STRUCTURE DES CELLULES GANGLIONNAIRES
Un autre système forme, à la périphérie, une série de cercles parallèles très rapprochés qu'on peut suivre même dans une certaine étendue du cylindre d'axe. Ces deux ordres de fibrilles zonales et méridiennes, vues dans leur ensemble, se croisent sur la cellule comme le dessin du dos d'une montre. La substance chromatophile, qui prend avec élection ettout d'abord le bleu tandis qu'il faut pour colorer les fibrilles une action très prolongée, occupe les intervalles des fibrilles tant dans le globe que dans le cône d'origine du cylindreaxe. Elle se présente sous forme de très petits granules et plus exceptionnellement sous celle de petits amas anguleux (^ScAo//^n^ dont la forme est commandée par celle des espaces interôbrillaires. Rien ne rappelle ici, comme on le voit, les figurations obtenues par la méthode de NissL (1).
(1) Cr. Bonne, uq de mes élèves les plus distingués, vient de reprendre cette étude de b cellule unipolaire des ganglions spinaux non plus par une seule méthode, mais par lies méthodes multiples en ne tenant compte que de leurs résultats convergents (Recherches sur Us éléments centrifuges des racines postérieures, thèse de Lyon, juillet 1897). 11 conclut que « la comparaison des résultats donnés par la méthode de NissL avec ceux que fournit l'observation de ganglions traités par la méthode de Dogiel, ou tout autre procédé d'imprégnation directe par le bleu de méthylène avant fiiation, porte' à ne pas considérer comme véritablement préformés tous les aspects décrits plus haut, ainsi que, en général, les dispositions diverses des corpuscules chrûmatophiles des autres sortes de cellules nerveuses : corpuscules qui, observés à de forts grossissements, par leurs formes anguleuses, irrégulières, toujours cornmantiéea par la disposition des parties voisines (noyau, bords de la cellule, bifurcation d'un prolongement protoplasmique) sur lesquelsilsse moulent, rappellent une coagulation subite avec bouleversement plus qu'une structure préformée ». — Gh. Bonnb a élu^lié analytiquement la production de ce bouleversement. Il l'a vu se produire à riaKtantmême où l'on fait arriver de Talcool, une solution de sublimé, etc., sur une cellule colorée vivante par le bleu de méthylène, ou même non colorée et observée à un Irèa fort grossissement. Le réactif de Bethe (molybdate d'ammoniaque) quoique beauL-oup plus délicat, produit une action analogue sur le protoplasma des cellules de la t'étine. Ce bouleversement, cette conglomération des granulations qui foinnent le cliagr iné fin et uniforme de la cellule colorée vivante ou, du moins, dans des conditions qui se rapprochent le plus de l'état vivant, cette fusion en blocs beaucoup plus [4:i'oset irréguliers, n'est d'ailleurs pas elle-même uniforme. Elle varie avec la natuî 0 de l'agent fixateur coagulant (alcool, sublimé, molybdate d*ammoniaque), suivant aussi la brusquerie delà fixation. On a alors ou bien un aspect fragmentaire uniforme, ou bien toutes lesdiiférenteâ variétés de chromatolyse centrale et périnucléaire ou périphérique qui est censée démasquer « la structure réticulaire du spongioplasfiia h telle qu'on Ta récemment décrite dans l'empoisonnement expérimental par Talcool, l'arsenic, etc. Ce sont donc là des figurations artificielles sur lesquelles il ne eoiï vient de fonder aucune conception cytologique réellement solide.
&-rtainement, comme l'a fait remarquer Dogiel, l'aspect homogène du protoplasma vivant ne prouve pas qu'il soit privé de granulations, c'est-à-dire de productions chimiquement différenciées et limitées dans son sein. 11 suffit qu'elles aient le même indice de réfraction que le reste du protoplasma pour qu'elles soient invisibles dans rétat vivant. C'est ce que prouve le bleu de méthylène, qui teint certaines parties, dosine les perles, etc., dans des cellules et des prolongements de cellules homogènes