cet organe avec soin, a trouvé qu'il présentait une structure tout à fait analogue à celle de la glande coccy* gienne (7).

Remarques. — (1) Voy. A. Uaknoveu, Uccherches microscopiques sur le système ner-

APPAREIL RESPIRATX)IRE. 543

Mi TOUX. Copenhague et Paris, 1844; Tarticle d*EcKBR : « Blutgefôssdrtisen, » Glatides vasj culaires sanguines, p. 160; K(klliker, Gewebelehre, Histologie, 4* édition, p. 528; LuscKHA, Der Hirnanhang und die Steissdriise des Menschen, La glande piluilaire et la " glande coccygienne chez Chomme. Berlin, 1860; Reissner, Der Bau des centraleu Ner- ■■ vensystems der ungeswânzten Batrakicr, Structure du système nerveux central des batraciens sans queue. Dorpat, 1864, p. 94 ; Henle, dans Henle*s und Pfeufer's Zeitschrift, ^ 3R., vol. XXIV, p. 143. ff. — (2) Pour le développement, nous renvoyons à Y Histoire du développement, Entwicklungsgeschichte, de Kœlliker, p. 194 et 241. — D'après nos connaissances actuelles, il n'est pas invraisemblable que ia partie glandulaire du corps ■i pituitaire prenne naissance dans une dépression de Tépithélium du voile du palais. Cette Kj opinion a d'abord été exprimée par IUthke (Miiller's Archiv, 1838, p. 482) ; il est vrai qu'il Ta de nouveau retirée plus tard (tntwicklung der Schildkôrten, Développement des tortues, Braunschweig, 1848, p. 29). De nouvelles observation» sont dues à Kcelliker. — * (3) Voy. ViRCHow's Archiv, vol. XVIII, p. 106 (1859) et la monographie citée à la note 1 ; c la découverte de Luscuka fut confirmée par Kralse, Uenle's und Pfcufer's Zeitschrifl, m 3 R., vol. X, p. 295, et Anat. Untersuchungen, Recherches anatomiques^ p. 1)8; puis par Ub.>ile, dans Jahresbcrichte, et Kœlliker, dans Gewebelehre, 4* édition , p. 558. — (4)Yoy. . son article dans Virchow's Archiv, vol. XXXIl, p. 295, et vol. XXXV, p. 220. — (5) Les ' lacunes décrites par Luschka sont remplies, comme le dit Arnold, par le sang des ar- W téres et constituent des espèces de sacs vasculaires. Voy. aussi Krausb, dans Gôttinger B- Nachrichten, 1865, n» 16. — (6) Voy. Reichert's und Du Bois-Reymond's Archiv, 1862, - p. 405. — (7) Virchow's Archiv, vol. XXXIII, p. 190. D'après Tauteur, les vésicules sont encore ici des diverticulcs glomérulés des vaisseaux sanguins; ces diverticules sont enveloppés d'un réseau de minces fibres nerveuses. — Arnold prétend avoir vu la même chose dans les glandes surrénales. Je n'y ai, jusqu'à présent, rien trouvé de pareil.

t. Appareil respiratoire.

L'appareil respiratoire est formée par un système de canaux ramifiés et par une partie destinée à la fonction respiratoire proprement dite. La première partie se compose du larynx, de la trachée-artère et des bronches ; la seconde est représentée par les poumons. L'ensemble de cet appareil rappelle la disposition des glandes en grappe, mais il offre des particularités importantes tant au point de vue anatomique qu'au point de vue physiologique.

Le larynx (1) se compose de plusieurs pièces cartilagineuses, que l'on décrit dans les traités d'anatomie descriptive, de ligaments, d'une muqueuse, qui tapisse la surface interne de l'organe, et de muscles moteurs.

Nous avons déjà parlé des cartilages du larynx en décrivant la structure du tissu cartilagineux. Les cartilages thyroïde, cricoïde, aryténoïdes(2), sont formés par du cartilage hyalin ; l'apophyse vocale et le sommet des cartilages aryténoïdes sont formés par du tissu cartilagineux à substance fondamentale élastique <g 107). L'épiglotte, les cartilages de Wrisberg et de Santorini (§ 108) sont formés entièrement par le même tissu; les tubercules de Santorini sont généralement formés par du cartilage à substance fondamentale conjonctive.

Les ligaments du larynx sont formés, en majeure partie, par des fibres

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